Denis Morin, un acteur clé dans le virage entrepreneurial de Shawinigan, se retirera progressivement au cours de la prochaine année pour se lancer dans un nouveau défi à Québec.

Morin quitte la Communauté entrepreneuriale

SHAWINIGAN — Obsédé par l’importance que Shawinigan emprunte un virage vers une culture plus entrepreneuriale après la fermeture de la papeterie Belgo en 2008, Denis Morin se prépare à relever un nouveau défi comme coordonnateur du projet Lab-École, à Québec. L’homme de 58 ans partagera ce mandat avec ses activités de directeur-conseil en entrepreneuriat pour la commission scolaire de l’Énergie au cours de la prochaine année, avant de plonger à temps plein dans son nouveau rôle à compter du 1er juillet 2019.

Depuis près de dix ans, M. Morin était considéré comme une figure incontournable de l’entrepreneuriat dans le milieu économique local. Il agissait à titre de coordonnateur de la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan (CES) depuis ses débuts, en plus de diriger le Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins jusqu’à son départ controversé, l’an dernier. M. Morin quittera la CES le 14 septembre.

«C’est sûr que ça me fait quelque chose», confie-t-il. «J’avais proposé la communauté entrepreneuriale aux partenaires en 2009, alors qu’un an auparavant, nous avions créé le comité de diversification et de développement économique. Une culture partenariale s’installait à ce moment, en réaction à la fermeture de la Belgo. En 2009, nous avions décoincé l’entrepreneuriat en disant que c’était le projet de tous. Ça a été le projet le plus spectaculaire de toute ma carrière. Je suis content qu’on ait développé une culture entrepreneuriale à Shawinigan et que ce soit maintenant dans la bouche de tout le monde.»

Le maire de Shawinigan et porte-parole de la communauté entrepreneuriale, Michel Angers, reconnaît qu’une page se tourne avec le départ de M. Morin.

«C’est une superbe opportunité pour Denis», comprend le maire. «La Communauté entrepreneuriale de Shawinigan est bien implantée. C’est une perte importante, mais ce n’est pas comme si on démarrait nos activités. Si on avait été au début du processus, ça aurait été très problématique. Il nous laisse une organisation en excellente santé.»

M. Angers se trouve présentement en France, où il raconte une fois de plus le cheminement entrepreneurial de Shawinigan, cette fois dans le cadre de la 13e édition du Salon Ruralitic, à Aurillac. Cette renommée internationale a notamment été bâtie avec la contribution de M. Morin.

«L’esprit entrepreneurial mis en place à Shawinigan lui revient en bonne partie», reconnaît le maire. «Il a été l’instigateur et moi, j’ai pris la balle au bond en rassemblant tous les acteurs. L’idée première, c’est Denis Morin qui l’a eue et tout le crédit lui revient pour cette initiative.»

Le CEAD constitue le socle de ce virage entrepreneurial, qui s’est aussi matérialisé à travers diverses initiatives de sensibilisation dans les écoles et dans les entreprises, comme le fait de souligner les intrapreneurs par excellence chaque année, ces employés qui font avancer leur organisation avec de brillantes idées.

Le successeur de M. Morin comme coordonnateur de la CES sera dévoilé au cours des prochaines semaines.

Départ controversé
Denis Morin assure qu’il ne garde aucune amertume de son départ controversé de la direction générale du Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, en mars 2017. Des employés et des incubés se plaignaient de ses sautes d’humeur, qui nuisaient de plus en plus au climat de travail.

«Quand j’ai accepté ce mandat, il y avait sept entreprises et j’ai grimpé ce nombre à 54», rappelle-t-il. «J’ai mené l’aménagement de 70 000 pieds carrés dans ce bâtiment. Quand le Centre local de développement est devenu le Service de développement économique de la Ville, je savais qu’il serait appelé à prendre ce bout-là en charge.»

«Oui, il y a eu des accrochages et il y en aurait eu avec d’autres, parce qu’il y en a qui ne veulent pas se mobiliser, qui ne veulent pas aller de l’avant, qui nous font perdre des sous. Je n’ai pas d’amertume, mais j’aurais aimé que ça se fasse autrement, que ça se fasse moins en catimini, que ce soit annoncé autrement. Quand j’y retourne, j’ai toujours autant de plaisir à entrer dans cette bâtisse et à y tenir des réunions.»

Rappelons que le projet Lab-École se penche sur l’école de demain, avec la participation de l’architecte Pierre Thibault, du cycliste Pierre Lavoie et du chef cuisinier Ricardo Larrivée. Ensemble, ils s’attardent à améliorer l’environnement physique des élèves, intégrer de saines habitudes de vie et améliorer leur alimentation.

Dans ce cadre, M. Morin accompagnera les projets de Lab-École à travers le Québec, en appuyant les commissions scolaires et les communautés dans leurs initiatives.