Marc Cusson a rencontré ses trois anges gardiens, soit Marie-Claude Laframboise et les agents Olivier Gervais et Étienne Dagenais.

Monsieur Cusson et ses anges gardiens

Saint-Tite — «Sans vous, je ne serais pas là. Merci, merci, merci.» C’est dans ces mots que Marc Cusson a remercié Marie-Claude Laframboise et les agents Olivier Gervais et Étienne Dagenais, qui lui ont littéralement sauvé la vie le 17 octobre dernier aux abords de la route 153 à la limite de Saint-Tite et d’Hérouxville.

M. Cusson a tenu ces propos lors d’une rencontre avec ses trois anges gardiens, mardi à Saint-Tite, et au cours de laquelle Mme Laframboise a été honorée par la Sûreté du Québec pour son geste. Cet honneur revêtait une signification particulière pour cette dernière, elle qui a perdu son conjoint, l’ancien boxeur professionnel et homme bien connu dans la région Patrice L’Heureux, qui est décédé subitement une dizaine de jours avant les événements.

Tout ce beau monde a profité de l’occasion pour se remémorer comment ils avaient vécu les événements qui ont commencé alors que le Lavallois était au volant de son véhicule en direction de son chalet de Lac-aux-Sables et qu’il a ressenti un malaise. Bien que ses souvenirs soient très vagues, il semble qu’il se soit garé sur un petit chemin perpendiculaire à la route donnant à accès à la voie ferrée afin de se reposer un peu. Grandement affecté par la double pneumonie qui l’affligeait – il n’était pas au courant qu’il était gravement malade à ce moment – il n’a pas été en mesure de couper le contact ni même de mettre l’embrayage en mode «stationnement». Son véhicule s’est donc simplement enlisé dans le sol boueux afin de s’immobiliser pendant qu’il s’évanouissait petit à petit.

Vers 18 h 15, Marie-Claude Laframboise est passée dans le secteur et a remarqué la présence d’un véhicule en marche sur le bord de la route. À ce moment, l’infirmière auxiliaire de profession n’en a pas fait de cas. Mais à son retour de Shawinigan un peu après 21 h, elle a constaté que quelque chose clochait alors que le véhicule était toujours là et qu’une autopatrouille de la Sûreté du Québec était également sur les lieux.

«Je suis arrêtée et j’ai dit aux policiers que la voiture était déjà là vers 18 h 15. Je leur ai également indiqué que j’étais infirmière auxiliaire et que je leur offrais mon aide s’ils en avaient besoin», a-t-elle raconté lors d’une récente rencontre avec M. Cusson et les agents Olivier Gervais et Étienne Dagenais, les deux policiers qui avaient été dépêchés sur les lieux.

Constatant que M. Cusson se trouvait dans un état grave qui nécessitait des soins, et ce, très rapidement, les policiers ont accepté l’offre de Mme Laframboise et ont décidé de ne pas attendre les ambulanciers et de conduire eux-mêmes M. Cusson à l’hôpital. L’infirmière auxiliaire a donc pris place à l’arrière avec M. Cusson, qui était alors dans un état semi-conscient. Peu de temps après le décès de son compagnon de vie, ce transport fut d’ailleurs un moment très intense pour elle.

La Sûreté du Québec a rendu hommage à Marie-Claude Laframboise pour le rôle qu’elle a joué dans le sauvetage de Marc Cusson. On la voit ici en compagnie de M. Cusson et des agents Olivier Gervais et Étienne Dagenais.

«Pendant que je vous tenais la main et que je vous disais de rester avec nous, ça m’a permis de m’enlever l’image de Patrice sans vie couché au sol», a confié la veuve de l’ancien champion canadien des poids lourds.

Très Chanceux

À son réveil, quelques heures après son arrivée à l’hôpital du secteur Shawinigan-Sud, M. Cusson a pris conscience de la chance qu’il avait eue.

«L’infirmière m’a dit que j’avais eu des anges gardiens. Des gens comme eux, il n’y en a pas beaucoup», a-t-il souligné en regardant en direction de l’infirmière auxiliaire et des deux policiers.

Celui qui œuvre comme directeur des ventes pour l’entreprise Cabanons Fontaine tient également à remercier le travail des professionnels de la santé qui ont pris soin de lui pendant son séjour de six jours à l’hôpital, dont trois au département des soins intensifs. Il confie d’ailleurs que cet incident lui a fait prendre conscience qu’il devait changer des choses dans sa vie s’il veut vieillir en santé. Il a notamment arrêté de fumer et a appris pendant son hospitalisation qu’il devait subir prochainement des pontages. Cette intervention chirurgicale devrait d’ailleurs avoir lieu prochainement.

«C’est la claque dont j’avais besoin», a-t-il reconnu.

Une belle attention

La Sûreté du Québec a également souligné le fait que M. Cusson ait pris le temps de remercier les policiers qui lui ont porté assistance.

Les retrouvailles entre Marie-Claude Laframboise et Marc Cusson ont été très touchantes.

«C’est rare que les gens nous appellent pour nous remercier», a mentionné l’agent Olivier Gervais, visiblement touché par la sincérité de M. Cusson.

«Ça aurait été égoïste de ne rien faire», a spontanément répondu ce dernier.