Monde

Une graine de coton germe sur la Lune, une première

PÉKIN - Une petite pousse se développe sur la Lune, une première hors du commun, après la germination d’une graine de coton à bord d’une sonde chinoise, ont annoncé mardi des scientifiques chinois.

La pousse a émergé d’une structure en treillis, après l’alunissage de la sonde Chang’e-4 le 3 janvier, selon une série de photos publiées par l’Institut de recherche de technologie de pointe de l’Université de Chongqing (sud-ouest de la Chine).

«C’est la première fois que les humains effectuent des expériences de croissance biologique sur la surface lunaire», a déclaré le professeur Xie Gengxin, de l’Université de Chongqing, qui a conçu cette expérience inédite.

La sonde Chang’e-4 - nommée d’après la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise - a effectué le 3 janvier la première arrivée en douceur sur la face cachée de la Lune, une étape majeure dans les ambitions de la Chine de devenir une puissance spatiale.

Les scientifiques de l’Université de Chongqing ont envoyé un conteneur de 18 centimètres en forme de seau contenant de l’air, de l’eau et de la terre.

À l’intérieur se trouvent des graines de coton, de pomme de terre et d’arabidopsis - une plante de la famille de la moutarde - ainsi que des oeufs de mouches et de la levure.

Hormis la pousse de coton, aucune autre plante n’a encore pris, selon les images reçues, a déclaré l’Université de Chongqing.

Chang’e-4 est également équipée d’instruments développés par des scientifiques suédois, allemands et chinois pour étudier l’environnement lunaire, le rayonnement cosmique et l’interaction entre le vent solaire et la surface de la Lune.

La sonde a lancé un petit robot téléguidé à roues, baptisé Yutu-2 (Lapin de Jade 2), qui effectuera des expériences dans le cratère lunaire Von Karman.

L’agence spatiale chinoise CNSA (China National Space Administration) a annoncé lundi que quatre autres missions lunaires étaient prévues, confirmant le lancement d’un module d’exploration d’ici à la fin de l’année pour recueillir et rapporter des échantillons de la Lune.

La Chine cherche à établir une base internationale sur la Lune, peut-être en utilisant la technologie d’impression en 3D pour y construire des installations, selon l’agence.

Monde

États-Unis: un élu républicain accusé de racisme sanctionné par son parti

WASHINGTON - Steve King, un parlementaire américain accusé de racisme après des propos défendant le suprématisme blanc, a été rabroué et sanctionné par les élus de son propre parti républicain, certains appelant même à sa démission.

Cet élu de l’Iowa à la Chambre des représentants a défendu la semaine dernière la suprématie blanche lors d’une interview au New York Times.

«Nationaliste blanc, suprémaciste blanc, civilisation occidentale. Depuis quand ce langage est-il devenu offensant?», s’est-il interrogé.

Kevin McCarthy, le chef de la minorité républicaine à la Chambre, a annoncé lundi que Steve King, un fervent soutien de Donald Trump, ne participerait plus à aucune commission de la chambre basse du Congrès.

«Les remarques de Steve ne sont pas dignes du parti de Lincoln et des États-Unis», a tonné Kevin McCarthy.

Le sénateur républicain Mitt Romney a lui appelé Steve King à la démission alors que Mitch McConnell, le chef de la majorité sénatoriale, a déclaré que l’élu conservateur de l’Iowa n’était «pas le bienvenu et indigne de son poste».

Lundi, face à la presse, le président Donald Trump a expliqué n’avoir «pas vraiment suivi» la polémique.

Steve King, en poste depuis 2003, est coutumier de tels dérapages.

L’année dernière, il avait déclaré que les États-Unis «ne pouvaient pas restaurer (leur) civilisation avec les bébés des autres».

Monde

Opération d’urgence pour retrouver un bambin espagnol probablement tombé dans un trou de forage

MADRID - Les recherches se poursuivaient mardi en Espagne pour retrouver un bambin de deux ans qui est porté disparu depuis deux jours et qui est probablement tombé dans un étroit trou de forage profond d’une centaine de mètres.

Les secouristes ont entrepris mardi de creuser un tunnel horizontal pour tenter d’atteindre le fond du trou.

Le trou de forage ne fait que 25 centimètres de diamètre et est trop étroit pour laisser passer un adulte. Il a été foré le mois dernier pour tenter de trouver de l’eau et n’avait pas été recouvert.

Une dirigeante de la province de Málaga, Maria Gamez, a expliqué que la décision de creuser le tunnel a été prise quand les secouristes ont été incapables, pendant la nuit, d’aspirer les débris dans le trou de forage.

Elle a ajouté que des rochers empêchent les équipements de descendre à plus de 80 mètres.

On avait annoncé, lundi, qu’une caméra avait repéré, à environ 75 mètres sous terre, le sac de bonbons que l’enfant avait avec lui.

Le petit garçon est disparu dimanche pendant une réunion familiale, dans une région montagneuse au nord-est de la capitale provinciale.

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Meurtre du maire de Gdansk: la Pologne en état de choc

GDANSK — Des milliers de Polonais ont participé lundi soir à des rassemblements contre la violence organisés dans plusieurs villes après la mort du maire de Gdansk, Pawel Adamowicz, poignardé dimanche soir par un homme lors d’un événement caritatif public.

Frappé plusieurs fois avec un couteau par un repris de justice dont les motivations restent peu claires, le maire de Gdansk est décédé lundi en début d’après-midi.

Pawel Adamowicz, qui a dirigé la ville pendant 20 ans, a subi une blessure grave au cœur, et d’autres au diaphragme et aux organes de la cavité abdominale, selon les médecins. Il a perdu une «quantité énorme» de sang.

L’attaque s’est déroulée dimanche soir devant quelques centaines de personnes, dont des enfants, sur un podium dressé pour une action caritative nationale de collecte de fonds pour l’achat d’équipements hospitaliers.

L’agresseur, un habitant de Gdansk de 27 ans qui venait de purger une longue peine de prison pour des attaques à main armée, a été mis en examen pour meurtre, a indiqué le parquet.

L’homme, interpellé aussitôt après le crime et dont l’état mental doit être examiné par des psychiatres, n’a pas reconnu les faits. Il risque la réclusion à perpétuité.

Hommage

Dans la soirée, des milliers de personnes se sont rassemblées en silence dans le centre historique de Gdansk pour rendre hommage à Pawel Adamowicz et protester contre la violence. «Cher Pawel, je veux te promettre que pour toi, pour nous, nous défendrons notre Gdansk, notre Pologne et notre Europe contre la haine et le mépris. Nous te le promettons. Adieu, Pawel», a déclaré à la foule Donald Tusk, président du Conseil européen, arrivé sur place dans la soirée pour rendre hommage à son ami et ancien allié politique.

«Tu as toujours été là où il fallait montrer un visage bon et courageux et s’opposer au mal», a encore déclaré l’ancien premier ministre libéral polonais, lui-même originaire de cette ville de la côte baltique.

Des rassemblements semblables ont eu lieu dans plusieurs villes polonaises, dont les plus grands à Varsovie, Cracovie (sud), Poznan (ouest) et Wroclaw (ouest).

Deuil national

Le président Andrzej Duda, en rendant hommage à M. Adamowicz, «un grand homme politique», a annoncé que le jour de ses obsèques, dont la date doit être décidée par la famille, serait proclamé journée de deuil national.

Les habitants de Gdansk ne cachaient pas leur tristesse à l’annonce de la mort de leur maire, accompagnée du son des cloches de toutes les églises.

«C’est un choc qu’une chose pareille puisse arriver à Gdansk. [...] C’est de la violence, une chose qu’on n’a pas eue en Pologne jusque-là», a réagi Maciej Szczepanski, un employé de bureau de 45 ans. «C’est la faute à la situation politique, c’est surtout le parti au pouvoir [le parti conservateur Droit et Justice] qui verse de l’huile sur le feu», mais «on ne peut pas se laisser emporter par la haine».

«Je suis furieuse et triste à la fois», déplorait Agnieszka Naruszewicz, 35 ans, enseignante dans une petite école. «Il collectait de l’argent pour sauver les vies des enfants, des gens de tout âge, et voilà qu’il est mort. Il va nous manquer beaucoup à Gdansk.»

L’agression a provoqué un choc en Pologne, pays qui n’a pratiquement pas connu d’incident violent de ce genre depuis la chute du communisme il y a 30 ans, hormis l’assassinat par balle à Lodz en 2010 d’un membre du parti Droit et Justice par un homme jugé responsable de ses actes, qui avait invoqué sa «haine» de ce parti, alors dans l’opposition.

L’agresseur de M. Adamowicz s’en est pris au principal parti d’opposition, la Plateforme civique (PO).

Avant d’être interpellé sur le podium où il a poignardé M. Adamowicz, cet homme a affirmé avoir été jeté en prison alors qu’il était innocent, et «torturé» par la PO. Ce parti avait soutenu la candidature de Pawel Adamowicz aux municipales de l’automne dernier [que ce dernier a remportées haut la main avec plus de 64 % des voix]. «C’est pourquoi Adamowicz meurt», a lancé l’agresseur.