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Le président sud-coréen Moon remonte dans un sondage après le sommet

SÉOUL — Le président sud-coréen Moon Jae-in a vu sa popularité grimper en flèche au cours de cette semaine, qui a été marquée par une intense couverture médiatique de sa visite à Pyongyang, selon un sondage publié vendredi.

Le dirigeant de centre-gauche avait auparavant chuté dans les enquêtes d'opinion en raison de la montée du chômage et de la flambée de l'immobilier.

Mais à en croire un sondage Gallup Korea réalisé auprès de 1 001 personnes entre mardi et jeudi, 61% des Sud-Coréens approuvent désormais l'action du président, soit 11% de plus que la semaine précédente.

Cette hausse peut être interprétée comme «un effet du troisième sommet intercoréen qui s'est tenu à Pyongyang», indique Gallup Korea.

La part de sondés désapprouvant l'action du chef de l'Etat recule de neuf points à 30%, selon l'enquête, dont la marge d'erreur est de plus ou moins 3,1 points de pourcentage.

La péninsule coréenne connaît depuis le début de l'année une remarquable détente, qui a notamment été confirmée cette semaine par cette visite de M. Moon à Pyongyang.

À cette occasion, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a accepté mercredi de fermer le site de tests de moteurs de missile et le pas de tirs de Tongchang-ri en présence d'experts internationaux. L'annonce a été saluée par les États-Unis, qui se sont dits prêts à reprendre sur-le-champ des discussions visant à la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Pyongyang a également évoqué la fermeture de son complexe nucléaire de Yongbyon si Washington prenait «des mesures correspondantes».

Il s'agit d'une condition de taille, mais cette déclaration a apparemment suffi à débloquer les discussions avec Washington qui patinaient depuis des semaines.

Projets de coopération

Nord et Sud ont par ailleurs signé un accord visant à réduire les tensions militaires bilatérales. Ils ont décidé d'approfondir leurs projets de coopération et de présenter une candidature commune à l'organisation des jeux Olympiques de 2032.

Certains experts interrogés par l'AFP considèrent que la Corée du Nord n'a fait que des concessions très limitées lors de ce sommet.

Il semble pour autant très bien perçu par les Sud-Coréens.

À en croire un sondage Realmeter, 71,6% des personnes interrogées approuvent le résultat du sommet, quand 22,1% s'en font une opinion négative.

Monde

Corée du Nord: Trump s'accroche à son «succès» diplomatique

WASHINGTON — «Il est calme, je suis calme.» Donald Trump résume ainsi la mue de sa relation jadis explosive avec Kim Jong Un. Et s'accroche à ce qu'il considère être son grand «succès» diplomatique, quitte à se satisfaire de gestes limités de la part du dirigeant nord-coréen.

Le président des États-Unis n'a pas tari de superlatifs pour commenter l'issue du sommet intercoréen cette semaine. «Super réponses», «progrès extraordinaires», relations «excellentes», a-t-il énuméré, insistant sur le «calme» qui prévaut après une année 2017 scandée par les bruits de bottes nucléaires.

Alors que Kim Jong Un souhaite rencontrer à nouveau Donald Trump «à une date rapprochée», le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lui a fait écho vendredi en disant espérer qu'un nouveau sommet, après celui, historique, du 12 juin à Singapour, puisse se tenir «dans pas trop longtemps».

«Trump pense que son premier sommet avec Kim était un succès majeur», explique à l'AFP Jon Wolfsthal, directeur du Nuclear Crisis Group, une organisation de prévention des conflits atomiques. «Or il a besoin de succès diplomatiques rapides pour compenser des déboires en politique intérieure», ajoute cet ex-membre de l'administration démocrate de Barack Obama.

À Pyongyang où il accueilli le président sud-coréen Moon Jae-in, le dirigeant nord-coréen a confirmé le démantèlement d'un site balistique, promettant cette fois la présence cruciale d'inspecteurs internationaux. Et il s'est dit prêt à fermer définitivement un important complexe nucléaire, mais à condition d'obtenir des contreparties américaines — il pourrait s'agir d'une déclaration mettant fin à la guerre de Corée, qui ne s'est conclue en 1953 que par un armistice, mais aussi d'une levée partielle des dures sanctions internationales.

Des avancées concrètes, pour la première fois depuis Singapour, mais à la portée jugée limitée par la plupart des observateurs.

La dénucléarisation «d'abord»

Suffisantes en tout cas pour débloquer l'impasse dans laquelle se trouvaient les négociations sur la dénucléarisation: Mike Pompeo s'est dit prêt à les relancer «immédiatement», dès la semaine prochaine à New York.

Dans sa réaction, il a soigneusement ignoré la demande de contreparties américaines. Car cette exigence nord-coréenne ne cadre pas avec le discours très ferme que Washington tenait avant le sommet Trump-Kim et qu'une partie de l'administration tente de maintenir.

«Rien ne peut se passer sans dénucléarisation, la dénucléarisation doit intervenir d'abord», a martelé jeudi la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert. Et «les sanctions doivent être appliquées, on ne peut pas lever le pied», a-t-elle aussi insisté.

Sur les sanctions, les États-Unis ont jusqu'ici tenu bon.

Mais le président républicain semble davantage disposé que son gouvernement à faire d'autres concessions.

«Une lettre gentille de Kim Jong Un a suffi pour que le président se dise prêt à un autre sommet, alors qu'aucun des problèmes n'a été résolu», s'inquiète Bruce Klingner, longtemps chargé de la Corée du Nord à la CIA et aujourd'hui chercheur du think tank conservateur Heritage Foundation.

Or, ajoute-t-il pour l'AFP, «Pyongyang tente clairement de découpler Trump du reste de l'administration, ils le considèrent», «à raison», «plus susceptible de faire des concessions comme il l'a fait à Singapour sans rien demander en retour».

Pour Bruce Klingner, toutefois, «les États-Unis peuvent tenter d'utiliser ce vif désir nord-coréen de rencontrer Trump pour arracher des choses avant toute réunion».

«Dernière manœuvre de Kim»

Car contrairement au «tout ou rien» affiché, l'administration américaine semble elle-même s'engager sans le dire dans un processus de concessions réciproques, étape par étape.

«Il semble clairement que ce qu'ils ont convenu de mettre en place le 12 juin à Singapour est de l'ordre du donnant-donnant, comme le réclame Pyongyang», estime Joseph Yun, qui était encore récemment l'émissaire américain pour la Corée du Nord. «Espérer que la Corée du Nord dénucléarise complètement», «avant d'obtenir quoi que ce soit, c'est totalement irréaliste», plaide cet expert de l'United States Institute of Peace, un cercle de réflexion qui organisait vendredi un échange avec la presse.

Certains voient d'ailleurs d'un bon oeil les négociations prendre cette tournure.

Les annonces faites cette semaine sont limitées, mais «c'est la première fois que les Nord-Coréens acceptent de parler de dénucléarisation avec les Sud-Coréens», et pas seulement avec les Américains, fait valoir Joseph Yun, estimant qu'il ne fallait pas s'attendre à davantage de ce rendez-vous.

«Ça vaut la peine d'explorer leurs propositions», renchérit Jon Wolfsthal, «favorable à une approche étape par étape».

D'autres experts redoutent que Donald Trump soit en train de «tomber dans la dernière manœuvre de Kim», pour reprendre la formule de Bruce Klingner, et que le numéro un nord-coréen tente une fois de plus de gagner du temps, poussant les États-Unis à accepter, in fine, de cohabiter avec une Corée du Nord nucléaire.

Monde

Mort du président vietnamien, fer de lance de la répression

HANOÏ — Le président vietnamien Tran Dai Quang, figure du camp conservateur au sein du régime communiste et de la répression contre les dissidents, est décédé vendredi à l’âge de 61 ans, une disparition qui ne déstabilise pas le régime.

«Le président Tran Dai est mort à l’hôpital militaire» dans la matinée, selon un bulletin de l’agence officielle VNA, Vietnam News Agency, relayé à la télévision nationale.

Le régime n’évoque que sa «grave maladie», objet de rumeurs depuis des mois, sans en préciser la nature.

Président depuis 2016, Tran Dai Quang continuait à exercer ses fonctions officielles, malgré sa fatigue visible et son amaigrissement. La semaine dernière, lors d’une cérémonie avec le président indonésien Joko Widodo, il était apparu particulièrement affaibli.

Il faisait partie du quatuor de conservateurs à la tête du régime, avec le premier ministre, le président de l’Assemblée nationale et surtout le secrétaire général du parti communiste, véritable numéro un.

Il était aussi le visage du régime sur la scène internationale, notamment lors du sommet de l’APEC accueilli par le Vietnam en novembre dernier, où il a assumé son rôle d’hôte du président américain Donald Trump et du chinois Xi Jinping entre autres.

«Le camarade Tran Dai Quang était un homme d’État et de parti exceptionnel», a commenté Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise, évoquant «ses importantes contributions aux réformes et à l’ouverture du Vietnam», ainsi qu’au «partenariat Chine-Vietnam». Son mandat a pourtant été marqué par l’aggravation du conflit avec Pékin quant à la souveraineté territoriale sur la mer de Chine méridionale.

Autre pays communiste, Cuba a déploré via l’agence d’État Prensa Latina «une perte douloureuse pour les Cubains, en raison de tout ce que Tran Dai Quang a fait en faveur de l’amitié et de la coopération entre les deux pays». Le régime a déclaré une journée de deuil national lundi, où les drapeaux seront en berne.

C’était un «promoteur important du développement du Vietnam» et un «ami des Nations unies», a réagi dans un communiqué son secrétaire général, Antonio Guterres. Il s’est déclaré «attristé», estimant qu’»on se souviendra longtemps du président Quang dans son pays et au-delà».

Tran Dai Quang était membre du puissant Bureau politique du Parti communiste du Vietnam (PCV), véritable centre du pouvoir, qui devra nommer son successeur.

Pas d’assouplissement en vue

La mort du président, premier général de police à être nommé à ce poste, ne déstabilise pas le régime communiste, au pouvoir depuis des décennies, qui a eu le temps de se préparer à son décès.

«Le Vietnam va s’en remettre... Un remplaçant lui sera trouvé au sein du politburo», estime Carlyle Thayer, spécialiste de l’Asie du Sud-Est à l’université de New South Wales Canberra, interrogé par l’AFP.

Cet ancien ministre de la Sécurité publique, portefeuille clef de ce régime autoritaire, aura néanmoins marqué son mandat par sa répression de toute voix discordante dans ce pays où des dizaines de prisonniers politiques, blogueurs ou journalistes, sont détenus.

Selon le décompte d’Amnesty International en avril 2018, une centaine de prisonniers politiques étaient derrière les barreaux.

«Même une fois devenu président, il continuait à donner le ton» et à superviser la répression de son ministère d’origine, accuse Andrea Giorgetta, représentant en Asie de la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh).

Malgré la mort de cet ultra, «il est peu probable que le Vietnam change d’attitude et devienne plus tolérant», ajoute-t-il.

Son élection avait confirmé la domination politique des conservateurs, après un congrès du PC en janvier 2016 marqué par de vives luttes entre conservateurs et réformateurs.

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L'alcool tue 3 millions de personnes dans le monde chaque année selon l'OMS

GENÈVE — L'alcool tue quelque 3 millions de personnes dans le monde chaque année, ce qui représente un décès sur vingt, a averti vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans un rapport sur la consommation d'alcool dans le monde et ses conséquences néfastes sur la santé, l'agence de l'OMS souligne que la consommation d'alcool tue davantage que le sida, la tuberculose et la violence réunis.

Maladies infectieuses, accidents de la circulation, blessures, homicides, maladies cardiovasculaires, diabètes... 5,3% des décès dans le monde sont liés à l'alcool chaque année, selon l'OMS.

Chez les plus jeunes (20-29 ans), ce taux atteint 13,5%.

Au total, l'alcool a tué dans le monde quelque 3 millions de personnes en 2016, contre 3,3 millions en 2012 selon le précédent rapport de l'OMS à ce sujet.

Trois quarts des décès concernent des hommes.

L'OMS note qu'il y a eu «certaines tendances mondiales positives», pointant la réduction enregistrée depuis 2010 des beuveries épisodiques et du nombre de décès liés à l'alcool.

Mais, expliquent les experts, «le fardeau global des maladies et des blessures causées par la consommation nocive d'alcool est inacceptable, en particulier dans la région européenne et dans la région des Amériques».

Plus de 200 maladies sont liées à la consommation d'alcool.

Sur les 3 millions de décès attribuables à l'alcool, 28% étaient liés à des accidents de la route, violences, suicides et autres actes violents, 21% à des troubles digestifs et 19% à des maladies cardiovasculaires. Les autres décès sont attribués à des maladies infectieuses, des cancers, des troubles mentaux et autres problèmes de santé.

«Il est temps d'agir davantage pour prévenir cette grave menace pour le développement de sociétés saines», a relevé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans un communiqué

Baisse «spectaculaire» en Russie

Environ 2,3 milliards de personnes dans le monde boivent de l'alcool, selon l'OMS. L'alcool est consommé par plus de la moitié de la population sur le continent américain, en Europe et dans la région du Pacifique occidental.

L'Europe a la consommation par habitant la plus élevée du monde, bien que cette consommation ait diminué de plus de 10% depuis 2010. La consommation d'alcool a diminué dans les trois quarts des pays européens, avec de très fortes réductions enregistrées en Russie, en Modalvie et au Belarus.

En Russie par exemple la consommation annuelle d'alcool (mesurée en litres d'éthanol pur) par habitant est passé de 18,7 litres en 2005 à 11,7 litres en 2016.

Cette «diminution spectaculaire» s'explique par la mise en oeuvre par le gouvernement russe de mesures recommandées par l'OMS, a expliqué aux médias le Dr Vladimir Poznyak de l'OMS, citant parmi tant d'autres l'introduction d'un prix minimum pour la vodka et l'interdiction de la vente de boissons alcoolisées dans les stations-service.

L'OMS prévoit néanmoins une hausse de la consommation globale d'alcool dans le monde au cours des dix prochaines années, en particulier dans les régions du sud-est asiatique, du Pacifique occidental et sur le continent américain.

La consommation moyenne journalière des personnes buvant de l'alcool correspond à 33 grammes d'alcool pur, soit l'équivalent de 2 verres de vin (de 150 ml chacun) ou d'une bouteille de bière (750 ml) ou de deux «shots» de spiritueux (de 40 ml chacun).

L'augmentation de la consommation globale «entraînera certainement une augmentation du nombre de décès et de souffrances dans le monde entier», a averti M. Poznyak, qui recommande notamment aux instances internationales sportives, comme la Fifa, de «mettre fin» au sponsoring pour les boissons alcoolisées.