En Allemagne, une infirmière est inculpée pour tentative de meurtre sur cinq bébés prématurés.

Une infirmière allemande soupçonnée d’avoir voulu empoisonner cinq bébés

BERLIN — De la morphine injectée à des bébés prématurés à la maternité: la justice allemande a annoncé jeudi avoir incarcéré une infirmière soupçonnée de cette tentative d’empoisonnement, à laquelle les nouveaux-né ont survécu.

«Un mandat d’arrêt a été émis contre l’infirmière pour tentative de meurtre et blessures graves dans cinq cas», a indiqué Christof Lehr, le procureur de la ville d’Ulm, dans le sud de l’Allemagne où se sont déroulés les faits, lors d’une conférence de presse.

La «jeune femme», placée mercredi en détention provisoire, est soupçonnée d’avoir «agi intentionnellement», a-t-il ajouté, estimant qu’elle était consciente du fait que les enfants pourraient mourir.

L’infirmière nie les faits qui lui sont reprochés, selon le procureur.

Seringue dans un casier

Selon les autorités, les événements se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 décembre.

Cinq prématurés se trouvant dans l’hôpital de la ville, âgés entre un jour et cinq semaines, ont été pris «presque au même moment» de problèmes respiratoires aigus, potentiellement mortels, mais ont pu être sauvés grâce à l’intervention en urgence de l’équipe médicale.

L’hôpital a dans un premier temps pensé à une infection, que les tests d’urine des bébés ont néanmoins exclu, a indiqué le chef de la police Bernhard Weber lors de la même conférence de presse.

L’analyse a en revanche révélé des traces de morphine, alors que deux des bébés n’étaient pas censés en recevoir, ce qui a poussé l’hôpital à informer la police le 17 janvier.

Les enquêteurs ont procédé mardi à des fouilles dans les affaires et casiers des personnes présentes cette nuit-là et découvert dans celui de l’infirmière une seringue contenant du lait maternel.

Les tests ont confirmé «la terrible suspicion: la seringue contenait de la morphine», a expliqué M. Weber.

Excuses

Selon l’hôpital, les enfants ne développeront pas de séquelles de l’incident. «Nous regrettons qu’une telle chose se soit produite et nous excusons auprès des parents et des enfants», a déclaré son directeur Udo Kaisers.

L’Allemagne a été secouée par plusieurs scandales en milieu hospitalier ces dernières années.

Le cas le plus marquant est celui de Niels Högel, un ex-infirmier souffrant «d’un trouble narcissique sévère», selon les psychiatres, condamné en juin à la perpétuité pour le meurtre d’au moins 85 patients au total dans deux hôpitaux en Basse-Saxe, région du nord-ouest de l’Allemagne.

Surnommé «l’Ange de la mort», un autre infirmier, Stephan Letter, avait été condamné en 2006 à la prison à perpétuité pour avoir tué 28 malades en Bavière. Un an plus tôt, une infirmière du prestigieux hôpital de la Charité, à Berlin, avait été condamnée à la même peine pour le meurtre par surdose de cinq patients.

Et un procès a actuellement lieu de nouveau en Bavière, à Munich, contre un ancien infirmier soupçonné d’avoir tué au moins six patients par surdose d’insuline.

Grzegorz Stanislaw W., un Polonais de 38 ans qui avait officié à domicile entre avril 2017 et février 2018 dans toute l’Allemagne jusqu’à son arrestation l’an dernier, est aussi poursuivi pour tentative de meurtre sur trois autres personnes, vol, fraude et blessures corporelles.