«Aujourd’hui, Athènes ne change pas simplement de maire, la ville change d’ère», a lancé Costas Bakoyannis, ancien gouverneur, qui a rassemblé 65 % des voix contre son rival de gauche.

Un net avantage pour la droite en Grèce

ATHÈNES — L’opposition de droite Nouvelle-Démocratie (ND) a remporté dimanche les mairies d’Athènes et de Thessalonique ainsi que la quasi-totalité des régions grecques, confirmant sa victoire écrasante aux Européennes sur la gauche du premier ministre d’Alexis Tsipras, selon des résultats partiels officiels.

Les scores élevés réalisés par les candidats soutenus par la ND donnent un net avantage à la grande formation des conservateurs cinq semaines avant les élections législatives anticipées du 7 juillet.

À Athènes, Costas Bakoyannis, 41 ans, ancien gouverneur de la région du centre du pays, a rassemblé 65 % des voix contre son rival de gauche Nassos Iliopoulos, selon les premiers résultats rassemblant plus de la moitié des bureaux de vote.

Appartenant à la troisième génération d’une famille politique grecque de droite, Costas Bakoyannis est le fils de Dora Bakoyannis, première femme élue maire d’Athènes, en 2003.

Il est aussi le petit-fils de l’ancien premier ministre de droite Constantin Mitsotakis (1990-1993) et le neveu de l’actuel chef de Nouvelle-Démocratie (ND), Kyriakos Mitsotakis, principal rival d’Alexis Tsipras pour les prochaines législatives.

«Aujourd’hui, Athènes ne change pas simplement de maire, la ville change d’ère», a lancé M. Costas Bakoyannis après avoir voté dimanche d’après-midi. Il a envoyé un message «d’unité» à tous les Athéniens «pour faire changer» leur ville. Il remplace le maire sortant Giorgos Kaminis, provenant du centre gauche, élu pendant deux mandats consécutifs depuis l’éclosion de la crise de 2010.

«La carte électorale de la Grèce a changé en faveur de la ND. [...] On n’a jamais vu ça», a affirmé le politologue Ilias Nikolakopoulos à la télévision publique Ert.

Une semaine auparavant, lors des Europénnes, la ND a devancé Syriza de 9,3 points, une victoire «inattendue» selon Alexis Tsipras, qui avait annoncé dans la foulée des législatives anticipées trois mois avant la date prévue.

«Changement»

«Le peuple grec a envoyé pour la deuxième fois un message de changement politique [...], sa confiance à Kyriakos Mitsotakis», a lancé Dora Bakoyannis, qui s’est rendue à la permanence électorale de son fils deux heures après la fermeture des urnes pour le féliciter de son élection à la mairie d’Athènes.

Les candidats soutenus par la ND ont gagné onze des treize régions du pays, selon des résultats encore partiels, dont l’Attique, la plus grande, qui entoure Athènes.

Cette région était détenue par la gauche Syriza depuis les dernières élections locales de 2014. C’est le conservateur Yiorgos Patoulis, ancien maire dans la banlieue du nord d’Athènes, qui en devient gouverneur avec 66 % des voix, selon les résultats partiels.

À la mairie de Thessalonique, où les candidats de gauche avaient été éliminés dès le premier tour dimanche dernier, Konstantinos Zervas (indépendant) l’a emporté, face au candidat soutenu officiellement par la ND, Nikolaos Tachiaos. 

Bastions habituels des conservateurs, Athènes et Thessalonique avaient rompu avec cette tradition en 2010 et 2014 en élisant des maires soutenus par le centre gauche, Giorgos Kaminis et Yannis Boutaris. C’était l’époque de la contestation des grands partis, ND et le parti socialiste du Pasok, tenus alors pour responsables de la crise.

Le maire sortant d’Athènes, Giorgos Kaminis sera candidat pour les législatives avec le Kinal (ex-Pasok). Cette décision visant «à ouvrir le Kinal aux forces progressistes», selon sa dirigeante Fofi Gennimata, a provoqué la vive réaction d’Evangelos Venizelos, ancien chef du Pasok, qui a dans la foulée décidé de quitter son parti.

La défaite de la gauche aux Européennes et aux élections locales intervient après quatre années au pouvoir d’Alexis Tsipras et la sortie du pays en août dernier des programmes d’aide des créanciers.

Toutefois, la poursuite de l’austérité, le chômage qui atteint 18 % — taux le plus élevé de la zone euro — et les taxes élevées lui ont valu de nombreuses critiques.