Justin Trudeau et Donald Trump

Trump se vante de son ignorance face à Trudeau

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump s’est vanté d’avoir affirmé au premier ministre canadien Justin Trudeau que Washington affichait un déficit commercial avec Ottawa alors qu’il n’en avait «aucune idée», a rapporté jeudi le Washington Post.

S’exprimant dans une soirée de collecte de fonds mercredi soir dans le Missouri, M. Trump a raconté cette anecdote, dont le journal dit avoir obtenu un enregistrement audio.

«Trudeau est venu me voir. C’est un bon gars, Justin. Il a dit: “Non, non, nous n’avons pas de déficit commercial avec vous, nous n’en avons aucun”», a raconté le président en imitant le premier ministre canadien, selon la retranscription du Washington Post.

«Gentil garçon, beau garçon, il s’amène: “Donald, nous n’avons pas de déficit commercial”. J’ai dit: “Faux, Justin, vous en avez un”. Je ne savais même pas... Je n’en avais aucune idée. J’ai simplement dit: “Vous avez tort”», a poursuivi M. Trump. «Vous savez pourquoi? Parce que nous sommes tellement stupides... Et je pensais qu’ils étaient malins».

«J’ai dit: “Eh bien dans ce cas, mon sentiment est différent [...] mais je n’y crois pas”», a ajouté le président, affirmant avoir alors «envoyé un de nos gars, son gars, mon gars, ils sont sortis et j’ai dit: “Vérifiez parce que je n’arrive pas à y croire”».

D’après les statistiques américaines, les États-Unis présentaient un excédent commercial (biens et services) avec le Canada de 12,5 milliards de dollars en 2016, pour 627,8 milliards de dollars d’échanges. Ottawa n’a pas réagi aux révélations du Washington Post.

MM. Trudeau et Trump se sont rencontrés à la Maison-Blanche en octobre, lorsque la conversation décrite mercredi soir est censée s’être déroulée.

Dans le Missouri, le milliardaire a également décoché des flèches notamment à l’encontre d’alliés des États-Unis.

Selon le Washington Post, il a affirmé que l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, mais aussi la Chine, avaient escroqué les États-Unis et les travailleurs américains. «Nos alliés s’intéressent à eux-mêmes», a-t-il dit. «Ils n’en ont rien à faire de nous».

Il a par ailleurs laissé entendre que, si aucun accord commercial n’était possible avec Séoul, Washington pourrait retirer ses forces armées déployées en Corée du Sud.

Il a enfin critiqué ceux qui souhaitent conserver le traité de libre-échange nord-américain (ALENA) avec le Canada et le Mexique, qui est en cours de renégociation à son insistance. Selon lui, Mexico est «trop gâté» et Ottawa a utilisé la ruse contre Washington.

«Le meilleur accord est d’y mettre un terme et de passer un nouvel accord», a-t-il dit au sujet de l’ALENA.

Le président américain a également salué sa décision de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, critiquant au passage ses prédécesseurs à la Maison-Blanche Barack Obama et George W. Bush. «Personne n’aurait fait ce que j’ai fait», s’est-il vanté.