Donald Trump participera vendredi à la «Marche pour la vie», des militants anti-avortement.

Trump s’affiche avec les militants anti-avortement

WASHINGTON — Les yeux rivés sur le scrutin de novembre, Donald Trump participe vendredi à Washington à la grand-messe annuelle des militants anti-avortement, une première pour un président en exercice.

Sur les immenses pelouses du «National Mall», l’avenue monumentale de la capitale fédérale, le président américain sera la star incontestée de cette «Marche pour la vie».

Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, dans l’enceinte du Congrès, les sénateurs poursuivront leurs débats dans son procès en destitution, tache indélébile sur son mandat.

Le milliardaire républicain qui, en 1999, se disait très pro-choix (favorable à la possibilité de choisir l’avortement), est plus que jamais déterminé à se positionner comme le président le plus pro-vie de l’Histoire.

La démarche est loin d’être anodine : en 47 ans d’existence, la «March for Life» n’a jamais accueilli un hôte de la Maison-Blanche. Marjorie Dannenfelser, présidente de «Susan B. Anthony List», puissante organisation anti-avortement, y voit un véritable «tournant».

Soucieux de théâtraliser sa participation, Donald Trump a débuté sa journée en citant, dans un tweet, Jeanne Mancini, présidente du mouvement organisateur de ce grand rendez-vous : «Nous n’avions jamais vu un président des États-Unis venir en personne à la Marche pour la vie». «Maintenant, c’est fait! À tout à l’heure Jeanne», a-t-il ajouté.

Après le discours présidentiel, prévu en milieu de journée, le cortège remontera l’artère verdoyante du Mall pour rejoindre le bâtiment de la Cour suprême, situé juste à côté du Congrès.

En 2019, l’ancien homme d’affaires de New York avait promis aux manifestants, par écran géant interposé, d’opposer son veto à toute législation «affaiblissant la protection de la vie humaine».

La manifestation est organisée tous les ans autour du 22 janvier, date anniversaire de l’arrêt emblématique de la Cour suprême «Roe v. Wade», rendu en 1973, et légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans tous les États-Unis.

Le test de la Louisiane

À l’approche du scrutin du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump, qui n’a jamais cherché à élargir son socle électoral, sait qu’il doit jouer serré avec les chrétiens évangéliques blancs, qui avaient voté à 8 1% pour lui en 2016.

Avec les nominations de Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême, qui ont cimenté l’institution dans le conservatisme, il a galvanisé les militants anti-avortement.

Leur rêve ? Remettre en cause l’arrêt «Roe v. Wade». Ou, à défaut, autoriser les États à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Le premier test décisif aura lieu en mars, quand la Cour suprême se penchera sur une loi adoptée en 2014 en Louisiane, État conservateur du Sud.

Le texte prévoit d’imposer aux médecins volontaires pour pratiquer des IVG d’avoir une autorisation d’exercer dans un hôpital situé à moins de 50 kilomètres du lieu de l’opération.

Selon les défenseurs du droit à l’avortement, ces conditions sont trop drastiques et seul un médecin et une clinique pourront continuer à pratiquer des IVG dans tout l’État. Un nombre très insuffisant, soulignent-ils, pour les quelque 10 000 avortements pratiqués chaque année.

La Louisiane justifie cette mesure en évoquant les risques de complication et la nécessité, en cas de problème, de pouvoir transférer les patientes dans des hôpitaux voisins.

La décision permettra d’évaluer si le temple du droit américain a, sur ce sujet très sensible, changé de position. En juin 2016, six mois avant l’arrivée du magnat de l’immobilier au pouvoir, elle avait jugé illégale une loi similaire adoptée au Texas.