Michael Behenna à Medford, en Oklahoma, en juillet 2014

Trump gracie un ancien soldat condamné pour le meurtre d’un Irakien

WASHINGTON - Le président Donald Trump a gracié un ancien soldat américain, Michael Behenna, condamné pour le meurtre d’un Irakien, une décision qui suscitait mardi la controverse.

Dans un communiqué publié lundi soir, la Maison-Blanche juge cette décision «entièrement méritée». «M. Behenna s’est conduit en prisonnier modèle» et son dossier a «attiré un large soutien parmi les militaires» et au-delà, note-t-elle.

Le lieutenant Behenna avait été condamné en 2009 par une cour martiale à 25 ans de prison pour le meurtre d’un prisonnier, Ali Mansour, commis un an plus tôt près de Baïji, dans le nord de l’Irak.

Soupçonné d’être l’auteur d’une attaque à la bombe ayant tué deux soldats américains, l’Irakien avait été arrêté début mai 2008 par l’armée américaine qui, n’ayant pu prouver son implication, avait ordonné de le remettre en liberté après une dizaine de jours en détention.

Michael Behenna, qui connaissait les deux victimes, devait le ramener dans son village avec son peloton, mais il avait décidé de l’interroger sur une route isolée. Le corps nu de l’Irakien avait été retrouvé le lendemain criblé de deux balles et en partie brûlé.

Lors de son procès, le lieutenant Behenna avait plaidé la légitime défense.

A la suite de plusieurs recours, sa peine avait été ramenée à 15 ans de prison par le bureau des grâces de l’armée, et il avait finalement été remis en liberté conditionnelle dès 2014.

Agé aujourd’hui de 35 ans, il vit dans une ferme de l’Oklahoma. La grâce présidentielle lui permet de retrouver ses droits civiques.

Cette décision a été vivement critiquée mercredi par la puissante organisation de défense des droits civiques (ACLU).

«Cette grâce est une validation présidentielle d’un meurtre qui a violé le code de justice militaire», a déploré Hina Shamsi, une de ses responsables. «Trump, en tant que commandant en chef et les hauts responsables militaires devraient empêcher les crimes de guerre, pas les endosser ou les excuser», a-t-elle ajouté.

Selon la Constitution des États-Unis, le président peut soit annuler une condamnation rendue par la justice fédérale, soit commuer la peine d’un condamné.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait usage à huit reprises de ce pouvoir.

En juin, il avait gracié deux éleveurs de l’Oregon, dont la condamnation à cinq ans de prison pour avoir mis le feu à des terres fédérales avait déclenché en 2016 l’occupation armée d’un parc naturel.