Donald Trump et le médecin Ronny Jackson, le 12 janvier

Trump en «excellente santé», selon son médecin

WASHINGTON — Le médecin de la Maison-Blanche a dressé mardi le tableau d’un Donald Trump en «excellente santé» sans le moindre indice de troubles cognitifs et qui devrait le rester jusqu’à la fin de son mandat, voire d’un deuxième s’il est réélu en 2020.

Seul petit bémol au milieu d’une série d’indicateurs au vert: le 45e président américain de l’histoire, 108 kg pour 1m90, doit surveiller sa ligne et faire un peu plus d’exercice.

«Il n’y a absolument aucun signe d’un quelconque problème cognitif», a lancé le docteur Ronny Jackson lors d’un long échange avec les journalistes au cours duquel il a répondu avec moult détails aux questions sur l’état de santé du président de 71 ans.

Le médecin de la Maison-Blanche, qui a également suivi Barack Obama lorsqu’il était au pouvoir, a précisé qu’il n’y avait pas à ses yeux de nécessité de mener des tests d’évaluation cognitive, mais qu’il avait procédé à ces derniers à la demande du président lui-même, soucieux de faire taire les spéculations.

Mettant en garde contre «la psychiatrie de tabloïd», il a assuré n’avoir aucune raison de penser que le président avait des problèmes de raisonnement.

Les interrogations sur les capacités du milliardaire de New York ont été relancées par le livre polémique du journaliste Michael Wolff qui dresse un portait au vitriol de l’ancien magnat de l’immobilier, assurant que son entourage doute de sa capacité à gouverner.

Donald Trump lui-même a vigoureusement contesté l’idée, assurant sur Twitter que ses «deux atouts» tout au long de sa vie avaient toujours été sa «stabilité mentale» et le fait d’être «très intelligent». Il s’était, à cette occasion, autoqualifiée de «génie stable».

Le Dr Jackson, qui a examiné M. Trump pendant environ quatre heures vendredi à l’hôpital militaire de Walter Reed, dans la banlieue de Washington, a insisté sur «l’excellente santé cardiaque» du président qui, a-t-il souligné, n’a jamais bu et jamais fumé.

«Il est apte à exercer ses fonctions. Je pense qu’il le restera jusqu’à la fin de son mandat et même jusqu’à la fin d’un autre mandat s’il est réélu», a-t-il ajouté.

«Il ne vivra pas jusqu’à 200 ans...»

Comment évalue-t-il l’état de santé de M. Trump par rapport à la moyenne des personnes de son âge?

«Sur la base de ses tests cardiaques, il est indiscutable qu’il est dans une excellente catégorie», a-t-il répondu. «Il a beaucoup d’énergie, d’endurance», a-t-il encore dit, évoquant des «gènes extraordinaires».

Assurant que M. Trump souhaitait perdre entre 4 et 7 kg au cours de l’année à venir, il a assuré qu’il allait prêter une attention particulière à son alimentation.

«On va y travailler, nous ferons des progrès, je ne suis pas inquiet.»

Interrogé sur le mode de vie du président, il a souligné qu’il ne dormait pas beaucoup, «en moyenne «4 ou 5 heures par nuit».

Est-il stressé?

«Il a une capacité singulière à juste se lever le matin et à repartir à zéro[...] Cela l’aide au niveau du stress.»

Mais le médecin de la Maison-Blanche a aussi habilement esquivé les questions de journalistes moins strictement médicales.

Le président, dont le goût pour la télévision est connu et suscite des interrogations sur le temps qu’il passe à travailler ses dossiers, passe-t-il trop d’heures devant le petit écran? Pas de réponse.

Le médecin a-t-il comptabilisé le nombre d’heures passées sur le vert de golf, sujet sur lequel la Maison-Blanche reste toujours très évasive?

«Non», a-t-il répondu, tout en soulignant que c’était un exercice salutaire comme un autre.

Quid de l’espérance de vie de Donald Trump?

«Il ne vivra probablement pas jusqu’à 200 ans...», a répondu le docteur Jackson dans un sourire.

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LE TEST COGNITIF CONÇU PAR UN IMMIGRANT CANADIEN

Lorsque la Maison-Blanche a dévoilé les résultats d’un test sur les aptitudes cognitives de Donald Trump, mardi, qu’il a réussi haut la main, il y avait un Canadien très fier, même s’il ne connaît pas le président américain. Il s’agit de Ziad Nasreddine, celui qui a conçu le test cognitif.

Le neurologue libano-canadien a appris d’un journaliste, mardi après-midi, que la Maison-Blanche avait sélectionné l’Évaluation cognitive de Montréal pour mesurer les facultés du président après des jours de spéculation sur sa santé mentale.

C’est le test que M. Nasreddine avait inventé comme jeune chercheur il y a une vingtaine d’années, dans l’objectif d’évaluer rapidement, en l’espace de 10 à 12 minutes, si la personne souffre d’un déficit cognitif léger ou d’un début de maladie d’Alzheimer.

L’évaluation consiste à faire des tâches telles que dessiner une horloge, identifier des animaux et se souvenir de mots.

Selon son concepteur, le test est maintenant utilisé dans 200 pays et est traduit en 60 langues. Il a même servi dans un pays en voie de développement pour démontrer que son dirigeant n’était plus apte à gouverner.

Mardi, la Maison-Blanche a annoncé le résultat du président Trump: 30 sur 30.

«C’est vraiment un honneur pour moi», a déclaré M. Nasreddine, qui est maintenant affilié à l’Université McGill et l’Université de Sherbrooke.

«Je suis vraiment ravi et heureux qu’ils aient choisi d’utiliser ce test parmi les autres.»

Les limites du test

Le test ne sert pas à mesurer complètement la santé mentale, selon son créateur.

Il a été conçu pour déceler le déclin cognitif précoce. Il ne peut être utilisé pour détecter des problèmes psychologiques et des traits de caractère, ou pour mesurer le jugement. Il souligne que le test peut aussi être manipulé par une personne qui a un très haut niveau d’éducation.

«Le test est une mesure de dépistage, ça a ses limites», a souligné M. Nasreddine.

«C’est un test principalement pour les fonctions exécutives et la mémoire, donc l’organisation, la planification et les pensées abstraites. [Quand même], si c’est 30 sur 30, c’est très rassurant quant à la capacité de la personne à avoir des fonctions cognitives minimales pour faire des choses importantes en matière de langage, de mémoire, de fonction exécutive. Il n’évalue absolument pas les enjeux liés à la personnalité.»

M. Nasreddine est arrivé au Canada à l’adolescence avec sa famille de confession druze qui fuyait la guerre civile au Liban. Il avait 15 ans. Lui, sa mère devenue veuve et ses sœurs étaient d’abord venus pour visiter un oncle pendant l’été de 1983, mais ils sont finalement restés.  La Presse canadienne