Donald Trump a une nouvelle fois réclamé un durcissement des lois sur l’immigration.

Trump dit ne pas vouloir rétablir la séparation des familles de migrants

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’il n’envisageait pas de rétablir la politique de séparation des familles de migrants à laquelle il avait mis fin en juin 2018 face au tollé qu’elle avait provoqué.

«Nous n’envisageons pas de le faire», a-t-il affirmé, tout en soulignant que cette mesure avait un vrai effet dissuasif. «Lorsque vous ne le faites pas, cela attire beaucoup plus de monde à la frontière», a-t-il expliqué.

«C’est moi qui l’ai supprimée», a-t-il encore dit, affirmant que le système avait été mis en place par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Au printemps 2018, le transfert de plus de 2300 mineurs en centres d’hébergement et les images d’enfants en pleurs avaient provoqué un tollé jusque dans les rangs républicains, poussant le locataire de la Maison-Blanche à faire marche arrière.

Le président américain a une nouvelle fois réclamé un durcissement des lois sur l’immigration et dénoncé ce qu’il appelle l’«obstruction» de ses adversaires démocrates sur ce dossier.

«Nous avons les pires lois du monde», a-t-il martelé, à l’occasion de la réception dans le Bureau ovale de son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi. «Les démocrates du Congrès ne veulent pas agir. Ils veulent des frontières ouvertes, ce qui veut dire qu’ils veulent la criminalité, qu’ils veulent que la drogue se déverse dans notre pays».

Visiblement frustré par l’absence de résultats sur ce dossier dont il fait l’une des priorités de sa présidence, M. Trump a annoncé dimanche le départ de sa ministre de la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen.  

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Forte hausse des interpellations à la frontière mexicaine en mars 

La police américaine a annoncé mardi avoir interpellé 103 492 personnes ayant traversé illégalement la frontière depuis le Mexique en mars, un nombre record depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui a pourtant fait de la lutte contre l'immigration clandestine une priorité.

Les menaces de fermeture de la frontière brandies par le milliardaire républicain n'ont pas freiné le flux de migrants, qui avait déjà connu un pic en février avec 76 500 interpellations.

En mars, plus de la moitié des arrestations (57 271) ont concerné des «unités familiales» et 9348 des mineurs non accompagnés, selon les statistiques de l'agence fédérale des douanes et de la protection des frontières (CBP).

En majorité, les clandestins se rendent aux autorités pour déposer des demandes d'asile.

Au total, plus de 400 000 personnes ont été interpellées à la frontière depuis le début de l'année fiscale, en octobre 2018, selon le CBP.

«C'est ridicule», a tonné mardi le président américain, critiquant les clandestins qui «lisent exactement (les documents) que leur donnent les avocats (...) et tout d'un coup ils sont éligibles pour l'asile».

Le milliardaire républicain a martelé ces dernières semaines sa volonté d'aller plus loin sur l'immigration, réaffirmant vendredi lors d'une visite à la frontière que le pays affichait «complet».

Après avoir placé des dizaines de milliers de migrants dans des centres de rétention, le gouvernement a décidé de refouler les candidats à l'asile vers le Mexique, où ils doivent déposer leur demande.

Mais cette décision a été déclarée illégale lundi par un tribunal fédéral de San Francisco.

Donald Trump a menacé la semaine dernière le Mexique d'une fermeture de la frontière, dénonçant selon lui l'inaction de Mexico alors que les migrants d'Amérique centrale traversent son territoire pour tenter de rejoindre les États-Unis.