La statue de la Liberté, fermée aux touristes depuis samedi matin, rouvrira lundi. L’État de New York paiera de sa poche les employés fédéraux nécessaires à la réouverture de ce monument emblématique d’une Amérique ouverte aux migrants.

Shutdown: les démocrates responsables, selon Trump

WASHINGTON — Les tractations pour trouver un compromis budgétaire se poursuivaient dimanche à Washington dans un climat tendu, Donald Trump désignant les démocrates comme uniques responsables de la fermeture partielle de l’administration fédérale qui pourrait se poursuivre la semaine prochaine.

Ce shutdown, enclenché samedi matin en raison d’un désaccord sur la question sensible de l’immigration, se traduirait par la mise au chômage technique de centaines de milliers d’employés fédéraux s’il se poursuivait lundi. «Aujourd’hui serait le bon jour pour y mettre fin», a lancé Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, avertissant que la situation pourrait devenir «bien pire». 

Dénonçant «une erreur de calcul aux proportions gigantesques» de la part des démocrates, il a exhorté ces derniers à ne pas s’entêter et à mettre fin à la paralysie lors d’un vote initialement prévu lundi à 1h du matin. En l’absence d’accord, Mitch McConnell a toutefois annoncé dimanche soir que le vote était reporté à lundi midi. 

Les démocrates réclament des engagements sur le sort de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux États-Unis, les «Dreamers», avant tout accord budgétaire temporaire. Mais le Grand Old Party rejette cette idée.

«Fantastique de voir les républicains se battre avec détermination pour notre armée et la sécurité aux frontières», a tweeté Donald Trump, au lendemain du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir plombé par cette paralysie.

Accusant ses adversaires politiques de «simplement vouloir un flot d’immigrants illégaux sans le moindre contrôle», le président américain, invisible depuis le début de la fin de semaine, n’a cependant pas indiqué comment il envisageait une possible sortie de crise. Pour l’heure, les lignes sont figées.

Rappelant que c’est la première fois qu’un shutdown intervient alors que la Maison-Blanche, la Chambre des représentants et le Sénat sont aux mains d’un même parti, le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer a ironisé sur l’incapacité des républicains à gouverner.

«Ils n’arrivent même pas à se mettre d’accord avec leur président!» a-t-il lancé, dénonçant un «Trump shutdown» qui aurait pu être évité sans les atermoiements du locataire de la Maison-Blanche. «Nous, démocrates, sommes à la table, prêts à négocier. Le président doit prendre une chaise», a-t-il ajouté.

Mick Mulvaney, directeur du budget à la Maison-Blanche, a dénoncé sur Fox News l’attitude de certains élus démocrates tentés selon lui de prolonger le blocage jusqu’au discours sur l’état de l’Union de Donald Trump, prévu le 30 janvier. Cette allocution devant les chambres du Congrès est un exercice rituel qui lui donne l’occasion d’expliquer au peuple américain ses priorités pour l’année qui commence.

La Statue de la Liberté résiste

Seule certitude au milieu de la cacophonie: la statue de la Liberté, fermée aux touristes depuis samedi matin, rouvrira lundi.

L’État de New York paiera de sa poche les employés fédéraux nécessaires à la réouverture de ce monument emblématique d’une Amérique ouverte aux migrants.

La statue est importante pour l’économie mais «elle est plus que ça», a souligné dimanche le gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo. «C’est un symbole de New York et de nos valeurs [...] Son message n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui.»

Le dernier shutdown remonte à 2013.