Pour les jours suivants, 59 % des trains à grande vitesse et trains régionaux programmés les 23 et 24 décembre sont supprimés, et la moitié des voyageurs ayant réservé devront échanger leur billet.
Pour les jours suivants, 59 % des trains à grande vitesse et trains régionaux programmés les 23 et 24 décembre sont supprimés, et la moitié des voyageurs ayant réservé devront échanger leur billet.

Réforme contestée des retraites en France : 16e jour de grève sans trêve de Noël

Agence France-Presse
PARIS — Au seuil d’un grand week-end de départs, la France vit vendredi son 16e jour de grève dans les transports publics contre une réforme contestée des retraites, l’espoir d’un retour à la normale pendant les congés de Noël s’éloignant.

«Les trains au ralenti, les négos aussi; système D et galère dans les gares pour les grands départs de Noël», titre vendredi en une le quotidien Libération.

Jeudi, au terme d’une longue réunion, gouvernement et partenaires sociaux ne sont pas parvenus à trouver un compromis sur cette réforme. Le système à point voulu par le gouvernement vise à fusionner les 42 régimes existants, dont des régimes spéciaux qui permettent notamment aux conducteurs de train de partir plus tôt.

Prise en compte «plus généreuse» de la pénibilité, main tendue sur la retraite progressive pour les fonctionnaires, «améliorations» concernant le minimum de pension, progressivité de la réforme des régimes spéciaux... Après deux jours de rencontres avec les syndicats et le patronat, le premier ministre Édouard Philippe a relevé jeudi soir des «avancées concrètes», et promis de nouvelles réunions dans «les premiers jours de janvier» sur le projet.

Mais le chef du gouvernement français est loin d’avoir convaincu tous les partenaires sociaux.

Même pour les syndicats favorables à la réforme, le compte n’y est pas. La CFDT, premier syndicat de France, reste «fermement opposée» à l’«âge d’équilibre» assorti d’un bonus-malus que le gouvernement veut introduire dès 2022 et fixer à 64 ans en 2027 pour inciter chacun à travailler plus longtemps et assainir les comptes, a rappelé son numéro un Laurent Berger.

«La seule chose de concrète, c’est que le premier ministre n’a pas entendu la rue», a de son côté estimé Philippe Martinez, leader du syndicat CGT en pointe dans la contestation.

«Bouton-stop»

Le président français Emmanuel Macron «doit prendre la parole pour dire “on fait pause, on appuie sur le bouton-stop, on revient autour de la table sans préalables”», a jugé vendredi Yves Veyrier, le numéro un du syndicat Force ouvrière.

Le système de retraite est un sujet éminemment sensible en France, la population restant attachée à un système par répartition jusqu’à présent réputé comme l’un des plus protecteurs au monde.

L’exécutif promet un dispositif «plus juste», quand les opposants à la réforme redoutent une «précarisation» des retraités, avec un départ plus tardif et des pensions plus basses.

Les détracteurs du projet comptent sur l’impopularité d’Emmanuel Macron pour sortir victorieux du conflit et sur un contexte social tendu depuis la mobilisation du mouvement social des «gilets jaunes», mais aussi sur les mécontentements exacerbés dans les hôpitaux et parmi les étudiants, les policiers, les agriculteurs.

Cette réforme est une promesse de campagne de M. Macron, qui a fait de la «transformation» du pays la raison d’être de son quinquennat.

L’intersyndicale (CGT, Force ouvrière, CFE-CGC, Solidaires et FSU) a d’ores et déjà appelé à une nouvelle journée de manifestations et de grèves le 9 janvier, a annoncé M. Martinez.

Un appel auquel ne s’est pas jointe la CFDT.

Vendredi, la situation à la compagnie ferroviaire SNCF s’est un peu améliorée avec la moitié des trains à grande vitesse et un train de banlieue en région parisienne sur quatre «en moyenne» en circulation. Petit mieux aussi pour les usagers de la régie des transports parisiens RATP, avec moins de lignes métro totalement fermées. Certaines ne fonctionnent toutefois que quelques heures par jour.

Pour les jours suivants, 59 % des trains à grande vitesse et trains régionaux programmés les 23 et 24 décembre sont supprimés, et la moitié des voyageurs ayant réservé devront échanger leur billet.

Une trêve complète pour les fêtes de fin d’année paraît hors de portée.

La CGT-Cheminots et SUD-Rail, 1ère et 3e fédérations syndicales de la SNCF, ont décidé de continuer le mouvement. La CFDT-Cheminots, 3e chez les conducteurs, doit se positionner vendredi sur la suite du mouvement.

Certains secteurs d’activités commencent à souffrir de la grève, notamment le commerce parisien avec des baisses de chiffre d’affaire de 25% à 30% la semaine dernière, selon Procos, la fédération du commerce spécialisé.