L’ex-président démocrate Barack Obama a qualifié vendredi de «manœuvre politique» l’envoi, à quatre jours des élections parlementaires cruciales, de milliers de militaires américains à la frontière avec le Mexique

Obama qualifie de «manoeuvre politique» l'envoie de militaires à la frontière mexicaine

MIAMI — L’ex-président démocrate Barack Obama a qualifié vendredi de «manœuvre politique» l’envoi, à quatre jours des élections parlementaires cruciales, de milliers de militaires américains à la frontière avec le Mexique, censés bloquer l’arrivée de migrants centraméricains.

Dénonçant depuis plusieurs jours une «invasion» à l’approche d’une caravane de milliers de migrants qui traversent le Mexique en direction des États-Unis, Donald Trump a annoncé cette semaine l’envoi de milliers de soldats à la frontière. Il a placé l’immigration au cœur de la fin de campagne des républicains pour les élections du 6 novembre.

Vendredi, le président a d’abord vanté les bons chiffres de l’économie américaine, mais a surtout accentué sa rhétorique enflammée sur l’immigration. «Nous avons eu des chiffres de l’emploi extraordinaires», a-t-il lancé depuis la Maison-Blanche avant de s’envoler pour Huntington, en Virginie occidentale, pour un meeting de campagne.

De fait, les derniers indicateurs publiés sont bons : l’économie américaine a créé 250 000 emplois en octobre, tandis que le taux de chômage reste à 3,7 %.

Reste que, quelle que soit l’étape du jour, le cœur de son message est centré sur l’immigration, sujet susceptible à ses yeux de galvaniser l’électorat républicain lors de scrutins de mi-mandat habituellement marqués par une forme d’apathie électorale.

Depuis Huntington, il a reconnu que beaucoup de gens lui conseillaient «de parler de l’économie», puis a ajouté : «Parfois, ce n’est pas très excitant de parler économie parce que nous avons beaucoup d’autres sujets dont nous voulons parler...»

Mercredi, il a annoncé que jusqu’à 15 000 soldats pourraient être déployés à la frontière pour répondre à l’avancée de «caravanes» de migrants originaires de pays pauvres d’Amérique centrale et qui se dirigent vers le Nord. Jeudi, il avait assuré que l’armée américaine pourrait être amenée à tirer sur ces migrants. Vendredi, il a tenté de temporiser : Les soldats «n’auront pas à tirer. Ce que je ne veux pas, c’est que ces gens lancent des pierres.»

Mais il a aussi martelé que les États-Unis avaient le système d’immigration «le plus ridicule du monde», jugeant indispensable de le durcir «immédiatement».