Mort de George Floyd: des centaines de manifestants devant la Maison-Blanche [PHOTOS]

WASHINGTON — Des centaines de personnes ont manifesté vendredi soir devant la Maison-Blanche pour exprimer leur colère après la mort de George Floyd, un homme noir de 46 ans, aux mains de la police.

Son décès lundi lors d'une interpellation violente a ravivé les plaies raciales des États-Unis.

Brandissant des pancartes barrées de slogans comme «Arrêtez de nous tuer» et «La vie des Noirs compte», les manifestants ont réclamé «justice pour George Floyd» devant la résidence de Donald Trump.

Une vidéo devenue virale et filmée lundi par des passants montre un policier blanc dans la ville de Minneapolis plaquer au sol George Floyd et maintenir son genou sur son cou pendant de longues minutes, alors que ce dernier dit ne plus pouvoir respirer.

Depuis la diffusion de cette vidéo, des manifestations tournant à l'émeute ont éclaté à Minneapolis, notamment aux abords du commissariat où travaillaient les quatre policiers impliqués dans cette affaire, et dans d'autres villes de la région.

Vendredi, les manifestations avaient gagné de nombreuses villes américaines, de Détroit à Atlanta en passant par New York, Houston et la capitale Washington.

Le policier mis en cause dans la mort de George Floyd a été arrêté et inculpé vendredi d'homicide involontaire, une mesure «tardive» et insuffisante selon la famille du défunt.

CNN pris pour cible

Pendant ce temps, les quartiers généraux du réseau de nouvelles en continu CNN ont été pris pour cible par plusieurs manifestants vendredi. Des graffitis ont été dessinés sur la façade de l'édifice et des fenêtres ont été fracassées.

Certains ont même forcé l'entrée et sont entrés en confrontation avec des policiers.

Selon les images diffusées par CNN, plusieurs voitures de police ont aussi été vandalisées.

Une journaliste de NBC atteinte par des balles de caoutchouc

Une journaliste de la chaîne WAVE3 a par ailleurs été atteinte par des balles de caoutchouc tirées par un policier lors d'une manifestation à Louisville, au Kentucky.

Kaitlin Rust couvrait en direct l'événement et a été ciblée directement par un membre des forces de l'ordre. Son caméraman a également été atteint par des projectiles.

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UN CRIME QUI FAIT RÉAGIR

«Je comprends la douleur», a déclaré M. Trump depuis la Maison-Blanche.

«La famille de George a droit à la justice», a-t-il ajouté. «Les habitants du Minnesota ont droit à la sécurité», a-t-il encore dit évoquant les émeutes qui secouent cet État depuis ce décès qui a ravivé les plaies raciales des États-Unis.

Donald Trump

Son prédécesseur démocrate Barack Obama a dit partager «la détresse» des millions d'Américains noirs, pour qui «être traités différemment sur la base de la race est tragiquement, douloureusement et de façon enrageante "normal"».

«Cela ne devrait pas être "normal" dans l'Amérique de 2020», a ajouté le premier président noir des États-Unis.

Barack Obama

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a dénoncé vendredi la «plaie béante» du «racisme institutionnel» aux États-Unis en appelant à rendre justice à George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc à Minneapolis.

L'ancien vice-président de Barack Obama a fait allusion, sans le nommer, au président républicain Donald Trump qu'il affrontera lors de la présidentielle américaine de novembre.

«Le moment n'est pas aux tweets incendiaires. Ce n'est pas le moment d'encourager la violence», a déclaré Joe Biden, 77 ans, alors que Twitter a masqué vendredi un tweet du président américain en jugeant qu'il était en violation de ses directives sur l'apologie de la violence.

«Nous traversons une crise nationale. Nous avons besoin d'un véritable leadership en ce moment. Un leadership qui mène au dialogue pour que nous puissions déraciner notre racisme institutionnel», a-t-il poursuivi.

Le candidat démocrate a confié avoir parlé à la famille de George Floyd. «Je vous promets, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que justice soit rendue», a déclaré Joe Biden en direction de sa famille, dans son discours filmé depuis son domicile de Wilmington, dans le Delaware.

Joe Biden

«Le pêché originel de ce pays souille encore notre nation», a déclaré Joe Biden, en référence à l'esclavage.

«Il est temps pour nous d'affronter la profonde plaie béante de notre pays», a-t-il poursuivi, en appelant à une «véritable réforme de la police».

Si les Américains ne s'attaquent pas «à la blessure d'origine, nous ne cicatriserons jamais véritablement», a-t-il proclamé. «C'est l'âme de l'Amérique qui est en jeu».

Joe Biden est très populaire parmi l'électorat noir, à qui il doit son retour spectaculaire dans la primaire démocrate cet hiver, qui l'a propulsé vers la victoire. AFP