Peter DeMarsh, de l'International Family Forestry Alliance

L'identité des victimes canadiennes de l'écrasement en Éthiopie se précise

Un ancien résidant d’Edmonton, qui se rendait à Nairobi pour l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, a été identifié comme l’un des 18 passagers canadiens morts dans l’écrasement d’un avion d’Ethiopian Airlines, dimanche.

Un organisme de conservation à but non lucratif a confirmé lundi sur son site web que Darcy Belanger était à bord du Boeing 737 Max 8 à destination du Kenya.

La déclaration de Parvati.org indique que M. Belanger était membre fondateur et directeur des initiatives stratégiques.

Le profil LinkedIn de M. Belanger indique qu’il travaillait comme directeur du développement professionnel aux États-Unis pour PCL Construction à Denver.

Parvati.org mentionne que M. Belanger avait pris un congé de son travail avec PCL et se rendait à Nairobi pour l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement.

Une femme originaire de Timmins, en Ontario, et une jeune environnementaliste qui a fait ses études dans les provinces de l’Atlantique figurent aussi parmi les victimes canadiennes de l’écrasement d’avion en Éthiopie.

La mère de Stéphanie Lacroix, Sylvie Lamarche Lacroix, a confirmé lundi que sa fille originaire de Timmins, en Ontario, était décédée dans le drame. Selon le profil LinkedIn de Mme Lacroix, elle travaillait à l’Association canadienne pour les Nations unies.

La Fédération canadienne de la Faune a par ailleurs indiqué qu’Angela Rehhorn était également parmi les victimes. Mme Rehhorn, qui a fait ses études à Halifax, devait participer à la quatrième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, à Nairobi.

Six membres d’une famille

Six membres d’une famille ontarienne, dont deux adolescentes sont aussi au nombre des victimes canadiennes de la tragédie.

Ashka et Anushka Dixit, âgées respectivement de 14 et de 13 ans, se trouvaient dans l’avion d’Ethiopian Airlines avec leurs parents et leurs grands-parents quand l’appareil s’est écrasé peu après le décollage de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.

Une lettre envoyée aux élèves de l’école secondaire où étudiait la jeune Ashka, à Brampton, en Ontario, affirme que cette «tragédie a entraîné une grande tristesse pour les étudiants et le personnel», et que celle-ci peut affecter «même les étudiants qui ne connaissaient pas personnellement Ashka».

Leur mère, Kosha Vaidya, âgée de 37 ans, leur père, Prerit Dixit, âgé de 45 ans, leur grand-père Pannagesh Vaidya, âgé de 71 ans, et leur grand-mère Hansini Vaidya, âgée de 63 ans, sont également morts dans l’accident, a déclaré le frère de Kosha, Manant Vaidya.

M. Vaidya a indiqué que ses parents étaient originaires du Gujarat, en Inde, mais qu’ils avaient vécu au Kenya pendant trois ou quatre ans et que Kosha était née là-bas. La famille est ensuite revenue en Inde et Kosha est déménagée en Ontario en 2004 après avoir épousé son mari, qui vivait déjà au Canada, a-t-il précisé.

Les vacances de la famille au Kenya devaient constituer la première visite de la mère de 37 ans dans son lieu de naissance depuis des décennies, et les adolescentes étaient enthousiastes à l’idée de participer à un safari, a confié M. Manant. «Cela allait vraiment être une expérience formidable pour eux», a-t-il fait valoir.

Un environnementaliste de la Colombie-Britannique est aussi au nombre des victimes canadiennes de l’écrasement, selon des médias locaux. Des amis de Micah Messent publient dans les médias sociaux des messages de condoléances et son décès a été annoncé par des médias à partir d’informations provenant du gouvernement et de ses proches.

Dans un message publié sur les médias sociaux, M. Messent indique qu’il avait été choisi par l’Association canadienne pour les Nations unies afin d’assister lui aussi à la quatrième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, à Nairobi.

Les hommages affluent

Les hommages ont afflué, lundi, pour les victimes, dont plusieurs étaient des travailleurs humanitaires, des environnementalistes ou des coopérants qui ont consacré leur vie à aider les autres.

Dix-huit Canadiens comptent parmi les 157 passagers et membres d’équipage qui ont tous péri dans l’écrasement d’un avion d’Ethiopian Airlines, peu après son départ de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, à destination de Nairobi, au Kenya.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a rendu hommage aux victimes, dont 21 étaient des employées de l’ONU.

L’une de ces victimes est la Canadienne Jessica Hyba, une agente des relations externes pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, qui était établie en Somalie.

Kyle Matthews, directeur principal de l’Institut montréalais d’études sur le génocide et les droits de la personne à l’Université Concordia, connaissait Mme Hyba, qu’il avait rencontrée en 2001, alors qu’ils travaillaient tous les deux à l’organisme CARE Canada.

Mme Hyba, originaire d’Ottawa, s’était impliquée dans cet organisme après avoir complété des études à l’étranger. «C’était une personne très énergique, très positive, qui tentait de faire une différence pour les gens affectés par la guerre et la persécution, s’est-il souvenu lundi. C’est vraiment une histoire triste.»

CARE Canada a indiqué que Mme Hyba, décrite comme «une travailleuse humanitaire dédiée et une mère de famille aimante», avait travaillé au Canada et en Indonésie, à la suite du tsunami dans l’océan Indien.

Des hommages similaires ont été livrés à l’égard de Danielle Moore, une jeune femme de 24 ans de Winnipeg qui était en route vers un événement de l’ONU portant sur l’environnement, au moment de l’accident. Mme Moore, une étudiante en biologie marine, venait d’être acceptée en pédagogie.

«Danielle était exceptionnelle dans tous les sens, a écrit dans un courriel sa directrice de thèse, Kim Davies. Elle excellait dans ses études, c’était une personne gentille et sympathique et elle était profondément dédiée aux causes de l’environnement et des droits de la personne.»

D’autres victimes identifiées

Des groupes forestiers ont également révélé qu’un homme du Nouveau-Brunswick se trouvait dans l’avion. Les pages Facebook du Kenya Forest Service et de Family Forest Nepal ont publié des messages offrant leurs condoléances à la famille de Peter DeMarsh, de l’Alliance internationale pour la foresterie familiale.

Felix Montecuccoli, un membre du conseil d’administration de l’alliance, a indiqué que M. DeMarsh se rendait à une conférence sur le financement des petits exploitants agricoles.

Un professeur de Carleton à Ottawa, Pius Adesanmi, a aussi péri dans l’écrasement de l’avion, a confirmé le recteur de l’Université, Benoit-Antoine Bacon.

M. Adesanmi, professeur au département de littérature anglaise et directeur de l’Institut d’études africaines, était une figure importante en Afrique et dans le domaine des études postcoloniales, a dit M. Bacon.

«La communauté de l’Université Carleton est sous le choc, a-t-il ajouté. Nos pensées et nos prières accompagnent sa famille et ceux qui l’ont connu et aimé.»

Trois victimes de l’Alberta

Un homme de Toronto a confirmé que sa soeur et sa nièce étaient elles aussi à bord de l’appareil.

Mohamed Hassan Ali a indiqué que Amina Ibrahim Odowaa, d’Edmonton, et sa fillette Sofia Faisal Abdulkadir, âgée de cinq ans, se rendaient au Kenya pour y visiter des membres de la famille.

«C’était une personne très gentille, très sociale, très amicale. Elle avait beaucoup d’amis», a-t-il dit.

L’écrasement a fait une autre victime de l’Alberta. Gladys Kivia, une conseillère au centre d’hébergement pour femmes violentées de Calgary, a déclaré que son mari, Derick Lwugi, avait perdu la vie dans la tragédie.

Le couple était à Calgary depuis 12 ans. M. Lwugi était comptable pour la municipalité et il se rendait au Kenya pour rendre visite à leurs parents. L’homme laisse dans le deuil ses trois enfants âgés de 17, 19 et 20 ans.

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