Ahmed Ouyahia a été quatre fois premier ministre entre 1995 et 2019.

L’ex-premier ministre algérien Ouyahia écroué

ALGER — Quatre fois premier ministre et proche d’Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia a été écroué mercredi dans le cadre d’enquêtes anticorruption et est le premier haut dirigeant politique algérien à rejoindre en prison plusieurs hommes d’affaires influents.

Âgé de 66 ans, M. Ouyahia a été placé mercredi en détention provisoire par «le juge d’instruction près la Cour suprême» qui l’a entendu «dans des affaires [...] de dilapidation des deniers publics, d’abus de fonction et d’octroi d’indus privilèges», écrit l’agence de presse officielle APS, sans autres détails.

M. Ouyahia a été quatre fois premier ministre entre 1995 et 2019, dont trois sous la présidence de M. Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril, après 20 ans au pouvoir, par un mouvement de contestation sans précédent.

Alors chef de cabinet du président Bouteflika, il avait été nommé pour la dernière fois en 2017 et, puissant mais impopulaire, avait été limogé en mars dernier pour tenter, en vain, d’apaiser la contestation.

Ancien ministre des Travaux publics (2017-2019) après avoir été plusieurs fois wali (préfet), une fonction dotée de larges pouvoirs, Abdelghani Zaalane, également auditionné mercredi, a lui été relâché sous contrôle judiciaire, rapporte la télévision nationale.

Autres comparutions 

Selon APS, «d’autres responsables» doivent «comparaître [...] devant le juge d’instruction près de la Cour suprême», seule juridiction compétente pour instruire les crimes et délits susceptibles d’avoir été commis dans l’exercice de leurs fonctions par des membres du gouvernement, des walis et certains hauts magistrats.

MM. Ouyahia et Zaalane figurent parmi les 12 anciens ministres et préfets dont le Parquet d’Alger a annoncé avoir transmis les dossiers fin mai à la Cour suprême, dans le cadre des enquêtes visant, notamment pour des faits présumés de corruption, Ali Haddad, ancien patron des patrons et pdg du n°1 privé des travaux publics en Algérie, en détention préventive.