L’Espagne, où le nombre de morts en 24 heures de la COVID-19 a rebondi dimanche, reste « loin de la victoire »
L’Espagne, où le nombre de morts en 24 heures de la COVID-19 a rebondi dimanche, reste « loin de la victoire »

L’Espagne reste « loin de la victoire » contre le virus

MADRID — L’Espagne, où le nombre de morts en 24 heures de la COVID-19 a rebondi dimanche, reste « loin de la victoire », a insisté le chef du gouvernement Pedro Sanchez en demandant aux Espagnols d’éviter tout relâchement.

Troisième pays le plus endeuillé du monde par la pandémie derrière les États-Unis et l’Italie, l’Espagne a recensé dimanche 619 morts en 24 heures selon le bilan des autorités, un chiffre en hausse après trois jours consécutifs de baisse.

Samedi, ce chiffre s’était élevé à 510, au plus bas depuis le 23 mars.

Au total, 16 972 personnes sont mortes de la maladie dans le pays depuis le début de l’épidémie, dont plus de 6 000 dans la région de Madrid.

Le nombre de nouveaux cas confirmés en 24 heures (environ 4 100) a en revanche reculé dimanche par rapport à samedi, portant le total à 166 019 tandis que le nombre de personnes guéries s’établit à 62 391.

Si le pic de l’épidémie a été dépassé, selon les autorités, « nous restons loin de la victoire, du moment où nous retrouverons cette normalité dans nos vies », a déclaré Pedro Sanchez lors d’une allocution télévisée.

« Nous avons tous envie de redescendre dans la rue (...), mais le désir est encore plus grand de gagner la guerre et d’éviter une rechute », a-t-il ajouté.

Ces déclarations interviennent à la veille de la reprise du travail pour nombre d’Espagnols après deux semaines d’« hibernation économique » destinée à freiner la propagation du virus. Depuis le 30 mars, toutes les activités économiques non essentielles avaient été mises à l’arrêt, une mesure touchant en particulier la construction ou l’industrie.

10 millions de masques distribués 

Face à la crainte d’un rebond des contagions, le gouvernement a annoncé qu’il allait distribuer 10 millions de masques à partir de lundi aux personnes obligées d’emprunter les transports publics pour retourner travailler.

Le pays est soumis à un confinement général depuis le 14 mars, qui a été prolongé jusqu’au 25 avril inclus. Mais M. Sanchez a déjà indiqué cette semaine qu’il devrait l’être encore.

Et dimanche, il a prévenu que tout assouplissement ne serait pas envisagé avant le 25 avril.

« Nous ne sommes pas entrés dans la deuxième phase (...) la phase de +désescalade+ » qui « commencera au plus tôt dans deux semaines et sera très progressive et très prudente », a-t-il affirmé sans exclure de durcir à nouveau les mesures si la situation l’exigeait.

« La priorité sera toujours la santé », a-t-il souligné.

Les près de 47 millions d’Espagnols n’ont le droit de sortir de chez eux que pour aller travailler si le télétravail n’est pas possible, acheter à manger, se faire soigner ou sortir leur chien. Toute promenade même près du domicile ou toute activité sportive à l’extérieur est interdite.

Dans cette destination ensoleillée prisée des touristes internationaux, les règles de distance entre les personnes devront rester en vigueur cet été « même sur les plages », a prévenu dimanche la ministre espagnole du Tourisme Reyes Maroto.

« Jusqu’à ce que nous ayons un vaccin, rien ne sera comme avant » a-t-elle ajouté.