Les migrants tentant d’entrer illégalement aux États-Unis seront détenus sur la base militaire de Fort Bliss et à la base aérienne de Goodfellow, au Texas.

Les migrants détenus hébergés au Texas

RENO, Nev. — L’administration Trump a choisi deux bases militaires du Texas pour détenir les migrants qui tentent d’entrer aux États-Unis de façon irrégulière.

Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, en a fait l’annonce lundi, mais a refusé de donner des détails, notamment sur le nombre de migrants qui seront détenus à Fort Bliss et à la base aérienne de Goodfellow.

«Nous fournirons tout le soutien dont a besoin le département de la Sécurité intérieure pour héberger les personnes dont il a la garde», a déclaré M. Mattis devant des journalistes en Alaska.

«Nous fournissons un soutien logistique et nous n’allons pas entrer dans l’aspect politique», a-t-il ajouté. «Fournir un logement, un abri pour ceux qui en ont besoin est une fonction gouvernementale légitime.»

Le Pentagone avait déclaré la semaine dernière qu’on lui avait demandé d’être prêt à héberger jusqu’à 20 000 enfants non accompagnés.

Par ailleurs, l’agence américaine des douanes et de la protection des frontières a temporairement cessé d’intenter des poursuites judiciaires contre les adultes qui traversent illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis avec des enfants, a indiqué un responsable, lundi. Le commissaire Kevin McAleenan a déclaré devant des journalistes au Texas qu’il avait ordonné la suspension de procédures judiciaires dans les heures ayant suivi le décret du président Trump, la semaine dernière, qui a mis fin à la pratique de séparation des familles migrantes.

Il a précisé que la politique de «tolérance zéro» restait en vigueur, mais que ces personnes ne pouvaient être poursuivies en justice pour l’instant parce que les parents ne peuvent pas être séparés de leurs enfants. M. McAleenan a toutefois précisé qu’un plan était en cours d’élaboration afin de relancer les poursuites contre les adultes accompagnés d’enfants qui entrent aux États-Unis de façon irrégulière.

Sessions persiste et signe

Au Nevada, le procureur général Jeff Sessions a défendu les politiques de l’administration Trump en matière d’immigration, appelant le Congrès à agir et affirmant que de nombreux enfants arrivaient à la frontière en compagnie de membres de gangs violents.

Des dizaines de manifestants étaient rassemblés à l’extérieur pendant qu’il prononçait son discours dans le cadre d’une conférence sur la sécurité dans les écoles.

M. Sessions a déclaré que la crise à la frontière était une «situation difficile et frustrante».

«Les enfants ont en effet supporté une grande partie du fardeau de notre système d’immigration défaillant», a-t-il dit devant les membres de l’Association nationale des agents de sécurité en milieu scolaire.

Il a estimé qu’il fallait protéger les enfants de la violence et de la drogue, mettre les criminels en prison et sécuriser les frontières. Il a affirmé que suivre une politique opposée à celle actuellement en vigueur, soit l’ouverture de la frontière avec le Mexique, serait «à la fois radical et dangereux».

Manifestations

À l’extérieur de l’hôtel-casino où il prenait la parole, quelque 200 manifestants opposés aux politiques d’immigration du président Trump bloquaient une route très fréquentée.

Les manifestants scandaient : «Jeff Sessions, tu ne peux pas te cacher, Reno voit ton côté affreux!» Plusieurs pancartes affirmaient : «Les enfants ne sont pas des politiques» et «Destituez le roi fou».

La révérende Karen Foster, de l’Unitarian Universalist Fellow­ship, a affirmé que les enfants américains apprennent à prêter allégeance au drapeau «avec liberté et justice pour tous». Mais elle a estimé qu’il n’y avait «pas de justice pour des milliers d’enfants enfermés dans des cages» à la frontière.

Quelques personnes portant des brassards rouges ont déclaré qu’elles avaient l’intention de se faire arrêter. Les autorités n’ont rapporté aucune arrestation au terme de la manifestation.

Une vingtaine d’organisations du Nevada ont tenté en vain, la semaine dernière, de persuader l’association des agents de sécurité en milieu scolaire de retirer son invitation à M. Sessions.

Des responsables ont estimé que jusqu’à 2300 enfants migrants avaient été séparés de leurs parents en arrivant à la frontière au cours des dernières semaines.