Près de 200 membres des «blacks blocs» ont été interpellés après avoir été encerclés par les forces de l’ordre mardi, à Paris.

Les manifs du 1er mai à travers le monde

PARIS — De Paris à Cuba, voici les points forts de manifestations du 1er mai à travers le monde.

Violents heurts en marge du défilé à Paris

Des heurts violents entre la police et des personnes encagoulées ont éclaté en marge du défilé du 1er mai mardi après-midi à Paris, ont constaté des journalistes de l’AFP, alors que des dizaines de milliers de personnes ont défilé le matin dans le calme dans les autres grandes villes du pays.

Près de 200 membres des «blacks blocs» ont été interpellés après avoir été encerclés par les forces de l’ordre, selon un bilan provisoire de la préfecture de police, qui avait précédemment évoqué un risque de débordement par «des groupes extrémistes» voulant faire de cette journée «un grand rendez-vous révolutionnaire».

Dans la capitale française, le défilé syndical du 1er mai a rassemblé 20 000 personnes, selon la préfecture de police.

Dans la capitale, le défilé syndical a rassemblé 20 000 personnes, a annoncé la préfecture de police, qui a également dénombré 14 500 personnes hors du cortège déclaré, dont 1200 personnes encagoulées membres de la mouvance radicale des «black blocs».

Selon le syndicat CGT, 55 000 personnes ont participé au défilé parisien, et 210 000 au total ont défilé en France. Le ministère de l’Intérieur a, lui, évalué à 143 500 le nombre de manifestants en France.

Peu avant le point d’arrivée dans le sud de la capitale, les forces de l’ordre ont essuyé «des jets de projectiles» et répondu par des tirs de gaz lacrymogènes et deux lanceurs d’eau.

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Manifestants unis derrière le président cubain

Le nouveau président cubain, Miguel Diaz-Canel, et son prédécesseur Raul Castro ont reçu mardi un soutien appuyé des participants au défilé du 1er mai, qui a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes à La Havane.

Le défilé du 1er mai a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes à La Havane.

«Ce 1er mai est une démonstration de soutien à notre révolution, au premier secrétaire du parti [communiste de Cuba], le camarade Raul [Castro], à la continuité de la révolution et à l’État et au gouvernement présidés par le camarade Diaz-Canel», a déclaré à la tribune Ulises Guilarte, secrétaire général de la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC), seul syndicat de l’île.

Il s’agissait de la première apparition ensemble de Raul Castro et Miguel Diaz-Canel depuis la désignation de ce politicien de 58 ans à la tête du pays le 19 avril.

Cette passation a symbolisé la fin de six décennies de pouvoir de la fratrie Castro, même si l’ex-président âgé de 86 ans doit conserver ses fonctions de secrétaire général du puissant Parti communiste de Cuba (PCC) jusqu’en 2021.

Il s’agissait de la première apparition ensemble de Raul Castro (à droite) et Miguel Diaz-Canel depuis la désignation de ce politicien de 58 ans à la tête du pays le 19 avril.

Organisé dans toutes les villes de l’île caribéenne, le défilé du 1er mai mobilise traditionnellement au-delà des travailleurs, et compte la participation de mères au foyer, d’étudiants et autres militants du PCC. Selon la CTC, quelque 6 millions de personnes, sur une population de 11,2 millions, devaient battre le pavé ce mardi.

«C’est un évènement majeur que nous sommes en train de célébrer, puisque nous avons un président qui est fidèle aux legs de tous ceux qui ont combattu pour la révolution», s’enthousiasmait parmi les marcheurs Onelia Contreras, employée hospitalière de 59 ans.

Dans un discours très politique ouvrant le défilé de la capitale qui a rassemblé quelque 900 000 marcheurs, selon les médias d’État, M. Guilarte a également fait référence aux tensions renouvelées avec les États-Unis depuis l’arrivée au pouvoir du républicain Donald Trump.

«Nous dénonçons les actions agressives et d’ingérence du gouvernement américain», a déclaré M. Guilarte, unique orateur de la journée, réclamant une nouvelle fois la levée de l’embargo imposé à l’île depuis 1962.

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84 arrestations à Istanbul

La police turque a arrêté mardi 84 personnes à Istanbul, plaçant la ville sous un contrôle renforcé alors que l’opposition appelait à manifester pour le 1er mai.

Au total, 84 personnes ont été arrêtées à Istanbul, principalement dans le quartier de Besiktas, a indiqué la police de la ville. Les personnes arrêtées ont été emmenées à bord de bus pour être interrogées.

Les personnes qui ont tenté de rejoindre la place Taksim ont été arrêtés sans ménagement, certains plaqués au sol par la police, a constaté un photographe de l’AFP.

La fête du 1er mai a été marquée dans le passé par des confrontations entre manifestants et policiers, mais le pouvoir a empêché ces dernières années l’accès aux principaux lieux de manifestation de la métropole turque.

L’accès à la place Taksim, dans le centre-ville, était ainsi entièrement bloqué mardi par des cordons de police. Les autorités ont également bloqué l’accès à l’avenue Istiklal, la principale rue commerçante et piétonnière de la ville, qui fut le théâtre de défilés d’opposants.

Les partisans de l’opposition qui ont tenté de rejoindre la place Taksim ont été arrêtés sans ménagement, certains plaqués au sol par la police, a constaté un photographe de l’AFP.

Au total, 84 personnes ont été arrêtées à Istanbul mardi.

Selon l’agence Anadolu, 26 000 policiers étaient mobilisés mardi à Istanbul, appuyés par trois hélicoptères, 85 camions avec des canons à eau et par 67 véhicules blindés.

Parallèlement, des milliers de personnes ont pris part à un rassemblement autorisé pour les célébrations du 1er mai dans le quartier périphérique de Maltepe.

«La manifestation d’aujourd’hui est un moyen pour les travailleurs de respirer et de présenter nos revendications», a témoigné un participant à ce rassemblement, Huda.

Des rassemblements autorisés avaient également lieu dans la capitale Ankara, et dans la troisième ville du paix, Izmir.

Des milliers de personnes ont pris part à un rassemblement autorisé pour les célébrations du 1er mai dans le quartier périphérique de Maltepe.

La tension politique est forte en Turquie à l’approche d’élections parlementaires et présidentielles anticipées, convoquées par le président Recep Tayyip Erdogan pour le 24 juin. M. Erdogan compte y obtenir un deuxième mandat à la tête de l’État et une large majorité parlementaire.

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Des milliers de Philippins défilent contre le président Duterte

Des milliers de travailleurs ont défilé dans les rues de Manille en brûlant des effigies du président Rodrigo Duterte et en scandant des slogans contre sa politique économique.

Agitant des drapeaux rouges, les manifestants ont reproché au président de ne pas avoir tenu ses promesses de campagne, notamment la fin des contrats à durée déterminée qui prive les salariés d’une meilleure protection.

Les manifestants ont brûlé mardi une effigie géante au président Rodrigo Duterte, qu'ils reprochent de ne pas avoir tenu ses promesses de campagne.

«Nous avons été trompés», a dénoncé le Parti des Travailleurs dans un communiqué.

Selon la police, 5500 personnes ont participé aux défilés, qui sont restés «pacifiques de manière générale».

«Je reste ferme dans ma volonté de mettre un terme aux» contrats illégaux, a déclaré le président, qui a  annoncé avoir signé un décret renforçant la régulation contre les contrats à durée déterminée.

Le président «favorise les milieux d’affaires. Son décret n’est pas en faveur des travailleurs», a réagi auprès de l’AFP un responsable du parti des travailleurs, Dennis Sequena.