Les conservateurs doutent de la nécessité de la mission canadienne au Mali

Le porte-parole conservateur en matière de défense James Bezan met en doute la décision du gouvernement Trudeau d’envoyer des Casques bleus au Mali.

Une source gouvernementale, parlant sous l’anonymat, a confirmé vendredi soir que le Canada déploiera des avions dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans ce pays.

Selon M. Bezan, la décision du gouvernement soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Le député s’est interrogé sur les raisons qui ont tant retardé la décision du gouvernement. Il s’est aussi demandé si celle-ci a été prise dans «l’intérêt national du Canada» ou dans «celui des libéraux».

La source a indiqué que la force d’intervention pourrait rester au Mali pendant une période pouvant s’étendre jusqu’à 12 mois. Ce déploiement devrait être annoncé officiellement lundi.

Le Canada comptait 43 Casques bleus en décembre, un creux historique.

M. Bezan dit que les conservateurs souhaitent que le Canada soit plus impliqué dans des missions de maintien de la paix, y compris en Ukraine. Toutefois, ces missions doivent tenir compte de l’intérêt national. Les troupes doivent être équipées de façon adéquate afin de pouvoir se défendre contre les actes terroristes. Dans certains cas, il vaudrait mieux l’envoyer sous le pavillon canadien plutôt que celui de l’ONU.

«Le Mali ressemble à l’Afghanistan. Comment peut-on maintenir la paix dans un pays aux prises avec des rebellions, du terrorisme, la faillite de l’État et qu’on ignore si cela relève de l’intérêt national du Canada. Les libéraux éprouvent-ils de la nostalgie pour les Casques bleus?»

L’ONU est intervenue au Mali en avril 2013 dans le cadre de sa mission nommée MINUSMA, après que la France et l’Union africaine eurent repoussé les rebelles islamistes qui s’étaient emparés du nord du pays.

En novembre dernier, au Sommet de Vancouver, le gouvernement de Justin Trudeau avait offert aux opérations de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies (ONU) des hélicoptères et des avions de transport, ainsi qu’une force d’intervention rapide de 200 militaires, mais le gouvernement n’avait pas indiqué à quel moment, ni à quel endroit il comptait effectuer ce déploiement.

Le professeur François Audet de l’Université du Québec à Montréal et directeur-fondateur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire (OCCAH), estime de trois à quatre millions de personnes qui ont besoin d’aide humanitaire dans le pays. Plusieurs n’y ont pas accès parce qu’elles vivent dans des régions trop dangereuses.

L’objectif des opérations de maintien de la paix est de créer et d’étendre des zones de sécurité afin de permettre aux travailleurs humanitaires de rejoindre ces populations.

Selon lui, le pays est devenu plus dangereux au cours des dernières années à cause de l’arrivée de factions rivales armées. Il rappelle qu’il peut être «extrêmement difficile, voire impossible» pour un organisme humanitaire d’oeuvrer à l’extérieur de grandes villes comme Bamako

L’entrée du Canada dans ce conflit survient très tard, «mais pas trop tard». Il a rappelé que depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, les alliés du Canada se sont épuisés. Il croit à l’implantation d’un système de rotation qui permettrait à chaque pays de prendre une partie des responsabilités. Avec Amy Smart