Michael Bloomberg a dû encaisser les attaques violentes de ses adversaires lors d’un premier débat télévisé mercredi soir qui a montré les fragilités de sa candidature.
Michael Bloomberg a dû encaisser les attaques violentes de ses adversaires lors d’un premier débat télévisé mercredi soir qui a montré les fragilités de sa candidature.

Lendemain de débat difficile pour Bloomberg

WASHINGTON — Enfin descendu dans l’arène des primaires démocrates, le milliardaire Michael Bloomberg a dû encaisser les attaques violentes de ses adversaires lors d’un premier débat télévisé mercredi soir qui a montré les fragilités de sa candidature.

La campagne s’est poursuivie jeudi avant le troisième vote des primaires présidentielles, samedi dans le Nevada, première fois qu’un nombre important d’électeurs latinos et noirs s’exprimeront. «Le vrai gagnant du débat d’hier soir est Donald Trump», a déclaré Michael Bloomberg en meeting à Salt Lake City, dans l’Utah. «Car j’ai bien peur qu’on investisse comme candidat quelqu’un qui ne pourra pas l’emporter en novembre. Si nous choisissons un candidat qui ne s’appuie que sur une petite base électorale, comme le sénateur Sanders, ce sera une erreur fatale».

Cela fait six ans que M. Bloomberg, qui vient de fêter son 78e anniversaire, a quitté la mairie de New York, six années qu’il n’avait plus à croiser le fer en politique. Le patron de l’agence de presse éponyme, neuvième fortune de la planète, est habitué à être accueilli sur un tapis rouge dans les grands conclaves climatiques internationaux, et n’avait à l’évidence plus l’habitude de se faire secouer.

Ses adversaires, à commencer par la sénatrice Elizabeth Warren, ont utilisé le débat de mercredi à Las Vegas pour contrecarrer le déluge publicitaire que M. Bloomberg déverse depuis son entrée tardive en campagne, fin novembre, à la télévision et sur Internet. Il a dépensé plus de 400 millions $ une somme inouïe pour ses rivaux.

«Les démocrates prendraient un risque énorme si on ne faisait que remplacer un milliardaire arrogant par un autre», a lancé

Mme Warren, 70 ans. La candidature de M. Bloomberg a aussi engagé les démocrates dans un débat risqué sur le capitalisme lui-même, le parti se voyant de facto pris d’assaut par un Bernie Sanders qui n’a jamais formellement adopté l’étiquette démocrate et a dit que les milliardaires ne devraient pas exister, et un milliardaire anciennement républicain qui estime sa richesse bien méritée.