Le président américain Donald Trump s'est réjouit de la création de 225 000 emplois.

L'économie américaine a créé 225 000 emplois en janvier

WASHINGTON — L'activité d'embauche a bondi le mois dernier aux États-Unis, alors que les employeurs américains ont créé 225 000 emplois, renforçant une économie confrontée aux menaces de l'épidémie virale de la Chine, d'une guerre commerciale et des difficultés chez l'avionneur Boeing.

Le département du Travail a également indiqué vendredi qu'un demi-million de personnes étaient entrées sur le marché du travail en janvier, bien qu'elles n'aient pas toutes trouvé un emploi. Cet afflux signifiait que davantage de personnes étaient comptées comme chômeurs, et il a fait passer le taux de chômage à 3,6 % par rapport à son creux d'un demi-siècle de 3,5 % en décembre.

Le rapport mensuel du gouvernement sur l'emploi indique que les entreprises restent suffisamment confiantes pour continuer à embaucher, le rythme de croissance de l'emploi s'accélérant par rapport à il y a un an. De solides dépenses de consommation contrebalancent les effets de la guerre commerciale et la baisse des investissements des entreprises.

Les gains d'emplois donnent également plus de poids à l'argument du président Donald Trump voulant que l'économie prospère sous sa surveillance. Les prétendants démocrates rivalisant pour s'opposer à lui, qui débattront vendredi soir dans le New Hampshire, ont adopté un contre-argument: que les bénéfices de l'économie vont de manière disproportionnée aux Américains les plus riches.

Malgré le rythme soutenu des embauches en janvier, le salaire horaire n'a augmenté que de 3,1 % par rapport à l'année précédente, en deçà d'un sommet de 3,5 % atteint l'automne dernier, mais toujours au-dessus de l'inflation.

La confiance du public, qui estime que les emplois sont abondants, aide à persuader un plus grand nombre de personnes sans emploi de commencer à en chercher un. Le mois dernier, 61,2 % des adultes américains avaient un emploi, la proportion la plus élevée depuis novembre 2008.

Le rapport sur l'emploi de vendredi comprenait les révisions annuelles par le gouvernement de la croissance estimée de l'emploi. Les révisions ont montré que l'embauche avait été plus lente en 2018 et au début de l'année dernière que ce qui avait été estimé précédemment. Les employeurs ont ajouté 2,3 millions d'emplois en 2018, en baisse par rapport à une estimation précédente de 2,7 millions.

Les révisions ont également réduit le gain d'emplois de février 2019, le faisant passer de 56 000 à seulement 1000. Cette révision a à peine maintenu la séquence record d'embauches qui a commencé après la Grande Récession, et qui atteint maintenant 112 mois.

+

LES FORTES CRÉATIONS D'EMPLOIS EN JANVIER RÉJOUISSENT DONALD TRUMP

"DES EMPLOIS, DES EMPLOIS, DES EMPLOIS!" Donald Trump s'est félicité dans un simple tweet vendredi du dynamisme du marché du travail en janvier, stimulé par les secteurs de la construction et de la santé.

Au total, 225 000 emplois ont été créés au cours du premier mois de l'année 2020, un nombre bien supérieur aux projections des analystes (164 000). C'est aussi beaucoup plus que les 147 000 enregistrés en décembre (révisé en hausse).

Cette semaine, le président républicain, désormais débarrassé de la menace d'une destitution et en campagne pour sa réélection, avait déjà pointé la solidité du marché du travail. «Les emplois sont en plein essor, les salaires s'envolent !», a-t-il déclaré lors de son discours sur l'état de l'Union.

En janvier, le taux de chômage a certes augmenté de 0,1 point à 3,6% mais cela s'explique par le fait que plus de 183 000 personnes sont revenues sur le marché de l'emploi. Il s'agit donc plutôt d'un signe de dynamisme.

En effet, à mesure que l'environnement du marché du travail américain s'est amélioré ces dernières années pour atteindre le plein emploi sous l'ère Trump, les entreprises se sont mises à embaucher des personnes handicapées, des personnes ayant été condamnées par la justice, celles-là mêmes qui n'étaient plus comptabilisées dans les statistiques faute de trouver un emploi.

Le taux de participation au marché de l'emploi a ainsi augmenté en janvier, atteignant 63,4% (+0,2 point sur un mois).

Dans le détail par secteur, avec un ajout de 44 000 emplois, celui de la construction a bénéficié d'une météo plutôt clémente en janvier. Habituellement, de fortes chutes de neige et des températures glaciales perturbent au contraire l'activité. Les créations d'emplois se sont en outre réparties équitablement entre les constructions résidentielles et non résidentielles, souligne le ministère.

De leurs côtés, les emplois du secteur de la santé ont poursuivi leur ascension (+36 000 pour les soins, +23 000 pour les services ambulatoires et +10 000 dans les hôpitaux), reflétant largement le besoin de soins grandissant pour les personnes âgées en raison du vieillissement de la population.

Comme les mois précédents, le secteur des loisirs et de l'hôtellerie a continué d'embaucher (+36 000 emplois supplémentaires). L'administration américaine note qu'au total, 288 000 emplois ont été créés dans ce secteur au cours des six derniers mois.

Salaires en hausse aussi 

Sans surprise, le secteur des ventes au détail a au contraire perdu 8 300 emplois après un mois de décembre positif (+44 900) marqué par les achats de Noël. La tendance de fond demeure ainsi inchangée. Ce secteur est affecté depuis longtemps par la concurrence des "boutiques" en ligne et celle du géant américain Amazon, faisant disparaître du paysage nombre de magasins.

Le secteur manufacturier a lui aussi perdu des emplois (-12 000), pâtissant du secteur automobile et du secteur aéronautique civil. Le mois dernier, il a en particulier souffert de l'arrêt de la production des Boeing 737 MAX. L'avion vedette du constructeur américain est cloué au sol depuis près d'un an après deux accidents meurtriers rapprochés. Et Boeing a dû se résoudre à suspendre sa production début janvier pour une durée indéterminée.

Avec 225 000 emplois créés en janvier, l'économie fait preuve de dynamisme puisque la moyenne mensuelle était de 175 000 l'an passé.

Si ce rythme était maintenu, le taux de chômage pourrait aussi diminuer au cours des prochains mois.

S'agissant des salaires, un des éléments particulièrement scruté par les économistes, ils ont augmenté de 0,25% après +0,1% en décembre. Les analystes tablaient sur une progression de 0,3%.

Comparé à janvier 2019, ils progressent de 3,1%, un taux bien supérieur à celui de l'inflation (+2,3% en décembre selon l'indice PCI).

Cette nouvelle hausse de salaires devrait contribuer à renforcer la confiance des ménages.

En janvier, l'indice de confiance - déjà à un niveau élevé en décembre - s'est amélioré, ce qui devrait soutenir la consommation des ménages, traditionnelle locomotive de la croissance de la première économie du monde.

«Dans un contexte de craintes d'une récession en raison du virus (qui sévit en Chine), les solides créations d'emplois et la hausse des salaires en janvier semblent donner un gage que l'expansion économique record (des États-Unis) a encore de la marge pour se poursuivre», ont commenté Lydia Boussour et Gregory Daco, économistes d'Oxford Economics.

Pour autant, les employeurs continuent de faire face à un environnement mondial volatile et incertain qui, dans un contexte de ralentissement économique aux États-Unis, devrait les «inciter à embaucher plus prudemment» au cours des prochaines mois, analysent-ils. Delphine Touitou, AFP