Donald Trump a menacé d’un long «shutdown», la paralysie des administrations fédérales américaines à partir de samedi matin.

Le gouvernement américain partiellement paralysé

WASHINGTON — Une heure après la Chambre des représentants, le Sénat américain a lui aussi suspendu ses travaux, vendredi soir, sans avoir pu conclure une entente pour éviter la paralysie partielle du gouvernement fédéral.

Les sénateurs se sont donné rendez-vous à midi, samedi, pour reprendre les négociations.

Les principaux délégués de M. Trump s’efforçaient de négocier un compromis de dernière minute avec les démocrates et certains législateurs républicains. Toutefois, malgré la présence du vice-président Mike Pence, du chef de cabinet par intérim de la Maison-Blanche Mick Mulvaney et du proche conseiller du président Jared Kushner, aucun accord n’a été conclu.

Le président Donald Trump insiste pour obtenir une enveloppe de cinq milliards de dollars pour la construction d’un mur sur la frontière américano-mexicaine. Une demande que le Parti démocrate rejette vigoureusement.

Sans un accord sur le budget, le financement d’environ 25 pour cent des activités du gouvernement fédéral américain prend fin à minuit.

Neuf départements et des dizaines d’agences sont affectées dont la sécurité intérieure, les transports, l’agriculture et la justice. Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux vont se retrouver en congé ou seront forcés de travailler sans rémunération quelques jours avant Noël.

Lors de la signature d’un projet de loi à la Maison-Blanche, Donald Trump a déclaré que le gouvernement était «totalement préparé à une très longue paralysie», bien que presque personne ne s’attend à une telle chose.

Le président a tenté de rejeter la faute sur les démocrates, même s’il a soutenu la semaine dernière qu’il serait «fier» de revendiquer la responsabilité d’une paralysie du gouvernement dans sa lutte pour la construction du mur. Faisant campagne il y a deux ans, M. Trump avait déclaré que le mur s’érigerait «si vite que vous en aurez des maux de tête». Il a également promis que le Mexique en paierait le prix, ce que le Mexique a indiqué qu’il ne le fera jamais.

«C’est notre seule chance (...) d’avoir une excellente sécurité à la frontière», a déclaré Donald Trump vendredi à la Maison-Blanche. Les démocrates prendront le contrôle de la Chambre des représentants en janvier et s’opposeront au financement massif de la construction d’un mur.

Il y a à peine une semaine, M. Trump avait insisté lors d’une rencontre télévisée qui s’est tenue à la Maison-Blanche de prendre la responsabilité d’une suspension partielle des activités du gouvernement afin d’obtenir la construction du mur de sa frontière. «C’est moi qui le fermerai», a-t-il affirmé.

Mais avec les heures s’écoulant avant l’échéance de minuit, il a cherché à redéfinir le débat et à reprocher aux démocrates l’impasse qui menace des centaines de milliers d’employés fédéraux pendant les vacances de fin d’année.

La Maison-Blanche a déclaré que M. Trump n’irait pas en Floride vendredi comme prévu pour les vacances de Noël si le gouvernement fermait ses portes.