Luis Lacalle Pou, fils de l'ex-président Luis Alberto Lacalle (1990-1995) met fin à quinze ans de règne de la gauche, marqué par le vote de plusieurs lois sociétales — légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel et du cannabis récréatif — une croissance économique record et une baisse de la pauvreté.
Luis Lacalle Pou, fils de l'ex-président Luis Alberto Lacalle (1990-1995) met fin à quinze ans de règne de la gauche, marqué par le vote de plusieurs lois sociétales — légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel et du cannabis récréatif — une croissance économique record et une baisse de la pauvreté.

Le conservateur Luis Lacalle Pou investi nouveau président de l'Uruguay

MONTEVIDEO — Luis Lacalle Pou, 46 ans, a pris officiellement ses fonctions dimanche comme nouveau président de l'Uruguay, où sa victoire à la présidentielle fin novembre a mis fin à quinze ans d'hégémonie de la gauche.

«Ce gouvernement prend l'engagement de diriger avec austérité. Nous veillerons sur chaque peso des contribuables», a déclaré le chef de l'État, lors d'une cérémonie en plein air sur la Place de l'Indépendance, à Montevideo.

Évoquant l'insécurité, un thème qui a conduit à l'échec de la gauche dans les urnes, il a estimé qu'il s'agissait d'une «urgence» et annoncé qu'il allait rencontrer toutes les autorités policières du pays afin de leur donner des instructions sur la stratégie à adopter pour répondre à «l'énorme majorité d'Urguayens qui ne se sentent pas protégés».

M. Lacalle Pou a remporté l'élection présidentielle au deuxième tour à l'issue du scrutin du 24 novembre, avec 48,87 % des voix, face au candidat de gauche, l'ex-maire de Montevideo, Daniel Martinez (47,35 %).

Issu du Parti national (droite) et à la tête d'une coalition allant du centre-droit à la droite ultraconservatrice, il a finalement remporté son pari, après une première défaite face à la coalition de gauche du Frente amplio (Front large) en 2014.

Le fils de l'ex-président Luis Alberto Lacalle (1990-1995) met ainsi fin à quinze ans de règne de la gauche, marqué par le vote de plusieurs lois sociétales — légalisation de l'avortement, du mariage homosexuel et du cannabis récréatif — une croissance économique record et une baisse de la pauvreté.

Mais la récente stagnation de l'économie, la hausse du chômage, une montée de l'insécurité (+ 46 % d'homicides entre 2014 et 2019) ont favorisé l'alternance.

Le nouveau président a annoncé qu'il déposerait rapidement devant le Parlement, où la droite est désormais majoritaire, un projet pour une «loi de considération urgente» avec de premières mesures en matière de sécurité, d'économie et de santé.

Il a également annoncé des mesures rapides pour réduire le déficit public (4,9 % du PIB en 2019) et faciliter l'immigration dans ce pays de 3 millions d'habitants.

Un tournant en matière de politique extérieure est également attendu, notamment à l'égard du gouvernement du président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro que M. Lacalle Pou qualifie de «dictateur».

Outre Nicolas Maduro, les présidents de Cuba, Miguel Diaz-Canel, et du Nicaragua, Daniel Ortega, n'ont pas été invités à la cérémonie d'investiture.

Le président brésilien Jair Bolsonaro, son homologue chilien Sebastian Piñera, tout comme les chefs d'État colombien Ivan Duque et paraguayen Mario Abdo, étaient en revanche présents

Le roi d'Espagne, Felipe VI, avait également fait le déplacement et a partagé un barbecue avec le nouveau président.