Mike Pence a affirmé que la Chine avait profité des États-Unis pendant de nombreuses années et que cette époque était maintenant révolue.

La Chine et les États-Unis se décochent des flèches au sommet de l’APEC

PORT MORESBY, Papouasie-Nouvelle-Guinée - Les États-Unis et la Chine ont échangé samedi des propos acerbes à l’occasion de la première journée du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), qui se déroule en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Si le vice-président américain, Mike Pence, a déclaré devant des gens d’affaires réunis à l’occasion du sommet que Washington maintiendrait les tarifs douaniers jusqu’à ce que Pékin modifie ses façons de faire, le président chinois Xi Jinping a soutenu que le protectionnisme commercial était une politique à courte vue et vouée à l’échec. Il a aussi réclamé davantage de discussions pour régler le problème.

Le sommet accueille 21 pays comptant pour 60 pour cent de l’économie, dont le Canada. La confrontation entre les dirigeants américains et chinois risque de colorer les discussions qui se dérouleront dimanche. L’objectif principal de plusieurs de ces dirigeants est d’en arriver à un accord définitif sur le commerce.

Pour le moment, aucune rencontre privée n’est prévue entre le premier ministre Justin Trudeau et Xi Jinping.

Au cours d’un souper de gala, M. Trudeau était assis à côté de son homologue japonais Shinzo Abe. Tous deux ont discuté de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), selon le cabinet du premier ministre fédéral. Les deux hommes politiques se rencontreront de nouveau dimanche et ce sujet sera vraisemblablement à l’ordre du jour des discussions.

L’objectif de ce traité commercial était de contre-équilibrer l’influence commerciale et économique de la Chine dans le pourtour du Pacifique. Les signataires débattent de la nécessité d’accueillir parmi eux la Chine et de permettre aux États-Unis de réintégrer éventuellement l’entente après s’en être retiré.

Changements climatiques

M. Trudeau a aussi été impliqué dans une offensive diplomatique moins risquée. Il a rencontré des dirigeants des nations insulaires. Il a aussi parlé de la nécessité de contribuer au financement d’infrastructure pouvant résister aux nouvelles conditions climatiques.

«Cette occasion, que le Canada prend très au sérieux, de travailler avec vous sur les défis spécifiques que doivent relever les petits États insulaires, l’importance du flux de capitaux et des investissements dans les infrastructures, sont des choses dont nous sommes heureux de discuter avec vous», a déclaré le premier ministre au début de la réunion.

Le président du Nauru, Baron Waqa, a raconté comment les tsunamis, les séismes et les cyclones ont provoqué des pertes colossales pour les économies des petites nations insulaires. La montée du niveau de l’océan a réduit leur territoire tandis que l’accroissement du taux de salinité menace leur sécurité alimentaire.

M. Waqa dit que les petites nations insulaires veulent devenir des acteurs importants de la région du Pacifique, tant au point de vue environnemental qu’économique.

Réforme de l’OMC

Les réformes de l’OMC, une organisation que Donald Trump déteste, figurent aussi à l’ordre du jour du sommet de l’APEC.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui est l’un des plus pauvres pays de l’APEC, a reçu des millions de dollars en aide financière de la part de la Chine et de l’Australie pour organiser le sommet.

L’influence de Pékin est visible partout à Port Moresby, la capitale.

À l’extérieur d’un nouvel hôtel dans lequel M. Trudeau a tenu sa première réunion de la journée samedi, une clôture arbore des affiches rouges et jaunes faisant la promotion d’un projet du président chinois visant à développer les routes commerciales à travers l’Asie.

Le projet, qui pourrait prendre des décennies à se réaliser et coûter des millions de milliards de dollars, a été vivement critiqué par Mike Pence et le premier ministre de l’Australie, Scott Morrison, que Justin Trudeau doit rencontrer dimanche.