Raman Ouso, infirmier kurde syrien de 27 ans, faisait partie d’une petite équipe médicale piégée par l’offensive de l’armée turque en Syrie lancée le 9 octobre.

Ils ont bien cru y rester dans un hôpital en Syrie

HASSAKÉ —Bloqué durant plusieurs jours par les forces turques dans un hôpital du nord de la Syrie, Raman Ouso ne pensait pas qu’il en sortirait vivant.

Cet infirmier kurde syrien de 27 ans faisait partie d’une petite équipe médicale restée sur place pour venir en aide aux blessés dans la ville de Ras al-Aïn, malgré une offensive de l’armée turque lancée le 9 octobre.

Le personnel de santé a été piégé pendant près d’une semaine dans l’hôpital endommagé par les bombardements. «Nous ne pensions pas que nous allions survivre», raconte le jeune homme. «Jamais je n’aurais imaginé pouvoir sortir vivant d’une telle épreuve», ajoute-t-il.

À Ras al-Aïn, où les Forces démocratiques syriennes ont opposé une résistance farouche avant de s’en retirer, les violents combats ont fait des dizaines de morts.

Malgré les affrontements et les raids aériens turcs sur la ville, Raman Ouso, un volontaire du Croissant rouge kurde, est resté dans l’hôpital. «Il y avait des bombardements intenses et des combats à côté», raconte l’aide-anesthésiste.

«De nombreuses personnes ont perdu la vie et je ne pouvais rien faire. Nos moyens étaient très limités, nous avions besoin de spécialistes.»

Avec l’entrée des forces turques dans la ville, les combats de rue se sont propagés. Mais l’infirmier et ses collègues ont continué à soigner les civils et les combattants blessés.

Près de l’hôpital, les supplétifs syriens lançaient des appels menaçants aux habitants, ajoute-t-il. «L’hôpital a été bombardé et attaqué. Ils ont tenté d’en prendre le contrôle [...] mais n’ont pas réussi.»

Pendant des jours, les membres de l’équipe médicale sont restés dans l’établissement. «Des infirmières pleuraient tout le temps, car elles avaient peur d’être prises en otage [...] Elles avaient perdu l’espoir de pouvoir sortir», raconte-t-il.

À leur grande surprise, une trêve est entrée en vigueur le 17 octobre et l’équipe médicale a été transférée vers la ville majoritairement kurde de Hassaké, plus à l’est.

Maintenant, Raman Ouso travaille dans un hôpital local et dit vivement espérer un retour à la paix.