Des gilets jaunes manifestaient à Paris pour un 17e samedi d'affilée.

«Gilets jaunes»: plus faible mobilisation depuis novembre

PARIS — Moins de 30 000 «gilets jaunes» ont manifesté samedi dans toute la France, la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement contre la politique fiscale et sociale du président Emmanuel Macron le 17 novembre, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

«28 600 personnes ont manifesté ce samedi contre 39 300 samedi dernier, dont 3000 à Paris (4000 le 2 mars)», a indiqué le ministère, dont les chiffres sont contestés par les «gilets jaunes» semaine après semaine. Le précédent chiffre le plus bas avait été enregistré le 29 décembre avec 32 000 manifestants recensés par l’Intérieur.

Les «gilets jaunes» étaient 282 000 à manifester le 17 novembre quand ils ont lancé leur mouvement inédit dans sa forme apolitique et asyndicale, qui portait alors sur le prix des carburants jugés trop élevés et la relance du pouvoir d’achat.

Cette fronde populaire est la pire crise essuyée par le président Macron depuis son élection en 2017.

Mais en près de quatre mois, le nombre des manifestants n’a cessé de refluer.

Les manifestants assurent que leur mobilisation reste entière, à une semaine de la fin du «grand débat national» voulu par le gouvernement pour écouter les doléances et apporter des solutions politiques à cette contestation sociale de grande ampleur.

«Acte décisif : nous ne bougerons pas» : le principal événement du week-end à Paris proposait de camper et de faire un sit-in sur le Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel. Mais il a vite tourné court : dès vendredi soir, une trentaine de manifestants ont tenté d’installer quelques structures mais ont rapidement été délogés par les forces de l’ordre, selon un journaliste de l’AFP.

Plusieurs groupes ont manifesté samedi, dont des assistantes maternelles en gilets roses.

«Le frigo d’abord»

Samedi matin, une manifestation a débuté sur les Champs-Élysées avec pour objectif de faire «converger toutes les mobilisations». Une centaine de «gilets jaunes» ont d’abord côtoyé devant l’Arc de Triomphe des syndicats en gilets rouges, des assistantes maternelles en gilets roses et des femmes manifestant pour l’égalité, au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes. «Égalité femme/homme, le compte n’y est pas», pouvait-on lire sur une grande banderole violette.

Toutefois, la convergence semblait difficile à établir, une partie du cortège, rassemblant les syndicats et «gilets roses», s’est ensuite dirigé vers le jardin du Luxembourg, au coeur du Quartier latin, laissant les «gilets jaunes» derrière eux.

Nejeh Farhat, 40 ans, un «gilet jaune» de la première heure regarde descendre les manifestants, l’air dépité. «C’est une organisation de merde», lâchait-il sous la pluie. «Dans l’absolu, la convergence c’est pas mauvais, plus on est nombreux plus on est forts, c’est sûr. Mais le combat n’a pas changé, la priorité c’est le frigo. Après l’égalité tout ça, si ça se fait ça se fait. Mais le frigo d’abord.»

Des manifestations se sont également tenues dans de nombreuses autres villes, notamment à Nantes (ouest) où des échauffourées ont éclaté entre les forces de l’ordre et quelques dizaines de «gilets» qui leur jetaient des excréments, comme cela a déjà été le cas dans de précédentes manifestations.

Quelques heurts ont également eu lieu sur les Champs-Élysées à Paris, où un face-à-face tendu se poursuivait avec les forces de l’ordre en fin de journée.

Pour les «gilets jaunes», l’objectif affiché du mois de mars est de renouer avec l’esprit des débuts du mouvement et d’accroître la pression sur le président Emmanuel Macron.

Le 16 mars, le 18e samedi de contestation aura ainsi lieu au lendemain de la fin officielle du grand débat et espère rassembler «la France entière à Paris» pour lancer un «ultimatum» au gouvernement.