Le député d'opposition Juan Requesens compte parmi les 14 personnes détenues au Venezuela et inculpés entre autres de tentative d'assassinat sur la personne du président Maduro.

Enquête sur l'«attentat» contre Maduro: Caracas rejette les critiques des Américains

CARACAS — Le gouvernement du Venezuela a rejeté vendredi les interrogations soulevées par les États-Unis sur l'enquête en cours sur l'attentat présumé contre le président venezuelien Nicolas Maduro le 4 août dernier.

Washington «minimise [...] la gravité des faits et porte de fausses accusations contre les procédures judiciaires vénézuéliennes en ignorant ouvertement nos lois», a déclaré Jorge Arreaza, le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le gouvernement vénézuélien a réitéré sa thèse selon laquelle l'attaque menée avec deux drones chargés d'explosif près de la tribune où M. Maduro prononçait un discours lors d'une cérémonie à Caracas a été «planifiée et exécutée depuis le territoire des États-Unis».

Les «accusations cyniques» de la Maison-Blanche cherchent à «interférer» dans la politique du pays pétrolier et à favoriser «le groupe politique qui promeut la déstabilisation et la violence dans le pays», poursuit-t-il.

Dans un communiqué publié vendredi, la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert, a condamné la «violence politique qui a eu lieu le 4 août», mais a regretté que «la réponse du gouvernement vénézuélien à cet événement (ait) été de détenir de façon arbitraire des individus».

«Par ailleurs, il y a eu violation de l'immunité parlementaire, qui est protégée par la Constitution du Venezuela», a relevé la porte-parole américaine.

Le département d'État estime en outre que des aveux ont pu être obtenus par la force par les autorités vénézuéliennes. «Les États-Unis condamnent l'usage présumé de la torture pour obtenir des aveux», déclare le communiqué.

Quatorze personnes sont actuellement détenues au Venezuela, dont le député d'opposition Juan Requesens, le général de division de la Garde nationale Alejandro Perez Gamez et le colonel Pedro Zembrano, inculpés entre autres de tentative d'assassinat sur la personne du président Maduro.

La Cour suprême a également ordonné l'arrestation et requis l'extradition du député d'opposition Julio Borges et de la procureure destituée Luisa Ortega, tous deux exilés en Colombie.

«Que les personnalités politiques liées aux intérêts du gouvernement américain commettent des délits ne fait pas d'eux des prisonniers politiques mais des criminels, et la justice vénézuélienne continuera de lutter contre l'impunité», a averti le ministère des Affaires étrangères.