Malgré les auditions spectaculaires de hauts responsables sur les pressions exercées par Donald Trump sur Kiev, les républicains restent unis derrière leur chef. L’élu républicain Doug Collins dénonce ainsi des preuves «dérisoires» et des charges «vagues».

Destitution de Trump: le bras de fer sur le procès s’engage

WASHINGTON — Donald Trump sera mis en accusation cette semaine pour abus de pouvoir, mais l’organisation de son procès historique en destitution déchire déjà les républicains et leurs opposants démocrates qui veulent entendre plusieurs responsables de la Maison-Blanche.

Le président américain «a abusé de ses pouvoirs à des fins politiques personnelles» et a déployé des efforts «sans précédent» pour entraver l’enquête du Congrès : dans un rapport de 658 pages mis en ligne lundi les démocrates sont revenus sur les deux chefs d’accusation qui seront soumis au vote, probablement mercredi, à la Chambre des représentants.

«Même si l’élection de 2020 est dans moins d’un an, le Congrès ne peut attendre ce scrutin pour réagir face aux errements du président», écrivent encore les démocrates, qui accusent Donald Trump d’avoir exercé un chantage sur l’Ukraine, notamment en gelant une importante aide militaire, pour la forcer à enquêter sur Joe Biden, son potentiel rival à la présidentielle.

L’opposition ayant repris le contrôle de la chambre basse il y a un an, le milliardaire new-yorkais est quasiment certain de devenir le troisième président de l’histoire des États-Unis renvoyé en procès.

Avant lui, seuls Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 ont vécu l’opprobre de cet impeachment. En 1974, Richard Nixon avait démissionné pour s’éviter cette épreuve. Comme ses prédécesseurs, il devrait échapper à une destitution : les républicains restent majoritaires au Sénat chargé de le juger et font bloc autour de leur président. Dénonçant une «chasse aux sorcières», Donald Trump assure qu’il sortira gagnant de cet épisode.

«Juste et honnête»

Malgré les auditions spectaculaires de hauts responsables sur les pressions exercées par Donald Trump sur Kiev, aucune faille n’est apparue dans le camp républicain. Dans des propos annexés au rapport démocrate, l’élu républicain Doug Collins dénonce ainsi des preuves «dérisoires» et des charges «vagues».

Au Sénat, les républicains auront la main sur la procédure et leur leader dans cette enceinte, Mitch McConnell, a déjà fait savoir qu’il se «coordonnerait en tous points» avec les avocats de la Maison-Blanche.

Pas décidés à perdre totalement la main, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a plaidé lundi pour un procès «juste et honnête» qui devrait selon lui commencer dès le 6 janvier.