Des manifestants étaient assis au Champ-de-Mars. Selon la police, environ 1500 gilets jaunes sont sortis dans les rues de Paris, dimanche.

Des gilets jaunes soulignent les trois mois du mouvement

PARIS — Entre 1000 et 2000 gilets jaunes ont défilé dimanche dans le calme à Paris, trois mois jour pour jour après le début de cette contestation sociale pour laquelle le soutien dans l’opinion publique est en baisse.

Partis des Champs-Elysées à la mi-journée, les manifestants ont vu leurs rangs grossir progressivement en se dirigeant vers le Champ-de-Mars, destination finale de cette manifestation déclarée en préfecture et encadrée par un imposant dispositif policier.

Vers 15h, la quasi-totalité d’entre eux s’était dispersée et certains projetaient notamment de retourner sur les Champs-Elysées.

D’après la préfecture de police de Paris, ce premier rassemblement dominical des gilets jaunes — qui manifestent habituellement le samedi — a réuni 1500 personnes.

Samedi, le ministère de l’Intérieur avait dénombré 41 500 manifestants en France et 5000 à Paris, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente, mais contestés par les gilets jaunes, qui en ont dénombré plus du double (104 070).

Ce mouvement inédit, né sur les réseaux sociaux de la contestation de la hausse de la fiscalité sur les carburants, a essaimé dans toute la France et poussé le gouvernement à des mesures sociales et au lancement d’un grand débat national.

Une majorité contre

Les gilets jaunes contestent la politique fiscale et sociale du gouvernement, réclament plus de pouvoir d’achat et appellent, pour certains, à la démission du président Emmanuel Macron.

Une majorité de Français (52 %) estime que les gilets jaunes «doivent maintenant cesser leur mouvement et leurs actions», selon un sondage Ifop.

Défilant sous un grand soleil, des gilets jaunes ont entonné dimanche un «joyeux anniversaire» dans les rues de Paris pour fêter les trois mois de ce mouvement de contestation inédit qui fragilise l’exécutif français.

Parmi les banderoles, certaines appelaient à la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), d’autres accusaient les forces de l’ordre de «mutilations de civils».

Âgée de 16 ans, Lola est venue protester contre la réforme du lycée et de l’université en France qu’elle compare à un «tri sélectif».

Devant les fenêtres barricadées d’un hôtel de luxe, sur la très chic avenue Montaigne, des manifestants ont lancé avec ironie : «Attention, des pauvres dans la rue».