Le procureur général de l’État de Washington, Bob Ferguson (à droite)

Des États contre l’administration Trump

LOS ANGELES — Une dizaine d’États américains, dont la Californie, Washington et le New Jersey, vont poursuivre l’administration Trump pour sa politique migratoire après la séparation de milliers de familles entrées illégalement sur le territoire américain, a annoncé jeudi le procureur général de l’État de Washington.

«C’est une politique aberrante, cruelle et anticonstitutionnelle» et «nous allons y mettre un terme», a déclaré Bob Ferguson dans un communiqué.

M. Ferguson a dénoncé «l’incertitude» et le «chaos» créés par la politique de séparation des familles, mais aussi par le décret signé mercredi qui «cherche à détenir de manière indéfinie les enfants et leurs parents et continue à poursuivre pénalement les demandeurs d’asile».

Le responsable dénonce aussi les «conditions inhumaines et horribles» dans les centres de détention de la police de l’immigration et des frontières, et s’insurge contre le manque de contact — parfois pendant des semaines — entre les mères et les enfants dont elles ont été brusquement séparées à la frontière.

Parmi les États qui se sont associés à la plainte figurent le Massachusetts, le Maryland, le Nouveau-Mexique, la Pennsylvanie, l’Iowa et l’Illinois. Bob Ferguson a dit s’attendre à ce que d’autres les rejoignent.

L’État de Washington est l’un de ceux qui se sont montrés le plus agressifs, aux côtés de la Californie et de New York, contre l’administration du président républicain Donald Trump, engageant notamment des poursuites contre le décret migratoire empêchant l’entrée sur le territoire américain des ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane («travel ban»).

L’administration Trump a de son côté poursuivi la Californie pour sa politique d’État «sanctuaire», à savoir refusant de coopérer avec les autorités migratoires au sujet de sans-papiers n’ayant pas commis de crimes sérieux.

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Des maires américains en colère

TORNILLO - Des maires américains, républicains et démocrates, se sont rendus jeudi à la frontière avec le Mexique pour dénoncer la «cruelle» politique du gouvernement fédéral et exiger que les enfants migrants séparés de leurs familles soient immédiatement rendus à leurs parents.

Cette visite des maires à la ville frontalière de Tornillo au Texas, où un camp pour accueillir des enfants a été installé la semaine dernière, vise «à attirer l’attention sur une situation honteuse et à [...] appeler l’administration (Trump) à réunir le plus vite possible les milliers d’enfants séparés de leurs parents» avec leurs familles, a déclaré à la presse le maire démocrate de Columbia (Caroline du Sud), Steve Benjamin.

«En tant que maires, nous voyons tous les jours l’impact positif que les immigrants ont sur nos communautés. Ils contribuent de manières innombrables à notre force économique et culturelle», a-t-il ajouté, en dénonçant l’actuelle politique migratoire «cruelle».

Pour l’instant, 360 lits sont prêts dans le centre de Tornillo. Jusqu’à 4000 enfants sont attendus pour soulager d’autres centres pour mineurs surpeuplés.

Le républicain Dee Margo, maire d’El Paso (Texas), a de son côté appelé le Congrès à légiférer rapidement sur une réforme globale de l’immigration.

«Il faut qu’ils se reprennent», a-t-il lancé lors de la même conférence de presse en allusion aux élus.

Le maire de New York Bill de Blasio a de son côté tiré la sonnette d’alarme sur la situation des enfants.

«Ces enfants sont traumatisés. Ces enfants souffrent physiquement et mentalement», a dit le démocrate.

«Les familles n’ont pas été réunies, nous ne savons pas quand elles le seront. Nous allons nous battre pour ça», a-t-il martelé.

Le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, a lui indiqué qu’une centaine d’enfants avaient été envoyés dans sa ville et dénoncé le manque de transparence des autorités fédérales. «Nous ne savons rien d’eux. Nous devons nous informer auprès d’activistes au lieu du gouvernement», a dit le démocrate.