La famille Haristoy regarde le discours du président français Emmanuel Macron à la télévision, lundi à Saint-Pée-sur-Nivelle, dans le sud de la France. Le président a annoncé que le 11 mai sonnerait le début du déconfinement partiel en France, où la COVID-19 a fait près de 15 000 morts.
La famille Haristoy regarde le discours du président français Emmanuel Macron à la télévision, lundi à Saint-Pée-sur-Nivelle, dans le sud de la France. Le président a annoncé que le 11 mai sonnerait le début du déconfinement partiel en France, où la COVID-19 a fait près de 15 000 morts.

COVID-19: la France esquisse la sortie du confinement 

PARIS — La France a prolongé lundi d’un mois son confinement, mais a aussi été le premier pays durement frappé par le coronavirus à esquisser la levée des restrictions et une réouverture des écoles, grâce au ralentissement de l’épidémie constaté en Europe comme à New York.

«L’épidémie commence à marquer le pas», a assuré le président français Emmanuel Macron dans une allocution télévisée, annonçant que le 11 mai sonnerait le début du déconfinement partiel du pays, où la COVID-19 a fait près de 15 000 morts.

Après quatre semaines enfermés chez eux, les Français peuvent donc commencer à entrevoir la sortie du tunnel. Mais ce sera une sortie progressive: si les écoles rouvriront peu à peu à partir du 11 mai, les bars, restaurants ou cinémas resteront fermés jusqu’à nouvel ordre, tout comme les frontières avec les pays non européens.

Preuve qu’un retour à la normale prendra du temps, le Festival d’Avignon, plus célèbre manifestation théâtrale au monde, a annoncé dans la foulée l’annulation de sa tenue en juillet.

Lors du début de déconfinement en France, toute personne présentant des symptômes sera testée et, si elle est positive, mise en quarantaine.

Quant au masque de protection, il «pourrait devenir systématique» dans «certaines situations», comme les transports en commun, a détaillé Emmanuel Macron, qui a reconnu que la France était «à l’évidence mal préparée» pour faire face à une telle pandémie.

Les gouvernements du monde entier planchent sur la stratégie de reprise de l’activité, qui sera forcément graduelle pour éviter une deuxième vague plus mortelle encore que la première.

Certains pays moins touchés, comme l’Autriche, ont déjà déclenché leur plan de sortie de crise, mais aucun, parmi les plus endeuillés, comme les États-Unis (plus de 23 500 morts), l’Italie (plus de 20 000), l’Espagne (plus de 17 000) ou le Royaume-Uni (plus de 11 000), n’avaient encore osé donner une date précise pour la fin des restrictions les plus draconiennes.

Reprise très limitée en Espagne

Dans l’immédiat, l’heure est encore au confinement.

Comme Paris, et après Rome ou Madrid, Londres envisage de le prolonger.

Les «mesures actuellement en vigueur» ne devraient pas être levées immédiatement, le pays n’ayant «toujours pas passé le pic» de l’épidémie, a annoncé lundi le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, qui dirige provisoirement le gouvernement en l’absence de Boris Johnson.

Ce dernier, contaminé par la COVID-19, était lui en convalescence dans la résidence de campagne des premiers ministres, dans le nord-ouest du pays, après s’en être sorti, de son propre aveu, de justesse.

En Espagne, malgré la poursuite du confinement, le gouvernement a autorisé les travailleurs, sous conditions strictes, à reprendre le chemin des usines et des chantiers, après deux semaines «d’hibernation» de toutes les activités économiques non essentielles.

Pour tenter de relancer une économie fragile tout en évitant un rebond des contagions, des policiers et des volontaires ont distribué, dans les métros et les gares, 10 millions de masques.

Maria Martinez, qui travaille dans un centre de santé, s’est félicitée d’en avoir reçu un en montant dans le train, «parce qu’on n’en trouve pas ou ils sont très chers».

Cette reprise très limitée est permise par les nouvelles sanitaires qui s’améliorent malgré la litanie des décès égrenée chaque jour aux quatre coins de la planète, qui a vu déjà plus de 117 000 morts depuis l’apparition du coronavirus en décembre en Chine.

En Italie ou en Espagne, les bilans quotidiens sont un peu moins lourds, et dans plusieurs pays, comme en France, le nombre de patients en réanimation à l’hôpital diminue lentement.

L’Afrique se confine

La reprise du travail, bien entamée en Chine après la levée des mesures de confinement dans le berceau de la pandémie, est toutefois loin d’être à l’ordre du jour dans de nombreux autres pays, face à un virus qui, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est 10 fois plus mortel que la grippe A (H1N1), apparue en mars 2009 au Mexique.

Au Gabon, le confinement ne fait ainsi que débuter à Libreville, la capitale, tandis qu’au Nigeria il est prolongé de deux semaines dans un climat social tendu doublé d’une multiplication des actes criminels.

Et la République dominicaine a reporté au 5 juillet ses élections présidentielles et législatives, initialement prévues le 17 mai.

Pour renforcer le contrôle du confinement, la ville de Moscou a lancé un système de laissez-passer électronique que les habitants devront télécharger pour pouvoir se déplacer en voiture ou en transport en commun.

Le président Vladimir Poutine a reconnu que la situation «n’évoluait pas dans la meilleure direction» en Russie, qui souffre de «pénuries» d’équipements de protection pour le personnel médical.

Sur le front économique, les pays exportateurs de pétrole ont convenu dimanche d’une baisse de production d’une ampleur inédite, dans l’espoir d’enrayer la chute des cours.

+

LE FMI ACCORDE DES FONDS À 25 PAYS TRÈS PAUVRES

Kristalina Georgieva, directrice général du Fonds monétaire international

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé lundi le versement d'une aide d'urgence à 25 pays parmi les plus pauvres du monde pour leur permettre d'alléger leur dette et de mieux faire face à l'impact de la pandémie de COVID-19

La mesure annoncée permet de couvrir pour six mois les remboursements de la dette envers le FMI et «d'allouer une plus grande partie de leurs maigres ressources à leurs efforts en matière d'urgence médicale et d'aide», souligne le communiqué.

Les 25 pays sont: l'Afghanistan, le Bénin, le Burkina Faso, la Centrafrique, le Tchad, les Comores, la RD Congo, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, Haïti, le Libéria, Madagascar, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Népal, le Niger, le Rwanda, São Tomé et Príncipe, la Sierra Leone, les Iles Salomon, le Tadjikistan, le Togo et le Yemen.

Cet allègement de la dette passe par le Fonds fiduciaire d'assistance et de riposte aux catastrophes (fonds fiduciaire ARC) qui permet au Fonds d'accorder un allégement de dette sous forme de dons aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables frappés par une catastrophe naturelle ou de santé publique aux conséquences désastreuses.

Le Fonds fiduciaire a actuellement «une capacité de 500 millions $ de ressources immédiatement disponibles, y compris les 185 millions $ promis récemment par le Royaume-Uni et les 100 millions $ fournis par le Japon», a précisé le Fonds.

«La Chine et les Pays-Bas se sont aussi engagés sur d'importantes contributions. J'encourage d'autres donateurs à nous aider à renflouer le fonds et à augmenter notre capacité à fournir un allègement supplémentaire de la dette pour deux années pleines aux membres les plus pauvres du FMI», a exhorté Kristalina Georgieva, qui dirige le FMI.  AFP