Les nouveaux contrôles pour les Américains rentrant d’Europe, mis en place pour juguler la propagation du coronavirus aux États-Unis, ont provoqué des scènes de chaos dans plusieurs aéroports dépassés par l’afflux de passagers à dépister.
Les nouveaux contrôles pour les Américains rentrant d’Europe, mis en place pour juguler la propagation du coronavirus aux États-Unis, ont provoqué des scènes de chaos dans plusieurs aéroports dépassés par l’afflux de passagers à dépister.

Coronavirus: scènes de chaos dans des aéroports américains

WASHINGTON — Les nouveaux contrôles pour les Américains rentrant d’Europe, mis en place pour juguler la propagation du coronavirus aux États-Unis, ont provoqué des scènes de chaos dans plusieurs aéroports dépassés par l’afflux de passagers à dépister.

Donald Trump a annoncé mercredi l’interdiction d’entrée sur le sol américain en provenance des pays européens de la zone Schengen. La mesure est entrée en vigueur vendredi à minuit et sera étendue lundi à minuit (mardi 4h GMT) au Royaume-Uni et à l’Irlande.

Les citoyens américains et les résidents permanents aux États-Unis sont les seuls autorisés à revenir du Vieux Continent, et nombre d’entre eux se sont pressés de rentrer par crainte de rester coincés à l’étranger. Mais ils ne peuvent transiter que par 13 aéroports, où ont été mis en place à la hâte des contrôles sanitaires — et ils sont ensuite priés de se placer en quarantaine chez eux.

Depuis samedi, la pagaille a gagné plusieurs de ces aéroports. Les passagers se retrouvent souvent les uns sur les autres à attendre de nombreuses heures, au mépris des recommandations sanitaires sur la «distanciation sociale».

Une internaute a publié sur Twitter une photo de l’aéroport O’Hare de Chicago où l’on voit une foule rappelant l’heure de pointe du métro dans une métropole mondiale.

Il fallait attendre six heures pour récupérer sa valise en plus de deux à quatre heures d’attente «épaule contre épaule» pour les douanes, a-t-elle expliqué.

Des scènes similaires ont eu lieu à Dallas ou New York.

Depuis samedi, la pagaille a gagné plusieurs de ces aéroports. Les passagers se retrouvent souvent les uns sur les autres à attendre de nombreuses heures, au mépris des recommandations sanitaires sur la «distanciation sociale».

Une minute de dépistage

La situation a provoqué la colère du gouverneur démocrate de l’Illinois JB Pritzker, qui a interpellé le président et le vice-président des États-Unis.

«La longueur des files d’attente est inacceptable et il faut remédier à la situation immédiatement. Donald Trump et Mike Pence […] vous devez faire quelque chose MAINTENANT. Ces foules attendent de passer les douanes, qui sont sous la juridiction fédérale», a-t-il tweeté, avant d’ajouter : «Le gouvernement fédéral doit se bouger le cEmLeaderl».

«Veuillez excuser les interruptions et retards, nous allons aussi vite que possible, mais il est très important d’être vigilants et attentifs», s’est borné à répondre, plusieurs heures plus tard, le milliardaire républicain. «La sécurité d’abord!»

Son ministre de la Sécurité intérieure Chad Wolf avait auparavant promis de renforcer les «capacités de dépistage», soulignant qu’il fallait pour l’instant à peu près «60 secondes» pour prendre la température de chaque passager.

Selon les derniers bilans de dimanche matin, près de 3000 cas ont été officiellement déclarés aux États-Unis pour près de 60 morts.

Après avoir longtemps minimisé la portée de l’épidémie et avoir été critiqué notamment pour l’insuffisance de kits pour dépister le coronavirus, le président Trump a annoncé ces derniers jours plusieurs mesures, dont l’état d’urgence dans le pays.

Il a aussi décrété ce dimanche une «journée nationale de prière» — qu’il a observé en suivant un service religieux en streaming sur internet, de nombreuses églises ayant décidé de fermer leurs portes au public.

Trump testé négatif

Signe d’un tournant dans la prise de conscience, il s’est résolu à se soumettre personnellement au test — négatif, a fait savoir samedi soir la Maison-Blanche.

Et les grandes villes ont commencé à se mettre en hibernation pendant le week-end, comme en témoigne la fréquentation des cinémas, au plus bas depuis vingt ans.

Mais le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, a prévenu qu’il fallait aller plus loin.

«Je pense que les Américains doivent se préparer à faire beaucoup plus profil bas que ce que l’on constate pour l’instant dans le pays», a-t-il dit sur la chaîne NBC.

Dans ce pays fédéral, les mesures dépendent souvent des États voire des comtés et varient d’un endroit à l’autre.

Si les écoles ont fermé dans de nombreuses régions, le maire de New York Bill De Blasio s’est encore dit dimanche «réticent» à suivre cet exemple, par «crainte» qu’elles restent closes «jusqu’à la fin de l’année scolaire», voire plus longtemps encore.

L’Ohio et l’Illinois, parmi d’autres, ont de leur côté envisagé la fermeture des bars et restaurants, mais certains ont pris les devants, comme la célèbre enseigne de fast-food mexicain Taco Bell qui ne servira plus ses clients que par les «drive-thru», directement dans leurs voitures.

Au pays de la consommation de masse, ce sont toutes les habitudes qui se retrouvent bouleversées. Nike a également annoncé dimanche qu’elle fermait tous ses magasins aux États-Unis, au Canada, et en Europe de l’Ouest.