«Ceci est unique aux États-Unis, nous n'avons vu ça nulle part ailleurs. Il y a deux fois plus de cas à New Rochelle (photo) que dans la ville de New York, c'est un phénomène», a déclaré le gouverneur Andrew Cuomo.

Coronavirus: la Garde nationale déployée dans une banlieue new-yorkaise

NEW YORK — Le gouverneur de l'État de New York a annoncé mardi avoir pris la mesure inédite de déployer des soldats de la Garde nationale américaine à New Rochelle, dans la banlieue nord de New York, épicentre de l'épidémie de coronavirus dans cet État.

Le gouverneur, Andrew Cuomo, a expliqué que les soldats de la Garde nationale - en nombre non précisé - seraient envoyés dans «une zone de confinement» de 1,6 km de rayon, au sein de cette ville de 80 000 habitants.

Ils seront chargés de «ravitailler les habitants et nettoyer les écoles», a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse.

Selon des chiffres tweetés mardi par M. Cuomo, le comté de Westchester, dont New Rochelle fait partie, compte désormais 108 cas confirmés de coronavirus, sur un total de 173 dans l'État de New York.

«Ceci est unique aux États-Unis, nous n'avons vu ça nulle part ailleurs. Il y a deux fois plus de cas à New Rochelle que dans la ville de New York, c'est un phénomène», a déclaré le gouverneur.

«C'est une mesure drastique, mais c'est le plus gros regroupement de cas dans le pays, c'est littéralement une question de vie ou de mort», a-t-il ajouté.

Le gouverneur a aussi annoncé que les neuf écoles publiques et privées situées dans cette zone de confinement seraient fermées pour deux semaines à partir de jeudi, ainsi que les lieux de culte et autres lieux de rassemblement.

Les commerces resteront ouverts, et aucune quarantaine générale n'a été déclarée.


« C'est une mesure drastique, mais c'est le plus gros regroupement de cas dans le pays, c'est littéralement une question de vie ou de mort »
Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo

«Les gens ont peur», a déclaré à l'AFP Miles Goldberg, qui tient un bar à New Rochelle, «c'est une drôle de situation que d'être désigné comme l'épicentre d'une épidémie (..) Les gens sont nerveux quand il y a du monde autour d'eux, nerveux quand ils sont dans un magasin.»

Tim Eble, responsable d'un club de gym, entend néanmoins rester ouvert et fonctionner aussi normalement que possible, «en prenant des précautions supplémentaires pour que tout reste propre».

Premier cas déclaré mardi

La zone désignée par le gouverneur a pour centre la synagogue, qui semble avoir joué un rôle central dans la propagation du coronavirus.

L'épidémie a officiellement démarré dans cette banlieue mardi dernier, avec un premier cas confirmé chez un avocat de 50 ans travaillant à Manhattan, qui fréquentait cette synagogue et a été hospitalisé dans un état critique.

Dans un message mardi sur son compte Facebook, la femme de l'avocat, Adina Lewis Garbuz, en quarantaine à domicile avec ses enfants également contaminés, a expliqué qu'il avait fallu «plusieurs jours» avant que les médecins n'identifient la cause de sa maladie, initialement considérée comme une banale pneumonie.

«Beaucoup me demandent : bien sûr qu'il est allé chez le médecin, plusieurs fois même. Personne ne savait ce qu'il avait, et même l'hôpital a mis plusieurs jours avant de comprendre», a-t-elle expliqué, en ajoutant qu'à part son mari, toute la famille allait bien.

Au moins un employé de l'hôpital où il a été hospitalisé a attrapé le virus, et «beaucoup d'autres, y compris des médecins» ont été placés en quarantaine, selon le New York Times.

L'hôpital n'a pas immédiatement confirmé ces informations.

À part New York, l'autre épicentre de l'épidémie aux États-Unis se situe à Seattle, dans l'Etat de Washington.

Selon les derniers chiffres de l'université Johns Hopkins, les États-Unis, où les tests s'accélèrent, ont recensé à ce jour 959 cas confirmés de coronavirus.

Vingt-huit personnes en sont mortes, dont 23 dans l'État de Washington, et aucune pour l'instant dans l'État de New York.