Le président autoproclamé Juan Guaido a confirmé que le dialogue continuait entre les représentants du gouvernement vénézuélien et de l’opposition à La Barbade, malgré les sanctions américaines.

Caracas accuse Washington de «terrorisme économique»

CARACAS — Caracas a accusé mardi Washington de «terrorisme économique» et de chercher à provoquer une rupture du dialogue avec l'opposition, au lendemain du gel total des biens du gouvernement de Nicolas Maduro aux États-Unis.

Le gouvernement vénézuélien «dénonce devant la communauté internationale une nouvelle et grave agression de l'administration Trump via des décisions arbitraires [qui relèvent du] terrorisme économique contre le peuple du Venezuela», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Les forces armées vénézuéliennes, principal soutien du président Maduro, ont qualifié la décision américaine d'«aberrante». «Devant le chantage et les contraintes qu'ils pensent nous imposer», l'armée se réaffirme «ferme et inébranlable» face aux «menaces impérialistes», selon un communiqué.

La vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a dénoncé la tentative d'«asphyxie totale» tentée par Washington.

Avec ces nouvelles sanctions, selon Caracas, l'administration américaine «mise sur un échec du dialogue politique» entre représentants du gouvernement et de l'opposition qui se déroule à La Barbade avec la médiation de la Norvège, car elle «craint le résultat» éventuel de ces discussions.

Mais le gouvernement de Nicolas Maduro «ne permettra pas que cette escalade tendancieuse d'agressions affecte» les pourparlers qui se tiennent sur l'île caribéenne, a-t-il annoncé. Juan Guaido a confirmé que le dialogue «continuait».

Après des contacts exploratoires entre les deux camps et une première rencontre à la mi-mai à Oslo, les discussions ont repris à La Barbade depuis le 8 juillet.

Selon le gouvernement norvégien, les délégués des deux camps se sont engagés à trouver une solution «constitutionnelle» à la crise vénézuélienne. La plateforme de dialogue travaille «de manière continue», indique le dernier communiqué d'Oslo daté de vendredi, sans préciser la date de la prochaine réunion.

L'exécutif vénézuélien, qui fait face depuis le mois d'avril à un embargo américain sur son pétrole, a également réaffirmé sa «volonté inébranlable de parvenir à des accords nationaux à différents niveaux pour renforcer la démocratie et garantir le droit du peuple à vivre en paix».

Le président Donald Trump a ordonné un gel total des biens aux États-Unis du gouvernement de Nicolas Maduro, a fait savoir lundi la Maison-Blanche, accentuant ainsi la pression sur le dirigeant socialiste que Washington souhaite voir quitter le pouvoir.

«J'ai déterminé qu'il était nécessaire de bloquer les propriétés du gouvernement du Venezuela en raison de la poursuite de l'usurpation du pouvoir par le régime illégitime de Nicolas Maduro», a déclaré M. Trump dans une lettre envoyée par la Maison-Blanche à la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Ces biens «ne peuvent pas être transférés, payés, exportés, retirés ou manipulés», précise le décret présidentiel publié par la Maison-Blanche.

Toute transaction avec les autorités vénézuéliennes est également interdite.

Selon les informations du Wall Street Journal, il s'agit là des premières mesures d'un embargo économique total décrété par Washington contre Caracas. Cela mettrait le Venezuela au même niveau que des pays comme la Corée du Nord, l'Iran, la Syrie et Cuba.

Les États-Unis, suivis par une cinquantaine de pays, ont été les premiers en début d'année à reconnaître comme président par intérim le chef de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido.