Le budget de New York rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des États-Unis avec quelque 36 000 agents - de quelque 6 milliards.
Le budget de New York rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des États-Unis avec quelque 36 000 agents - de quelque 6 milliards.

Black Lives Matter: New York et Los Angeles revoient les budgets de la police

NEW YORK - La ville de New York a adopté dans la nuit de mardi à mercredi un budget annuel réduisant les fonds alloués à ses services de police, illustration de l'impact des manifestations antiracistes même si la mesure a été critiquée de toutes parts.

Le budget de la première métropole américaine pour l'année fiscale 2021 qui s'ouvre ce 1er juillet rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des États-Unis avec quelque 36 000 agents - de quelque 6 milliards, selon le maire de New York Bill de Blasio.

Selon lui, ces coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

À New York comme ailleurs, les demandes de transfert des fonds alloués à la police municipale au profit des minorités défavorisées ont été une revendication phare des manifestants.

M. de Blasio souligne avoir renoncé à embaucher 1 100 policiers qui devaient commencer leur formation en juillet. Et assure que son budget répond aux demandes pour plus de justice sociale comme au «désir profond» de sécurité des 8,5 millions de New Yorkais.

Mais les mesures ont été jugées insuffisantes, voire purement cosmétiques, par l'aile gauche du parti démocrate, et ont été critiquées par les républicains qui voient dans une récente augmentation des fusillades à New York la preuve que la police doit être soutenue.

Donald Trump a ainsi accusé dans un tweet mercredi le maire de «neutraliser et mépriser» une police qu'«il déteste».

Les coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd.

Le président américain s'en est aussi pris à la décision du maire de placer prochainement un panneau à l'emblème de «Black Lives Matter» devant la tour Trump, sur la 5e Avenue, où habitait le milliardaire jusqu'à son élection.

Après que le maire eut déclaré sur la chaîne MSNBC qu'il voulait ainsi que le président «entende (...) trois mots pour lesquels il n'a jamais montré aucun respect», M. Trump a estimé que la police ne devrait «peut-être» pas laisser apposer «ce symbole de haine sur la plus prestigieuse rue new-yorkaise».

Le budget new-yorkais 2021 s'inscrit dans un contexte de coupes budgétaires imposées par la pandémie, avec la crise économique et le manque à gagner fiscal qu'elle a générés.

Il atteint 88,1 milliards de dollars, soit sept milliards de moins qu'une version préliminaire adoptée en février, un mois avant que la pandémie ne mette la capitale économique américaine à l'arrêt.

Le maire explique depuis plusieurs semaines que si le gouvernement fédéral n'accorde pas d'aide substantielle à la ville ou si l'État de New York ne l'autorise pas à recourir à l'emprunt, quelque 22 000 postes municipaux devront être supprimés le 1er octobre, affectant tous les services de base.

Le conseil municipal de Los Angeles a lui aussi voté mercredi une réduction d’environ 150 millions de dollars du budget de la police.

La manifestation à laquelle prennent traditionnellement part les Hongkongais à l’occasion de l’anniversaire de la rétrocession était, pour la première fois, interdite par les autorités.  

«C’est un pas en avant, qui va soutenir les habitants appartenant aux minorités et leur donner le respect, la dignité et l’égalité des chances qu’ils méritent», a déclaré Curren Price, seul élu noir à siéger à la commission budgétaire de la municipalité.

Avec ce budget, les effectifs de la police de Los Angeles, ville de quatre millions d’habitants, seront donc ramenés en dessous de 10 000 d’ici l’été prochain, leur niveau le plus bas depuis 2008, relève le Los Angeles Times.

Au total, le budget alloué à la police de Los Angeles s’élevait à environ 1,86 milliard de dollars avant cette réduction, sur un budget total de la ville de quelque 10,5 milliards.

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LE SUD DES ÉTATS-UNIS COMMENCE À TOURNER LA PAGE SUR SON PASSÉ CONFÉDÉRÉ

Le sud des États-Unis a commencé mercredi à tourner la page du lourd passé de la confédération en retirant plusieurs symboles des partisans de l'esclavage pendant la guerre de Sécession, poussé par une vague de protestation historique contre le racisme dans le pays.

La ville de Richmond, en Virginie, a démonté un premier monument en mémoire de l'armée confédérée installé dans l'ancienne capitale du Sud pendant la guerre fratricide (1861-1865).

Plus au sud, le Mississippi a retiré le drapeau au symbole confédéré de son capitole, un moment historique pour cet État marqué par les blessures de la période de l'esclavage.

C'était le dernier drapeau d'un État américain comportant l'étendard - fond rouge, croix bleue en diagonale avec des étoiles blanches - qui représentait les États sudistes.

Le Mississippi a retiré le drapeau au symbole confédéré de son capitole.

À Richmond, les nombreux monuments confédérés sont considérés par leurs détracteurs comme des symboles à la gloire de l'héritage esclavagiste des États-Unis, au moment où le pays est le théâtre d'un mouvement de colère historique contre le racisme après la mort ces derniers mois de plusieurs Afro-Américains aux mains de policiers blancs.

Le plus symbolique est la statue du commandant en chef de l'armée sudiste, le général Robert Lee, qui trône depuis un siècle sur une place de la ville.

Des employés municipaux s'activaient dès mercredi après-midi autour de la statue de Thomas «Stonewall» Jackson, un autre général de l'armée du Sud. La statue a été déboulonnée puis descendue de son piédestal avec l'aide d'une grue, selon les médias locaux.

Le maire, Levar Stoney, a justifié sa décision par la nécessité de «tourner la page» du passé pour la ville.

«Depuis la fin officielle du statut de capitale de la confédération il y a 155 ans, nous sommes sous le poids de cet héritage», a-t-il expliqué dans un message vidéo sur Twitter.

«Ces statues, quoique symboliques, ont placé une ombre sur les rêves de nos enfants de couleur. En les enlevant, nous pouvons commencer à guérir et concentrer notre attention sur l'avenir», a souligné l'édile, un Afro-Américain de 39 ans.

«Impact extraordinaire»

«Le retrait de ces monuments n'est pas une solution pour (régler) les injustices raciales qui sont profondément enracinées dans notre ville et notre pays», a-t-il toutefois admis.

Il a aussi cité un impératif de «santé publique» en pleine pandémie de coronavirus alors que les opposants à ces statues se rassemblent «depuis 33 jours consécutifs» pour demander leur retrait.

En mars, le gouverneur démocrate de Virginie, Ralph Northam, avait annoncé que les municipalités pouvaient décider du retrait ou non de leurs statues.

Leur sort reste indéterminé. Elles seront remisées jusqu'à ce qu'une solution définitive soit trouvée, a précisé M. Stoney.

La ville de Richmond a démonté un premier monument en mémoire de l'armée confédérée installé dans l'ancienne capitale du Sud pendant la guerre fratricide (1861-1865).

Les manifestations contre le racisme et les violences policières se succèdent depuis plus d'un mois après la mort de George Floyd, un homme noir tué par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

Elles ont aussi relancé le débat sensible sur l'héritage du passé esclavagiste du pays, symbolisé par ces monuments que des manifestants ont vandalisés et tentés de mettre à terre un peu partout sur le territoire, notamment à Richmond.

Pour les défenseurs de ces statues, elles sont un symbole de l'héritage historique du sud des États-Unis. Le président Donald Trump a dans le passé estimé que leur disparition reviendrait à «mettre en pièces» l'histoire et la culture américaine.

À Jackson, la capitale du Mississippi, le drapeau qui flottait devant le siège du gouvernement depuis 126 ans a été abaissé sous les applaudissements, lors d'une cérémonie officielle.

À majorité républicaine, les deux chambres de l'assemblée avaient approuvé dimanche le retrait de ce symbole controversé, 19 ans après avoir voté massivement pour son maintien.

«Aujourd'hui, nous acceptons notre passé et nous nous tournons vers l'avenir», a déclaré le président républicain de la Chambre, Philip Gunn.

«Ce drapeau a flotté sur nos meilleurs et nos pires moments» et pour certains, «il a fait peser une ombre sur leur lutte pour devenir libres», a-t-il ajouté.

Le sénateur noir John Horne a affirmé que les manifestations après la mort de George Floyd avaient eu «un impact extraordinaire» sur cette décision historique.