Les Casques blancs et une ONG médicale ont affirmé que 48 personnes avaient péri dans une attaque aux «gaz toxiques». Ils ont aussi fait état de «plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants», qui souffrent de «difficultés respiratoires» et dégagent «une odeur semblable à celle du chlore».

Attaque chimique présumée en Syrie

BEYROUTH — Une attaque chimique présumée ayant fait des dizaines de morts dans une zone rebelle près de Damas a soulevé un tollé international dimanche, le président américain Donald Trump avertissant Bachar Al-Assad et ses alliés qu’il faudrait «payer le prix fort» pour ce bombardement.

Sous l’impulsion de la France, neuf pays ont demandé une réunion urgente lundi à 19h du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’attaque présumée samedi à Douma, selon des sources diplomatiques.

Peu après, Moscou a demandé pour la même heure une autre réunion du Conseil, qui n’a pas pour objet spécifique la Syrie et parle de «menaces sur la paix dans le monde», selon des sources diplomatiques.

La réunion consacrée à la Syrie a alors été avancée à 15h30...

Le régime syrien, défendu par ses deux alliés indéfectibles, la Russie et l’Iran, a démenti toute attaque chimique dans l’ultime poche rebelle dans la Ghouta orientale, région stratégique aux portes de la capitale que ses forces semblaient dimanche soir en passe de reprendre entièrement.

Alors qu’un conseiller de M. Trump a déclaré qu’une action militaire n’était pas à écarter, Moscou a mis en garde Washington contre une telle intervention «pour des prétextes fabriqués» qui pourrait «mener aux plus lourdes conséquences».

«De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie», a tweeté M. Trump, assurant qu’il faudra en «payer le prix fort». Il a montré du doigt la «responsabilité» de la Russie et de l’Iran, qualifiant M. Assad «d’animal».

Plusieurs missiles se sont par ailleurs abattus lundi, heure locale, sur un aéroport militaire syrien dans le centre du pays faisant plusieurs morts et blessés, selon l’agence officielle syrienne SANA citant une source militaire. SANA avait initialement affirmé qu’«une attaque américaine est soupçonnée» avant de retirer ultérieurement toute référence aux Etats-Unis.

Les Casques blancs, les secouristes en zones rebelles, un groupe insurgé ainsi que l’opposition en exil ont accusé le régime d’avoir mené l’attaque chimique à Douma. L’Union européenne a estimé que les indices pointaient «vers une nouvelle attaque chimique perpétrée par le régime».

Il n’était pas possible de confirmer ces allégations de source indépendante. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un réseau de sources dans le pays, a indiqué ne pas être en mesure de confirmer une attaque chimique.

Mais les Casques blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society (SAMS) ont affirmé dans un communiqué conjoint que 48 personnes avaient péri dans cette attaque aux «gaz toxiques».

Ils ont également fait état de «plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants», qui souffrent notamment de «difficultés respiratoires» et dégagent «une odeur semblable à celle du chlore».

Une vidéo publiée par les Casques blancs sur Twitter et présentée comme tournée après l’attaque chimique présumée montre un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d’enfants, allongés à même le sol, de la mousse blanche s’échappant de leur bouche.

«Scènes effroyables»

Firas Al-Doumi, un secouriste à Douma, a évoqué «des scènes effroyables». «Il y avait de nombreuses personnes en train de suffoquer, certaines sont mortes immédiatement», a-t-il raconté. «C’était un massacre. Il y avait une très forte odeur qui a entraîné des difficultés respiratoires chez les secouristes.»

«Nous avons fait une tournée dans la ville, on a vu des corps encore abandonnés sur les routes», a affirmé un volontaire du Croissant rouge syrien.

Devant les accusations contre le régime, son allié russe a dénoncé des «prétextes inventés» pour une intervention militaire qui «serait absolument inacceptable et peut mener aux plus lourdes conséquences».

L’Iran a de son côté fustigé un nouveau «complot» contre le président Assad et un «prétexte pour une action militaire».

Le régime y a vu lui «une rengaine ennuyeuse» de la part des pays «qui soutiennent le terrorisme en Syrie».

À l’étranger, la France a fait état de son «extrême préoccupation», affirmant qu’elle assumerait «toutes ses responsabilités».