Une envolée de ballons vient souligner le touché marqué par l’équipe locale, à Lincoln au Nebraska, en septembre 2015. Les célébrations de ce genre tracassent depuis longtemps les écologistes qui affirment que les débris qui retombent sur la terre peuvent se révéler mortels pour les oiseaux de mer et les tortues qui les mangent.

Après les pailles, au tour des ballons de disparaître?

NEW YORK — Maintenant que les pailles en plastique semblent vouées à l’extinction, l’amour des Américains pour les ballons pourrait-il être en voie de se dégonfler?

Les célébrations joyeuses lors desquelles on laisse s’envoler des ballons dérangent depuis longtemps les écologistes, qui affirment que les débris qui retombent sur la terre peuvent se révéler mortels pour les oiseaux de mer et les tortues qui les mangent.

Maintenant que les entreprises semblent déterminées à faire disparaître les pailles de plastique, il est permis de croire que ce sera au tour des ballons de faire l’objet d’un examen plus approfondi, même s’ils ne représentent qu’une très petite partie de la pollution de l’environnement.

Cette année, l’université Clemson, une puissance du football universitaire américain, a décidé de mettre fin à sa tradition de lancer 10 000 ballons avant chaque match, dans le cadre de ses efforts de développement durable. En Virginie, une campagne qui préconise une alternative aux envolées de ballons lors des mariages se développe. Et une ville du Rhode Island a carrément interdit la vente de tous les ballons au début de l’année, invoquant les dangers qu’ils représentent pour la vie marine.

«Il existe toutes sortes de solutions de remplacement aux ballons, de nombreuses façons de s’exprimer», assure Kenneth Lacoste, un dirigeant de la ville de New Shoreham, dans le Rhode Island. Il mentionne les affiches, les piñatas et le papier décoré.

Dans la foulée des efforts pour limiter les sacs en plastique, la pression des écologistes à l’endroit des pailles a pris de l’ampleur ces derniers mois, en partie parce qu’elles sont essentiellement jugées inutiles.

Des entreprises comme Starbucks et Disney ont promis d’éliminer progressivement les pailles en plastique, qui peuvent être difficiles à recycler en raison de leur taille et qui finissent souvent comme déchets dans l’océan. Une poignée de villes américaines ont récemment adopté ou envisagent des interdictions. Et la campagne pourrait attirer l’attention vers d’autres éléments que les gens n’ont peut-être pas considérés — comme les ballons de fête.

«La question de la paille a vraiment élargi le débat concernant les débris marins», a dit Emma Tonge, de la National Oceanic and Atmospheric Administration, une agence fédérale américaine.

Les gens pourraient ne pas réaliser que les ballons représentent un danger, dit-elle, en raison de leur image «légère et fantaisiste».

Les ballons ne font pas partie des dix principaux types de débris trouvés lors des opérations de nettoyage des côtes, mais Mme Tongue dit qu’ils sont courants et particulièrement dangereux pour les animaux marins, qui peuvent également s’enchevêtrer dans des cordons de ballons.

Chelsea Rochman, une professeure adjointe d’écologie à l’Université de Toronto, estime que les gens devraient penser systématiquement au gaspillage et à la pollution, mais que les efforts visant à attirer l’attention sur des produits spécifiques ne devraient pas être considérés comme trop insignifiants.

«Si on disait ça de tout, on ne ferait rien», dit-elle.

Restrictions

Selon le Balloon Council, qui représente l’industrie et préconise une gestion responsable de ses produits afin de «préserver l’intégrité de la communauté des ballons professionnels», quelques États restreignent déjà dans une certaine mesure les envolées de ballons. Cela signifie de ne jamais les relâcher intentionnellement, et de s’assurer que les cordes sont attachées à un poids afin que les ballons ne s’envolent pas accidentellement.

Lorna O’Hara, la directrice générale du Balloon Council, ne nie pas que les créatures marines puissent confondre les ballons avec les méduses et les manger. Mais elle dit que cela ne signifie pas que les ballons causent nécessairement leur mort.

Le groupe Clean Virginia Waterways pense toujours que les ballons peuvent être dangereux. Inclus dans son rapport de l’année dernière : une photo d’un oiseau qui file dans le ciel avec un ballon dégonflé traînant derrière.

Le rapport évoque la «préoccupation croissante» au sujet des ballons, qui utilisent également souvent de l’hélium, une ressource non renouvelable. Il note la difficulté de changer une norme sociale et souligne que le seul fait de taper «félicitations» dans une publication sur Facebook entraîne une animation de ballons. Il prétend même que les médias jouent un rôle et que certains groupes procèdent à des envolées de ballons «pour que les journalistes couvrent l’événement».

«Nous ne voulons pas dire ne pas les utiliser du tout. Nous disons simplement ne pas les lancer», explique Laura McKay du programme de gestion de la zone côtière de Virginie.

Pannes d’électricité 

Certains États tels que la Californie interdisent les envolées de ballons pour d’autres raisons. Pacific Gas & Electric, qui dessert le nord et le centre de la Californie, affirme que les ballons métalliques ont causé 203 pannes d’électricité au cours des cinq premiers mois de l’année, en hausse de 22 % par rapport à l’année précédente.

M. Lacoste pense que d’autres villes, en particulier celles situées le long des côtes, interdiront également les ballons au fur et à mesure que les gens prendront conscience des problèmes environnementaux. Il rappelle que les sacs en plastique étaient autrefois considérés comme inoffensifs, mais de nombreux endroits les interdisent maintenant.