Elizabeth Warren

Après les fusillades, des candidats démocrates réunis dans l’Iowa contre les armes

DES MOINES — Plusieurs candidats démocrates à la présidentielle de 2020 aux États-Unis ont promis samedi d’agir contre les armes à feu, lors d’un forum dans l’Iowa une semaine après deux fusillades qui ont fait 31 morts.

«Nous allons imposer un changement, nous allons adopter des lois réglementant les armes à feu dans ce pays», a lancé Elizabeth Warren, dans le trio de tête des sondages sur les primaires démocrates pour défier le président Donald Trump, qui débuteront par le vote de ce petit État du Nord américain le 3 février prochain.

La sénatrice a assuré qu’une de ses premières mesures, si elle était élue présidente en novembre 2020, serait de «briser la toute-puissance de l’industrie des armes à feu et de la NRA», l’influent lobby qui en défend la libre circulation. Objectif : parvenir à une réduction de 80 % du nombre de décès par arme à feu aux États-Unis.

«Le système est en panne, et il nous faut le reconnaître», a aussi déclaré Tim Ryan, représentant de l’Ohio, où un jeune homme a tué neuf personnes le week-end dernier dans la ville de Dayton, treize heures seulement après une première fusillade ayant fait 22 morts à El Paso, au Texas.

«Nous devons bâtir une organisation plus grande et meilleure» que la NRA, «et les battre», a insisté ce petit candidat, estimant aussi que le sujet devrait être une priorité du prochain président.

Les débats parfois animés entre démocrates ont jusqu’ici été dominés par des sujets comme l’assurance-maladie et l’économie, mais le contrôle des armes à feu s’impose désormais dans leur campagne comme un thème plus rassembleur. D’autres favoris des sondages, dont l’ancien vice-président Joe Biden, qui fait pour l’instant la course en tête, ou le sénateur socialiste Bernie Sanders, participent aussi au forum organisé dans l’Iowa par l’association Everytown for Gun Safety.

Ces derniers jours, dans un incessant chassé-croisé dans cet État-clé, plusieurs candidats ont plaidé pour le rétablissement de l’interdiction des fusils d’assaut en vigueur de 1994 à 2004.

Samedi, d’autres idées ont été émises, comme la restriction de l’accès aux chargeurs de grande capacité, l’imposition de licences pour la détention d’armes à feu ou encore d’un délai de sept jours avant de pouvoir en acheter une.

Pressé d’agir, le président Trump s’est lui dit vendredi favorable à des réformes de «bon sens», tout en laissant planer le doute sur ses intentions en apportant un soutien sans réserve au puissant lobby NRA. Son camp républicain et l’opposition démocrate sont toutefois encore loin d’un accord au Congrès sur des mesures concrètes.