Abonnez-vous à nos infolettres. Obtenez en plus et assurez-vous de ne rien manquer directement dans votre boîte courriel.

Monde

France : près de 300 nouveaux décès à l'hôpital

PARIS — Le nouveau coronavirus a causé 292 nouveaux décès enregistrés à l’hôpital en 24 heures en France, portant le bilan à 2606 morts depuis le début de l’épidémie, selon Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé.

Selon ce dernier bilan, 19 354 patients sont hospitalisés (+ 1734) dont 4632 en réanimation, soit un nouvel afflux de 359 personnes en une seule journée. Et 7132 ont pu rentrer chez eux.

«Il y a une augmentation de 10 % de malades entrants depuis hier, reflet de contaminations survenues avant les mesures de confinement», a précisé M. Salomon.

Pour tenter d’enrayer la propagation, les autorités ont annoncé la poursuite du confinement — entré en vigueur le 17 mars — de la population pendant au moins deux semaines supplémentaires, jusqu’au 15 avril.

«359 patients graves sont entrés en réanimation aujourd’hui. C’est l’élément le plus important à surveiller, car il reflète la dynamique de l’épidémie», a souligné le directeur général de la Santé.

«Si les mesures de confinement et gestes barrières ont été respectés, nous devrions observer une réduction du nombre de personnes entrant en réanimation d’ici la fin de semaine», a-t-il ajouté.

Parmi les patients en réanimation, 34 % ont plus de 60 ans. Soixante personnes en réanimation ont moins de 30 ans.

Le nombre de morts annoncé ne concerne que les patients décédés dans les hôpitaux et les véritables chiffres de mortalité ne sont pour l’instant pas connus.

Grâce à un nouveau système de surveillance mis en place ce week-end, les autorités devraient toutefois pouvoir la semaine prochaine donner des chiffres de mortalité dans les établissements pour personnes âgées.

Les déclarations de décès à l’état civil permettront également d’évaluer la surmortalité, avec un décalage.

Selon le directeur général de la Santé, une surmortalité de 9 % a été observée au niveau national, entre le 16 et le 22 mars. Mais ce chiffre cache des disparités géographiques, alors que toutes les régions ne sont pour l’instant pas touchées de la même façon.

Face au manque criant de masques, qui a créé une polémique dans le pays, plus d’un milliard de masques de protection ont été commandés, notamment à la Chine.

Un avion-cargo en provenance de Chine, convoyant près de 100 tonnes de matériel médical dont 5,5 millions de masques, a atterri dimanche soir à l’aéroport de Roissy, en région parisienne, a annoncé Air France.

Les personnels soignants ont besoin de 40 millions de masques par semaine, a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran, et le pays en produit huit millions par semaine, selon le gouvernement.

Monde

COVID-19 : un hôpital de campagne dans Central Park

NEW YORK — Un hôpital de campagne était en cours d’installation dimanche dans Central Park, à New York, pour faire face à l’afflux attendu de malades du coronavirus.

Des dizaines de personnes s’affairaient sous le crachin sur la pelouse de l’East Meadow, l’une des grandes aires de jeu du célèbre parc new-yorkais.

Le lieu a été choisi, car il se trouve en face de l’un des hôpitaux du groupe Mount Sinai, dans le quartier d’East Harlem.

La structure est mise en place par Samaritan’s Purse, une organisation humanitaire évangélique basée en Caroline du Nord et qui a dépêché sur place une soixantaine de personnes.

Elle a coordonné son intervention avec le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, l’agence américaine de gestion des situations d’urgence (FEMA) et le groupe Mount Sinai.

«Nous espérons être opérationnels d’ici 48 heures et prêts à accueillir des patients», a expliqué le Dr Elliott Tenpenny, coordinateur de l’équipe, selon lequel l’hôpital de campagne aura une capacité de 68 malades.

Contrairement à beaucoup de structures temporaires en cours d’installation dans la région de New York, ce site disposera des équipements et du personnel nécessaires à l’accueil de malades du coronavirus.

Outre l’équipe logistique dédiée à l’installation du site, Samaritan’s Purse va également acheminer sur place médecins et infirmiers pour traiter les patients.

L’organisation a déjà installé l’une de ces structures temporaires dans le nord de l’Italie, à Crémone, également pour accueillir des malades du coronavirus, a indiqué le Dr Tenpenny.

Le gouverneur Cuomo a annoncé dimanche que l’État de New York comptait désormais 59 513 cas et 965 décès, ce qui en fait de très loin l’État le plus touché du pays.

Association à but non lucratif, Samaritan’s Purse est «d’inspiration religieuse», a expliqué le Dr Tenpenny. «Nous sommes là au nom de Jésus, mais nous offrons notre aide à tout le monde sans distinction, pour peu qu’ils en aient besoin».

«Les hôpitaux se remplissent dans toute la ville et ils ont besoin d’aide. C’est pour ça que nous sommes ici», a souligné le médecin de l’organisation, qui est déjà intervenue dans des zones de conflit et de catastrophes naturelles.

«C’est souvent à l’étranger, après des catastrophes», a ajouté le Dr Tenpenny, «mais les États-Unis ont des besoins massifs actuellement et nous nous mettons donc en situation d’aider notre pays».

Monde

Coronavirus : le Royaume-Uni pourrait ne pas retrouver une vie normale avant six mois

LONDRES — Le Royaume-Uni pourrait ne pas renouer avec une vie normale avant six mois ou plus en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, ont averti dimanche les autorités sanitaires.

Selon leur cheffe adjointe Jenny Harries, il serait «dangereux» de lever subitement le confinement auquel la population est actuellement soumise pour trois semaines, même s’il s’avère efficace pour ralentir la progression de la maladie, car cela pourrait entraîner une résurgence de la pandémie.

Elle a précisé que les mesures mises en place pour contenir la maladie seraient réexaminées «toutes les trois semaines» durant «probablement six mois» voire plus.

Mais «cela ne veut pas dire que nous resterions en confinement total pour six mois», a-t-elle précisé. «Nous pourrons, espérons-le, progressivement adapter certaines mesures de distanciation sociale et progressivement retourner à la normale».

Le gouvernement a décrété lundi un confinement général de la population pour au moins trois semaines, afin de tenter de freiner la propagation de l’épidémie qui a fait 1228 morts et officiellement contaminé 19 522 personnes au Royaume-Uni, selon un bilan publié dimanche.

Seuls les commerces de biens essentiels sont ouverts, et les gens ne sont autorisés à sortir que pour faire leurs courses, se faire soigner ou faire de l’exercice une fois par jour.

Encore plus de morts

Dans une vidéo publiée dimanche soir sur son compte Twitter, le premier ministre Boris Johnson, en isolement après avoir été testé positif à la COVID-19, a remercié la population pour se conformer à ces directives, constatant que la fréquentation des trains et des bus avait chuté.

Il a également salué les quelque 20 000 anciens membres du personnel du service de santé qui ont repris du service et les 750 000 personnes qui se sont portées volontaires pour participer à la lutte contre le virus.

Cette bataille bat actuellement son plein. Selon Jenny Harries, le nombre de décès va continuer à croître «pour une semaine, possiblement deux» avant que ces mesures ne commencent à faire effet.

Parmi les personnes décédées figure un médecin de 55 ans, le premier soignant en première ligne de la lutte contre la COVID-19 à mourir au Royaume-Uni, selon les services de santé.

Plus tôt dimanche, le bras droit du premier ministre conservateur Boris Johnson avait déjà prévenu que les Britanniques devaient se préparer à «une longue période» de crise.

«Je ne peux pas faire de prédiction précise mais je pense que tout le monde doit se préparer à une longue période durant laquelle ces mesures resteront en place», a déclaré le ministre Michael Gove sur la BBC, sans vouloir donner de date précise.

Confinement jusqu’en mai ou juin

«Il est crucial pour le moment que nous respections durant les semaines à venir les directives strictes qui ont été établies en matière de distanciation sociale», a-t-il ajouté.

Dans le Sunday Times, l’épidémiologiste Neil Ferguson de l’Imperial College London, qui conseille le gouvernement, a estimé que le confinement devrait rester en place «probablement jusqu’à la fin mai, peut-être même début juin. Mai est optimiste.»

Dans une lettre adressée aux 30 millions de foyers britanniques, le premier ministre a prévenu que la situation allait «s’aggraver avant de s’améliorer» et que le respect des règles de confinement permettrait un retour «à la normale» plus rapidement.

«Mais nous n’hésiterons pas à aller plus loin si c’est que les avis scientifiques et médicaux nous disent de faire», a-t-il ajouté.

Stephan Powis, le directeur médical du système public de santé anglais NHS England, avait estimé samedi que si le nombre de morts pouvait être contenu sous la barre des 20 000 au Royaume-Uni, ce serait un «bon résultat».

Le Royaume-Uni veut aussi fortement augmenter la cadence des dépistages et tester jusqu’à 25 000 personnes par jour dans les prochaines semaines, a indiqué Michael Gove.

Il a par ailleurs reproché à la Chine, où le virus est apparu, d’avoir manqué de clarté dans ses communications sur «l’ampleur, la nature, l’infectiosité» de la maladie.

Monde

Wuhan, berceau de la pandémie, craint des cas importés

WUHAN — Berceau du nouveau coronavirus, Wuhan a commencé à se rouvrir au monde extérieur. Mais ce que redoute désormais la ville chinoise après deux mois d’isolement, c’est que la maladie revienne, véhiculée par ses habitants exilés ou par les étrangers.

Fort d’une nette amélioration de la situation sanitaire locale, les restrictions qui pesaient sur la capitale du Hubei ont commencé à être levées : la gare locale a recommencé samedi à accueillir des trains venant d’ailleurs et la circulation a repris sur les autoroutes.

Et c’est une marée d’habitants qui se sont précipités pour rentrer, après avoir été éloignés de leur ville depuis au moins dix semaines.

Beaucoup ont débarqué des trains en portant deux masques faciaux, des gants en latex et des combinaisons de protection.

Pour la ville, le risque d’un retour de la maladie est réel, et ses autorités ne veulent prendre aucun risque.

Avant de quitter la gare, chaque voyageur est tenu de donner des informations personnelles et de détailler les endroits où il s’est rendu auparavant, avant que sa température ne soit prise.

Il doit aussi présenter sur son téléphone un code QR qui fait office de laissez-passer et qui atteste qu’il est «sain».

Sans cela, le voyageur doit subir un test de dépistage, a déclaré à l’AFP un responsable dans le quartier Jiangan de Wuhan.

Ceux qui disent s’être rendus récemment à l’étranger — ou en sont soupçonnés — sont envoyés dans une zone de triage distincte, où des fonctionnaires en combinaison intégrale vérifient leur dossier.

«Au départ, nous avions davantage peur et nous pensions peut-être qu’on était plus en sécurité à l’étranger», explique Han Li, qui est affecté à la gestion du flot de personnes rentrant à Wuhan.

«Mais maintenant, on a plus cette impression. Il se peut même qu’on soit plus en sécurité en Chine.»

Un centre de dépistage a été installé dans un hôtel aujourd’hui fermé qui servait à enfermer les cas présumés de Covid-19.

Des journalistes de l’AFP récemment arrivés ont été informés qu’ils devaient aussi subir un test impliquant un prélèvement dans la gorge.

Les employés de plusieurs hôtels accueillant normalement des visiteurs étrangers ont expliqué à l’AFP qu’à cause de la pandémie, aucun étranger n’était admis dans ces établissements.

Un hôtel a même soutenu à des étrangers qu’ils devaient avoir une preuve du fait qu’ils ont observé une quarantaine de deux semaines, et ce même s’ils n’ont pas quitté la Chine depuis le début de l’épidémie en janvier.

«Les contrôles sont plus étroits, désormais», a expliqué un réceptionniste à l’AFP.

Les mesures prises à Wuhan sont similaires à celles imposées ailleurs en Chine par des gouvernements locaux. De nombreuses provinces demandent aux personnes arrivant à l’étranger d’observer une quarantaine à domicile ou dans des centres dédiés.

La réouverture n’est cependant que partielle. Les habitants devront encore patienter jusqu’au 8 avril pour pouvoir quitter Wuhan, date à laquelle rouvriront également les aéroports de la ville.

Monde

COVID-19 : nouveau record de décès en Espagne et propagation aux États-Unis

MADRID — La pandémie de Covid-19 se propage rapidement aux États-Unis, où Donald Trump a renoncé à isoler New York, tout en continuant ses ravages en Europe où l’on compte les deux tiers des 31 000 décès mondiaux et où l’Espagne a annoncé dimanche un nouveau record de plus de 800 morts en 24 heures.

Faute de vaccin ou de traitement éprouvé, plus de trois milliards de personnes sur tous les continents, soit plus de 4 humains sur 10, sont toujours confinées.

Entre samedi et dimanche, l’Espagne a enregistré 838 morts, nouveau chiffre record, pour le troisième jour consécutif, de décès en 24 heures.

Les chiffres laissent toutefois espérer que le pic de contagion approche, selon les autorités.

En attendant, «notre problème fondamental en ce moment est de garantir que les unités de soins intensifs ne saturent pas», a résumé le directeur du Centre d’urgences sanitaires, Fernando Simon.

Le pays, qui compte désormais plus de 6500 morts, va durcir ses règles de confinement en vigueur depuis la mi-mars, déjà parmi les plus strictes. Le gouvernement doit approuver dimanche l’arrêt pour deux semaines de toutes les activités économiques «non essentielles».

Le confinement commence à montrer ses premiers effets avec la poursuite du lent ralentissement de la contagion en Italie, pays le plus touché au monde, qui recense toutefois depuis samedi plus de 10 000 morts.

«Dans tous les services d’urgences, on enregistre une réduction» des arrivées de patients, selon Giulio Gallera, responsable de la santé de la région septentrionale de Lombardie, la plus touchée, «dans quelques-uns, elle est légère, dans d’autres, plus marquée».

Le gouvernement de la péninsule, dans sa troisième semaine de confinement, va distribuer des bons alimentaires aux plus démunis, particulièrement touchés par l’arrêt de l’économie.

Sur l’île italienne de Sicile, des policiers sont positionnés devant les supermarchés pour prévenir tout pillage, depuis que des clients ont tenté de sortir sans payer d’un supermarché.

En Allemagne, où le ministre des Finances d’un exécutif régional, «profondément inquiet» des répercussions de l’épidémie sur l’économie, s’est suicidé, les groupes Adidas et H&M ont suscité l’indignation en annonçant vouloir cesser de payer les loyers de leurs magasins fermés.

Les Pays-Bas voisins, qui refusent pour l’heure de confiner leurs 17 millions d’habitants, annonceront mardi s’ils continuent dans cette voie, après avoir franchi dimanche la barre des 10 000 contaminations recensées, pour 771 décès.

«Désespoir et solidarité»

Outre-Atlantique, la propagation du virus s’accélère fortement: le nombre de décès a doublé aux États-Unis depuis mercredi, franchissant la barre des 2000 samedi.

Le pays compte le plus grand nombre de cas confirmés au monde — plus de 121 000 —, dont près de la moitié dans l’État de New York (Nord-Est), que le président Trump a envisagé de placer en quarantaine, avec les États voisins du New Jersey et du Connecticut, avant d’y renoncer.

Le Centre de contrôle des maladies (CDC), autorité de santé nationale, a finalement demandé aux habitants des trois États «d’éviter tout voyage non essentiel durant les 14 prochains jours».

Dans l’État de l’Illinois, un bébé de moins d’un an, une des plus jeunes victimes connues du Covid-19 qui épargne généralement les enfants, est par ailleurs décédé.

À New York, comme dans de nombreux endroits du monde, médecins et personnels soignants, en première ligne contre la pandémie, sont confrontés à une pénurie d’équipements.

«Il y a à la fois un sentiment de désespoir et de solidarité entre nous. Tout le monde a peur, on essaie de s’épauler», a confié Diana Torres, 33 ans, infirmière dans un hôpital new-yorkais.

Confrontée à un afflux de malades dans les hôpitaux et à une pénurie de matériel qui s’annonce, la France (2314 morts, dont 319 ces dernières 24 heures) a commandé un milliard de masques et compte presque tripler le nombre de lits affectés à la réanimation.

Un avion militaire allemand et un hélicoptère de l’armée française ont évacué vers l’Allemagne plusieurs patients de l’est de la France, dont les services de réanimation sont saturés.

Exode urbain

L’épidémie s’accélère aussi au Royaume-Uni, où le bilan a franchi samedi soir la barre des 1000 morts, avec 260 nouveaux décès en une seule journée.

«Nous savons que les choses vont s’aggraver avant qu’elles ne s’améliorent», a prévenu le premier ministre Boris Johnson, lui-même contaminé, exhortant la population à respecter le confinement général mis en place lundi soir pour trois semaines.

Les Britanniques doivent «se préparer à une longue période» de confinement, a averti un des ses ministres, Michael Gove.

Les autorités iraniennes ont aussi demandé à la population de rester confinée, et ont prévenu que les restrictions de déplacement allaient devoir être prolongées, alors que 123 décès supplémentaires ont été enregistrés en 24 heures dans le pays, l’un des plus touchés au monde avec plus de 2600 décès.

La Chine, berceau de l’épidémie, dont elle semble avoir endigué la progression sur son territoire, a fermé depuis samedi ses frontières à la plupart des étrangers et réduit drastiquement ses vols internationaux pour prévenir un retour du coronavirus via des cas «importés».

Dernier pays de premier plan à n’avoir encore pris aucune mesure de confinement généralisé, la Russie bouclera ses frontières à partir de lundi, après avoir ordonné la fermeture des restaurants et de la plupart de ses commerces avant une semaine chômée. Les rues de Moscou étaient inhabituellement désertes samedi.

Pour aider les Moscovites les plus isolés, des volontaires se sont organisés, pour livrer les courses à domicile.

Dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique, les restrictions de déplacement et d’activité sont compliquées à mettre en oeuvre et provoquent une vague d’exode urbain, notamment au Kenya et à Madagascar.

Des centaines de Malgaches quittent en file indienne la capitale Antananarivo. «On a arrêté de travailler pour respecter» le confinement, «alors qu’on doit manger et nourrir nos enfants», explique Richard Rakotoarisoa, père de famille de 30 ans, «pour moi, c’était être indiscipliné ou partir».

Le Bénin ne dispose pas des «moyens des pays riches» pour prendre des mesures de confinement strictes, a estimé dimanche son président, Patrice Talon : «si nous prenons des mesures qui affament tout le monde, elles finiront très vite par être bravées et bafouées».

Monde

Paquebot Zaandam : le Panama autorise finalement la traversée de son canal

PANAMA — Le paquebot Zaandam, à bord duquel plusieurs cas de Covid-19 ont été déclarés, va finalement pouvoir traverser le canal de Panama pour poursuivre sa route, tandis que les passagers sains sont actuellement transbordés pour éviter la contamination.

«La traversée par la voie interocéanique va être autorisée pour que [le navire] poursuive son voyage», a indiqué samedi dans un communiqué le ministère de la Santé panaméen, alors que le navire battant pavillon néerlandais est à l’ancre depuis plusieurs jours au large de la côte pacifique du pays centro-américain.

«Aucun passager ni membre d’équipage ne seront autorisés à débarquer sur le sol panaméen», a toutefois précisé le gouvernement qui dit avoir «réévalué» sa position pour apporter une «aide humanitaire» au navire.

Mercredi, les autorités panaméennes avaient, dans un premier temps, autorisé le paquebot de croisière et ses 1800 passagers et membres d’équipage à emprunter le canal de Panama, avant de revenir deux jours plus tard sur leur décision pour des «raisons sanitaires».

Entretemps, la compagnie Holland America (groupe Carnival) qui exploite le paquebot avait annoncé le décès de quatre passagers à bord, sans en préciser la cause, et la contamination d’au moins deux autres à la Covid-19.

Depuis le 22 mars, les passagers, dont une centaine de Français, ainsi que des Américains, des Canadiens et des ressortissants de plusieurs pays européens, étaient strictement confinés dans leur cabine, après que plusieurs dizaines d’entre eux eurent présenté des symptômes grippaux.

À bord de chaloupes

Parallèlement est organisée une opération de transbordement des passagers sains sur un autre navire, envoyé à la rescousse par la compagnie Holland America avec des vivres, du personnel et des tests Covid-19.

Depuis jeudi, ce deuxième navire, parti de San Diego, aux États-Unis, est ancré à quelques centaines de mètres du Zaandam, ont constaté des journalistes de l’AFP.

«Le transbordement de passagers ne présentant pas de symptômes du paquebot Zaandam à bord du paquebot Rotterdam a démarré», a indiqué samedi l’Autorité maritime du Panama (AMP) sur son compte Twitter.

Le nombre exact de passagers concernés n’a pas pour l’heure été précisé. Mais vendredi, le ministre panaméen des Affaires maritimes, Noriel Arauz, avait indiqué à l’AFP qu’environ 400 personnes avaient déjà été déclarées négatives au Covid-19 et pourraient être accueillies à bord du Rotterdam.

«Il y a un tender, une chaloupe, qui prend les gens avec de très grandes précautions sanitaires. Nous avons tous nos masques. Nous nous installons dans le tender à bonne distance les un des autres», a raconté à l’AFP Françoise, une touriste française de 74 ans jointe par téléphone.

«Ces grosses chaloupes peuvent contenir 100 personnes. Là, on en met peut-être la moitié, donc ça va très lentement», a-t-elle précisé, ajoutant que l’opération de transbordement devrait normalement se poursuivre dans la journée de dimanche.

Environ «deux cents mètres» séparent les deux paquebots et «des garde-côtes, vraisemblablement panaméens surveillent les opérations» de transfert, a ajouté la passagère.

Comme à bord du Zaandam, les passagers transférés à bord du Rotterdam sont soumis à de strictes mesures de confinement dans leurs cabines, a -t-elle encore dit.

La croisière du Zaandam, débutée à Buenos Aires le 7 mars, devait s’achever à San Antonio, au Chili. Mais les autorités chiliennes ont refusé le débarquement en raison de la présence à bord de passagers et membres d’équipage présentant des symptômes grippaux.

Les autres ports sud-américains sur sa route lui ont ensuite été fermés en raison des restrictions mises en place par les gouvernements pour tenter de freiner la propagation de l’épidémie de nouveau coronavirus.

Selon la compagnie et les autorités panaméennes, les passagers restés à bord du Zaandam pourraient débarquer au port de Fort Lauderdale, en Floride, aux États-Unis.

Quant au Rotterdam, aucune précision n’a été fournie par la compagnie.

«Nous présumons que le Rotterdam va s’en retourner à San Diego», a déclaré à l’AFP le ministre Noriel Arauz, sans plus de détails.

Monde

Les Pays-Bas rappellent des masques défectueux importés de Chine

LA HAYE — Les Pays-Bas rappellent des centaines de milliers de masques importés de Chine et distribués dans les hôpitaux néerlandais pour faire face à la pandémie de Covid-19, car ils ne répondaient pas aux critères de qualité, a indiqué samedi le ministère de la Santé.

Après avoir reçu le 21 mars «une livraison d’un fabricant chinois de masques avec un certificat de qualité KN95, le ministère a reçu un premier signal que la qualité de cette cargaison ne répondait pas aux critères lors de l’inspection», a-t-il déclaré dans un communiqué envoyé à l’AFP.

Une partie de cette cargaison a été livrée à des prestataires de soins de santé, le reste de la cargaison a été immédiatement mis en attente et n’a plus été distribué, a-t-il poursuivi.

«Un deuxième test a également révélé que les masques ne répondaient pas à la norme de qualité. Il a maintenant été décidé de ne plus utiliser l’intégralité de cette expédition», a déclaré le ministère, ajoutant que dorénavant, «les nouvelles livraisons subiront un test supplémentaire».

Le rappel concerne près de la moitié d’un lot de 1,3 million de masques dits FFP2, soit 600 000 unités, selon la télévision publique néerlandaise NOS.

Les masques défectueux ne se ferment pas correctement sur le visage ou ont des membranes - des filtres très fins qui doivent arrêter les particules virales — qui ne fonctionnent pas correctement, poursuit NOS.

La France a annoncé samedi par la voix du ministre de la Santé, Olivier Véran, avoir commandé «plus d’un milliard» de masques, notamment à la Chine, pour faire face à la pandémie de Covid-19.

Monde

Un bébé succombe de la COVID-19 aux États-Unis

WASHINGTON — Un bébé de moins de un an est décédé aux États-Unis de la Covid-19, la maladie provoquée par le nouveau coronavirus, ont annoncé samedi les autorités de l’État de l’Illinois.

La maladie est réputée épargner relativement les enfants, et les très jeunes victimes sont très rares.

«Aujourd’hui, j’ai des informations terriblement tristes à annoncer. Parmi les décès des 24 dernières heures, il y avait un employé de l’État […] et un très jeune enfant», a déclaré le gouverner J.B. Pritzker lors d’une conférence de presse.

«Je sais à quel point cette nouvelle est difficile à accepter, surtout s’agissant d’un très jeune enfant», a-t-il ajouté.

Le département de la Santé de l’Illinois a ensuite précisé que l’enfant avait moins d’un an, sans préciser s’il souffrait d’autres pathologies.

Les États-Unis sont devenus cette semaine le pays du monde ayant enregistré le plus grand nombre de cas de contaminations au nouveau coronavirus. Il y a touché près de 120 000 personnes et près de 2000 en sont mortes.

Monde

COVID-19 : plus de 10 000 morts en Italie

ROME — L’Italie a dépassé les 10 000 morts causés par la pandémie de Covid-19, avec 889 comptabilisés en 24 heures, a annoncé samedi la Protection civile.

Avec 10 023 décès, la péninsule est le pays le plus endeuillé au monde par cette pandémie.

Elle a enregistré un total de 92 472 cas, avec une contagion qui poursuit son lent ralentissement : +8,3 % jeudi, +7,4 % vendredi et +6,9 % ce samedi.

Lors d’une conférence de presse samedi soir au palais Chigi, siège du gouvernement, le premier ministre Giuseppe Conte a voulu mettre l’accent sur une bonne nouvelle : «Aujourd’hui nous enregistrons le nombre le plus élevé de patients guéris» (1434).

«En début de semaine prochaine, nous parlerons avec les experts et nous espérons qu’ils nous donneront de bonnes nouvelles», a-t-il poursuivi.

«Nous sommes toujours attentifs à adapter nos décisions sur la base de leurs recommandations», a-t-il ajouté, alors que l’Italie vit sa troisième semaine de confinement.

Ainsi «il est clair que la suspension des activités d’enseignement se poursuivra», a-t-il affirmé, alors que la fermeture des écoles et universités est pour l’instant prévue jusqu’au 3 avril. «Si l’on est raisonnable, on ne peut pas envisager un retour aux activités normales», a-t-il ajouté.

Autre note d’espoir : en Lombardie, la région la plus touchée de la péninsule avec près de 40 000 cas et près de 6000 morts, le nombre de personnes hospitalisées avec des symptômes est resté quasiment stable (11 152, +15 en 24 heures), de même que celui des patients en soins intensifs (1319, +27 en 24 heures).

«Dans nos hôpitaux, on commence à pousser un soupir de soulagement, léger, mais quand même. Dans tous les services d’urgences, on enregistre une réduction [des arrivées de patients, ndlr], dans quelques-uns elle est légère, dans d’autres plus marquée», a déclaré Giulio Gallera, le responsable de la santé en Lombardie.

L’Emilie-Romagne reste la deuxième région la plus touchée avec plus de 1300 décès et plus de 12 000 cas, précise la protection civile.

«Le compte courant de la protection civile a déjà recueilli plus de 61 millions d’euros de donation. Sur cette somme, 7,32 millions ont déjà été dépensés pour l’achat de masques et respirateurs», a souligné Angelo Borrelli, le chef de la protection civile, en présentant à la presse les dernières données.

«Ce matin, six patients qui étaient en réanimation à l’hôpital de Bergame [nord] ont été transférés à Cologne à bord d’un vol de l’aviation allemande. Je remercie la République allemande pour ce geste de solidarité. Actuellement, douze patients [italiens] sont en réanimation en Allemagne», a-t-il ajouté.

Monde

Brésil : la justice interdit au gouvernement de prôner le non-confinement

SAO PAULO — Un tribunal fédéral brésilien a interdit samedi au gouvernement du président Jair Bolsonaro de diffuser des messages allant à l’encontre des mesures de confinement décidées au niveau local pour freiner la propagation de l’épidémie de Covid-19.

La décision du tribunal fédéral de Rio de Janeiro fait suite à une demande émise par le Parquet fédéral qui réclamait l’interdiction d’une campagne gouvernementale baptisée «Le Brésil ne peut pas s’arrêter».

Dans le cadre de cette campagne, une vidéo de près de deux minutes encourageait les Brésiliens à ne pas cesser leurs activités, malgré la progression dans le pays de la pandémie de Covid-19 qui a déjà infecté 3417 personnes et fait 97 morts, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé.

La présidence a confirmé l’existence du spot, mais a affirmé qu’il s’agissait d’une vidéo «expérimentale». Le sénateur Flavio Bolsonaro, un des fils du chef de l’État, a diffusé la vidéo jeudi soir sur sa page Facebook, où elle était toujours visible samedi à la mi-journée.

Dans sa décision, la justice fédérale interdit la diffusion non seulement de cette vidéo, mais aussi de «toute autre qui encouragerait la population brésilienne à des comportements qui ne soient pas strictement fondés sur des directives techniques émises par le ministère de la Santé».

Elle demande également que tout responsable au sein gouvernement fédéral «s’abstienne de partager ou diffuser des informations qui ne sont pas strictement fondées sur des preuves scientifiques».

La juge Laura Bastos Carvalho, qui a rendu la décision, exige aussi la diffusion dans un délai de 24 heures d’une directive expliquant que la campagne «Le Brésil ne peut pas s’arrêter» ne répond pas à des critères scientifiques et que son appel ne peut pas être suivi.

Le président d’extrême droite Jair Bolsonaro n’a de cesse de minimiser l’épidémie de maladie Covid-19 qu’il a qualifiée de «petite grippe», et a durement critiqué les mesures de restrictions mises en place dans différents États par les autorités locales, notamment par les gouverneurs des États de Sao Paulo et Rio de Janeiro, les plus touchés par l’épidémie.

Le chef de l’État a notamment appelé sur une chaîne nationale à un «retour à la normalité» dans le pays et diffuse régulièrement sur les réseaux sociaux des vidéos montrant des manifestations contre les mesures de confinement.

Monde

Ruée vers les armes aux États-Unis

LOS ANGELES — Les ventes d’armes à feu se sont envolées aux États-Unis ces deux dernières semaines sous l’effet de la pandémie de coronavirus, beaucoup d’Américains amassant armes et munitions pour se prémunir contre d’hypothétiques émeutes.

«Nous avons enregistré une augmentation des ventes d’environ 800 %», affirme à l’AFP David Stone, propriétaire d’une armurerie à Tulsa, dans l’Oklahoma. «J’ai encore la plupart des modèles, mais je ne vais pas tarder à être à court», dit-il.

Selon M. Stone, la plupart des acheteurs qui se sont précipités chez lui sont des novices en la matière, prêts à prendre n’importe quelles armes en stock.

«C’est la peur suscitée par le coronavirus. Moi-même je ne comprends pas et je trouve ça déraisonnable», déclare-t-il.

Plusieurs autres armureries contactées par l’AFP en différentes régions des États-Unis disent avoir enregistré un afflux de clients craignant que la crise sanitaire ne se transforme en crise sociale et ne mette leur sécurité en danger.

Tiffany Teasdale, propriétaire de Lynnwood Gun dans l’État de Washington, l’un des principaux foyers de coronavirus aux États-Unis, a pour la première fois vu des files d’attente se former devant sa boutique, jusqu’à une heure avant l’ouverture des portes.

«Avant, durant les bons jours, on pouvait vendre 20 à 25 armes à feu. Aujourd’hui, on peut atteindre 150», explique Mme Teasdale, qui a engagé un vigile pour maintenir l’ordre.

Selon elle, les fusils et leurs cartouches sont en rupture de stock tout comme les munitions pour armes de poing.

«Beaucoup de gens achètent des fusils à pompe, des armes de poing, des AR-15 [fusils semi-automatiques], de tout», dit Mme Teasdale, dont le magasin est ouvert sept jours sur sept.

Comme son collègue David Stone, la majorité de ses clients achètent une arme pour la première fois. Ils doivent donc passer par une vérification de leurs antécédents et, le cas échéant, être initiés à la manipulation de leur arme.

«Tout le monde»

«On voit des hommes, des femmes, des jeunes, des vieux, tout le monde achète des armes», poursuit l’armurière, soulignant que cette tendance concerne également toutes les origines ethniques ou culturelles.

L’un de ses clients lui a dit avoir décidé de s’armer après avoir été témoin d’une altercation virulente entre deux femmes se disputant les dernières bouteilles d’eau dans un magasin.

Certains craindraient aussi que les forces de l’ordre, débordées, soient moins présentes.

«Beaucoup de gens ont peur que quelqu’un pénètre chez eux, pour voler de l’argent, leur papier-toilette, leur eau en bouteille, leur nourriture», raconte Mme Teasdale.

Nick Silverri, un habitant de l’Utah, a ainsi déclaré à une télévision locale qu’il avait récemment acheté un fusil pour se protéger «si jamais la COVID-19 fait perdre les pédales aux gens».

Jordan McCormick, directeur du marketing de Delta Team Tactical, fabricant d’armes établi dans l’Utah et qui produit principalement des fusils AR-15, déclare que ses ateliers tournent à plein régime pour satisfaire la demande.

«C’est la semaine dernière que c’est vraiment devenu dingue», dit-il, «comme de l’essence versée sur des flammes».

«Si les gens restent sans travail pendant un moment et commencent à commettre des pillages, les clients veulent pouvoir se protéger ainsi que leurs biens et leur famille», estime-t-il.

Selon M. McCormick, des acheteurs ont notamment voulu prendre les devants, craignant que les mesures de confinement contre le coronavirus n’aboutissent à la fermeture des armureries.

Un État comme la Californie a décrété que ces commerces n’étaient pas «essentiels» et les a contraints à garder porte close depuis la semaine dernière. Les armureries peuvent toutefois continuer à travailler sur Internet ou avec des rendez-vous individuels.

COVID-19

Dans les hôpitaux de Rome, des nuits de cauchemars

CASAL PALOCCO — Au service des soins intensifs de l'hôpital Casalpalocco près de Rome, médecins et infirmiers se pressent en silence autour de malades du coronavirus, immobiles sur leurs lits entourés de machines surveillant leurs signes vitaux.

Le personnel médical observe un strict protocole de sécurité: tous sont couverts de la tête aux pieds d'une combinaison blanche avec capuche, les mains enfouies dans des gants en latex et le visage protégé par un masque et des lunettes couvrantes.

Régulièrement, les infirmiers nettoient leurs gants avec du gel désinfectant. Chacun leur tour, ils sortent pour prendre un bol d'air: dehors, le décor champêtre avec ses arbres et ses chants d'oiseaux ne réussit pas à leur faire oublier leurs patients. Certains tentent de se relaxer en tirant nerveusement sur une cigarette.

Le directeur de l'établissement hospitalier, Antonino Marchese, brosse pour l'AFP un tableau inquiétant de la situation: «le nombre des patients infectés est certainement plus élevé que celui donné tous les soirs au moment de la publication du bilan officiel, car nombre de patients se sont mis en isolement sans être testés, ils sont chez eux et se rétablissement lentement».

«D'autre patients ont probablement été infectés et ne l'ont même pas remarqué, ils se sont remis», ajoute cet homme jovial en blouse blanche, le visage partiellement couvert par un masque et surmonté d'une abondante chevelure blanche. «Le nombre des personnes infectées est plus important que ce que l'on dit», conclut-il.

Tandis que le calme semble régner dans son unité de soins intensifs, il reconnaît être confronté à plusieurs pénuries: «Malheureusement nous n'étions pas bien préparés. Les premiers foyers ont entraîné une consommation soudaine et énorme [de certains produits] et c'est seulement maintenant que des usines se reconvertissent pour nous en fournir».

Malgré le bilan qui ne cesse de s'alourdir en Italie, certains ont réussi à vaincre le coronavirus.

C'est le cas de Fabio Biferali, un cardiologue romain de 65 ans qui a passé huit jours «isolé du monde» dans l'unité de soins intensifs et de réanimation de l'hôpital Policlinico Umberto I de Rome.

«La mort rôdait»

«J'avais des douleurs étranges. Étant médecin, je me suis dit que c'était une pneumonie. C'était comme avoir un ouistiti sur le dos, se remémore-t-il. Je ne peux pas parler de cette expérience sans pleurer. Les larmes me viennent facilement.»

«Ça m'a aidé d'être médecin pour supporter la douleur, confesse-t-il. Le traitement pour la thérapie par l'oxygène est douloureux, la recherche de l'artère radiale est difficile [...] Désespérés, d'autres patients criaient "Assez! Assez!"».

«Le plus dur, c'était la nuit, je ne pouvais pas dormir, l'angoisse envahissait la chambre. Le jour, les médecins passaient, le personnel d'entretien, ceux qui distribuaient la nourriture. La nuit, les cauchemars arrivaient, la mort rôdait.»

«Comme je ne dormais pas, je comptais les respirations de mon voisin de chambre avec le chronomètre de mon téléphone. Je me suis fixé comme tâche de faire attention à lui. Comme ça, je m'oubliais moi-même.»

Le personnel médical «était complètement couvert, les pieds, les mains, la tête. Je ne pouvais voir que leurs yeux derrière leur masque de verre. Des yeux affectueux. Je n'écoutais que leurs voix. Beaucoup étaient jeunes, des médecins en première ligne. C'était un moment d'espoir.»

Ce qui lui a le plus manqué? Ses proches: «J'avais peur de ne plus les voir, de mourir sans pouvoir m'accrocher à [leur] main, je me laissais envahir par le désespoir...»

De cette expérience, il retient une leçon: «À partir de maintenant, je me battrai pour la santé publique. On ne peut en faire une question comptable, la laisser entre les mains des politiques. Nous devons défendre l'un des meilleurs systèmes de santé du monde.»

Autour du globe, 28 mars 2020

COVID-19

Coronavirus: Trump promulgue le plan historique de relance de l'économie

WASHINGTON — Après des journées de négociations haletantes entre républicains et démocrates, Donald Trump a promulgué vendredi un plan historique de relance pour tenter d'éviter un plongeon de l'économie américaine dans une récession durable, sous l'impact de la pandémie du nouveau coronavirus.

«Nous avons été frappés par l'ennemi invisible et nous avons été durement frappés», a déclaré le président américain lors d'une cérémonie de signature dans le Bureau ovale.

Mobilisant 2200 milliards $, c'est le plus vaste ensemble de mesures jamais adopté aux États-Unis.

Le locataire de la Maison-Blanche a une nouvelle fois prédit un rebond économique «spectaculaire» de la première économie mondiale, lorsque le combat contre le virus aura été remporté.

Désormais premier pays du monde en nombre de cas de coronavirus officiellement déclarés (plus de 97 000), les États-Unis ont enregistré un nouveau sombre record vendredi, avec 345 personnes décédées en seulement 24 heures.

Et l'Organisation mondiale de la santé craint que le pays et ses près de 330 millions d'habitants, ne devienne le prochain épicentre de la pandémie.

«Notre nation fait face à une situation d'urgence économique et sanitaire d'une envergure historique», avait déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, juste avant l'adoption de ce plan par le Congrès.

Le plan prévoit notamment l'envoi d'un chèque de 1200 $ à de nombreux Américains, près de 400 milliards $ d'assistance aux petites entreprises, et 500 milliards d'aide aux grandes sociétés, qui seront soumises à la surveillance d'un contrôleur général.

Il alloue également quelque 100 milliards $ aux hôpitaux, et 30 milliards $ pour financer la recherche sur les vaccins et traitements de la COVID-19.

Une enveloppe 25 milliards $ est en outre destinée aux compagnies aériennes, qui bénéficieront de plus de 25 milliards $ de prêts et de garanties de prêts.

Alors que déjà quatre membres du Congrès souffrent de la COVID-19 et qu'une dizaine sont en isolement volontaire, le vote de ce plan historique à la Chambre, à majorité démocrate, a été marqué par plusieurs rebondissements.

Venus des quatre coins des États-Unis, de nombreux élus étaient rentrés à Washington spécifiquement pour voter sur ces mesures, déjà approuvées à l'unanimité par le Sénat (96-0) dans la nuit de mercredi à jeudi.

Quatrième plan en vue?

Cherchant au départ à ne faire rentrer qu'un petit nombre de parlementaires, Nancy Pelosi avait plaidé pour l'adoption rapide de ce texte par un vote oral, lorsque les élus crient «oui» ou «non»,

Ce type de vote lève l'obligation d'avoir un nombre minimum de membres de la Chambre dans l'hémicycle (ou «quorum», fixé ici à 216).

Mais sachant qu'un élu républicain, le libertarien Thomas Massie, menaçait de réclamer ce quorum et un vote classique, de nombreux parlementaires avaient fait le voyage, beaucoup déplorant le risque de contagion que leur faisait courir, indirectement, ce dernier.

Dans un rare consensus, la plupart des démocrates et républicains présents se sont finalement alliés pour rejeter sa demande, précipitant l'adoption, par vote oral, du plan de relance.

Afin de respecter les distances de sécurité pour éviter la propagation du virus, des parlementaires étaient exceptionnellement assis jusque dans les galeries de visiteurs, qui surplombent l'hémicycle.

Apparemment très émue par la pandémie, une élue démocrate, Haley Stevens, a prononcé son discours en portant des gants en latex rose.

En criant pour poursuivre au-delà du temps imparti, elle a déclaré: «Pour nos docteurs et nos infirmières, je porte ces gants en latex pour dire à tous les Américains: "N'ayez pas peur"».

C'est la troisième fois en moins d'un mois que le Congrès américain adopte des mesures, dont le montant a crû de façon exponentielle, pour lutter contre la pandémie. Et un quatrième est à l'horizon, a affirmé Nancy Pelosi.

«Nous savons que cela ne peut pas être notre dernière mesure, a-t-elle déclaré vendredi. Nous devons en faire plus pour notre personnel médical et les gouvernements locaux.»

Le 5 mars, les parlementaires avaient débloqué en urgence 8,3 milliards $ pour financer la lutte contre le coronavirus. Puis le 18 mars, ils avaient approuvé un vaste plan d'aide sociale de 100 milliards $.

Monde

Trump contraint GM à produire des respirateurs artificiels

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a invoqué vendredi une loi datant de la guerre de Corée pour contraindre General Motors à produire des respirateurs artificiels, indispensables dans la lutte contre le coronavirus.

«GM perdait du temps», a écrit M. Trump dans un bref communiqué traduisant son exaspération vis-à-vis du constructeur américain avec lequel les négociations trainaient selon lui en longueur.

Cette mesure exceptionnelle s'appuie sur le «Defense Production Act» qui permet au gouvernement fédéral de mobiliser le secteur industriel privé pour les besoins de la sécurité du pays.

Nombre d'élus démocrates appelaient depuis plusieurs jours le président américain à franchir le pas pour permettre aux États-Unis à faire face à cette crise sanitaire sans précédent.

Les besoins en appareils de ventilation respiratoire sont, aux États-Unis, comme ailleurs, énormes. Ces derniers permettent de sauver des personnes en difficultés respiratoires, l'un des graves symptômes du coronavirus.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, appelle depuis plusieurs jours la Maison-Blanche à lui en fournir de toute urgence pour faire face au pic de l'épidémie, qui doit intervenir selon lui dans trois semaines.

Le décret permet au ministre de la Santé de s'appuyer sur cette loi rarement utilisée pour exiger de General Motors «qu'ils acceptent, mènent à bien et fassent passer en priorité les contrats fédéraux pour des respirateurs».

Expliquant sa décision, Donald Trump a lancé une mise en garde au secteur privé. «Nous n'hésiterons pas à utiliser la pleine autorité du gouvernement fédéral pour faire face à cette crise», a-t-il martelé.

Preuve que les États-Unis ont basculé dans un chapitre économique radicalement différent, Peter Navarro, qui était jusqu'ici en pointe dans la guerre commerciale engagée contre la Chine, sera désormais coordinateur de toutes les initiatives liées au «Defense Production Act».

«Peter va faire un boulot fantastique», a prédit le milliardaire républicain, soulignant que les États-Unis pourraient exporter des respirateurs s'il y avait un surplus. «Nous pourrions aider beaucoup de gens à travers le monde», a-t-il lancé.

Plus tôt dans la journée, il avait exprimé sans détour son exaspération vis-à-vis de General Motors et de sa dirigeante Mary Barra.

«General Motors DOIT immédiatement ouvrir son usine bêtement abandonnée de Lordstown dans l'Ohio, ou une autre usine et COMMENCER À PRODUIRE DES RESPIRATEURS MAINTENANT!!!!!!» avait-il tweeté.

GM dans le colimateur

Dans un autre tweet, il s'en était pris avec plus de virulence encore au célèbre groupe automobile.

«Comme toujours avec "ce" General Motors, rien ne semble fonctionner», avait-il lancé, assurant que le groupe avait promis de fournir 40 000 respirateurs «très rapidement» et qu'il n'évoquait désormais plus que 6000 unités pour fin avril, à un coût élevé.

Les tweets impatients de Donald Trump contrastaient avec ses déclarations de jeudi soir sur Fox News où il avait minimisé le besoin de respirateurs artificiels. «Je ne crois pas qu'il y ait un besoin de 40 000 ou 30 000 respirateurs», avait-il affirmé.

De leur côté, GM et Ventec Life Systems, un fabricant d'appareils médicaux, ont annoncé vendredi un accord pour fabriquer des respirateurs artificiels, sans cependant donner la moindre indication sur les volumes prévus.

Les premiers exemplaires, approuvés par l'agence fédérale du médicament (FDA), seront livrés à partir d'avril, ont indiqué les deux entreprises.

Ces respirateurs vont être fabriqués dans l'usine General Motors de Kokomo, dans l'Indiana, a précisé le constructeur automobile, qui va également produire des masques pour médecins dans son usine de Warren (Michigan).

Pour tenter de faire taire toute polémique et répondre aux critiques présidentielles, GM a assuré qu'il ne ferait pas de bénéfices sur cette production et qu'il se contenterait du remboursement de ses coûts.

Environ un millier de salariés de GM vont travailler sur la fabrication de ces respirateurs artificiels, a-t-on précisé de même source.

Monde

Italie: possible pic de l’épidémie «dans les prochains jours»

ROME — L’Italie pourrait atteindre «dans les prochains jours» le pic de l’épidémie de Covid-19 qui a fait déjà plus de 8100 morts pour un total d’environ 80 000 cas, a estimé vendredi le président de l’Institut supérieur de la santé (ISS).

«Je veux être clair sur un point. Nous n’avons pas atteint le pic, nous ne l’avons pas dépassé. Nous avons des signaux de ralentissement [du nombre de cas] ce qui nous fait croire que nous en sommes proches, nous pourrions arriver au pic ces jours-ci», a déclaré devant la presse Silvio Brusaferro.

Relevant que «les mesures adoptées», comme le confinement des Italiens ou l’arrêt des activités dans tous les domaines non essentiels, «produisent leur effet», M. Brusaferro a tenu à souligner que «la croissance» du nombre de nouveaux cas «est en train de ralentir, mais ça ne baisse pas».

L’ISS est l’institut public de référence en Italie et le seul à certifier officiellement qu’une mort est liée, ou non, à l’épidémie de la Covid-19.

Fabrizio Pregliasco, un virologue, a estimé vendredi sur Radio Capitale qu’il n’y aura pas «un pic unique, parce que le pic italien est la somme des pics des provinces et des communes».

«Du point de vue de l’Italie, la situation est légèrement positive sur les hausses des variations journalières, comme celles d’hier», a-t-il ajouté.

C’est «le signe de l’action positive des mesures de distanciation sociale, ceci doit nous renforcer dans l’envie de continuer, parce que les résultats, nous le savions, ils arriveront le week-end prochain et les premiers jours de la semaine prochaine», estime M. Pregliasco.

Le président de la région la plus touchée, la Lombardie, Attilio Fontana, a de son côté appelé à ne pas surinterpréter l’accélération constatée jeudi du nombre de cas positifs dans sa province, avec plus de 2.500 tests positifs en plus contre 1.600 la veille. «Dans une phase de stabilisation, il peut arriver qu’il y ait un pic sur une journée», a-t-il dit, relevant la hausse du nombre de tests.

MONDE

COVID-19: les États-Unis ont le plus grand nombre de cas recensés dans le monde

Les États-Unis ont dépassé jeudi l’Italie et la Chine et sont devenus le pays du monde à compter le plus de cas recensés d’infection au nouveau coronavirus, selon les données de l’université Johns Hopkins et du New York Times.

Les États-Unis, qui sont le pays où la pandémie progresse le plus rapidement, comptabilisaient au moins 82 404 cas, selon les chiffres de Johns Hopkins. L’Italie dénombrait jeudi 80 539 cas et la Chine 81 285, selon un comptage de l’AFP.

Le New York Times, qui collecte ses propres données, avait peu avant également annoncé que les États-Unis avaient dépassé la Chine, d’où l’épidémie est partie en décembre, et l’Italie, qui compte pour sa part le plus grand nombre de morts.

Le nombre de décès liés au COVID-19 restait bien plus important en Italie (8165) qu’aux États-Unis (1178), où la majorité des morts sont enregistrés à New York, devenue le centre de l’épidémie américaine.

L’Organisation mondiale de la santé a averti mardi que les États-Unis et ses 330 millions d’habitants pourraient bientôt dépasser l’Europe et devenir l’épicentre de la pandémie.

Distanciation sociale: Trump veut un allégement progressif

Le président américain Donald Trump a par ailleurs confirmé jeudi qu’il souhaitait alléger les recommandations de «distanciation sociale» liées au nouveau coronavirus en fonction d’une évaluation locale des risques.

«Nos capacités étendues de tests nous permettront rapidement de publier des critères (...) pour classer les comtés en fonction des risques posés par le virus», a écrit le locataire de la Maison Blanche dans un courrier à tous les gouverneurs du pays.

«Sur la bases de ces critères fondés sur des données, nous proposerons de classer les comtés en risque élevé, risque moyen, risque faible», ajoute-t-il, sans donner d’indication de calendrier.

Dans ce courrier au ton très mesuré, qui tranche avec ses annonces initiales sur une «réouverture» de l’économie d’ici Pâques (qui tombe cette année le 12 avril), le président américain souligne que «la bataille sera encore longue» alors que la courbe des infections au COVID-19 ne cesse d’augmenter aux Etats-Unis.

Monde

COVID-19: même des conflits armés prennent une pause

NEW YORK — L’ONU, qui avait réclamé lundi un cessez-le-feu général dans tous les pays en conflit dans le monde pour mieux combattre la pandémie de COVID-19, s’est félicitée jeudi d’avoir été entendue par des groupes armés au Cameroun et aux Philippines, ainsi que par les belligérants au Yémen.

Émissaire de l’ONU pour le Yémen, ravagé par la guerre depuis plus de cinq ans, Martin Griffiths a souligné dans un communiqué être «réconforté de voir les réponses positives à l’appel du secrétaire général à un cessez-le-feu à la fois du gouvernement du Yémen et d’Ansar Allah (les Houthis)».

Monde

Nicolas Maduro inculpé de «narco-terrorisme» aux États-Unis

WASHINGTON — Les États-Unis ont annoncé jeudi l’inculpation du président vénézuélien Nicolas Maduro, et de plusieurs de ses proches, pour «narco-terrorisme», augmentant encore la pression sur le dirigeant socialiste dont ils souhaitent l’éviction.

Washington offre une prime pouvant atteindre 15 millions de dollars pour toute information qui permettrait de l’arrêter. «Nous voulons qu’il soit capturé afin qu’il réponde de ses actes devant un tribunal américain», a déclaré le ministre de la Justice Bill Barr lors d’une conférence de presse organisée en vidéoconférence en raison du nouveau coronavirus.

Autour du globe, 27 mars 2020

Monde

La présidentielle aura lieu entre juin et septembre en Bolivie

LA PAZ — L’élection présidentielle, prévue le 3 mai en Bolivie et reportée en raison de la propagation du Covid-19, se tiendra entre les mois de juin et septembre, a annoncé jeudi l’autorité électorale bolivienne.

Le Tribunal suprême électoral (TSE) «propose au Parlement plusieurs dates pour l’organisation des élections générales entre le dimanche 7 juin et le 6 septembre 2020», selon la décision lue par le président de l’institution, Salvador Romero.

Monde

Gantz ouvre la voie au maintien de Nétanyahou en Israël

JÉRUSALEM — Dans un retournement aussi spectaculaire qu’inattendu, Benny Gantz a été élu président du Parlement israélien jeudi dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benjamin Nétanyahou pour mettre fin à la pire crise politique de l’histoire d’Israël.

Après trois élections en moins d’un an, M. Gantz, ancien chef d’état-major de l’armée, a dit justifier cette volte-face par la nécessité, selon lui, d’agir de manière «responsable» et «patriotique» pour doter Israël d’un gouvernement stable, «d’union et d’urgence», afin d’affronter la pandémie de nouveau coronavirus dans le pays.

Affaires

Face au coronavirus, le G20 promet un «front uni» et 5000 milliards$

RYAD — Les vingt premières puissances économiques ont promis d’injecter plus de 5.000 milliards de dollars dans l’économie et de faire «front commun» face au nouveau coronavirus et au risque de récession, lors d’un sommet virtuel et extraordinaire du G20 jeudi.

Le bilan mondial de la pandémie de Covid-19 avoisine les 22.000 morts et la maladie a poussé au confinement de plus de trois milliards de personnes.

Les grandes puissances, elles, s’activent pour atténuer les effets de cette situation inédite sur leur économie.

Sous la présidence du roi Salmane d’Arabie saoudite, le sommet a réuni les chefs d’État américain Donald Trump, russe Vladimir Poutine, français Emmanuel Macron et les autres dirigeants du G20 qui ont discuté par visio-conférence de la réponse à apporter à la menace de récession.

Face à un virus «qui ne connaît pas de frontières», les membres du G20 ont appelé dans leur communiqué final à la «solidarité», à la «transparence» et à la coopération avec les institutions internationales pour «rétablir la confiance, préserver la stabilité financière et ranimer la croissance».

«Nous injectons plus de 5.000 milliards de dollars dans l’économie mondiale, dans le cadre de politiques fiscales ciblées, de mesures économiques et de plans pour contrer les impacts sociaux, économiques et financiers de la pandémie», ont-ils souligné.

Selon les Affaires étrangères chinoises, sur les 5.000 milliards, la Chine, d’où l’épidémie est partie, a à elle seule «communiqué» le chiffre de 344 milliards, principalement en mesures fiscales.

Pendant le sommet, le président chinois Xi Jinping a appelé ses pairs au G20 à abaisser leurs droits de douane, sujet de tensions entre Pékin et Washington, et à faciliter les flux commerciaux.

«Les guerres commerciales et les sanctions aggravent la récession», a estimé M. Poutine.

«Choc sans précédent»

Mercredi, l’agence de notation financière Moody’s a averti que les économies du G20 devraient toutes être en récession cette année en raison de la pandémie.

Globalement, ces pays devraient subir une contraction de 0,5% de leur produit intérieur brut (PIB).

«Les économies du G20 vont subir un choc sans précédent dans la première moitié de l’année et se contracteront sur l’ensemble de l’année avant de rebondir en 2021», estime l’agence, qui chiffre cette reprise l’an prochain à 3,2% en moyenne.

Alors que plusieurs pays riches ont dévoilé des plans de relance colossaux, les inquiétudes s’intensifient pour les pays pauvres qui n’ont pas accès aux marchés des capitaux et pas de services de santé adéquats.

Le G20 a appelé dans son communiqué les institutions internationales, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds monétaire international (FMI), à «aider les pays émergents et en développement à faire face aux chocs sanitaires, économiques et sociaux du Covid-19».

«Il est de notre responsabilité de tendre la main aux pays en développement (...) en leur permettant de renforcer leurs capacités et d’améliorer leurs infrastructures afin qu’ils surmontent cette crise et ses répercussions», a souligné le roi saoudien au début du sommet.

Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l’OMS, le G20 doit offrir son soutien aux «pays à faible et moyen revenu», notamment d’Afrique subsaharienne. Et pour le FMI et la Banque mondiale, il doit suspendre le paiement des dettes des pays les plus pauvres.

«Échauffement»

Le sommet a eu lieu alors que les dirigeants du G20 sont plus divisés que lors des sommets ayant suivi la crise financière de 2008.

Mercredi, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a pris la Chine pour cible, affirmant que le G7 avait constaté «une campagne intentionnelle de désinformation» de Pékin au sujet du virus.

Les prix du pétrole, déprimés par l’impact de l’épidémie sur la demande, sont au centre de tensions entre Moscou et Ryad, les Saoudiens s’étant livrés aux plus fortes baisses de prix en deux décennies en représailles au refus de la Russie de réduire la production pour soutenir les cours.

«La leçon que les dirigeants doivent tirer de leur réunion est que, encore une fois, la solidarité internationale doit être l’instrument le plus important pour combattre la crise», a déclaré Markus Engels, de la Global Solutions Initiative.

Mais selon le directeur exécutif par intérim de l’ONG Oxfam, Chema Vera, la déclaration du G20 n’est «pas suffisante», les «gouvernements les plus riches étant encore au stade de l’échauffement face à l’ampleur de l’effort à fournir». Il a appelé à un «plan vraiment ambitieux» surtout pour soutenir les infrastructures de santé publique.

MONDE

Le point sur la pandémie dans le monde [26 mars]

PARIS — Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants : un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 21 000 morts dans le monde où plus de trois milliards de personnes sont appelées à rester confinées chez elles.

Le Sénat américain vote le plan d’urgence

Le Sénat américain a voté mercredi à l’unanimité un plan «historique» de 2000 milliards de dollars pour soutenir la première économie mondiale, asphyxiée par la pandémie qui a déjà fait plus de 1000 morts aux États-Unis. Le plan doit encore être adopté vendredi par la Chambre des représentants, avant d’être promulgué.

Armée en renfort en France 

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi le déclenchement de l’opération «Résilience» qui mobilisera les forces armées pour aider la population sur les plans sanitaire et logistique, notamment dans les territoires d’outre-mer.

Des patients gravement atteints ont embarqué jeudi matin à bord d’un train à grande vitesse (TGV) médicalisé, pour être évacués de l’est de la France vers des hôpitaux de l’ouest, une première en Europe.

Vols suspendus en Russie

La Russie suspend tous ses vols internationaux à partir de jeudi 21H00 GMT, à l’exception des avions affrétés pour rapatrier les citoyens russes bloqués à l’étranger.

La ville de Moscou ferme à partir de samedi tous les restaurants et commerces non essentiels. Les plus de 65 ans et ceux qui souffrent de maladies chroniques ont interdiction depuis ce jeudi de sortir de chez eux.

Plus de 250 000 cas en Europe

La pandémie a fait au moins 21 867 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un comptage de l’AFP à partir de sources officielles jeudi à 12H00 GMT.

Plus de 481 230 cas d’infection ont été diagnostiqués dans 182 pays et territoires, dont au moins 258 068 en Europe, le continent le plus touché.

Il existe des «signes encourageants» de ralentissement du nouveau coronavirus sur le territoire européen en dépit d’une situation toujours grave, a estimé jeudi la branche Europe de l’Organisation mondiale de la Santé.

Les pays où le nombre des morts est le plus élevé sont l’Italie, 7 503 décès pour 74 386 cas, l’Espagne (4088 pour 56 188 cas), la Chine continentale (3281 pour 81 218 cas), l’Iran (2234 pour 29 406 cas) et la France (1331 pour 25 233 cas).

Récessions en vue

La crise du coronavirus provoquera une récession de 2% dans la zone euro et au Royaume-Uni cette année, selon l’agence de notation financière S&P.

L’Autriche table sur une baisse de 2,5% de son PIB en 2020.

En Asie, celui de Singapour s’est contracté de 2,2% au premier trimestre sur un an, sa pire performance depuis 2008.

État d’urgence en Bolivie

La Bolivie a décrété mercredi l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 15 avril, afin de «faire respecter la quarantaine» en vigueur depuis dimanche (plus grande participation de l’armée et de la police dans le contrôle, fermeture des frontières).

Couvre-feu au Mali

Le président malien Ibrahim Boubacar Keita a annoncé mercredi un couvre-feu nocturne , mais a assuré que les élections législatives auraient bien lieu dimanche, comme prévu.

Un peu plus tôt, les autorités avaient annoncé avoir enregistré les deux premiers cas confirmés de coronavirus au Mali, sur deux de ses citoyens rentrés de France mi-mars.

Helsinki isolée

Le gouvernement finlandais a annoncé mercredi soir l’isolement d’Helsinki et de sa région, le plus gros foyer de propagation du nouveau coronavirus en Finlande, à partir de vendredi et jusqu’au 19 avril.

Prélat du Vatican positif

Un prélat italien vivant dans la même résidence hôtelière que le pape François, dans la Cité du Vatican, a été testé positif au nouveau coronavirus mercredi et hospitalisé.

Autour du globe, 26 mars 2020

Monde

Avec la pandémie, les affaires de Donald Trump en péril

WASHINGTON - Donald Trump ne préside pas seulement la première économie du monde, menacée d’effondrement à cause de la pandémie de nouveau coronavirus. Il surveille également l’implosion possible de son propre empire: la Trump organization, ses hôtels et clubs de golf, qui ont fait de lui un multi-milliardaire.

Aux États-Unis et au Canada, ses hôtels cinq étoiles sont quasiment vides, ses clubs de golf aux États-Unis, en Irlande et en Ecosse sont sous pression pour s’arrêter, et sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, est fermée.

Comme dans beaucoup d’hôtels du monde, la plupart des employés ont été congédiés, et les revenus de la Trump organization (435 millions de dollars en 2018) devraient vraisemblablement plonger. Difficile toutefois d’évaluer dans quelle mesure face à une organisation largement opaque sur ses finances.

«Cela me fait du mal, comme cela fait du mal à Hilton et à toutes les grandes chaînes d’hôtels partout dans le monde», a dit Donald Trump samedi. La société familiale, basée à New York, est dirigée par ses deux fils, Donald Junior et Eric, mais le milliardaire républicain y a conservé toutes ses parts.

La situation n’a pas manqué de soulever des inquiétudes: certains se demandent dans quelle mesure la réponse apportée par le président américain à l’épidémie de Covid-19 est guidée par les intérêts de son entreprise. Qu’il s’agisse du plan d’aide économique de 2.000 milliards de dollars sur lequel se sont accordés démocrates et républicains, ou de sa volonté affichée ces derniers jours de pousser pour la fin rapide des mesures de confinement.

«On peut détruire un pays en le fermant de cette façon», a-t-il estimé mardi, en disant espérer une levée des restrictions d’ici mi-avril.

Le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer a assuré mercredi que le plan massif de relance américain, qui contient des mesures importantes à destination des entreprises, ne serait pas utilisé pour sauver celles du président.

«Nous avons mis en place une clause», a-t-il expliqué sur CNN. «Pas seulement le président, mais aussi toute figure du gouvernement, du Sénat, les membres du Congrès, si eux ou leur famille possèdent la part majoritaire d’une entreprise, elles ne peuvent pas se voir attribuer de prêt».

«Spa fermé»

Les hôtels de Donald Trump sont pour ainsi dire vides à New York, Washington, Chicago, Las Vegas, Vancouver et Hawaï. Lundi, l’organisation écossaise de golf, anticipant un ordre de fermeture, a demandé à «tous les golfeurs d’Ecosse» d’arrêter de jouer «jusqu’à nouvel ordre».

Malgré cela, la Trump organization refuse de fermer totalement ses principaux hôtels.

«L’hôtel est ouvert, les restaurants sont fermés, le spa est fermé, la piscine est fermée», a dit à l’AFP une réceptionniste du Trump International Hotel & Tower à New York. Evoquant un supermarché «de l’autre côté de la rue», elle a expliqué qu’il était possible d’y acheter des victuailles et de les apporter dans les chambres.

Selon John Boardman, à la tête de la branche du syndicat Unite Here à Washington, l’hôtel Trump International dans la capitale américaine n’a pas fermé malgré le renvoi massif d’employés. «Il n’y a aucun sens à le garder ouvert. L’hôtel a un taux d’occupation peut-être de 3%».

«Il ne le ferme pas juste pour pouvoir dire qu’il fonctionne toujours», estime M. Boardman.

Bénéfice personnel

Depuis qu’il est président, Donald Trump a fait face à de nombreuses critiques et même des actions en justice -- qui n’ont jusqu’ici pas abouti -- soutenant qu’il profitait de sa position.

Des patrons, des diplomates ou même des rois cherchant ses faveurs ont par exemple parfois pris leurs quartiers dans ses hôtels, notamment celui situé à deux pas de la Maison-Blanche.

Le Washington Post a rapporté les sommes astronomiques dépensées par des Saoudiens pour réserver des ailes entières des hôtels de Donald Trump, ou les factures salées adressées à ses propres services de renseignement lorsque ceux-ci l’accompagnent dans ses propriétés.

La semaine dernière, l’industrie hôtelière, qui fournit un emploi à 8 millions de personnes aux États-Unis, a réclamé à la Maison-Blanche une aide de 150 milliards de dollars pour faire face à l’épidémie de nouveau coronavirus.

«Aujourd’hui plus que jamais il est crucial pour les Américains de savoir que le président agit dans l’intérêt public et non pour son bénéfice financier personnel», a fait valoir auprès de l’AFP Elizabeth Wydra, du Constitutional Accountability Center.

Actualités

Le point sur la pandémie dans le monde [25 mars]

PARIS - Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19, qui a déjà fait plus de 19.200 morts dans le monde.

Le monde confiné

Avec l’Inde et ses 1,3 milliard d’habitants, il y a désormais environ 2,9 milliards de personnes appelées à rester chez elles dans le monde pour lutter contre la propagation de la pandémie, selon un décompte réalisé mercredi à la mi-journée à partir d’une base de données de l’AFP.

En Égypte, un couvre-feu nocturne de deux semaines entre en vigueur mercredi.

L’Iran va interdire à partir de jeudi ou vendredi la circulation entre les villes, ont indiqué mercredi des responsables gouvernementaux.

Le Panama est entré en quarantaine, tandis que l’Uruguay fermait ses frontières aux étrangers, hormis certaines exceptions.

Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo ont décrété l’état d’urgence.

Le Parlement britannique ferme ses portes mercredi soir pour près d’un mois.

États-Unis: méga-plan de relance

La majorité républicaine au Sénat a annoncé mercredi être parvenue à un accord sur un plan de relance économique «historique» de 2.000 milliards de dollars avec les démocrates et la Maison-Blanche.

Le texte doit ensuite être adopté par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant d’être promulgué par le président Donald Trump.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) les États-Unis pourraient bientôt dépasser l’Europe en nombre de cas, mais Donald Trump estime qu’un confinement prolongé pourrait «détruire» le pays, qu’il espère «pouvoir rouvrir d’ici Pâques».

Bolsonaro crie à «l’hystérie»

Également rétif au confinement, le président du Brésil, Jair Bolsonaro, a dénoncé les mesures de différents États et municipalités de son pays, les comparant à une politique de la «terre brûlée» qui menace de ruiner la première économie d’Amérique latine.

Le président d’extrême droite a accusé les médias de répandre «l’hystérie», affirmant que le Brésil était à l’abri grâce à son climat chaud et à sa population jeune.

+

Monde

Le prince Charles déclaré positif au coronavirus

LONDRES - Le prince Charles, héritier de la couronne britannique, a été déclaré positif au nouveau coronavirus et présente de «légers symptômes», ont annoncé mercredi ses services.

Âgé de 71 ans, le fils d’Elizabeth II «reste en bonne santé» à l’exception de ces symptômes, et «télétravaille comme d’habitude», a assuré Clarence House dans un communiqué.

Le prince de Galles se trouve actuellement en Écosse avec sa femme Camilla, qui «a été testée, mais n’a pas le virus», a précisé la même source.

Elizabeth II, 93 ans, s’est quant à elle retirée pour plusieurs semaines au château de Windsor, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Londres.

«La reine reste en bonne santé», a indiqué une porte-parole du palais de Buckingham, précisant qu’elle avait vu son fils pour la dernière fois le 12 mars et qu’elle suivait «toutes les recommandations opportunes».

Le gouvernement britannique a demandé à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans de s’isoler pendant 12 semaines.

Le prince Charles a repris ces dernières années une partie des engagements de sa mère, et la représente désormais lors des visites à l’étranger.

«Il n’est pas possible de déterminer avec certitude qui a contaminé le prince en raison des nombreux engagements auxquels il a participé ces dernières semaines», a précisé Clarence House.

Selon la presse britannique, Charles, actuellement au château écossais de Balmoral, a participé le 10 mars à un événement à Londres en présence du prince Albert II de Monaco, testé depuis positif au Covid-19.

La propagation de l’épidémie de Covid-19 s’est considérablement accélérée ces derniers jours au Royaume-Uni, où plus de 8.000 personnes ont été officiellement contaminées et 422 personnes sont mortes.

Face à cette aggravation, les autorités ont suivi la plupart des autres pays européens en fermant de nombreux lieux publics et décrétant lundi un confinement général prévu pour durer au moins trois semaines.

Autour du globe, 25 mars 2020

Monde

Le village anglais vainqueur de la peste combat le coronavirus [PHOTOS]

EYAM - Au XVIIe siècle, les habitants d’Eyam ont eu raison de la progression de la peste en se plaçant en quarantaine. En pleine pandémie de coronavirus, ce village du centre de l’Angleterre a vu rouge face à l’afflux de visiteurs défiant les recommandations sanitaires.

Sous un radieux soleil de printemps, nombre de promeneurs ce week-end ont jeté leur dévolu sur cette commune d’un millier d’habitants du parc national de Peak District.

Relayant la colère de certains de ses administrés, l’élue locale Claire Raw a enjoint aux visiteurs de retourner d’où ils viennent. «Nous avons besoin de protéger nos zones résidentielles, où la population est plus âgée que la moyenne», explique-t-elle à l’AFP. «Nous devons tous nous comporter de manière responsable».

En raison de la pandémie, le musée qui raconte l’histoire du «village de la peste», qui accueille chaque année 30.000 visiteurs, a choisi de ne pas rouvrir ses portes après la pause hivernale. Plus de la moitié de ses bénévoles sont âgés de plus de 70 ans.

En 1665, la peste bubonique était arrivée dans cette localité du Derbyshire en provenance de Londres, 250 kilomètres plus au Sud, véhiculée par des puces dans des tissus commandés par le tailleur.

Au fil des mois, la peste a fauché les habitants par dizaines. Le recteur de l’église d’Eyam, William Mompesson, aidé par son prédécesseur Thomas Stanley, a réussi à convaincre les paroissiens d’isoler complètement le village pour combattre la maladie.

«C’était avant la science et les progrès de la médecine», souligne le révérend actuel, Mike Gilbert, lui-même en quarantaine, car son épouse présente des symptômes d’une infection au nouveau coronavirus. Grâce à leur «sagesse», les villageois «savaient ce qu’ils avaient à faire».

Le confinement dura six mois. Les habitants ont mis en place un système permettant de couper les contacts avec l’extérieur, mais pas les échanges: dans une pierre munie de trous à la frontière d’Eyam, ils laissaient des pièces trempées dans du vinaigre, le seul désinfectant connu à l’époque. Les villageois des alentours leur déposaient des vivres.

+