L’opposant russe Navalny accuse Poutine et promet de rentrer en Russie

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L’opposant russe Navalny accuse Poutine et promet de rentrer en Russie

Ouerdya Ait Abdelmalek
Agence France-Presse
BERLIN - L’opposant russe Alexeï Navalny accuse le président Vladimir Poutine d’avoir commandité son empoisonnement et promet de retourner dans son pays pour poursuivre son combat.

«J’affirme que Poutine est derrière cet acte, je ne vois pas d’autres explications», a-t-il déclaré à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui a publié jeudi matin un long entretien avec l’opposant, son premier depuis sa sortie de l’hôpital berlinois où il a été soigné.

A Moscou, le président de la chambre basse du parlement, la Douma, l’a en retour accusé de travailler pour des services secrets occidentaux, et affirmé que Vladimir Poutine lui avait «sauvé» la vie».

«Navalny n’a aucune honte, c’est un scélérat. Poutine lui a sauvé la vie (...), il est clair que Navalny travaille avec les services spéciaux et les autorités de pays occidentaux», a déclaré dans un communiqué Viatcheslav Volodine.

Ces propos de l’opposant russe interviennent alors que les dirigeants des pays européens se réunissent jeudi en sommet et que la question de la réponse de l’UE à la Russie dans cette affaire pourrait être abordée.

L’Allemagne, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne jusqu’à la fin de l’année, a menacé Moscou de sanctions. Et la chancelière Angela Merkel est allée personnellement rendre visite à Alexeï Navalny à l’hôpital de La Charité où il a été soigné pendant un mois.

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COVID-19: pas de résultats avant l'élection des essais cliniques du vaccin Moderna

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COVID-19: pas de résultats avant l'élection des essais cliniques du vaccin Moderna

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON — Les essais cliniques du vaccin expérimental contre la COVID-19 de la société américaine Moderna, l'un des plus avancés, ne produiront pas de résultats avant le 25 novembre au plus tôt, selon son patron mercredi, qui exclut donc toute commercialisation avant l'élection présidentielle du 3 novembre.

«Nous aurons assez de données de sécurité le 25 novembre pour pouvoir faire une demande d'autorisation en urgence auprès de la FDA (Agence fédérale des médicaments), à condition que les données de sécurité soient bonnes, c'est-à-dire que le vaccin soit considéré comme sûr», a déclaré Stéphane Bancel, directeur général de Moderna, lors d'une conférence organisée par le Financial Times.

Moderna est, avec les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et Johnson & Johnson, en phase 3 des essais cliniques aux États-Unis, une phase où le vaccin expérimental ou un placebo est injecté de façon aléatoire à des dizaines de milliers de volontaires, afin de vérifier que le vaccin est sûr et efficace. L'essai de phase 3 du vaccin AstraZeneca/Oxford est actuellement suspendu dans le pays.

Donald Trump a dit plusieurs fois espérer un vaccin avant l'élection du 3 novembre, suscitant l'inquiétude des experts de santé publique quant à d'éventuelles pressions politiques sur le processus réglementaire.

Un seul laboratoire, Pfizer, table sur des résultats d'ici fin octobre, soit quelques jours avant le scrutin, ce qui permettrait à la société de déposer immédiatement une demande d'autorisation auprès de la FDA. Le protocole de l'essai prévoit une analyse intérimaire des données relativement tôt, par rapport aux autres.

Mais des scientifiques, biostatisticiens et experts des essais cliniques ont averti des risques d'une approbation aussi rapide, préférant tester le vaccin quelques mois de plus afin d'être certains de l'efficacité et des éventuels effets secondaires, a fortiori puisque tout vaccin serait vraisemblablement administré in fine à des centaines de millions de personnes.

Arméniens et Azerbaïdjanais poursuivent les combats, malgré les appels internationaux

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Arméniens et Azerbaïdjanais poursuivent les combats, malgré les appels internationaux

AFP
Agence France-Presse
STEPANAKERT — L’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont montrés mercredi déterminés à poursuivre les combats, au quatrième jour d’affrontements meurtriers au Nagorny Karabakh, un territoire azerbaïdjanais séparatiste soutenu par Erevan, ignorant les appels internationaux au cessez-le-feu.

Stepanakert, la capitale de cette république autoproclamée, était largement plongée dans le noir mercredi soir. Mercredi soir vers minuit, deux explosions d’origine indéterminée y ont retenti, alors que des sirènes hurlaient.

Dans la journée, les bruits des combats sur la ligne de front n’atteignaient la ville qui, selon les autorités locales, a essuyé des bombardements dimanche.

Mercredi soir, Moscou et Paris ont appelé à un arrêt «complet» des combats. «Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ont appelé les parties au conflit à cesser complètement le feu et, dès que possible, à faire redescendre les tensions et à montrer le maximum de retenue», a déclaré le Kremlin à la suite d’une conversation téléphonique entre les présidents russe et français.

Plus tôt, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait proposé «une rencontre des chefs des diplomaties de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de la Russie» à Moscou, réitérant un appel au cessez-le-feu.

Groenland: la fonte de la calotte sans précédent depuis 12 000 ans

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Groenland: la fonte de la calotte sans précédent depuis 12 000 ans

AFP
Agence France-Presse
PARIS — La fonte de la calotte glaciaire du Groenland va causer une augmentation du niveau des mers plus importante au XXIe siècle que lors d'aucun autre siècle depuis 12 000 ans, même si le réchauffement de la planète est contenu, selon une étude publiée mercredi.

Cette étude parue dans la revue Nature, basée sur des échantillons de glace et des modèles, reconstruit pour la première fois l'histoire de la fonte des glaces de cette calotte pendant tout l'Holocène, époque géologique commencée il y a 11 700 ans.

Elle conclut aussi que si les émissions de gaz à effet de serre continuent au même rythme, la couche de glace de plusieurs kilomètres pourrait se réduire de 36 000 milliards de tonnes entre 2000 et 2100, suffisamment pour rehausser les océans de 10 cm.

Jusqu'à la fin des années 1990, cette couche de glace gagnait en gros autant de masse grâce aux chutes de neige qu'elle en perdait l'été avec l'effondrement des glaciers et la fonte de la glace.

Mais cet équilibre a été rompu par l'accélération du changement climatique.

L'année dernière, la calotte du Groenland a perdu plus de 500 milliards de tonnes - un record depuis le début des données satellites en 1978-, contribuant pour 40% à la montée du niveau de la mer en 2019.

Et à moins que l'humanité ne réduise radicalement les émissions de gaz à effet de serre, cela pourrait devenir «la nouvelle normalité», a indiqué l'auteur principal Jason Briner, de l'Université américaine de Buffalo.

«Quelles que soient les futures émissions de CO2, la calotte du Groenland perdra plus de glace lors de ce siècle que pendant les périodes les plus chaudes des 12 000 dernières années», a-t-il déclaré à l'AFP, notant malgré tout avec espoir que l'humanité peut influencer l'avenir du Groenland.

La Canadienne Clare Bronfman condamnée à 81 mois de prison 

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La Canadienne Clare Bronfman condamnée à 81 mois de prison 

Tom Hays
Associated Press
NEW YORK — Clare Bronfman, riche bienfaitrice de Keith Raniere, dirigeant déchu d'un groupe de croissance personnelle dans l'État de New York qui a été reconnu coupable d'avoir transformé des femmes en esclaves sexuelles, a été condamnée mercredi à près de sept ans de prison dans une affaire de complot pour fraude aux États-Unis.

La fille cadette d'Edgar Bronfman père, fondateur de l'empire canadien Seagram, a été arrêtée immédiatement après sa comparution devant le tribunal fédéral de Brooklyn, mercredi, pour purger sa peine de 81 mois de prison.

Dans le cadre d'un accord de plaidoyer, Bronfman a accepté de verser 6 millions $ d'une fortune personnelle que les procureurs ont évaluée à 200 millions $. La poursuite demande également une amende de 500 000 $.

Bronfman, âgée de 41 ans, a admis, dans son plaidoyer de culpabilité l'année dernière, qu'elle hébergeait une personne qui vivait illégalement aux États-Unis pour «du travail et des services» non rémunérés. Elle a aussi admis qu'elle avait commis une fraude par carte de crédit au nom de Raniere, chef du groupe «NXIVM» (prononcé «Nexium»).

Dans une lettre adressée au tribunal le mois dernier, Bronfman a écrit qu'elle «n'avait jamais eu l'intention de blesser personne». Pourtant, elle soutient qu'elle ne peut pas désavouer Raniere, parce que «NXIVM et Keith ont grandement changé en mieux ma vie».

Femmes «esclaves»

Au procès devant jurés, les procureurs ont plaidé que l'organisation de Raniere, âgé de 60 ans, fonctionnait comme une secte. Pour l'honorer, le groupe avait formé une sororité secrète composée de femmes «esclaves», soumises au lavage de cerveau, marquées de ses initiales et forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, ont déclaré les procureurs.

Les avocats de Bronfman ont demandé la clémence du tribunal parce qu'elle n'était pas directement impliquée dans les allégations les plus inquiétantes et qu'elle souffrait d'un problème de santé qui pourrait l'exposer à un risque accru d'infection à la COVID-19 si elle était incarcérée. Mais dans les documents judiciaires, la poursuite a fait valoir qu'elle méritait une peine sévère, car «il ne fait aucun doute que sans des alliés puissants comme Bronfman, Raniere n'aurait pas pu commettre les crimes pour lesquels il a été condamné».

La riche héritière des Bronfman était depuis longtemps liée à «NXIVM», donnant au groupe des dizaines de millions de dollars pour financer Raniere et son programme intensif de cours de croissance personnelle. Elle a également payé des avocats pour défendre le groupe dans un procès intenté par ses détracteurs.

Les enseignements de Raniere ont aussi attiré des actrices hollywoodiennes comme Allison Mack, de la série télévisée Smallville. Mack a aussi plaidé coupable et elle attend sa peine.

Autour du globe, 1er octobre 2020

Mort du «patient de Berlin», le premier homme guéri du VIH 

Monde

Mort du «patient de Berlin», le premier homme guéri du VIH 

Agence France-Presse
PARIS - Timothy Ray Brown, l’Américain initialement connu comme le «patient de Berlin» et qui est devenu en 2008 le premier homme à guérir de l’infection par le virus du sida, n’est plus.

Timothy Ray Brown est mort d’un cancer, a indiqué mercredi la Société internationale sur le sida (IAS).

«Ces six derniers mois, Timothy vivait avec une récidive de la leucémie» qui avait notamment atteint son cerveau, mais «était resté à l’abri du virus VIH», a souligné l’IAS dans un communiqué.

Le compagnon de Timothy Ray Brown avait annoncé quelques jours auparavant que ce dernier était en phase teminale. «Timothy ne meurt pas du VIH, que les choses soient claires», avait confié Tim Hoeffgen mardi sur le blogue du militant et auteur Mark King.

Timothy Ray Brown, mort à 54 ans, a écrit une page de l’histoire médicale du VIH, le virus qui cause le sida.

En 1995, il vivait à Berlin quand il a appris qu’il avait été contaminé par le virus. Puis en 2006, il a été diagnostiqué d’une leucémie.

Greffe de cellules souches

Pour le soigner de la leucémie, son médecin, à l’université de Berlin, a eu recours à une greffe de cellules souches d’un donneur qui avait une mutation génétique rare lui conférant une résistance naturelle au VIH, dans l’espoir que la greffe soigne les deux maladies.

Il fallut deux greffes, des opérations lourdes et dangereuses, mais le pari a réussi: en 2008, Timothy Ray Brown était guéri des deux maladies. L’annonce initiale avait préservé son anonymat, le désignant comme «patient de Berlin».

En 2010, il avait accepté de dévoiler son nom publiquement, et était depuis devenu une personnalité publique, s’exprimant dans des interviews et conférences.

«Je suis la preuve vivante qu’il peut y avoir une guérison du sida», avait-il dit à l’AFP en 2012. «C’est magnifique d’être guéri du VIH».

Depuis, une seule autre rémission a été annoncée, en mars 2019, grâce à la même méthode, chez le «patient de Londres», qui lui aussi a révélé son identité ensuite, Adam Castillejo, et est désormais considéré guéri.

En raison de sa lourdeur et des risques (il faut préalablement supprimer le système immunitaire du receveur par chimiothérapie, afin de le «remplacer» par celui du donneur), la méthode de la greffe de cellules souches n’est pas considérée comme une voie de traitement généralisable, a fortiori aujourd’hui où les traitements antirétroviraux permettent aux personnes de vivre une vie quasi normale avec le VIH.

Taxé de «honte nationale», Trump tente d'éteindre la polémique sur l'extrême droite

Présidentielle américaine 2020

Taxé de «honte nationale», Trump tente d'éteindre la polémique sur l'extrême droite

Elodie Cuzin
Agence France-Presse
JOHNSTOWN — Donald Trump a tenté mercredi de désamorcer la polémique après ses propos ambigus sur les milices d'extrême droite, tandis que son rival Joe Biden dénonçait une «honte nationale», au lendemain d'un premier débat présidentiel particulièrement abrasif.

Face au tollé, y compris au sein de son parti, le président républicain a appelé mercredi ces groupes de suprémacistes blancs à «laisser la police faire son travail».

Donald Trump est sous le feu de vives critiques pour sa réponse trouble, mardi soir, lorsque le modérateur du débat lui a demandé s'il était prêt à condamner les suprémacistes blancs. «Ok Proud Boys, reculez et tenez-vous prêts», a simplement répondu le milliardaire.

Visiblement ravi, le groupe paramilitaire, fondé en 2016 et lié à plusieurs épisodes de violences contre des manifestants antiracistes, a immédiatement adopté le slogan sur les réseaux sociaux.

Changement de ton, donc: «Je ne sais pas qui sont les Proud Boys», a affirmé M. Trump mercredi à la Maison-Blanche.

Sans ambages, Joe Biden avait plus tôt déclaré que le seul message possible aux suprémacistes blancs était: «"Arrêtez tout."»

«Peut-être que je ne devrais pas dire cela mais la façon dont le président des États-Unis s'est conduit, je trouve que c'est une honte nationale», a lancé l'ancien vice-président de Barack Obama.

Trump «dit ce qu'il pense»

Se montrant revigoré au lendemain de ce premier débat chaotique, Joe Biden, 77 ans, a sillonné mercredi en train l'Ohio et la Pennsylvanie, terres industrielles où lui-même a ses racines, et que son rival républicain avait remportées en 2016.

À LIRE AUSSI : La chronique de Jean-Simon Gagné sur une «bataille dans la boue»

Donald Trump n'avait arraché la victoire que d'un cheveu en Pennsylvanie. Et Joe Biden, qui mène dans les sondages nationaux et dans les États-clés, espère la ramener dans le giron démocrate lors de l'élection du 3 novembre.

Dans les bassins ouvriers, le démocrate a martelé que son rival avait «oublié les "Américains oubliés" qu'il avait promis de défendre», le dépeignant en héritier méprisant. «Je me battrai pour vous», a-t-il promis à ses partisans.

Avec une demi-douzaine d'étapes, il a aussi cherché à tordre le cou à l'image de «Sleepy Joe» («Joe l'endormi») que tente de lui coller Donald Trump, 74 ans. Et à capitaliser sur le débat.

Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Jean-Simon Gagné
La bataille dans la boue

Chronique

La bataille dans la boue

CHRONIQUE / Cinq minutes. C’est à peu près le temps qu’il a fallu pour que le débat entre le démocrate Joe Biden et le républicain Donald Trump dégénère. La suite ressemblait à une version politique de la lutte dans la boue. Ou dans le Jello. Ou dans le fumier de poule. Au choix.

L’air renfrogné, le président Trump a interrompu son adversaire Joe Biden à plus de soixante-dix reprises, avec toute la hargne du bison furieux. Biden a d’abord semblé amusé par la cacophonie ambiante. Il s’adressait directement à la caméra, en jouant le bon grand-père, au-dessus de la mêlée. Mais la hargne présidentielle a fait son œuvre. Le sourire de Biden s’est figé. Il est devenu un rictus, une grimace. «Peux-tu la fermer, bonhomme,» a-t-il fini par lancer au président.

Par moment, l’animateur Chris Wallace, un vétéran de la chaîne Fox-News, ressemblait à un kayakiste qui vient d’échapper ses lunettes et sa pagaie lors de la descente d’un torrent déchaîné. Quand il a tenté de calmer le jeu, le président Trump s’est brièvement emporté contre lui! «Je me rends compte que je vais devoir faire le débat avec vous, a rugi Trump. Je ne suis pas surpris, mais ça va.» En désespoir de cause, Chris Wallace a fini par demander au président s’il voulait échanger de siège avec lui...

*****

Les deux candidats n’ont pas seulement craché quelques postillons de venin. Non. Plutôt les chutes du Niagara au complet. Tous les coups étaient permis. Donald Trump a évoqué les problèmes de drogue d’un fils de Joe Biden. Il s’est même moqué des notes obtenues par son adversaire à l’Université, il y a plus de 50 ans!

À peine plus contenu, le démocrate Biden a traité Donald Trump de «raciste». De «marionnette de Poutine». «Vous êtes le pire président que les États-Unis aient jamais eu», a-t-il commenté. Sous ce président, «nous sommes devenus plus faibles, plus malades, plus divisés et plus violents», a-t-il conclu.

Vous voulez d’autres échantillons?

— Il n’y a rien de brillant chez vous, Joe, persiflait Trump. (..)»

— Je ne suis pas ici pour corriger ses mensonges. Tout le monde sait qu’il est menteur, continuait Biden.

— [Biden] ne veut pas parler de «loi et d’ordre», parce qu’il craint de perdre ses partisans de la gauche radicale, accusait Trump.

— C’est difficile de discuter avec un tel clown, soupirait Biden. (..) Continue de japper… bonhomme.

*****

Au moment de signaler la fin du débat, l’animateur Chris Wallace avait l’air aussi soulagé qu’un patient qui sort de chez le dentiste, après avoir subi un traitement de canal. On le comprend un peu. Parions que les spécialistes en auront pour des jours à démêler les déclarations précises des uns et des autres, à travers les éclats de voix. Donald Trump a-t-il vraiment refusé de reconnaître les résultats des élections en cas de défaite? Combien de fois Joe Biden a-t-il traité son vis-à-vis de clown?

Pfff. Quand on y pense, les hostilités avaient commencé bien avant le débat. Depuis des jours, les deux coqs bombaient le torse. Ils s’insultaient à qui mieux mieux. Samedi, Joe Biden comparait l’utilisation du mensonge chez Donald Trump à celle de Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande d’Hitler. (1) «Donald Trump ne sait pas comment débattre parce qu’il n’est pas très intelligent», ajoutait-il. Moi, je sais comment mâter un intimidateur». (2)

Pour sa part, le président Trump répétait que son adversaire, rebaptisé «Joe l’endormi», était atteint de démence. «Joe Biden ne sait même plus qu’il est vivant», s’était-il moqué. Dimanche, sur Twitter, Donald Trump a réclamé que Biden se soumette à un test de dépistage des drogues, avant ou après le débat. Il craignait que le démocrate prenne un puissant stimulant, pour cacher la baisse de ses facultés mentales. (3)

Ici, Donald Trump se répétait. En 2016, il avait aussi réclamé un test antidopage contre Hillary Clinton.

En réaction à ses accusations, l’humoriste Andy Borowitz, du New Yorker, avait écrit : «Les États-Unis ont peur que les tests de dépistage révèlent que Trump n’est pas drogué [et qu’il pense réellement tout ce qu’il raconte].» On ne saurait mieux dire.

*****

Le pire, c’est que depuis des jours, les spécialistes insistaient lourdement sur l’importance de ce premier débat. Bon d’accord, ils disent cela à chaque fois. Mais il ne faut rien exagérer. En 2016, une série de sondages réalisés par la firme Gallup avaient accordé une victoire très nette à la démocrate Hillary Clinton dans les trois débats contre Donald Trump. Ce qui ne l’a pas empêché de subir la défaite, le jour des élections.

Aujourd’hui, on est presque soulagé d’apprendre qu’à peine 11 % des électeurs se déclarent encore susceptibles de changer d’idée. (4) La plupart des Américains ont fait leur choix. Parions que c’est l’un de ces éternels indécis qui a eu l’idée de la blague suivante…

«Pour aplanir leurs différends, Donald Trump et Joe Biden décident de se rendre secrètement à la pêche, durant une fin de semaine, sur un lac isolé. Le premier jour, ils découvrent un endroit très poissonneux. — Il faut absolument revenir ici demain, dit Trump, mais comment allons-nous faire pour retrouver l’endroit?

— C’est facile, explique Joe Biden. J’ai sur moi un peu de peinture. Il suffit de faire un «X» au fond du bateau et le tour est joué. Nous n’aurons qu’à suivre le repère.

Trump le regarde d’un air désolé.

— Tu es vraiment idiot. Comment peux-tu être sûr que nous aurons le même bateau demain? 

Notes

(1) Biden Likens Trump To Nazi Spin Minister Goebbels, Forbes, 26 septembre 2020.

(2) Trump Readies a Debate Onslaught — and Biden Allies Worry, The Washington Post, 25 septembre 2020.

(3) Trump’s Strategy of Setting Low Bar for Biden May Backfire in Debate, The New York Times, 28 septembre 2020.

(4) After a Tumultuous Month of News, Biden Maintains National Lead Over Trump, NBC News, 20 septembre 2020.

Le débat Trump-Biden vire au chaos

Présidentielle américaine

Le débat Trump-Biden vire au chaos

Olivier Douliery
Agence France-Presse
Jerome Cartillier
Agence France-Presse
CLEVELAND — Invectives, railleries, attaques personnelles : le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden a offert mardi un spectacle particulièrement chaotique à 35 jours d’une élection présidentielle américaine sous haute tension.

Lors d’un duel télévisé suivi en direct par des dizaines de millions d’Américains, le candidat démocrate de 77 ans a demandé au 45e président des États-Unis, 74 ans, de «la fermer», avant, un peu plus tard, de le traiter de «clown».

À LIRE AUSSI : La chronique de Jean-Simon Gagné sur une «bataille dans la boue»

«Il n’y a rien d’intelligent en vous», a de son côté lancé Donald Trump, en mauvaise posture dans les sondages, qui espérait un faux-pas de son rival qui n’a pas eu lieu.

Mâchoires serrées, le locataire de la Maison-Blanche, qui briguera le 3 novembre un second mandat de quatre ans, s’est efforcé de dépeindre son adversaire comme une marionnette de la «gauche radicale», que ce soit sur la santé, la sécurité ou le climat.

Mais l’ancien vice-président de Barack Obama, dont la combativité suscitait des interrogations, a tenu le choc dans ce face-à-face organisé à Cleveland.

Les yeux plantés dans la caméra, il régulièrement pris les Américains à témoin, les appelant à se rendre aux urnes pour éviter «quatre années de plus de mensonges».

«L’un des pires de l’histoire»

«Ce débat restera comme l’un des pires de l’histoire», a déclaré à l’AFP Aaron Kall, enseignant à l’Université du Michigan et spécialiste des débats présidentiels.

Si Joe Biden s’est engagé à accepter le résultat du scrutin, Donald Trump a lui esquivé, se bornant une fois de plus à affirmer sans preuves que le vote par correspondance, qui s’annonce important en raison de la COVID-19, favoriserait des «fraudes».

Le 45e président des États-Unis a peiné, tout au long du débat, à reprendre la main, tentant d’interrompre «Joe» jusqu’à se faire fermement rappeler à l’ordre par l’animateur du débat, le journaliste de Fox News Chris Wallace.

«Êtes-vous pour la loi et l’ordre?», a interrogé le président américain dans un échange particulièrement tendu, où il a accusé son rival d’être otage de ses soutiens au «sein de la gauche radicale».

«La loi et l’ordre avec la justice», a répondu son adversaire démocrate, qui a par moment buté sur les mots mais a évité les gaffes que redoutaient certains dans son camp.

Le milliardaire républicain a aussi tenté d’accuser Joe Biden, issu de l’aile modérée du parti démocrate, de vouloir un système de santé «socialiste» défendu par la gauche radicale.

Le candidat démocrate a lui dénoncé la volonté du locataire de la Maison-Blanche d’installer une juge conservatrice à la Cour suprême juste avant le scrutin du 3 novembre. «Ce qui est en jeu ici, c’est que le président a dit clairement qu’il veut se débarrasser de l’Affordable Care Act», la loi d’assurance-maladie plus connue sous le nom d’Obamacare, a-t-il déploré.

«Nous devrions attendre de voir le résultat de cette élection», a plaidé le candidat démocrate, cravate à fines rayures noires et blanches.

«Nous avons gagné l’élection» de 2016 «et nous avons le droit de le faire», a rétorqué l’ex-magnat de l’immobilier, cravate sombre rayée de rouge.

«Aucun plan» contre la COVID-19

Les deux candidats septuagénaires se sont ensuite écharpés sur le bilan de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis, pays le plus endeuillé au monde avec plus de 205 000 morts.

«Vous n’auriez jamais pu faire le travail que nous avons fait, vous n’avez pas cela dans le sang», a martelé Donald Trump.

«Je sais ce qu’il faut faire» tandis que «le président n’a aucun plan», a répondu Joe Biden.

Coronavirus oblige, et comme prévu, les deux hommes ne se sont pas serré la main mais se sont salués de loin sur la scène de Cleveland, dans l’Ohio, l’un de ces États-clés qui pourrait faire basculer la victoire dans un camp ou dans l’autre le 3 novembre.

Ils faisaient face à un public restreint, avec leurs épouses, Melania Trump et Jill Biden, toutes deux masquées.

Autour du globe, 30 septembre 2020

Nucléaire: Pyongyang continue de violer les sanctions internationales, dénonce l’ONU

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Nucléaire: Pyongyang continue de violer les sanctions internationales, dénonce l’ONU

AFP
Agence France-Presse
SÉOUL — La Corée du Nord viole les sanctions internationales prises pour la contraindre à renoncer au nucléaire, en dépassant ses quotas d’importation d’essence ou au travers de ses ressortissants employés à l’étranger, dénoncent les Nations unies en citant le cas d’un ex-joueur de la Juventus.

Pyongyang est depuis 2017 la cible de multiples trains de sanctions du Conseil de sécurité qui limitent notamment ses importations de produits pétroliers, et lui interdisant aussi d’exporter son charbon, son poisson ou son textile.

Le régime nord-coréen est néanmoins parvenu à continuer de développer ses arsenaux nucléaires et balistiques, selon les experts, tout en multipliant les réunions au sommet avec les présidents américain et sud-coréen Donald Trump et Moon Jae-in.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a affirmé lundi qu’au cours des cinq premiers mois de l’année, Pyongyang avait déjà dépassé son quota annuel d’importation de produits pétroliers raffinés, qui est de 500 000 barils.

Dans un rapport, il a affirmé que les livraisons au régime reclus «dépassaient de loin» le plafond autorisé, en fondant cette affirmation sur «des photographies, des données et des calculs».

«Des bateaux de République populaire et démocratique de Corée et des bateaux battant pavillon étranger poursuivent leurs pratiques élaborées de contournement» pour importer illégalement du pétrole, accusent les experts de l’ONU en citant le nom officiel du régime.

Leur rapport ne dit pas quel pays est à l’origine des exportations illégales vers la Corée du Nord. Mais il précise que ces cargaisons contiennent aussi des voitures de luxe et de l’alcool.

Impasse

La Chine et la Russie, deux alliés clés de Pyongyang, ont balayé ces conclusions en affirmant qu’elles se fondaient «sur des hypothèses et des estimations».

Le rapport accuse le Nord de «continuer à bafouer les résolutions du Conseil de sécurité au travers d’exportations maritimes illégales de charbon, bien que celles-ci aient été temporairement suspendues entre fin janvier et début mars 2020».

Les négociations sur le nucléaire entre le Nord et les États-Unis sont dans une impasse, du fait de désaccords, justement, sur la levée des sanctions et ce que Pyongyang serait prêt à faire en retour.

Les experts du Conseil de sécurité citent par ailleurs le cas du transfert en janvier du footballeur nord-coréen Han Kwang Song de la Juventus vers le club qatari d’Al-Duhail, en affirmant qu’il violait les résolutions interdisant aux Nord-Coréens de travailler à l’étranger.  

«Bien que le panel ait immédiatement contacté l’Italie au sujet du transfert de M. Han, celui-ci n’a pas été annulé», indique le rapport.

L’attaquant de 22 ans était payé environ 607 000 dollars par an par le club turinois entre 2018 et janvier 2020.

Il recevra plus de cinq millions de dollars au cours des cinq années qui viennent à Al-Duhail.

«Le panel a de nouveau fait état auprès du Qatar des résolutions pertinentes relatives à cette affaire», indique ce rapport.

Les sanctions de l’ONU demandaient aux États membres de renvoyer chez eux les Nord-Coréens travaillant à l’étranger. La date butoir pour le faire était décembre 2019.

Les experts indiquent qu’une quarantaine de pays seulement ont rendu leurs rapports sur les mesures d’expulsion de ces Nord-Coréens.

Attaque à Paris: l'assaillant admet avoir menti sur son âge et identité

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Attaque à Paris: l'assaillant admet avoir menti sur son âge et identité

AFP
Agence France-Presse
PARIS — L'auteur présumé de l'attaque au hachoir, vendredi devant les ex-locaux de Charlie Hebdo à Paris, a déclaré mardi avoir en réalité 25 ans et pas 18, et avoir un autre nom que celui indiqué initialement, a annoncé mardi le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard.

Le suspect de cette attaque, qui a fait deux blessés graves, un homme et une femme employés de l'agence de presse Premières Lignes, affirmait initialement s'appeler Hassan Ali et être né en 2002 au Pakistan. Sous cette identité, il avait bénéficié de l'aide sociale à l'enfance à son arrivée en France en 2018.

Confronté à un document pakistanais trouvé dans son téléphone où il s'appelle Zaheer Hassan Mahmoud, «il a reconnu qu'il s'agissait de sa véritable identité et qu'il était âgé de 25 ans», a déclaré Jean-François Ricard lors d'une conférence de presse.

Le procureur a confirmé que le suspect «était totalement inconnu de l'ensemble des services de renseignement» sous ses deux identités.

Cette reconnaissance de ce qui apparaît comme sa véritable identité est intervenue vers la fin de ses 96 heures de garde à vue, entamée vendredi midi après son interpellation place de la Bastille (dans le sud-est de Paris) et terminée mardi en milieu de journée.

Zaheer Hassan Mahmoud doit être présenté mardi à un juge d'instruction en vue sa mise en examen pour «tentatives d'assassinats» terroristes et «association de malfaiteurs terroriste». Le parquet national antiterroriste a requis son placement en détention provisoire.

Outre Zaheer Hassan Mahmoud, dix personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête. Cinq ont été relâchées entre vendredi et lundi, et le procureur national antiterroriste a annoncé mardi que les cinq dernières l'ont également été.

Parmi celles-ci, un Algérien de 33 ans présenté comme le «deuxième suspect» qui avait été placé en garde à vue vendredi midi mais relâché le soir-même. Il a fait «preuve d'un grand courage en tentant d'attraper le mis en cause pour l'arrêter», a noté le procureur.

M. Ricard a confirmé mardi que l'assaillant s'était dit «en colère» après avoir regardé «ces derniers jours des vidéos en provenance du Pakistan» concernant la publication et la republication récente par Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet.

Le procureur a aussi confirmé que l'intéressé avait prémédité son acte: multiples repérages les jours précédant les faits, achat le matin même du hachoir, mais aussi d'un marteau et de bouteilles de white spirit avec le projet d'incendier les locaux de l'hebdomadaire satirique.

En voyant deux personnes devant les anciens locaux, «il a pensé que ces dernières travaill(ai)ent pour (Charlie Hebdo) et a décidé de les attaquer», a affirmé le procureur.

La rédaction de Charlie Hebdo, qui a déménagé dans un lieu secret depuis quatre ans, fait l'objet de nouvelles menaces depuis que cet hebdomadaire satirique a de nouveau publié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, à l'occasion de l'ouverture du procès des complices des auteurs de l'attaque du 7 janvier 2015, lors de laquelle 12 personnes avaient été tuées.

«Il n'est jamais trop tard» pour changer le cours des choses, dit le patron de l'OMS

Monde

«Il n'est jamais trop tard» pour changer le cours des choses, dit le patron de l'OMS

AFP
Agence France-Presse
GENÈVE — «Il n'est jamais trop tard pour changer le cours des choses». C'est le message d'espoir du patron de l'OMS au moment où le nouveau coronavirus a tué plus d'un million de personnes et en infecte deux millions par semaine.

«La leçon la plus importante est toujours la même: quel que soit le stade de l'épidémie dans un pays, il n'est jamais trop tard pour changer le cours des choses», écrit Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dirige la lutte contre la pire pandémie depuis un siècle de son poste de directeur général de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, dans une tribune publiée par le quotidien britannique The Independent.

L'édito a été publié le jour même où l'agence a enregistré le millionième mort d'une épidémie qui a démarré fin décembre en Chine et s'est ensuite répandue en quelques mois dans le monde entier, infectant au passage au moins 33 millions de personnes et les laissant parfois avec de graves séquelles.

«Un million de personnes ont maintenant perdu la vie à cause de la COVID-19 et bien plus encore souffrent à cause de la pandémie», a souligné M. Tedros, tout en mettant aussi en lumière la rapidité sans précédent avec laquelle le monde a réussi à mettre au point des tests et à se mobiliser pour trouver au plus vite des vaccins efficaces et sûrs.

Brexit: les tractations reprennent, sous l'ombre du projet de loi controversé

Affaires

Brexit: les tractations reprennent, sous l'ombre du projet de loi controversé

Clément Zampa
Agence France-Presse
Alice Ritchie
Agence France-Presse
BRUXELLES — L'UE et le Royaume-Uni ont entamé mardi une semaine décisive de négociations sur leur future relation commerciale, le jour même où la Chambre des Communes se prononce sur le très controversé projet de loi britannique qui revient en partie sur l'accord du Brexit.

Les discussions, menées par Michel Barnier côté européen et David Frost côté britannique, ont débuté en milieu de matinée à Bruxelles. Elles doivent s'achever vendredi, en plein sommet européen dans la capitale belge.

Les négociateurs ont pour objectif d'identifier enfin la voie vers un accord, après huit cycles de discussions, depuis mars, aux progrès trop limités.

Il espèrent parvenir au «tunnel» de négociations, ce moment où un accord semble suffisamment proche pour se lancer dans des pourparlers à huis clos en continu.

Le temps presse: le premier ministre britannique Boris Johnson a fixé la date du 15 octobre, jour d'un sommet européen à Bruxelles, pour un accord. Les Européens se sont eux donné jusqu'à fin octobre.

Faute d'accord, le Brexit -officiel depuis le 31 janvier mais qui ne sera pleinement effectif que le 1er janvier 2021- viendrait ébranler un peu plus des économies déjà fragilisées par la pandémie de COVID-19.

«Il n'y a aucune garantie pour le "tunnel"», affirme un diplomate européen. «Le Royaume-Uni devra d'abord montrer qu'il est prêt à s'engager» sur les sujets fondamentaux encore en suspens, notamment les aides d'État et la pêche.

Ce neuvième cycle de discussion -le dernier pour l'instant inscrit à l'agenda- se déroule dans un contexte tendu: la Chambre des Communes doit se prononcer vers 21H00 en troisième lecture sur le projet de loi britannique qui revient en partie sur l'accord encadrant son départ et provoque l'ire des Européens.

Il devrait être approuvé sans difficulté, avant d'être soumis à l'examen de la Chambre des Lords.

Le texte revient sur certaines dispositions pour la province britannique d'Irlande du Nord, prévues afin d'éviter le retour d'une frontière avec la République d'Irlande, un garde-fou jugé essentiel au maintien de la paix sur l'île.

«Trop stricte»

Furieuse de ce revirement, qui enfreindrait de l'aveu même du gouvernement britannique le droit international, l'UE avait donné au Royaume-Uni jusqu'à la fin du mois -c'est-à-dire mercredi- pour retirer son projet, sous peine d'un recours en justice.

Londres a déjà rejeté cet ultimatum et «clairement» réitéré lundi, lors d'une réunion à Bruxelles entre le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, et le ministre d'État britannique Michael Gove, «que les mesures (controversées) ne seraient pas retirées», selon un communiqué du gouvernement.

«Nous maintenons que le projet de loi, s'il est adopté dans sa forme actuelle, constituerait une violation extrêmement grave» du droit international, a répondu lundi M. Sefcovic.

Le Slovaque a cependant exclu que le sujet puisse torpiller les discussions commerciales: «Jamais ce ne sera l'UE qui provoquera la fin des négociations sur le futur partenariat.»

Les pourparlers commerciaux butent toujours sur plusieurs sujets sensibles, comme la «gouvernance» du futur accord, ou encore l'éternelle question des garanties exigées par l'UE en matière fiscale, sociale, environnementale et surtout d'aides d'État, pour éviter de voir surgir de l'autre côté de la Manche une économie dérégulée, qui la concurrencerait de manière déloyale.

Un accord doit également être trouvé sur la pêche, un sujet particulièrement explosif pour une poignée d'États membres comme la France, mais aussi l'Espagne, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, qui espèrent un statu quo dans l'accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques, très poissonneuses.

Plusieurs diplomates d'autres États membres -qui n'ont aucun intérêt pour ce sujet- jugent cependant l'UE "trop stricte" sur la pêche, qu'ils imaginent comme une possible variable d'ajustement avec le Royaume-Uni.

«Le partenariat sera approuvé à l'unanimité. Nous devons donc tenir compte des intérêts différents des autres États membres et faire preuve de solidarité. Cela étant dit, l'UE doit être réaliste...», souligne l'un d'eux.

Un autre a démenti «toute tension et toute division» entre les 27.

Un an après la révolte d'octobre, qu'est-ce qui a changé en Irak?

Monde

Un an après la révolte d'octobre, qu'est-ce qui a changé en Irak?

Maya Gebeily
Agence France-Presse
Sarah Benhaida
Agence France-Presse
BAGDAD — En octobre 2019, ils réclamaient la chute d'un système pour eux à bout de souffle. Un an et près de 600 morts plus tard, les manifestants n'ont rien vu changer en Irak qui s'enfonce dans le marasme politique et économique.

Ils sont sortis le 1er octobre 2019 contre la corruption, les hommes politiques «vendus» selon eux à l'Iran ou aux États-Unis, l'absence de services publics, le chômage des jeunes...

Même si Moustafa al-Kazimi a remplacé Adel Abdel Mahdi, dont le gouvernement est tombé sous la pression du mouvement de contestation inédit, aucune réforme n'a été engagée.

La chute des prix du brut a encore fait fondre le budget public et aucun politicien n'a été arrêté pour corruption, bien qu'un tiers des revenus du pétrole, seule source de devises du pays, y soit déjà passé. Pire encore, les meurtriers et ravisseurs de militants n'ont jamais été inquiétés.

Quotidiennes et importantes pendant des mois, les manifestations sont devenues rares après l'assassinat par les États-Unis en janvier à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani et ont cessé après l'épidémie du coronavirus. Mais elles pourraient reprendre.

Malgré l'arrêt de la contestation marquée par des violences sanglantes, le gouvernement Kazimi assure n'avoir qu'un seul donneur d'ordre : le peuple. Et renvoie la balle dans le camp des députés, les politiciens les plus honnis.

30 minutes chrono: une machine chinoise bouscule les tests COVID

Monde

30 minutes chrono: une machine chinoise bouscule les tests COVID

Ludovic Ehret
Agence France-Presse
PÉKIN — Dépister le nouveau coronavirus en seulement 30 minutes: une entreprise chinoise produit la machine «la plus rapide du monde» pour les tests virologiques PCR et compte conquérir l'Europe et l'Amérique.

Dans un laboratoire de Pékin, une laborantine en blouse rose saisit un échantillon prélevé dans les voies respiratoires, l'additionne de réactifs, et l'introduit dans un appareil noir et blanc de la taille d'une imprimante.

Cette machine nommée «Flash 20», d'un coût de 300 000 yuans (60 000 $), détecte la présence ou non du nouveau coronavirus. Elle rend en une demi-heure son verdict, que la personne testée reçoit directement sur un téléphone intelligent.

«Elle peut être utile aux hôpitaux pour les urgences. Par exemple lorsqu'un blessé doit subir une opération. On peut déterminer rapidement s'il est infecté ou non», explique à l'AFP Sabrina Li, pdg et fondatrice de l'entreprise Coyote.

«C'est actuellement la machine la plus rapide du monde pour les tests PCR du nouveau coronavirus», assure cette ex-étudiante aux États-Unis de 38 ans, qui a fondé cette compagnie de biotechnologie en 2009.

Autour du globe, 29 septembre 2020

Ruée mondiale sur les tests rapides pour lutter contre le coronavirus

COVID-19

Ruée mondiale sur les tests rapides pour lutter contre le coronavirus

Agence France-Presse
GENÈVE — Le développement des tests rapides pour détecter la COVID-19 a déclenché une ruée mondiale: Donald Trump en a annoncé la distribution de 150 millions aux États-Unis et l’OMS en a promis 120 millions aux pays pauvres, mais à condition de trouver les fonds.

Alors que la pandémie a fait plus d’un million de morts dans le monde, de nombreux experts en santé publique militent depuis des mois pour l’utilisation de ces tests dits antigéniques, peu coûteux, comparables aux tests de grossesse et dont le résultat s’obtient en 15 minutes, contre plusieurs jours pour un test classique.

Les célèbres vignobles de la Napa Valley en proie aux flammes

Monde

Les célèbres vignobles de la Napa Valley en proie aux flammes

Samuel Corum
Agence France-Presse
Glenn Chapman
Agence France-Presse
Laurent BANGUET
Agence France-Presse
SANTA ROSA — Attisés par des vents violents, des incendies dévastaient lundi les célèbres vignobles de la Napa Valley dans le nord-ouest de la Californie, en proie à une nouvelle vague de chaleur et où des dizaines de milliers de personnes ont dû évacuer leurs logements au beau milieu de la nuit.

Plus au nord, dans une zone boisée et escarpée du comté de Shasta, le Zogg Fire, qui s’est lui aussi déclaré dimanche, a fait trois morts et continuait à se propager lundi soir.

Ciel incandescent, arbres et vignes calcinés, maisons ravagées par les flammes: le brasier nommé Glass Fire a de son côté brûlé près de 4500 hectares dans le comté de Napa, l’une des zones de production de vin les plus prestigieuses des États-Unis.

Certains domaines viticoles sont partis en fumée, comme le Chateau Boswell dans la ville de St. Helena. Le domaine de Newton Vineyard, qui appartient au groupe LVMH, a lui aussi été touché. «Alors que le Glass Fire continue de se propager, c’est avec tristesse que nous vous informons que le domaine et les vignes de Newton Estate ont été touchées de manière significative», a annoncé le domaine sur son compte Instagram, soulignant que tous les employés avaient pu être mis à l’abri à temps.

Quelque 34 000 personnes avaient reçu l’ordre d’évacuer lundi et 14 000 autres devaient se tenir prêtes.

En pleine nuit, 4500 habitants d’une zone résidentielle pour personnes âgées du comté viticole de Sonoma, voisin de celui de Napa et menacé par un autre feu nommé Shady Fire, avaient ainsi dû embarquer dans des autobus municipaux afin d’être transportés en lieu sûr.

Résidente de St. Helena, Susan Fielder a eu les larmes aux yeux lorsqu’elle a roulé pour rejoindre un refuge de Napa, laissant derrière elle sa maison en emportant seulement un petit sac et une photo de ses grands-parents.

«Ce matin, je me disais: “Qu’est-ce que tu vas faire si tu perds tout?”» confie-t-elle à l’AFP. Elle a pu retrouver sa maison, intacte, mais recouverte d’une couche de cendres, à la mi-journée.

Drapeau rouge

De nombreux habitants de la zone, traumatisés par les incendies qui ont déjà ravagé la région ces dernières années, sont eux aussi partis en catastrophe dans l’obscurité.

«On pouvait voir les flammes monter dans le ciel toute la nuit», lâche CeeBee Thompson, une habitante de Calistoga, qui n’a pas fermé l’œil. Plusieurs quartiers de la ville ont été évacués et Mme Thompson n’attend plus que le signal du départ. «Les deux voitures sont prêtes, la seule chose qui reste à charger, ce sont les chats», explique-t-elle à l’AFP.

Les comtés de Napa et Sonoma avaient déjà été frappés par des feux dévastateurs en 2017, faisant au total 44 morts et détruisant plusieurs milliers de bâtiments.

Les services météo avaient hissé le «drapeau rouge» pour les risques d’incendie sur cette partie de la Californie en raison d’une vague de chaleur et de vents secs créant les conditions idéales pour des départs de feux.

«Ces vents vont commencer à faiblir dans l’après-midi et se stabiliser, ce qui devrait nous aider dans nos efforts», a déclaré le gouverneur Gavin Newsom, appelant la population à la prudence et à suivre scrupuleusement les consignes des secours.

Dans le nord-est de la Californie, le comté de Butte déjà fortement touché par des incendies multiples depuis la mi-août a été contraint de mettre en œuvre de nouvelles évacuations dimanche soir près de la petite ville de Paradise. La région avait été ravagée par l’un des incendies les plus meurtriers de l’histoire de l’État, le Camp Fire, qui avait fait 86 morts en novembre 2018.

Plus de 8100 feux se sont déclarés depuis le début de la saison, parcourant 1,5 million d’hectares au total, ont indiqué les pompiers de Californie.

Selon le consensus scientifique, l’ampleur exceptionnelle de ces feux est liée au changement climatique, qui aggrave une sécheresse chronique et provoque des conditions météorologiques extrêmes.

Dans la Napa Valley, Susan Fielder n’a d’ailleurs aucune intention de déballer son sac d’urgence avant le mois de novembre et le retour des pluies. «Je resterai jusqu’à ce que quelqu’un frappe à ma porte et me dise que je dois partir», dit-elle.

Brexit: «un accord est possible», selon la présidente de la Commission

Monde

Brexit: «un accord est possible», selon la présidente de la Commission

Agence France-Presse
LISBONNE — Un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur le Brexit reste «possible» malgré leurs positions très éloignées au début d’une semaine de négociations décisives, a déclaré lundi la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen.

«Nous voulons un accord et je suis toujours convaincue qu’un accord est possible», a-t-elle affirmé à Lisbonne, à l’issue d’un entretien avec le premier ministre portugais Antonio Costa.

La cadre de Huawei, Meng Wanzhou, accuse les États-Unis d’avoir sciemment trompé le Canada

Monde

La cadre de Huawei, Meng Wanzhou, accuse les États-Unis d’avoir sciemment trompé le Canada

Agence France-Presse
VANCOUVER — La procédure d’extradition vers les États-Unis d’une cadre de Huawei a repris lundi devant un tribunal canadien, ses avocats accusant la justice américaine d’avoir «trompé de façon flagrante» le Canada sur ses crimes présumés dans le but d’obtenir son arrestation.

Masque sur le visage, boîtier électronique bien visible sur sa cheville gauche, Meng Wanzhou a assisté en personne à la première journée d’audience devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, pour la première fois depuis le début de la pandémie.

Mort de Breonna Taylor: le policier inculpé plaide non coupable

Monde

Mort de Breonna Taylor: le policier inculpé plaide non coupable

Agence France-Presse
WASHINGTON — L’ancien policier inculpé après la mort de Breonna Taylor, une jeune Afro-Américaine tuée lors d’une perquisition en mars à Louisville, dans le Kentucky, a plaidé lundi non coupable des trois chefs d’inculpation qui pèsent contre lui.

Aucun des trois policiers ayant fait feu lors de l’opération n’a été inculpé pour la mort de la jeune femme.

L’ex-directeur de campagne de Trump, hospitalisé, avait 10 armes à feu chez lui

Monde

L’ex-directeur de campagne de Trump, hospitalisé, avait 10 armes à feu chez lui

Agence France-Presse
MIAMI — L’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Brad Parscale, détenait 10 armes à feu chez lui en Floride, ont rapporté lundi des médias américains, au lendemain de son hospitalisation forcée déclenchée par un appel de sa femme, qui a déclaré qu’il menaçait de se suicider et qu’il la frappait.

M. Parscale a été remplacé à son poste en juillet, quatre mois avant l’élection présidentielle, alors que Donald Trump était en baisse dans les sondages.

Attaque à Paris : l’identité réelle de l’assaillant au cœur de l’enquête

Monde

Attaque à Paris : l’identité réelle de l’assaillant au cœur de l’enquête

Alexandre Hielard
Agence France-Presse
PARIS — Trois jours après l’attaque au hachoir à Paris près de l’ancien siège du magazine satirique Charlie Hebdo, les enquêteurs tentaient lundi de faire la lumière sur la véritable identité de l’assaillant, qui s’est présenté jusqu’à présent comme un Pakistanais de 18 ans.

Cet homme, qui a reconnu avoir blessé grièvement vendredi deux salariés de l’agence de presse Premières Lignes en pensant s’en prendre à des journalistes de Charlie Hebdo, se présente comme Hassan A., âgé de 18 ans, né à Mandi Bahauddin, une ville du Pendjab, au Pakistan.

Cette identité correspond à celle d’un jeune homme entré en France encore mineur, il y a trois ans. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en région parisienne jusqu’à sa majorité en août, il ne présentait «aucun signe de radicalisation», selon les autorités locales.

Il n’était pas connu non plus par les services spécialisés, n’étant inscrit dans aucune base de données des renseignements.

C’est en analysant son téléphone portable que les policiers de la brigade criminelle et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), chargés de l’enquête sous l’autorité du parquet national antiterroriste (Pnat), ont mis la main sur une photo d’une pièce d’identité.

Selon ce document, Hassan A. s’appellerait en réalité «Zaheer Hassan Mahmoud» et aurait 25 ans, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier, confirmant une information du quotidien Le Monde.

C’est sous cette identité que s’est présenté l’homme dans une vidéo de revendication enregistrée avant l’attaque et authentifiée par les enquêteurs, selon une source proche du dossier.

Dans ce document de deux minutes, qui a circulé durant le week-end sur les réseaux sociaux, l’assaillant revendique son geste à venir, sans faire allégeance à une quelconque organisation, et l’explique par «les caricatures du prophète Mohammed qui ont été faites».

Il dit venir de Kothli Kazi, un village du district agricole de Mandi du Pendjab.

L’homme n’aurait pas supporté la republication par Charlie Hebdo de caricatures du prophète Mahomet, déjà à l’origine de la sanglante attaque jihadiste qui avait décimé la rédaction du journal en janvier 2015. Charlie les a republiées à la veille de l’ouverture du procès de cet attentat, début septembre.

«Aujourd’hui, vendredi 25 septembre, je vais les condamner», ajoute l’agresseur dans la vidéo, revendiquant avoir pour «guide» le mollah Ilyas Qadri, chef de file du Dawat-e-Islami, un groupe religieux apolitique et non-violent d’inspiration soufie, basé au Pakistan.

Le blasphème est une question brûlante au Pakistan, où même des allégations non prouvées d’offense à l’islam peuvent entraîner assassinats et lynchages. Il est passible de la peine de mort, même si aucun condamné n’a jusqu’à présent été légalement exécuté.

Contacté par téléphone par l’AFP, son père Arshad Mahmuod s’est dit «très heureux» et «très fier» des actes de son fils, arrivé selon lui en France il y a deux ans, qui a «protégé l’honneur du Prophète». «Le village tout entier est venu me féliciter», d’après lui.

Téléphones portables saisis

Des perquisitions dans deux des domiciles présumés de cet homme présenté comme «itinérant» -dans un hôtel social à Cergy-Pontoise et un appartement de Pantin, près de Paris-, ont permis la saisie de matériel, notamment des téléphones portables, dont l’analyse pourrait permettre d’en savoir davantage sur son parcours avant son arrivée en France en 2018.

La garde à vue de l’assaillant, qui parle mal le français et est assisté d’un interprète en ourdou, a été prolongée de 48 heures dimanche, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Bien que «tout laisse à penser qu’il a agi seul», selon une source proche du dossier, cinq autres gardes à vue étaient encore en cours lundi : trois anciens colocataires du principal suspect dans son appartement de Pantin, son jeune frère et une connaissance.

Cinq autres personnes ont déjà été libérées, dont «Youssef», dès vendredi soir. Cet homme de 33 ans, initialement considéré comme suspect, a raconté à des médias comment il s’est retrouvé en garde à vue, alors qu’il avait en réalité tenté d’arrêter l’attaquant : «Je voulais être un héros, je me suis retrouvé derrière les barreaux».

Le président Emmanuel Macron a rappelé lundi que «la menace terroriste est toujours persistante dans notre pays» et s’est dit prêt à «réinterroger» un «certain nombre de dispositifs», a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Millionième mort du coronavirus : émotion à l’épicentre Wuhan

COVID-19

Millionième mort du coronavirus : émotion à l’épicentre Wuhan

Matthew Knight
Agence France-Presse
WUHAN — «Je n’avais pas imaginé un bilan aussi lourd» : le millionième mort mondial de la COVID-19 recensé lundi inspire tristesse et incrédulité aux habitants de Wuhan, neuf mois après l’émergence du virus dans la ville chinoise.

Si beaucoup sont fiers de la résilience de leur métropole et du combat réussi de la Chine contre le coronavirus, ils constatent également avec peine que le pathogène continue sa propagation meurtrière ailleurs sur la planète.

«Un million de morts, c’est peu rapporté à la population mondiale. Mais c’est autant de vies perdues, de gens qui avaient une famille», déclare à l’AFP Hu Lingquan, un Wuhanais qui travaille dans la recherche scientifique.

La COVID-19 est endigué en Chine, grâce à de stricts confinements et quarantaines, au port du masque, ou encore au suivi des cas contacts grâce aux données personnelles via les téléphones portables.

Résultat : le pays ne fait plus état chaque jour que d’une poignée de nouveaux malades. Et la vie quotidienne a déjà repris depuis plusieurs mois dans tout le pays, Wuhan compris.

Main dans la main avec leurs parents, les  écoliers de la ville se sont ainsi rendus comme d’habitude lundi matin dans leur établissement, au milieu des rues embouteillées.

Piscine bondée

Alors que l’Europe vit sous la menace des confinements et des fermetures de restaurants, l’économie chinoise rebondit : les usines fonctionnent à plein régime, les consommateurs reviennent dans les magasins et le tourisme a repris.

Et si Wuhan a été le premier endroit du monde frappé par le coronavirus en décembre, il a aussi été l’un des premiers à s’en débarrasser. Des images d’une fête techno organisée en août dans une piscine bondée ont ainsi stupéfié le monde.

Certains pays, les États-Unis du président Donald Trump en tête, demandent depuis plusieurs mois des comptes à la Chine, dénonçant sa mauvaise gestion du virus, responsable selon lui de sa propagation ailleurs dans le monde.

De son côté, Pékin remet en cause l’origine chinoise du coronavirus. Et souligne qu’en l’absence de preuve scientifique, le pathogène a très bien pu venir d’ailleurs avant d’exploser à Wuhan.

Le virus a durement frappé la ville (11 millions d’habitants), avec officiellement 50 340 malades et 3869 morts — soit plus de 80 % du bilan national.

«Très mal géré»

Mais les autorités n’y ont fait état d’aucun nouveau cas depuis mai. Et beaucoup de Wuhanais s’interrogent face à la stratégie des autres pays.

«Du point de vue chinois, ils ont très mal géré la crise», estime Hu Lingquan. «Ils n’ont peut-être jamais vraiment réalisé à quel point l’épidémie était grave.»

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu que le nombre de morts dans le monde continuerait de grimper jusqu’à une campagne de vaccination massive.

«Au début de l’épidémie, je n’avais pas imaginé un bilan aussi lourd», déclare à l’AFP Guo Jing, une autre habitante de Wuhan.

Mais dans cette ville désormais connue dans le monde entier à cause de la COVID-19, c’est l’insouciance qui prédomine aujourd’hui.

Beaucoup de passants n’avaient plus de masques lundi, ou bien le portaient sous le menton. Et les habitants prenaient d’assaut les quartiers commerçants avant la longue semaine de vacances (1er-8 octobre) de la fête nationale.

«Wuhan a pris un nouveau départ», déclare à l’AFP An An, une Wuhanaise qui travaille dans les médias. «La vie a retrouvé sa saveur d’avant.»

Autour du globe, 28 septembre 2020

COVID-19: la planète franchit la barre du million de morts

Monde

COVID-19: la planète franchit la barre du million de morts

Agence France-Presse
PARIS — La pandémie de COVID-19, qui a démarré à la fin 2019 en Chine avant de se répandre dans le monde entier, a franchi dimanche la barre du million de morts, selon un décompte de l’AFP. 

«Un million est un nombre terrible», a déclaré dès vendredi le directeur des Situations d’urgence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Michael Ryan, estimant un doublement «très probable». 

Les perspectives sont sombres, en effet, avec une courbe qui repart à la hausse en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, renforçant la crainte d’une seconde vague.  

Et on ne peut pas «sauver les gens aujourd’hui simplement en priant ou en travaillant sur des vaccins qui ne viendront que plus tard», a prévenu vendredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Patinoire transformée en morgue

Cinq vaccins (trois occidentaux et deux chinois) sont en phase 3 de tests. Un candidat-vaccin russe, Spoutnik V, a donné des résultats préliminaires encourageants. 

Mais ces recherches ne peuvent pour l’instant pas prendre de vitesse le virus. 

Le 11 mars, lorsque l’OMS déclare que le coronavirus est une «pandémie», 30 pays et territoires recensent 4500 morts, dont les deux tiers en Chine, mais l’Italie (800 morts) et l’Iran (300 morts) voient leur nombre de décès s’envoler. 

En Italie, premier pays hors la Chine à confiner sa population, les témoignages de médecins exténués, expliquant que face à l’afflux de malades ils doivent choisir qui soigner «comme dans les situations de guerre», créent une onde de choc. 

L’épidémie flambe en Espagne, qui devient le deuxième pays le plus touché d’Europe. À Madrid, une patinoire est transformée en morgue. 

En Équateur, des cadavres en décomposition jonchent les rues de Guayaquil, deuxième ville du pays. Une force spéciale est créée pour les enlever.

«Désordre, débâcle, rébellion»: Boris Johnson jugé par les siens

Monde

«Désordre, débâcle, rébellion»: Boris Johnson jugé par les siens

Jitendra Joshi
Agence France-Presse
LONDRES — Retour de la COVID-19, difficiles négociations post-Brexit, économie en péril, sondages : la période est particulièrement tumultueuse pour le premier ministre britannique Boris Johnson, accusé dans son propre camp d’être dogmatique et sans énergie.

Comme tous les dirigeants mondiaux, Boris Johnson est mis à rude épreuve par la pandémie, mais sa résurgence au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe avec près de 42 000 morts, couplée aux craintes d’une sortie de l’UE sans accord au 31 décembre, ont semé la révolte parmi ses pairs conservateurs, qui l’accusent de gouverner par diktats. 

Si la pandémie explique les mesures d’urgence, le gouvernement a eu en revanche largement le temps de se préparer à la vie hors de l’UE. 

Mais Boris Johnson a choisi de remettre en cause l’accord de Brexit conclu avec Bruxelles via un projet de loi qui permet de retoucher certaines de ses dispositions, un revirement qui viole le droit international et a provoqué une rébellion chez les Tories. 

Le gouvernement a réussi à calmer le mécontentement en atténuant son projet, mais il donne toujours au Parlement le droit de modifier l’accord conclu avec l’UE. 

Alors que «Bojo» dispose d’une confortable majorité de 80 sièges à la Chambre des communes, entre 40 et 60 conservateurs menacent en outre de ne pas voter le renouvellement des pouvoirs exceptionnels accordés au gouvernement pour gérer l’épidémie.  

Un changement d’atmosphère radical par rapport à l’année dernière, quand Johnson avait été adoubé leader du Parti conservateur, avant de décrocher une victoire historique aux élections législatives en décembre. 

Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Johnson, un sondage a donné dimanche l’opposition travailliste en tête, avec trois points d’avance sur les Tories. 

«Dogmatique» 

Si les conservateurs avaient choisi Johnson, ce n’était de toute façon pas parce qu’ils le pensaient taillé pour être un «bon premier ministre», dit à l’AFP le professeur en politique Tim Bale, de la Queen Mary University of London, mais «parce qu’ils voulaient à tout prix remporter les élections». Avec l’espoir qu’il finirait par habiter le rôle. «Ils craignent à présent que ce ne soit pas le cas», selon lui. 

Même la presse britannique, qui lui est habituellement largement favorable, lui reproche ses dernières décisions. Boris Johnson préside au «désordre, à la débâcle, à la rébellion, à la volte-face et à la confusion», a jugé, acerbe, The Spectator, dont il fut rédacteur en chef. 

Certains conservateurs sont allés jusqu’à s’inquiéter des effets à long terme du coronavirus, dont le premier ministre a failli mourir en avril, qui aurait altéré ses capacités. «Quelle qu’en soit la cause, il est devenu dogmatique et opposé au débat», a estimé le tabloïd Daily Mail. 

«Il n’est plus apte à être premier ministre et devrait se retirer sitôt le Brexit terminé», tranche dans les colonnes du Spectator Toby Young, pourtant fervent partisan de Johnson. 

Crise au Liban: Macron fustige la «trahison» des autorités

Monde

Crise au Liban: Macron fustige la «trahison» des autorités

Didier Lauras
Agence France-Presse
Bachir El Khoury
Agence France-Presse
PARIS — Le président français Emmanuel Macron a fustigé dimanche la «trahison» de la classe politique libanaise, au lendemain de l’échec d’une tentative de former un gouvernement dans ce pays plus que jamais en crise et à l’arrêt.

«J’ai honte» pour les dirigeants libanais, a lancé le président français sur un ton grave et tendu, lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte à l’Élysée.