Monde

La première année du président Trump en 12 citations

MONTRÉAL - Le président américain Donald Trump célèbre samedi sa première année au pouvoir, qui n’a laissé personne indifférent. Le président très volubile a fait plusieurs déclarations fracassantes depuis qu’il est à la tête des États-Unis, que ce soit dans des discours ou sur son média préféré, Twitter.

Voici 12 citations de M. Trump qui représentent bien chaque mois de cette première année à la Maison-Blanche.

20 janvier

1- «Nous devons protéger nos frontières des ravages que les autres pays font, en volant nos entreprises et en détruisant nos emplois. La protection mènera à une grande prospérité et à la force. Je vais me battre pour vous avec chaque souffle de mon corps et je ne vous laisserai jamais, jamais tomber.»

Cette citation est tirée du tout premier discours qu’a livré Donald Trump en tant que président des États-Unis après avoir prêté serment, le 20 janvier 2017. Plusieurs ont critiqué le ton très sombre de cette allocution, que les présidents ont généralement utilisée pour lancer un message d’espoir aux Américains. Et sa déclaration a donné une indication sur plusieurs décisions que le président a prises par la suite, à commencer par le retrait du Partenariat transpacifique, qui a été annoncé deux jours plus tard. «C’est un discours qui offrait une vision très pessimiste du présent, mais il y avait quand même une certaine idée que des temps meilleurs étaient à venir», a analysé Christophe Cloutier-Roy, chercheur à l’Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM.

28 février

2- «Je demande à tous les citoyens de croire à ce renouvellement de l’esprit américain. Je demande à tous les membres du Congrès de se joindre à moi pour rêver grand et d’être audacieux pour notre pays. Et je demande à tout le monde qui regarde ce soir de profiter de ce moment et de croire en vous. De croire en votre avenir. Et croyez, une fois de plus, à l’Amérique.»

Cette phrase provient de l’un des discours les plus unificateurs de Donald Trump, qu’il a livré en février devant les deux chambres du Congrès. «Il est devenu président des États-Unis à ce moment, point», avait déclaré le commentateur politique du réseau CNN Van Jones, qui n’a pas l’habitude de couvrir d’éloges M. Trump. Le président avait rendu également un hommage émouvant à un membre des Marines, William Owens, qui était mort quelques jours plus tôt dans une opération militaire au Yémen. Sa veuve, Carryn, était présente dans la salle et pleurait à chaudes larmes pendant que M. Trump parlait des exploits de son mari. «C’est peut-être le dernier moment dans sa présidence jusqu’à maintenant où il s’est dit que peut-être il allait faire un pivot et devenir un président comme les autres», a suggéré M. Cloutier-Roy.

2 mars

3- «Toute cette histoire est une façon pour les démocrates de se sauver la face pour avoir perdu une élection que tout le monde pensait qu’ils allaient gagner. Les démocrates vont trop loin. Ils ont perdu l’élection, et maintenant ils perdent leur sens de la réalité. La vraie histoire, c’est toutes les fuites illégales d’informations classifiées et autres. C’est toute une «chasse aux sorcières»!» 

Le président Trump réagissait dans cette série de micromessages à la décision de son procureur général, Jeff Sessions, qui s’est récusé de l’enquête sur la Russie, ce qui a mené à la nomination d’un procureur spécial. On retrouve dans ces messages des propos qu’il répétera souvent sur Twitter et devant les journalistes pendant l’année lorsqu’il sera question des enquêtes sur les liens présumés entre son équipe de campagne et la Russie, et sur l’ingérence de Moscou dans l’élection présidentielle. M. Trump martèle que les démocrates utilisent ces enquêtes pour justifier leur défaite, ce que nient les principaux intéressés.

5 avril

4- «Je vais vous dire que cette attaque contre des enfants hier a eu un grand impact sur moi - un grand impact. Mon attitude sur la Syrie et (Bachar El) Assad a beaucoup changé. On parle d’une toute nouvelle dimension.» 

Donald Trump s’exprimait au lendemain d’une attaque chimique en Syrie qui a fait des dizaines de morts, dont des enfants. Après cette déclaration du président, les États-Unis ont montré du doigt le régime de Bachar El-Assad et ont riposté en attaquant une base aérienne du gouvernement syrien. Cette intervention d’une administration habituellement isolationniste était contestée par la frange plus radicale des partisans de Donald Trump. Sur les réseaux sociaux, certains se disaient «trahis» par le président. Selon le magazine «New Yorker», cette décision du président démontrait que l’ultraconservateur Steve Bannon commençait à perdre de son influence sur M. Trump. M. Bannon a quitté l’administration quelques mois plus tard.

12 mai

5- «James Comey doit espérer qu’il n’y a pas «d’enregistrements» de nos conversations avant qu’il commence à couler des informations à la presse!» 

Donald Trump a lancé cette déclaration quelques jours après avoir pris la décision de relever de ses fonctions l’ancien directeur de la police fédérale (FBI), James Comey. C’est que ce dernier menait une enquête sur l’ingérence de la Russie dans la dernière élection présidentielle, et selon son récit, le président lui aurait dit qu’il «espérait qu’il pouvait laisser tomber» la partie sur son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Les journalistes ont cherché les fameux enregistrements dont a parlé le président, qui a finalement admis qu’ils n’existaient pas. La décision de Donald Trump a été critiquée par les démocrates et plusieurs républicains. Certains analystes ont comparé cet événement à la décision de l’ancien président Richard Nixon qui avait congédié un procureur spécial dans la foulée du scandale du Watergate. James Comey s’apprête à lancer en mai prochain un livre dans lequel il exposera sa version des événements.

1er juin

6- «L’accord de Paris (sur le climat) désavantage l’économie des États-Unis afin d’attirer les éloges des capitales étrangères et des militants internationaux qui essaient depuis longtemps de s’enrichir aux dépens de notre pays (...) J’ai été élu pour représenter les électeurs de Pittsburgh, pas de Paris.» 

Le président a abandonné l’accord international malgré les pressions de plusieurs de ses homologues qui avaient tenté de le faire changer d’idée dans des réunions internationales. Au terme d’une rencontre du G7, à la fin du mois de mai, les autres pays n’ont pas réussi à s’entendre avec le président américain. Les États-Unis demeurent à ce jour le seul pays du monde à avoir annoncé leur retrait de l’entente internationale; tous les autres pays l’ont signée ou ont l’intention de le faire. Donald Trump a récemment déclaré qu’il était ouvert à réintégrer l’accord s’il était plus favorable aux États-Unis.

Monde

Mariage à 11 000 m d'altitude pour le pape

IQUIQUE, Chili — Le pape François a conclu jeudi sa visite de trois jours au Chili en célébrant un mariage en plein vol et une messe sur la terre ferme.

Le pape a tout d’abord offert spontanément de marier deux agents de bord du transporteur aérien LATAM, à 11 000 mètres d’altitude, pendant qu’il se rendait à Iquique, une plage populaire du nord du pays qui accueille aussi des dizaines de milliers de migrants attirés par l’économie robuste de la région.

Le pape argentin, qui exhorte souvent les pays riches à ouvrir leurs portes aux migrants et réfugiés, a décrit Iquique comme «une terre de rêves» pour plusieurs nouveaux venus. Il a demandé au Chili de continuer à offrir hospitalité, emplois et justice, surtout aux migrants victimes d’exploitation.

Après sa messe, le pape a rencontré deux victimes de la dictature militaire du Chili. Il a ensuite pris le chemin du Pérou pour la suite de son périple en Amérique du Sud.

Les deux agents de bord, Paula Podesta et Carlos Ciuffardi, s’étaient mariés civilement en 2010, mais leur mariage religieux a été annulé quand un puissant séisme a dévasté le Chili.

M. Ciuffardi a raconté que sa compagne et lui se sont empressés d’accepter quand le pape leur a demandé s’ils voulaient être unis aux yeux de l’Église. La courte cérémonie a été célébrée à bord du Airbus 321.

Monde

Les États-Unis n’ont plus la cote au sein de la population mondiale

WASHINGTON — Un nouveau sondage réalisé à l’échelle mondiale révèle une chute spectaculaire dans l’appréciation du leadership américain sous Donald Trump — et une baisse particulièrement brutale au Canada.

Dans ce sondage annuel, la firme Gallup a demandé aux répondants de 134 pays ce qu’ils pensaient du leadership des États-Unis, de la Chine, de l’Allemagne et de la Russie.

Les États-Unis atteignent cette année un creux historique depuis 2007, alors que seulement 30% des répondants dans le monde approuvent le leadership américain, une baisse de 18 points de pourcentage par rapport à l’année précédente. Depuis 2009, la «cote» des États-Unis se situait toujours entre 40 et 50 %.

Les États-Unis, qui étaient à 48 % l’an dernier, descendent loin derrière l’Allemagne (41 %), le nouveau numéro un mondial, et se classent maintenant entre la Chine et la Russie.

Le sondage révèle une baisse d’appuis généralisée sur le continent américain, mais la grogne est surtout marquée au Canada. Le nombre de répondants canadiens qui approuvent la performance de l’administration américaine a chuté de 40 points de pourcentage en un an; le Panama et le Costa Rica suivent avec une chute d’une trentaine de points, et le Mexique avec une baisse de 28 points.

Les opinions sont encore plus défavorables dans certains pays, notamment au Portugal, qui a enregistré une baisse de 51 points en un an.

Gains

Par contre, les États-Unis connaissent un regain d’appuis de 10 points et plus dans d’autres pays: le Liberia (+17 %), la Macédoine (+15 %), le Bélarus (+11 %) et Israël (+14 %). Le sondage a été mené avant l’annonce du président Trump de déménager l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

La firme américaine Gallup a questionné 1000 personnes soit en personne, soit au téléphone, dans les 134 pays sondés; la marge d’erreur varie de deux à cinq points de pourcentage, selon les pays.

Autour du globe 19 janvier 2018

Monde

La planète a chaud comme jamais auparavant

GENÈVE — Les trois dernières années sont les plus chaudes jamais enregistrées et le rythme du réchauffement planétaire constaté durant cette période est «exceptionnel», a averti jeudi l’ONU.

«Il est désormais confirmé que les années 2015, 2016 et 2017, qui s’inscrivent clairement dans la tendance au réchauffement sur le long terme causée par l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, sont les trois années les plus chaudes jamais enregistrées», a annoncé l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence spécialisée de l’ONU.

Sous l’effet d’un puissant Nino (phénomène connu pour pousser à la hausse la moyenne mondiale des températures qui vient toutes les trois à sept ans affecter températures, courants et précipitations), 2016 se trouve en tête de liste avec 1,2°C de plus qu’à l’époque préindustrielle (l’ONU utilisant la période 1880-1900 comme référence pour les conditions prévalant à l’époque préindustrielle), alors que 2017 décroche le record de l’année sans Nino la plus chaude jamais constatée.

«Ces nouvelles données de température soulignent que le monde se réchauffe rapidement», souligne Dave Reay, professeur à l’université d’Edimbourg, réagissant au rapport.

2015 et 2017 à égalité

D’après les dernières données, l’OMM a constaté que la température moyenne à la surface du globe en 2017 et 2015 dépassait de quelque 1,1 °C celle de l’époque préindustrielle.

Les experts indiquent qu’il est quasiment impossible de départager ces deux années, car la différence de température est inférieure au centième de degré, soit moins que la marge d’erreur statistique.

«Il est bien plus important d’examiner l’évolution à long terme de la température, qui accuse une tendance à la hausse, que d’opérer un classement entre les différentes années», a jugé toutefois le secrétaire général de l’OMM, le Finlandais Petteri Taalas.

«17 des 18 années les plus chaudes appartiennent au XXIe siècle, et le rythme du réchauffement constaté ces trois dernières années est exceptionnel. Ce dernier a été particulièrement marqué dans l’Arctique, ce qui aura des répercussions durables et de grande ampleur sur le niveau de la mer et les régimes météorologiques dans d’autres régions du monde», a-t-il relevé.

L’ONU utilise les données émanant notamment de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA), de l’Administration américaine pour l’aéronautique et l’espace (Nasa), du Centre Hadley du Service météorologique britannique, du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) et du Service météorologique japonais.

Riches et pauvres affectés

D’après les statistiques, la température moyenne en 2017 a dépassé d’environ 0,46°C la normale calculée pour les années 1981 à 2010.

«La température record devrait attirer l’attention des dirigeants mondiaux, y compris du président Trump, sur l’ampleur et l’urgence des risques que les changements climatiques font subir aux populations, riches et pauvres, dans le monde», a estimé Bob Ward, du Grantham Research Institute on Climate Change de Londres.

Donald Trump, sceptique sur la réalité du changement climatique, a retiré les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat estimant qu’il détruirait des emplois industriels.

Avec l’accord de Paris en 2015, la communauté internationale s’est engagée à contenir le réchauffement «bien en deçà» de 2°C.

«Avec la tendance actuelle statistique du réchauffement, on peut déjà prévoir que d’ici 2060, 2070, on pourra atteindre ce seuil», a déclaré aux médias à Genève Omar Baddour, coordinateur scientifique à l’OMM.

Et «si le réchauffement continue à être accéléré par davantage d’émissions de gaz à effet de serre, on pourra aussi atteindre ce seuil probablement bien avant cette date», a-t-il averti.

La hausse des températures ne représente qu’une partie du changement climatique, note l’ONU, soulignant que la chaleur de 2017 s’est accompagnée de conditions météorologiques extrêmes un peu partout dans le monde.

«C’est l’année la plus coûteuse qu’aient connue les États-Unis d’Amérique en termes de catastrophes météorologiques et climatiques, tandis que dans d’autres pays, les cyclones tropicaux, les sécheresses et les inondations ont entraîné un ralentissement voire une régression économique», a fait observer M. Taalas.

Monde

Première en Australie: des nageurs secourus en mer par un drone

SYDNEY - Un drone a pour la première fois jeudi en Australie secouru deux nageurs en difficulté dans l’océan, en leur larguant des équipements de sauvetage.

L’île-continent est un des leaders de l’expérimentation des drones dans le domaine du sauvetage aquatique. Plusieurs dizaines d’engins sont actuellement en phase de test sur diverses plages du pays, en plein été austral.

Jeudi, deux adolescents ont été les premiers à être secourus par un drone, après avoir été emportés et mis en difficulté dans l’eau par une houle de trois mètres au large de Lennox Head en Nouvelles-Galles du Sud, non loin de la frontière avec le Queensland.

Ce sont des plagistes qui ont alerté les nageurs-sauveteurs, lesquelles ont prévenu le pilote du drone.

«J’ai pu le faire décoller, voler et larguer l’équipement de sauvetage en une à deux minutes», a expliqué Jai Sheridan au Gold Coast Bulletin.

«D’habitude, cela prend quelques minutes de plus aux sauveteurs pour atteindre les personnes en difficulté».

Ces drones sont également testés pour repérer les requins s’approchant des côtes. Ils utilisent ainsi les technologies dernier cri pour identifier différents objets dans la mer: intelligence artificielle, milliers d’images et algorithme.

Le logiciel peut faire la différence entre les différents habitants de la mer comme les requins, qu’il identifie avec un taux de réussite de 90%, contre 16% à l’oeil nu.

Les clubs de secours pour les surfeurs sont des institutions sur les côtes australiennes, où vit la majorité de la population. Les secouristes surveillent la mer à l’oeil nu et en cas de danger, ils partent au secours de la personne à bord de canots pneumatiques ou de planches.

Certaines plages australiennes sont équipées de filets antirequins, mais ils ne garantissent pas totalement la sécurité, tout en provoquant d’importants dégâts sur la faune marine, selon une étude gouvernementale qui préconise leur disparition progressive.

Il y a eu plusieurs attaques de squales cette année. D’après les spécialistes, les incidents sont en augmentation à cause de la popularité croissante des sports nautiques et du fait que certaines catégories de poissons se rapprochent des plages. Mais les attaques mortelles sont rares, 47 au cours des 50 dernières années.

Télé et radio

Le brûlot anti-Trump bientôt adapté à la télé

LOS ANGELES — «Fire and Fury: Inside the Trump White House», livre racontant la campagne et la première année de présidence de Donald Trump et qualifié de «bidon» par le chef de l’État, va être adapté à la télévision, ont rapporté plusieurs médias mercredi.

Les droits du livre du journaliste Michael Wolff, portait au vitriol de l’ancien magnat de l’immobilier qui évoque les doutes de son entourage concernant sa capacité à gouverner, ont été vendus à Endeavor Content, selon les journaux Hollywood Reporter et Variety.

Selon ces publications, Michael Wolff lui-même en sera le producteur.

Son livre se veut une compilation de confidences rassemblées auprès du président et d’environ 200 conseillers de M. Trump sur 18 mois pendant la campagne électorale et depuis l’élection du président.

L’auteur affirme notamment que tout son entourage doute de sa capacité à gouverner. Il décrit un Donald Trump totalement incompétent, un chef d’État qui ne lit quasiment rien et passe ses fins de journées reclus dans sa chambre à regarder la télévision, en téléphonant à ses amis pour se plaindre.

Après avoir tenté en vain de faire interdire le livre, Donald Trump l’a qualifié de «tissu de mensonges» et de «bidon», certains membres de son équipe venant à la rescousse et louant au contraire le «génie» du président.

L’équipe dirigeante tente de discréditer Michael Wolff, assurant qu’il n’a jamais interviewé M. Trump à la Maison-Blanche.

Depuis sa sortie aux États-Unis, l’ouvrage est numéro un des ventes sur Amazon. Il a été tiré dès la première semaine à un million d’exemplaires.

Le livre doit être publié en français le 22 février sous le titre Le feu et la fureur: Trump à la Maison-Blanche, par la maison d’édition de renom Robert Laffont.

Monde

L'opposant Navalny accuse Poutine de vouloir devenir «empereur à vie»

MOSCOU — Déclaré inéligible à la présidentielle du 18 mars, l’opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny juge «impossible de reconnaître» une élection visant «de fait à reconduire» Vladimir Poutine qui, selon lui, souhaite devenir «empereur à vie».

À deux mois du scrutin à l’issue duquel le président russe devrait obtenir sauf coup de théâtre un quatrième mandat, le juriste de 41 ans, qui s’est fait un nom en dénonçant la corruption des élites russes, a reçu l’AFP dans son siège de campagne, dans un immeuble de bureaux au sud de Moscou.

«Ces élections ne sont pas des élections et mon rôle va maintenant consister à expliquer que cette procédure, qu’ils qualifient d’élections, consiste de fait à renommer Poutine», a-il assuré, assis en jeans et veste dans son bureau, qui jouxte un petit studio où il enregistre les vidéos pour son blogue.

«Nous allons prouver et convaincre les gens qu’il n’est possible de reconnaître ni ces élections, ni ce pouvoir».

La Commission électorale a rejeté fin décembre la candidature d’Alexeï Navalny, invoquant une condamnation pour détournement de fonds qui vise selon lui à l’éloigner de la politique.

L’opposant a appelé ses partisans à boycotter le scrutin et à manifester dans toute la Russie le 28 janvier.

«Poutine veut être empereur à vie. Son entourage, composé de milliardaires et de gens parmi les plus riches au monde, veut la même chose», a-t-il affirmé.

«Il n’y a actuellement pas de vraies élections et nous exigeons qu’on nous les rende. Une fois que ce sera fait, nous sommes prêts à gagner ces élections», a-t-il assuré. Le pouvoir «le comprend et c’est pour cela qu’on m’a empêché d’être candidat».

Monde

Des falafels redonnent le sourire aux habitants de Raqa détruite et minée

RAQA, Syrie — Au pied d’un immeuble à la façade éventrée de Raqa, un employé confectionne des boulettes de pois chiches qu’il plonge dans l’huile frémissante. Dans l’ex-capitale des jihadistes en Syrie, les habitants peuvent depuis peu déguster les légendaires «Falafels du roi».

Conquis à la mi-octobre par une coalition de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, l’ancien bastion du groupe État islamique (EI) dans le nord syrien tente lentement de revenir à la vie.

«Cela fait bientôt 15 jours qu’on a rouvert. “Les Falafels du roi” sont célèbres ici», se réjouit Ammar Qassab, le propriétaire de ce petit restaurant du centre-ville où se presse la clientèle.

Dévastée par plusieurs mois de combats et de frappes aériennes, la métropole qui comptait autrefois 300 000 habitants est toujours privée d’eau courante et d’électricité.

Malgré les infrastructures ravagées et l’océan de mines enfouies par les jihadistes, plusieurs centaines de familles ont fait le pari du retour, pour reconstruire par leurs propres moyens leur maison détruite.

«Ma joie est indescriptible quand je vois les gens revenir dans la ville et manger ici à nouveau», s’enthousiasme M. Qassab, 33 ans.

Il dit vendre environ 1200 sandwichs par jour, les habitants n’ayant pas toujours une cuisine en état pour préparer leurs repas.

«Plus belle qu’avant»

Un petit attroupement d’hommes et de femmes attendent à l’entrée pour se faire servir. Le restaurant, une institution de la vie culinaire de Raqa depuis 40 ans, est resté ouvert quand les jihadistes se sont emparés de la ville en 2014.

Mais il y a un an, à l’approche des combats, il avait fermé ses portes.

Derrière son comptoir, le propriétaire étale de larges galettes de pain. Il écrase les falafels encore fumants, confectionnés notamment à partir de pois chiches et accompagnés de feuilles de salade et de tomates, avant d’arroser le tout d’une délicieuse sauce à base de sésame.

Sur le trottoir, près des monticules de gravats qui occupent un ancien jardin public, tables et chaises ont été installées pour accueillir les clients qui mordent dans leur sandwich à pleines dents.

«J’avais 10 ans quand je suis venu ici pour la première fois», raconte Issa Ahmed Hassan, attablé devant le restaurant. Il se souvient que sa famille appréciait spécialement le lieu pour son jardin.

Ce quinquagénaire aux cheveux blancs a été chassé de Raqa par l’EI il y a deux ans, comme toute la communauté kurde.

«Beaucoup de gens ne sont pas encore revenus. Si Dieu le veut, la situation va s’améliorer et Raqa va être encore plus belle qu’avant».

«Grands perdants»

Partout dans le centre de Raqa, la vie tente de reprendre ses droits.

Un pick-up transportant des citernes remplies d’eau effectue une tournée. Certains habitants commencent à reconstruire les murs de leurs maisons à l’aide de ciment et de briques de béton. Un vendeur de légumes expose tomates, choux-fleurs et oranges, et chez le boulanger, une longue file d’attente se forme pour l’achat de galettes de pain.

Mais malgré ce semblant de normalité, les habitants ont du mal à contenir leur colère.

«La situation est tragique, ma maison n’est plus qu’une ruine», déplore Abdel Sattar al-Abid, 39 ans, venu reconstruire sa demeure dans la vieille ville, sans attendre les opérations de déminage.

«J’ai risqué ma vie et suis entré sans faire attention aux mines. On vient de commencer les travaux», soupire ce papa de six enfants, dénonçant l’inaction des autorités locales.

«Les citernes nous apportent de l’eau, mais on ne sait même pas d’où elle vient», désespère-t-il.

Imane al-Faraj, 40 ans, est rentrée il y a trois semaines pour retrouver, elle aussi, sa maison en ruine.

«Il ne reste qu’une seule pièce. Je l’ai réparée et installé une porte, et c’est là qu’on habite tous», déplore cette mère de huit enfants, le visage en partie dissimulé par un voile ocre.

Un peu plus loin, un stand improvisé de carburant a fait son apparition, permettant aux habitants de faire fonctionner des chauffages de fortune.

«Nous sommes les grands perdants de cette guerre», lâche Ismaïl Amr, 45 ans, alors qu’il observe sa maison détruite depuis sa moto, le visage couvert de poussière.

«Il ne nous reste plus que destructions, mines, faim et pauvreté. Tout ce qu’on a perdu ne sera jamais remplacé».

Monde

En désaccord avec Trump, presque tout le conseil des parcs nationaux démissionne

WASHINGTON — Presque tous les membres du conseil consultatif des parcs nationaux aux États-Unis ont démissionné pour dénoncer la politique de l’administration Trump, s’estimant incapables de remplir leur mission de protection des sanctuaires historiques et environnementaux.

Le président Tony Knowles, ancien gouverneur de l’Alaska, et huit autres membres de ce conseil bipartisan composé de 12 personnes ont envoyé lundi une lettre commune de démission au ministre des Ressources naturelles, Ryan Zinke, a rapporté mercredi le Washington Post.

«Nos sollicitations pour être impliqués ont été ignorées et les sujets que nous voulions évoquer avec la nouvelle équipe du ministère ne font clairement pas partie de son agenda», explique M. Knowles dans cette lettre citée par le quotidien.

«Je suis profondément inquiet du fait que la mission de gestion, de protection et de développement de nos parcs nationaux ait été mise de côté», a-t-il ajouté.

Le ministère a pris acte de ces démissions, affirmant dans un communiqué au ton amer : «Leurs démissions sont les bienvenues et nous n’attendions rien moins qu’un départ de la part de membres qui ont trouvé cela approprié de fermer les yeux sur le harcèlement sexuel de femmes au sein des parcs nationaux». Le texte ne détaille pas cette allégation et assure que les postes vacants seront rapidement pourvus à «des personnes qui sont vraiment attachées à travailler avec le ministère pour améliorer nos parcs nationaux».

Tony Knowles a aussi exprimé sa frustration dans une interview avec la radio publique de l’Alaska.

«Nous voulions exprimer nos inquiétudes en tant que conseil, par notre démission, parce que nous pensons que leurs (nouvelles politiques) ne reflètent pas une grande partie du public qui soutient le système des parcs nationaux.»

Sur la chaîne CNN mercredi, il a encore expliqué : «Nous voulions nous assurer que les sciences et le changement climatique soient pris en compte. Aucun de ces centres d’intérêt ne semble obtenir l’attention du ministère des Ressources naturelles».

Forages en mer

Le conseil consultatif des parcs nationaux est notamment chargé de conseiller son ministère de tutelle sur la désignation de nouveaux parcs.

Depuis sa prise de fonctions, Ryan Zinke a réduit de façon drastique la taille de parcs nationaux dans l’Utah et annoncé des plans pour étendre les autorisations de forages en mer.

La réforme fiscale approuvée le mois dernier inclut par ailleurs l’ouverture de terres protégées de l’Alaska aux forages pétroliers.