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Monde

Un puissant séisme ressenti du Mexique jusqu’à la Floride

Un puissant séisme de magnitude 7,7 s’est produit mardi dans la mer des Caraïbes entre la Jamaïque et l’est de Cuba, secouant une vaste zone allant du Mexique à la Floride, mais le tremblement de terre ne semble pas avoir fait de victimes ni de dommages importants.

L’épicentre se trouvait à 139 kilomètres au nord-ouest de Montego Bay, en Jamaïque, et à 140 kilomètres à l’ouest-sud-ouest de Niquero, à Cuba, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). La secousse s’est produite à 14h10, heure locale, à seulement dix kilomètres sous la surface. 

Le docteur Enrique Arango Arias, chef du Service national de sismologie de Cuba, a déclaré aux médias officiels qu’aucun dommage ou blessure grave n’avait été signalé. 

Le gouverneur Carlos Joaquín González, de l’État du Quintana Roo du Mexique, où se trouvent notamment Cancún, Tulum et d’autres stations balnéaires populaires, a déclaré que le tremblement de terre avait été ressenti dans plusieurs parties de l’État, mais qu’il n’y avait pas eu de dommages sérieux ni de blessures. 

Le tremblement de terre a été fortement ressenti à Santiago, la plus grande ville de l’est de Cuba, a rapporté Belkis Guerrero, qui travaille dans un centre culturel catholique du centre de Santiago. 

«Nous étions tous assis et nous avons senti les chaises bouger», a-t-elle raconté. «Nous avons entendu le bruit de tout ce qui bougeait autour de nous.»  

Monde

Procès en destitution: les avocats de Trump demandent un acquittement rapide

WASHINGTON — Les avocats de Donald Trump ont appelé mardi le Sénat à acquitter le président américain «aussi vite que possible», malgré les pressions croissantes pour entendre de nouveaux témoins qui pourraient prolonger son procès en destitution.

Les démocrates «vous demandent de limoger à la veille d’une élection un président qui connaît le succès, sans raison et en violation de la Constitution», a lancé aux cent sénateurs Pat Cipollone, l’avocat de la Maison-Blanche.

«Il est temps d’en finir, aussi vite que possible», a-t-il poursuivi en concluant trois jours de plaidoirie largement parasités par les révélations explosives d’un ancien conseiller de la Maison-Blanche.

L’ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton a écrit dans un livre à paraître prochainement que Donald Trump lui avait expliqué ne pas vouloir débloquer une aide militaire destinée à l’Ukraine tant que ce pays n’enquêterait pas sur son rival Joe Biden.

Ces allégations, rendues publiques dimanche soir, ont fait l’effet d’une bombe, car elles touchent au cœur du dossier d’accusation contre le président, jugé pour «abus de pouvoir» et «entrave au travail du Congrès».

Elles ont également renforcé les démocrates, qui réclament depuis des semaines la convocation de plusieurs proches de M. Trump, dont M. Bolton, devant les sénateurs.

L’ancien faucon de la politique étrangère à la Maison-Blanche est «un témoin-clé de la conduite scandaleuse du président», a encore souligné mardi l’élu Adam Schiff, procureur en chef de ce procès au Sénat.

Les 53 sénateurs républicains s’y sont opposés jusqu’ici, mais les révélations de l’ancien conseiller ont fait bouger les lignes.

«Qu’on en finisse» 

Le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell a réuni ses élus en fin de journée pour en discuter et, selon des médias américains, il a reconnu ne pas avoir à l’heure actuelle les 51 voix nécessaires pour empêcher la convocation de nouveaux témoins.

Il lui reste jusqu’à la fin de la semaine pour faire rentrer dans le rang les quelques sénateurs républicains modérés, dont Mitt Romney, Susan Collins ou encore Lisa Murkowski, susceptibles d’apporter leur soutien aux 47 démocrates.

Les deux prochaines journées seront consacrées aux questions des sénateurs. À partir de mercredi après-midi, ils pourront formuler leurs interrogations par écrit et elles seront lues par le chef de la Cour suprême des États-Unis, qui préside les débats.

Ce n’est que vendredi en fin de journée que la question des témoins sera soumise au vote.

Donald Trump et ses partisans espèrent un rejet de la requête démocrate, pour que les élus puissent passer directement au vote final sur la culpabilité du président. La Constitution imposant une majorité des deux tiers pour le destituer (67 voix), il est quasi assuré d’être acquitté.

«Il faut qu’on en finisse. Maintenant», a martelé mardi soir le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du milliardaire. Mais «s’ils veulent avoir des témoins, il y aura beaucoup de témoins», a-t-il ajouté, menaçant de réclamer à son tour la convocation de Joe Biden, ou de son fils Hunter.

«Zone sans-Biden» 

Lors d’un appel téléphonique estival, Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle du 3 novembre, et sur les affaires de son fils dans ce pays gangrené par la corruption.

Les démocrates l’accusent d’avoir tenté de «tricher» pour remporter un second mandat en poussant l’Ukraine à «salir» l’ancien vice-président de Barack Obama, et d’avoir utilisé les moyens de l’État pour arriver à ses fins, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie.

L’hôte de la Maison-Blanche assure «n’avoir rien fait de mal». Ses inquiétudes sur l’étendue de la corruption en Ukraine justifiaient selon lui —à la fois mais distinctement— sa demande d’enquête sur les Biden et le blocage des 400 millions de dollars.

«Sommes-nous dans une zone sans-Biden?» a lancé en écho son avocat Jay Sekulow. «Vous mentionnez quelqu’un, vous exprimez des inquiétudes sur une société et c’est interdit? Vous destituez un président américain pour avoir posé des questions?»

Les avocats de Donald Trump se sont également évertués à convaincre les jurés que le procès n’était motivé que par des «désaccords politiques». Ils ont présenté le milliardaire comme la victime de trois ans d’efforts démocrates pour le discréditer.

Devant une foule de partisans enthousiastes, l’intéressé s’est à nouveau posé mardi soir, lors d’un rassemblement de campagne, en victime d’une «croisade partisane» entamée dès sa déclaration de candidature à la Maison-Blanche. Et il s’est dit convaincu que les Américains lui donneraient raison dans les urnes en novembre.

Monde

Trump dévoile son plan de paix: Netanyahu jubile, colère des Palestiniens

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a dévoilé mardi son plan de paix pour le Proche-Orient qui accorde à l’État hébreu nombre de concessions, parmi lesquelles la reconnaissance de Jérusalem comme «capitale indivisible».

Depuis les salons de la Maison-Blanche, il a vanté, sur une tonalité résolument optimiste, un projet «gagnant-gagnant» pour Israéliens et Palestiniens avec une solution réaliste à «deux États».

Mais il a surtout donné des gages à son «ami» Benjamin Netanyahu, debout tout sourire à ses côtés.

Si le premier ministre israélien a salué «une journée historique», le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a refusé ces derniers mois les offres de dialogue du tempétueux président, a affirmé que le plan ne passerait pas.

«Il est impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem» comme capitale d’un État palestinien, a-t-il lancé.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, a aussi rejeté la proposition américaine.

Mais affichant son optimisme sur le devenir de ce projet «très détaillé», le locataire de la Maison-Blanche a estimé qu’il pouvait permettre de faire «un grand pas vers la paix».

Parmi les nombreux points sensibles de ce plan, figure la reconnaissance de l’annexion par Israël à son territoire des colonies qu’il a implantées en Cisjordanie occupée, en particulier dans la vallée du Jourdain.

Cette zone est «vitale» pour Israël, a martelé M. Netanyahu, tandis que l’ambassadeur des États-Unis David Friedman affirmait que l’État hébreu pouvait annexer ses colonies «sans attendre».

«Dernière chance» 

Un futur État palestinien sur ces tracés serait nettement en-deçà de ce à quoi aspirent les Palestiniens, à savoir la totalité des Territoires occupés depuis 1967 par Israël.

Peu après l’allocution présidentielle, l’ONU a d’ailleurs souligné qu’elle s’en tenait aux frontières définies en 1967.

Le futur État palestinien ne verrait le jour que sous plusieurs conditions, dont «le rejet clair du terrorisme», a souligné Donald Trump, qui a ensuite tweeté une carte des deux États envisagés, avec en particulier un tunnel reliant la Cisjordanie à la bande de Gaza.

Martelant sa conviction que les Palestiniens méritaient «une vie meilleure», Donald Trump leur a aussi lancé une mise en garde. Il a annoncé avoir envoyé une lettre à Mahmoud Abbas l’exhortant à saisir «une chance historique», et peut-être «la dernière», d’obtenir un État indépendant.

«Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel État resterait ouvert et sans développement» de colonies israéliennes «pendant une période de quatre ans», a-t-il précisé.

Selon la Maison-Blanche, le projet propose un État palestinien «démilitarisé».

Jérusalem restera «la capitale indivisible d’Israël», a-t-il par ailleurs assuré, en proposant de créer une capitale de l’État palestinien cantonnée dans des faubourgs de Jérusalem-Est.

Pour Robert Malley, ancien conseiller de Barack Obama et président de l’International Crisis Group, le message adressé aux Palestiniens est clair et sans nuances : «Vous avez perdu, il va falloir vous y habituer».

Autour du globe, 29 janvier 2020

Actualités

Coronavirus: épidémie mondiale de fausses informations

PARIS - Alors que l’épidémie de nouveau coronavirus a dépassé mardi les 100 morts en Chine, avec plus de 4500 cas de contamination confirmés, de nombreuses fausses informations se propagent massivement sur les réseaux sociaux. Voici des exemples décortiqués par l’AFP dans le monde entier.

Quarantaine en région parisienne, cas avérés dans plusieurs villes : FAUX

Des publications circulant sur les réseaux sociaux depuis quelques jours font état de patients contaminés par le nouveau coronavirus dans plusieurs régions de France : en région parisienne, en Savoie (est), en Lot-et-Garonne (sud-ouest), dans les Pyrénées-Orientales (sud-est) ou encore à Orléans (centre).

C’est faux: hôpitaux et autorités locales ont réfuté ces rumeurs, lancées pour certaines avec des captures d’écrans manipulées faisant croire à des tweets ou des images émanant de BFMTV ou à une dépêche AFP, tous faux.

Pour l’instant, la France compte sur son sol trois patients contaminés par le nouveau coronavirus, qui avaient tous séjourné à Wuhan (centre de la Chine), épicentre de l’épidémie. L’un est hospitalisé à Bordeaux et les deux autres à Paris.

De plus, en France, c’est le ministère de la Santé qui se charge d’annoncer les nouveaux cas confirmés.

http://u.afp.com/349t

Ce nouveau coronavirus créé puis breveté par les Américains : FAUX

Des publications sur Facebook et Twitter affirment que le coronavirus détecté en Chine a été créé volontairement, notamment par les autorités sanitaires américaines (CDC) entre autres théories. À l’appui de leurs affirmations, ces publications renvoient vers des brevets déposés ces dernières années, mais ceux-ci concernent d’autres types de coronavirus, brevetés après leur apparition aux fins d’élaboration de vaccins, par exemple.

http://u.afp.com/349g

Une vidéo montrant le marché chinois où est apparu le virus : FAUX

Une vidéo, vue près de 28 millions de fois en quelques jours sur Facebook, montre selon l’auteur d’une publication «le marché à l’origine de (l’)épidémie» du coronavirus chinois, dans la métropole de Wuhan. Mais c’est faux. Il s’agit en réalité d’un marché sur l’île Sulawesi, en Indonésie.

http://u.afp.com/34Cg

Une solution saline pour se prémunir du coronavirus : FAUX

De nombreuses publications sur Twitter, Facebook et le réseau social chinois Weibo, partagées depuis le 20 janvier, prétendent qu’un spécialiste chinois en médecine respiratoire a conseillé aux personnes de se rincer la bouche avec des solutions salines afin d’éviter l’infection par un nouveau virus.

Mais l’équipe du scientifique et l’OMS démentent ces affirmations: «le coronavirus contamine le système respiratoire, qui ne peut pas être nettoyé en se rinçant la bouche», explique notamment l’hôpital où travaille l’équipe médicale du scientifique, Zhong Nanshan.

http://u.afp.com/349v

Des lieux et de la nourriture contaminés en Australie : FAUX

De nombreuses publications Facebook qui circulent en Australie diffusent des listes de produits - riz, «fortunes cookies», boissons énergétiques... - et de localités australiennes près de Sydney qui seraient contaminées par le nouveau coronavirus.

C’est faux : les autorités de la province de Nouvelles-Galles du-Sud, où est située Sydney, ont assuré à l’AFP que les lieux listés ne présentaient aucun risque de contamination. Quant aux aliments mentionnés, ils ne figurent par sur la liste de rappels de produits des autorités sanitaires.

En anglais : http://u.afp.com/34jH

Des médecins prévenant que les 11 millions d’habitants de Wuhan vont mourir : FAUX

Une publication partagée des milliers de fois en quatre jours sur Facebook parmi les utilisateurs du réseau social au Sri Lanka assure que des médecins craignent que tous les habitants de Wuhan - où a été détecté le virus - qui sont en quarantaine, ne meurent.

C’est faux, les autorités n’ont pas exprimé une telle perspective. De plus, l’agence de santé publique américaine Centers for Disease Control and Prevention (CDC) a indiqué que, même s’il n’y a pas de vaccins pour ce nouveau type de coronavirus, la plupart des personnes atteintes guériront d’elles-mêmes.

En anglais : http://u.afp.com/34jV

À LIRE AUSSI : Un homme de la Colombie-Britannique pourrait avoir contracté le coronavirus

Monde

La France veut interdire le broyage des poussins et la castration à vif des porcelets

PARIS — Fini les poussins broyés, et plus de porcelets castrés à vif: le gouvernement français, par la voix du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, s’est engagé à interdire d’ici fin 2021 ces deux pratiques controversées de l’élevage.

«Fin 2021, plus rien ne sera comme avant», a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse mardi matin, durant laquelle il a décliné l’ensemble des mesures du gouvernement pour le bien-être animal.

Sur le sujet emblématique des poussins mâles, qui sont broyés dans les élevages de poules pondeuses, car il n’est pas rentable de les nourrir, «l’objectif, c’est de forcer les entreprises, la recherche à faire cela fin 2021, (...) trouver la technique qui marche à grande échelle», a indiqué M. Guillaume, confirmant un engagement conjoint pris avec son homologue allemande à Berlin, le 13 janvier dernier.

Parmi les voisins de la France, la Suisse a mis en place cette interdiction depuis le 1er janvier. Le mode d’abattage au moyen du CO2 y reste autorisé.

De la même manière, «fin 2021, il n’y aura plus de castration des porcelets à vif», a assuré M. Guillaume, en ajoutant que le ministère allait «publier des textes réglementaires dans les toutes prochaines semaines pour aller vers l’interdiction des pratiques douloureuses dans l’élevage».

La castration des porcelets permet d’obtenir des porcs plus gras, tout en évitant l’odeur nauséabonde de verrat que peut dégager à la cuisson le gras de certains mâles «entiers». «Nous avons travaillé avec les vétérinaires prêts à élaborer un protocole pour une prise en charge complète de la douleur», a expliqué M. Guillaume.

«La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration et n’autoriser que les alternatives sauf exception pour certaines productions», a réagi dans un communiqué l’association de protection des animaux CIWF, pour qui «la prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution».

Elle a également déploré l’absence d’annonce pour l’interdiction de vente des oeufs de poules élevées en cage, comme s’y était engagé Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle.

De son côté, l’association L214, opposée à toute forme d’élevage et à la consommation de viande, a estimé que les mesures annoncées «ne sont pas des mesures ambitieuses» et «ne s’attaque(nt) pas au problème de fond. Il n’y a rien sur les conditions d’abattage des animaux, ni sur le plan de sortie de l’élevage intensif».

«Nous ne prenons pas de mesures antinomiques avec l’économie», a souligné le ministre, assurant que ces mesures devaient être mises en oeuvre «en co-construction» avec les éleveurs. Si la France imposait une interdiction brutale, «les gens continueraient à manger» des produits importés d’autres pays, et les éleveurs français seraient les grands perdants.

«Aujourd’hui, le bien-être animal, ce n’est pas la fin de l’élevage, c’est mieux d’élevage», a poursuivi M. Guillaume. «Il y a le bien-être animal, mais je suis aussi attaché au bien-être de l’éleveur, c’est très important», a-t-il ajouté.

Étiquetage des modes d’élevage

«Au conseil des ministres de l’Agriculture à Bruxelles» qui s’est tenu lundi «nous avons pris la décision de mettre en place un étiquetage des modes d’élevage sur l’ensemble des produits à l’échelle européenne», a par ailleurs souligné le ministre.

Cette expérimentation, pour garantir au consommateur une information claire sur les modes d’élevage des produits carnés qu’il achète, démarrera «à partir de l’année prochaine» et durera deux ans.

Le gouvernement veut également que les financements de l’État soient dès à présent «fléchés prioritairement vers des bâtiments favorisant l’expression naturelle des comportements des animaux d’élevage». Il s’engage à défendre dans les négociations en cours sur la future Politique agricole commune européenne (PAC) de conditionner les financements aux éleveurs investissant dans des bâtiments d’élevage respectant des normes en matière de bien-être animal.

Le plan prévoit aussi des mesures pour responsabiliser les propriétaires d’animaux de compagnie, en prévenant les achats impulsifs et en luttant contre les abandons.

«On n’achète pas un chat, un chien, un animal de compagnie comme on achète une glace en passant», a déclaré M. Guillaume, rappelant que «chaque année, 100.000 animaux de compagnie sont abandonnés»: «les animaux, il faut les acheter chez des professionnels».

Dès le premier semestre 2020, «le non-respect de l’identification obligatoire des chats deviendra passible d’une contravention de quatrième classe», indique encore le ministère. Par ailleurs, une mission de six mois est confiée au député LREM Loïc Dombreval pour proposer d’autres mesures afin d’assurer la bientraitance des animaux de compagnie.

Monde

Un avion des forces américaines s’écrase en Afghanistan

GHAZNI — Un avion des forces américaines s’est écrasé lundi en Afghanistan dans des circonstances encore mystérieuses dans une zone contrôlée par les talibans, ceux-ci affirmant qu’il a été «abattu tactiquement» alors que le Pentagone disait n’avoir «aucune indication» de tirs ennemis.

«Un appareil spécial des occupants américains s’est écrasé [...] dans la province de Ghazni», a indiqué le porte-parole des talibans Zabiullah Mujahid dans un communiqué, ajoutant que tous les membres de l’équipage avaient péri. Contacté par l’AFP, il a ensuite affirmé que l’appareil avait été «abattu tactiquement», sans expliquer comment.

Bombardier E-11A

Le Pentagone a confirmé quelques heures plus tard qu’il s’agissait d’un appareil militaire américain.

«Un Bombardier E-11A américain s’est écrasé aujourd’hui dans la province de Ghazni, en Afghanistan», a tweeté le porte-parole des forces américaines en Afghanistan, le colonel Sonny Leggett. Le Bombardier E-11 est un appareil de soutien aux drones de reconnaissance, équipé de matériel de communications de grande valeur.

«Une enquête est en cours sur les causes du crash, mais il n’y a aucune indication qu’il ait été provoqué par un tir ennemi», a-t-il ajouté. «Des affirmations des talibans qu’un autre appareil s’est écrasé sont fausses».

Accident ou acte de guerre, l’évènement survient alors même que les talibans et les États-Unis discutent des termes d’un accord sur le retrait des forces américaines d’Afghanistan en échange de contreparties sécuritaires des insurgés.

Des vidéos et photos transmises par le compte Twitter d’une personne proche des talibans, et dont l’AFP n’a pu vérifier l’authenticité, montrent les restes d’un appareil de taille moyenne écrasé dans un champ de neige. La queue de l’avion, qui est intacte, porte le logo de l’aviation américaine.

Selon les talibans, l’appareil «volait dans une mission de surveillance». Le type d’aéronef correspond à ceux utilisés dans le pays par l’US Air Force pour la surveillance électronique.

Sur une des vidéos, dont l’authenticité n’a pu être vérifiée de façon indépendante, on voit des villageois rassemblés autour de l’appareil duquel des flammes s’échappent. 

Monde

Coronavirus: l'angoisse croît dans le monde

WUHAN — L'angoisse monte à travers le monde face à l'épidémie de pneumonie virale, de nombreux pays prenant des mesures de précaution aux frontières ou déconseillant les voyages en Chine, où le coronavirus a fait un premier mort à Pékin.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui juge la menace «élevée» sans toutefois déclencher une alerte sanitaire internationale, a indiqué lundi qu'elle ne savait pas encore si les personnes infectées étaient contagieuses avant de développer les symptômes de la maladie, comme l'affirment certains responsables sanitaires chinois.

Monde

Rencontre entre Juan Guaido et Justin Trudeau

OTTAWA — Le président par intérim autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, était de passage à Ottawa, lundi, dans le cadre de sa tournée internationale pour obtenir du soutien pour des élections libres et démocratiques dans son pays.

Il s'est entretenu avec le premier ministre Justin Trudeau, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, ainsi que la ministre du Développement international, Karina Gould, lors de son passage dans la capitale canadienne.

Autour du globe, 28 janvier

Monde

Procès en destitution: révélation explosive de John Bolton

WASHINGTON — John Bolton était connu pour ses positions va-t-en-guerre en diplomatie. Mais l’ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump vient de lâcher une bombe sur la scène politique américaine qui devrait rendre définitive la rupture de ce souverainiste sourcilleux avec le président des États-Unis.

Depuis qu’il a été limogé en septembre par le milliardaire républicain en raison de leurs désaccords sur la politique étrangère, le Tout-Washington bruissait de rumeurs sur ses intentions : allait-il régler ses comptes? Qu’allait-il raconter dans son livre, à paraître le 17 mars?

Dimanche soir, le New York Times a rapporté que l’ancien conseiller à la fameuse moustache blanche affirme dans ce manuscrit que Donald Trump lui avait bien dit, en août, que le gel d’une aide militaire cruciale à l’Ukraine ne serait levé qu’en échange de garanties de Kiev sur l’ouverture d’enquêtes contre Joe Biden, son rival potentiel à la présidentielle de novembre.

L’auteur de ces mémoires n’a pas démenti, se bornant à assurer n’être pas à l’origine de la fuite.

Or cette accusation de chantage est justement au cœur du procès en destitution du 45e président américain actuellement en cours. Jusqu’ici, aucun témoin direct ne l’avait clairement imputé au locataire de la Maison-Blanche : si son ex-conseiller diplomatique devait le faire sous serment, sa défense se verrait largement contredite.

Les démocrates réclament que John Bolton soit convoqué comme témoin lors du procès au Sénat.

L’intéressé, après avoir fait mine de vouloir batailler en justice pour y résister, a finalement fait savoir début janvier qu’il viendrait témoigner en cas de citation à comparaître.

Mais le camp présidentiel freine des quatre fers.

«Je ne sais pas si on s’est quittés en bons termes. Je dirais probablement pas», a reconnu la semaine dernière le président Trump. «On n’a pas envie que quelqu’un témoigne quand on ne s’est pas quittés en bons termes», a-t-il ajouté avec candeur.

Depuis que l’affaire ukrainienne a éclaté en septembre, John Bolton est resté silencieux.

Monde

Venezuela: Juan Guaido visitera le Canada

OTTAWA — Le président par intérim autoproclamé du Venezuela Juan Guaido sera lundi au Canada, a annoncé dimanche le cabinet du premier ministre Justin Trudeau.

Les deux hommes discuteront «de l’importance de la démocratie et de la nécessité de respecter la Constitution vénézuélienne», écrit le cabinet de M. Trudeau dans un communiqué.

À l’instar de plusieurs autres pays, le Canada a reconnu en janvier 2019 Juan Guaido — la figure de proue de l’opposition au gouvernement socialiste de Nicolas Maduro — dans les fonctions de président par intérim du pays.

Ottawa a exprimé son soutien à Juan Guaido et réclame «une transition pacifique, dirigée par le Venezuela, vers des élections libres et justes le plus tôt possible».

«Je salue le courage et le leadership dont fait preuve Juan Guaido pour aider à rétablir la démocratie au Venezuela et je lui offre le soutien continu du Canada», aurait déclaré M. Trudeau selon son bureau.

M. Guaido s’entretiendra au cours de sa visite avec le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et sa collègue du Développement international, Karina Gould.

M. Guaido, qui tente de déloger le président socialiste du Venezuela, Nicolas Maduro, a entrepris une tournée internationale.

Il s’est arrêté à Madrid, à Londres, à Paris et au Forum économique de Davos où il a rencontré le premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron.  

Monde

Fuir Washington, retrouver l'Iowa: les candidats démocrates veulent en découdre

CEDAR RAPIDS, Iowa — Scotchés sur les bancs du Sénat depuis le début de la semaine pour le procès en destitution de Donald Trump, ils ont retrouvé l'Iowa, quelque 1500 kilomètres plus à l'ouest, avec un plaisir évident.

Les sénateurs Bernie Sanders, 78 ans, et Elizabeth Warren, 70 ans, qui rêvent de porter les couleurs démocrates lors de la présidentielle américaine du 3 novembre, entendent rattraper le temps perdu.

Autour du globe, 27 janvier 2020

Monde

Coronavirus: le nombre de décès bondit à 80

WUHAN — Le nombre de victimes de l’épidémie de pneumonie virale en Chine a bondi à 80 et 2744 cas ont été confirmés dans le pays, alors que la France et les États-Unis préparent l’évacuation de leurs ressortissants de la zone en quarantaine.

Vingt-quatre morts supplémentaires ont été enregistrés dans la province de Hubei, épicentre de la contagion, mais aucun nouveau décès n’a été confirmé en dehors de cette région, a annoncé lundi le gouvernement central.

«La capacité de propagation du virus s’est renforcée», ont déclaré la veille de hauts responsables sanitaires chinois, même s’il ne s’avère pas «aussi puissant que le SRAS», un précédent coronavirus qui avait fait des centaines de morts au début des années 2000.

La situation est «grave», a reconnu samedi soir le président Xi Jinping, avertissant que l’épidémie apparue en décembre à Wuhan dans le centre du pays «s’accélère».

La période de congés à l’occasion du Nouvel An chinois, qui devait durer jusqu’au 30 janvier, a été prolongée — sans précision de date — afin de «limiter les mouvements de population», ont indiqué les médias d’État.

Le directeur de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé qu’il se rendait en Chine pour discuter avec les autorités des moyens de contenir l’épidémie.

Situation parfois chaotique

À Wuhan, la circulation automobile «non essentielle» est interdite depuis minuit dans le centre de la métropole, devenue étrangement silencieuse, comme l’a constaté une équipe de l’AFP. Des chauffeurs bénévoles, recrutés par les autorités, acheminent gratuitement les malades vers les hôpitaux.

Mais, une fois sur place, la situation s’avère parfois chaotique : les patients doivent attendre des heures avant de voir un médecin et de savoir s’ils sont ou non contaminés.

Wuhan et sa région sont placées de facto en quarantaine depuis jeudi afin de prévenir une nouvelle propagation de la maladie. Au total, 56 millions de personnes sont coupées du monde.

Dans la cité transformée en ville fantôme, des haut-parleurs diffusent un message appelant les habitants à se rendre à l’hôpital sans délai s’ils ne se sentent pas bien.

«Wuhan n’a pas peur de faire face à l’adversité. N’écoutez pas les rumeurs, ne propagez pas les rumeurs», ordonne le message, alors que certains doutent des bilans fournis par les autorités.

Rapatriement d’étrangers

L’épidémie a atteint l’Europe et l’Australie. Un cas présumé a été signalé au Canada. Les États-Unis, où cinq cas sont confirmés, ont annoncé organiser le départ de leur personnel diplomatique et de citoyens américains bloqués à Wuhan, espérant faire décoller un vol mardi.

D’autres pays sont en communication avec Pékin pour évacuer leurs ressortissants.

La ministre française de la Santé a annoncé dimanche que la France allait organiser «un rapatriement par voie aérienne directe» de ses ressortissants, et qu’une période de quarantaine de 14 jours leur serait appliquée.

«Restons à la maison»

L’étude des premiers cas tend à montrer que le taux de mortalité du virus 2019-nCoV est assez faible.

Pour Gui Xi’en, spécialiste des maladies infectieuses à l’université de Wuhan, le nombre de contaminations pourrait atteindre un «pic» autour du 8 février, avant de décroître.

Sur place, malgré l’ambiance anxiogène, certains habitants gardent leur calme.

«Je ne vois pas le besoin d’évacuer», déclare à l’AFP Erica Davis, une enseignante britannique qui vit à Wuhan depuis deux ans. «Restons à la maison et attendons que ça passe.»

Les hôpitaux étant débordés, la construction de deux sites pouvant accueillir chacun plus de mille lits a commencé. Elle doit être achevée sous quinzaine, selon les médias publics.

En attendant, la Chine se protège en érigeant des barrières intérieures. Plusieurs grandes villes du nord du pays — Pékin, Tianjin, Xian — ont annoncé la suspension des lignes d’autocars longue distance qui les relient au reste du pays. Dans l’est, la province du Shandong (100 millions d’habitants) a fait de même.

Ces mesures risquent de singulièrement compliquer les trajets de la population, en plein chassé-croisé du Nouvel An chinois.

Monde

Frappes sur l’ambassade américaine en Irak

BAGDAD — Trois roquettes ont frappé dimanche, pour la première fois directement, l’ambassade américaine à Bagdad, pendant qu’à travers l’Irak des milliers de manifestants antigouvernementaux défiaient les forces de sécurité qui ont tiré à balles réelles, faisant deux morts.

Quelques heures après les tirs, les États-Unis ont «appelé le gouvernement de l’Irak à remplir ses obligations, afin de protéger [leurs] installations diplomatiques».

Ces tirs de roquettes s’ajoutent à la série d’attaques ayant visé ces dernières semaines l’ambassade américaine, située dans la Zone verte ultrasécurisée de Bagdad, et des bases irakiennes abritant des soldats américains.

Aucune n’a été revendiquée mais Washington a plusieurs fois accusé des milices pro-Iran.

Une roquette s’est écrasée dimanche sur une cafétéria de l’ambassade à l’heure du dîner tandis que deux autres se sont abattues à proximité, a déclaré à l’AFP une source au sein des services de sécurité.

Au moins une personne a été blessée dans l’attaque, a indiqué à l’AFP un haut responsable irakien ayant requis l’anonymat. Il n’était pas possible dans l’immédiat de connaître la nationalité de la victime.

Le porte-parole du Département d’État américain a précisé dans un communiqué que, depuis septembre, «il y a eu plus de 14 attaques menées par l’Iran et les milices soutenues par l’Iran contre du personnel américain en Irak».

Le premier ministre irakien Adel Abdel Mahdi a dénoncé une «agression» qui pourrait «transformer l’Irak en zone de guerre».

Fin décembre, un sous-traitant américain a été tué par un tir de roquettes sur une base dans le nord du pays.

En représailles, Washington a mené des raids aériens le 29 décembre contre plusieurs bases des brigades du Hezbollah, un groupe armé chiite irakien membre du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires dominée par des factions pro-Iran et intégrée aux forces régulières.

Au moins 25 combattants des brigades du Hezbollah ont été tués dans les frappes et, le 31 décembre, des milliers de leurs partisans ont attaqué l’ambassade américaine.

Environ 5200 soldats américains sont stationnés en Irak pour mener la coalition antidjihadiste. Le sentiment antiaméricain dans le pays s’est ravivé après la mort du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, tués dans une frappe de drone américaine à Bagdad le 3 janvier.

Le puissant leader chiite Moqtada Sadr a organisé vendredi à Bagdad un rassemblement de ses partisans pour réclamer le départ des troupes américaines.

Des milliers d’étudiants faisant le V de la victoire et brandissant le drapeau irakien ont à nouveau envahi dimanche des rues et des places de Bagdad et de plusieurs villes du sud du pays.

Dans la ville sainte de Kerbala, un manifestant avait écrit sur une pancarte : «Seulement pour toi, Irak!», en référence au refus du mouvement de toute récupération par les partis politiques ou puissances étrangères.

À Nassiriya, une autre ville du sud, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestants. L’un d’eux a été tué et des dizaines d’autres ont été blessés, selon une source médicale.

Quatre manifestants ont été tués samedi à travers le pays.

Tirs à balles réelles

Dans la capitale irakienne, les forces de sécurité ont de nouveau tiré dimanche à balles réelles pour disperser de petits rassemblements sur les places Khallani et Wathba, près de la place Tahrir, épicentre de la contestation, selon une source policière.

Les manifestants ont lancé des pierres ou des cocktails Molotov sur la police anti-émeutes.

Un manifestant a été tué par balles dans la capitale, selon une source médicale. Au moins 17 autres ont été blessés, dont six par balles, a indiqué une source policière.

À Bassora, à l’extrême sud du pays, des centaines d’étudiants ont protesté contre le démantèlement de leur campement par les forces anti-émeutes la veille, selon un correspondant de l’AFP.

Depuis le 1er octobre, ce mouvement inédit dominé par la jeunesse a été émaillé de violences qui ont fait au moins 470 morts, en grande majorité des manifestants, selon des sources médicales et policières.

Après avoir dénoncé dans un premier temps le manque d’emplois et de services et la corruption endémique, la contestation réclame désormais des élections anticipées et un premier ministre indépendant.

En décembre, le Parlement a approuvé une nouvelle loi électorale et, sous la pression de la rue, le premier ministre Adel Abdel Mahdi a démissionné.

Mais il continue de gérer les affaires courantes, les partis politiques ne parvenant pas à s’entendre sur un successeur.

Cette impasse a été dénoncée samedi par la représentante de l’ONU en Irak Jeanine Hennis-Plasschaert. Selon elle, «l’indécision» actuelle est «indigne des espoirs des Irakiens exprimés courageusement depuis quatre mois».

Monde

Coronavirus: la gravité de l’épidémie dépend de plusieurs inconnues

PARIS — Quelle est la dangerosité du nouveau coronavirus? Quels symptômes provoque-t-il? Quel est son niveau de transmission entre humains? On en apprend un peu plus chaque jour sur l’épidémie partie de Chine, mais de nombreuses inconnues empêchent encore de déterminer son degré de gravité à l’échelle mondiale.

Quel bilan pour l’instant?

Il se monte samedi à 1300 cas, dont 41 mortels, en Chine, d’où l’épidémie est partie. D’autres pays d’Asie sont touchés et quelques cas ont été détectés en Australie, en France et aux États-Unis. Aucun patient n’est mort hors de Chine.

«À l’heure actuelle, il est difficile de déterminer le taux de mortalité puisqu’au stade initial de l’épidémie, on détecte seulement les cas sévères plutôt que les cas plus légers, voire asymptomatiques» (sans symptôme), explique dans la revue médicale The Lancet la scientifique chinoise Lili Ren.

En d’autres termes, on sait combien de patients sont morts à cause de ce virus, mais pas combien sont réellement infectés au total.

«Le taux de mortalité pour l’instant est de moins de 5 pour cent», juge toutefois le professeur français Yazdan Yazdanpanah, expert auprès de l’OMS et qui a pris en charge des patients en France.

Baptisé 2019-nCoV, ce nouveau virus appartient à la vaste famille des coronavirus.

Auparavant, seules deux épidémies mortelles ont été causées par un coronavirus: le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et le Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient).

Selon l’OMS, l’épidémie de SRAS avait fait 774 morts dans le monde sur 8096 cas en 2002/2003 avant d’être jugulée, soit un taux de mortalité de 9,5%. Toujours en cours, l’épidémie de Mers a fait 858 morts sur 2494 cas depuis septembre 2012, soit un taux de mortalité de 34,5%.

«De façon générale, les patients (touchés par le nouveau virus) sont dans un état moins grave qu’avec le SRAS», selon le Pr Yazdanpanah.

Quels symptômes?

Certains sont similaires à ceux du SRAS, selon les travaux de scientifiques chinois publiés vendredi par The Lancet, basés sur les 41 premiers cas repérés en Chine.

Tous ces patients avaient une pneumonie, la quasi-totalité avait de la fièvre, les trois quarts toussaient, plus de la moitié avait des difficultés respiratoires.

Mais «il y a d’importantes différences avec le SRAS, comme l’absence de symptômes affectant les voies aériennes supérieures (nez qui coule, mal de gorge, éternuements)», analyse l’auteur principal de ces observations, le Pr Bin Cao.

L’âge moyen des 41 patients est de 49 ans, 30 d’entre eux sont des hommes et 27 s’étaient rendus au marché de Wuhan, d’où est partie l’épidémie. Enfin, près d’un tiers a présenté une détresse respiratoire aiguë et six sont morts.

Bien qu’il ne faille pas tirer de conclusion générale étant donné le faible nombre de patients considérés, ces observations permettent de dresser un premier tableau clinique de la maladie.

Des indications d’autant plus précieuses que le diagnostic est rendu difficile par l’épidémie de grippe qui sévit actuellement, avec des symptômes proches.

Il n’existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge médicale consiste à traiter les symptômes.

Quelle transmission d’humain à humain?

C’est une question centrale. Si le risque de transmission d’humain à humain était d’abord jugé «faible», il ne fait aujourd’hui plus de doute. Reste à connaître son intensité.

«Le problème, c’est que nous n’avons pas encore assez de données pour déterminer précisément le taux de reproduction de base de cette maladie», souligne le Pr William Keevil (Université de Southampton, Angleterre).

Utilisée en épidémiologie, cette unité désigne le nombre moyen de cas provoqués par un seul patient atteint d’une maladie transmissible.

«Si ce taux est élevé et que le virus mute à l’avenir vers une forme plus dangereuse, cela deviendrait préoccupant», selon le Pr Keevil.

La période d’incubation (entre l’infection et l’apparition de symptômes) est estimée à deux semaines maximum.

Quelle origine?

Les chercheurs estiment que ce nouveau virus provient probablement des chauves-souris, comme celui du SRAS, avec lequel il partage 80% de similitudes sur le plan génétique.

Mais on ne sait toujours pas quel animal l’a transmis à l’homme. Mercredi, une équipe chinoise a émis l’hypothèse que cela pourrait être le serpent, mais cela a aussitôt été contesté par d’autres experts, qui penchent plutôt pour un mammifère.

Identifier cet animal est important, car cela pourrait contribuer à juguler l’épidémie.

Dans le cas du SRAS, l’animal en cause s’était avéré être la civette, mammifère dont la viande est appréciée en Chine. «C’est en interdisant la consommation des civettes et en fermant les fermes d’élevage qu’on avait pu prévenir toute réintroduction» du virus, rappelle le Pr Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur à Paris.

À l’inverse, l’une des raisons pour lesquelles l’épidémie de Mers se poursuit est le fait que le réservoir du virus est le dromadaire, un animal domestique.

Comment se protéger?

Autorités sanitaires et scientifiques mettent en avant l’importance des «mesures-barrières», efficaces pour d’autres maladies virales comme la grippe: se laver les mains fréquemment, tousser ou éternuer dans le creux de son coude ou dans un mouchoir dont on se débarrasse ensuite, éviter de se toucher le visage (nez, mains, bouche)...

En outre, si un cas est avéré, le patient doit être placé à l’isolement pour éviter la contagion.

«Étant donné qu’un grand nombre de malades du SRAS et du Mers ont été infectés dans des lieux de soins, il faut prendre des précautions pour éviter que le virus se propage dans les établissements de santé», écrivent des scientifiques internationaux dans un commentaire publié par The Lancet.

Monde

Destitution: le procureur en chef démocrate se dit menacé par Trump

WASHINGTON — Le parlementaire Adam Schiff, qui mène l’accusation au procès en destitution de Donald Trump, s’est dit menacé dimanche par le président qui a tweeté que l’élu démocrate devait « payer le prix ».

«Schiff le Fourbe est un homme politique corrompu, et vraisemblablement un homme très tordu. Il n’a pas payé le prix, pour l’instant, pour ce qu’il a fait à notre pays !», a tweeté dimanche matin M. Trump.

Monde

Interrogé sur l’Ukraine, Pompeo perd son sang-froid avec une journaliste

WASHINGTON — Cris, regard furieux et gros mots : une journaliste américaine a raconté comment le chef de la diplomatie des États-Unis Mike Pompeo avait perdu son sang-froid vendredi après avoir été pressé de questions sur l’affaire ukrainienne au cœur du procès en destitution de Donald Trump.

Dans un communiqué à la tonalité très agressive dénonçant « le manque d’intégrité » de nombreux journalistes, le secrétaire d’État a accusé samedi la journaliste de lui avoir « menti ».

Tout est parti d’une entrevue accordée en début de matinée à NPR, la radio publique américaine.

L’essentiel de l’entretien porte sur l’Iran, mais la journaliste, Mary Louise Kelly, termine par l’Ukraine, alors que le président Trump est actuellement inculpé d’abus de pouvoir devant le Sénat américain pour avoir fait pression sur Kiev afin d’obtenir des enquêtes sur ses adversaires démocrates.

Mike Pompeo, pilier du trumpisme, est personnellement accusé de n’avoir pas défendu l’ex-ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch, abruptement relevée de ses fonctions au printemps après avoir fait l’objet d’une campagne de dénigrement menée par Rudy Giuliani, l’avocat personnel de Donald Trump.

« Devez-vous des excuses à l’ambassadrice Marie Yovanovitch ? », demande la journaliste.

Suit un échange tendu, où il assure avoir « défendu chaque responsable du département d’État », tandis qu’elle demande, en vain, à quelle occasion il aurait publiquement défendu Marie Yovanovitch.

« J’ai dit tout ce que j’avais à dire aujourd’hui. Merci », coupe sèchement Mike Pompeo.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et Mary Louise Kelly l’a racontée vendredi soir sur les ondes de NPR. « Il s’est penché, m’a lancé un regard furieux » avant de « quitter la pièce », a-t-elle expliqué.

Une conseillère a ensuite demandé à la journaliste de la suivre dans le salon privé du secrétaire d’État, mais sans micro.

« Il était là à m’attendre et il m’a crié dessus » durant une dizaine de minutes, « il n’était pas content d’avoir été interrogé sur l’Ukraine », a-t-elle dit, assurant qu’il avait proféré des insultes pendant toute la conversation.

Selon la journaliste, Mike Pompeo lui a lancé : « Vous pensez que les Américains s’intéressent à l’Ukraine ? ». Puis il a demandé à ses conseillers d’apporter une carte du monde sans les noms des pays afin qu’elle prouve qu’elle savait bien où se situe l’Ukraine – qu’elle a donc dû montrer du doigt sous les yeux du secrétaire.

« Les gens vont entendre parler de tout ça », a ensuite menacé le secrétaire d’État, qui s’en est déjà publiquement pris à des journalistes par le passé.

Dans son communiqué, Mike Pompeo affirme que la journaliste s’était engagée à ce que leur échange post-entrevue reste « off the record » et ne puisse donc être utilisé publiquement.

« C’est une honte que cette journaliste ait choisi de violer les règles élémentaires du journalisme et de la décence », écrit-il, y voyant « un nouvel exemple » de la volonté des médias « de nuire au président Trump et à son équipe ».

Le chef de la diplomatie américaine conclut d’une phrase chargée d’ironie laissant entendre que la journaliste n’a pas été capable de localiser l’Ukraine sur la carte.  

« Il est important de noter que le Bangladesh n’est PAS l’Ukraine », écrit-il.

Monde

Le plan de paix de l’administration Trump sera historique, dit Nétanyahou

JÉRUSALEM — Le plan de paix pour le Moyen-Orient de l’administration Trump sera « historique », ont soutenu samedi soir le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et son rival Benny Gantz à l’approche de leur départ pour Washington afin de discuter de cette initiative américaine.

Le président américain Donald Trump avait annoncé jeudi que son plan de paix, dont la présentation a été retardée à maintes reprises, allait être dévoilé d’ici mardi, jour où il devait rencontrer M. Nétanyahou à la Maison-Blanche.

Mais samedi soir, un haut responsable israélien a indiqué à l’AFP qu’une première rencontre Trump-Nétanyahou était prévue dès lundi, et qu’elle serait suivie par un second entretien le lendemain.  

« J’ai bon espoir que nous sommes au seuil d’un moment historique pour notre État », a déclaré M. Nétanyahou dans un communiqué à propos du projet de paix américain.  

« Une opportunité de la sorte n’arrive qu’une seule fois dans l’histoire et nous ne pouvons pas la rater […] J’ai bon espoir que nous sommes au seuil d’un moment historique pour notre État », a-t-il ajouté.

« Aujourd’hui, nous avons à la Maison-Blanche le plus grand ami qu’Israël ait jamais eu et donc la plus grande opportunité que nous ayons jamais eue », a ajouté le premier ministre israélien à propos de ce plan, déjà rejeté par les Palestiniens qui jugent l’administration Trump trop pro-israélienne.

Les États-Unis avaient déjà présenté en juin les grandes lignes économiques de leur plan qui prévoit environ 50 milliards d’investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les détails concrets de ce projet et son éventuel volet politique demeurent le sujet de spéculations.

Encore secret

Benny Gantz, le chef de l’opposition israélienne et rival de M. Nétanyahou aux législatives de mars, doit aussi se rendre dans la capitale américaine pour ces discussions, auxquelles les Palestiniens disent ne pas avoir été conviés.

« J’ai eu de nombreuses rencontres et discussions sur le “Plan de paix” avec les conseillers du président, des responsables de la Maison-Blanche et mon ami l’ambassadeur (américain à Jérusalem) David Friedman […] Le contenu de nos échanges comme les détails du plan resteront secrets pour le moment », a déclaré samedi soir à Tel-Aviv M. Gantz, un ancien chef de l’armée israélienne.  

« Mais je peux déjà vous dire que le “Plan de Paix”, conçu par le président Trump marquera l’histoire comme un jalon important permettant à différents acteurs au Moyen-Orient d’aller enfin de l’avant avec un accord régional historique », a ajouté M. Gantz qui doit rencontrer Donald Trump lundi à Washington.

Mais « “l’accord du siècle” que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort », a estimé jeudi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas à l’issue d’une rencontre de ce dernier avec le président russe Vladimir Poutine.

« Nous rejetons absolument ce que l’administration Trump a réalisé jusqu’à présent […] Notre position est claire : Israël doit mettre fin à l’occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967 », a ajouté Nabil Abou Roudeina.  

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de M. Nétanyahou et de son allié à Washington.

Le projet américain a aussi été rejeté par le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l’autorité de Mahmoud Abbas.  

Dans ce contexte, certains analystes estiment que le plan américain pourrait ranimer le conflit israélo-palestinien plutôt que de le résoudre.  

Monde

Tempête au Brésil: au moins trente morts, des disparus

BELO HORIZONTE — La violente tempête qui s’abat depuis jeudi sur l’État de Minas Gerais, dans le sud-est du Brésil, a déversé des quantités record de pluie par endroits, provoquant d’importantes inondations et des glissements de terrain ayant fait au moins trente morts et dix-sept disparus.

La Défense civile a indiqué samedi que ces intempéries exceptionnelles avaient également fait sept blessés et plus de 3000 déplacés. Une trentaine de villes sont affectées.

Les personnes décédées ont péri lors de glissements de terrain ou lors de la destruction de maisons causée par des inondations et des précipitations sans précédent.

L’Institut national de météorologie a indiqué avoir enregistré en 24 heures les précipitations les plus importantes jamais relevées depuis le début des mesures il y a 110 ans.

Entre 9 h jeudi et 9 h vendredi, 171,8 millimètres de pluie sont tombés à Belo Horizonte, capitale de l’État de Minas Gerais. Un record.

Les autorités anticipent une baisse de l’intensité des chutes de pluie dans la journée de dimanche tout en prévenant que le risque de glissement de terrain allait persister dans neuf villes de la région de Belo Horizonte.

Les images des télévisions locales montraient des éboulements, des maisons ensevelies, des arbres et des poteaux électriques arrachés, des rivières en crue et des quartiers inondés par cette tempête, qui touche aussi les États voisins de Rio de Janeiro et d’Espirito Santo.

Digue défaillante

Les fortes averses tombées sur l’État de Rio ont entraîné la crue de trois cours d’eau qui ont inondé sept villes du nord et du nord-ouest. Aucun décès ni blessé n’ont été signalés à ce stade.

Plusieurs routes ont été coupées par la montée des eaux et des dizaines de ponts se sont effondrés. Selon le site d’informations G1, une digue a cédé à Monjolos, une zone rurale du Minas Gerais, provoquant le débordement d’un cours d’eau qui a affecté plusieurs maisons sans faire de victime.

Vendredi, deux enfants et deux adultes ont perdu la vie dans l’effondrement de deux habitations à Ibirite.

Deux autres personnes ont péri dans l’écroulement d’habitations dans le quartier de Vila Bernardete, à Belo Horizonte. Quatre autres personnes sont mortes dans cette ville, et une à Contagem.

Ces intempéries coïncident avec le premier anniversaire de la rupture d’un barrage minier situé à Brumadinho dans l’État du Minas Gerais, qui a provoqué un torrent de boue de déchets de 13 millions de m3 ayant tout emporté sur son passage. Cette tragédie survenue le 25 janvier 2019 a fait 211 morts et 95 disparus.

La majorité des victimes travaillaient dans la mine Corrego do Feijao appartenant au groupe Vale, premier producteur mondial de minerai de fer.

Il y a une semaine, six personnes étaient mortes à la suite d’inondations et de glissements de terrain causés par des pluies diluviennes dans l’État d’Espirito Santo, dans le sud-est du Brésil. Plus de 3000 personnes avaient dû être évacuées, selon des sources officielles.

Monde

Destitution de Trump: «Il n'a rien fait de mal», martèle sa défense

WASHINGTON — Après le long réquisitoire des démocrates en faveur d’une destitution, les avocats de Donald Trump ont entamé samedi leurs plaidoiries, mettant en garde, tout en restant évasifs sur le fond, contre la tentation de remettre en cause le verdict des urnes.

«Quand vous entendrez les faits […] vous verrez que le président n’a absolument rien fait de mal», a lancé Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, qui a pris la parole devant le Congrès lors d’une brève séance exceptionnellement organisée un samedi.

«Toute personne honnête qui a regardé le procès au Sénat aujourd’hui a pu voir à quel point j’ai été traité de manière injuste», a tweeté Donald Trump peu après.

L’ancien homme d’affaires de New York est accusé d’avoir utilisé le pouvoir de la présidence pour essayer de forcer l’Ukraine à enquêter sur l’un de ses adversaires potentiels, le démocrate Joe Biden, et ainsi le «salir», selon les termes de l’accusation.

Dans un Sénat contrôlé par les républicains (53 sièges sur 100), l’acquittement du 45e président des États-Unis fait peu de doute. Mais à moins de 300 jours de l’élection présidentielle, les débats sont aussi une bataille pour l’opinion publique.

Face à des sénateurs impatients de quitter Washington pour le week-end, en particulier les candidats démocrates Bernie Sanders et Elizabeth Warren désireux de retrouver les estrades de campagne dans l’Iowa, les défenseurs du président ont été brefs: à peine deux heures.

Ancien animateur d’une émission de télé-réalité et avide téléspectateur, Donald Trump avait lui-même donné le ton la veille : le samedi est la «Vallée de la mort» en termes d’audience, pas la peine de perdre son temps dans de longues plaidoiries, mieux vaut garder des forces pour lundi.

Comme l’accusation, les avocats du milliardaire disposeront au total de 24 heures, étalées sur trois journées.

La présentation de samedi s’assimilait plutôt à une «bande-annonce», selon les termes de la défense, avant le plat de résistance que constituera l’intervention du célèbre constitutionnaliste Alan Dershowitz, qui fut, entre autres, l’avocat d’O.J. Simpson et du financier Jeffrey Epstein.

Troisième président de l’histoire à subir l’infamie d’un procès en destitution, Donald Trump est mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

Face aux sénateurs, Pat Cipollone a accusé les adversaires politiques du président de chercher à organiser «la plus grande interférence dans les élections de l’histoire américaine».

«Ils vous demandent de [destituer le président] sans la moindre preuve […] Ils vous demandent de déchirer tous les bulletins de vote de ce pays», a-t-il asséné.

«Laissez le peuple décider»

«Nous ne pouvons accepter cela», a-t-il ajouté, promettant de mener à bien la deuxième partie de ce procès historique de façon «efficace et rapide» pour que tous les Américains puissent se tourner vers le rendez-vous électoral du 3 novembre.

«Laissez le peuple décider, c’est ce que les pères fondateurs voulaient», a-t-il conclu.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a mis le président en accusation le 18 décembre.

Preuve que Donald Trump peut compter sur un «Grand Old Party» au garde-à-vous, pas un seul républicain n’avait alors soutenu ce vote d’«impeachment».

Samedi, les partisans du président sont montés en première ligne. «Deux heures de vérité écrasent largement 20 heures de spéculations et de rumeurs», a tweeté l’élu républicain Jim Jordan en référence aux arguments développés par les démocrates depuis mercredi.

Mais dans une Amérique très divisée, rien n’indique que ces auditions fassent véritablement bouger les lignes, parmi les élus comme parmi les électeurs.

«Il sera intéressant de voir, quand tout sera terminé, combien d’Américains auront regardé à la fois l’accusation et la défense», soulignait David Axelrod, ancien conseiller de Barack Obama.

«Ou est-ce que ce sera comme l’essentiel de notre débat politique, avec des gens qui n’écoutent que les arguments qui les renforcent dans leurs convictions ?»

Monde

Liban: nouvelles violences à Beyrouth au 100e jour de la contestation

BEYROUTH — Des heurts ont de nouveau opposé samedi des protestataires aux forces de l’ordre à Beyrouth, au 100e jour d’une contestation inédite contre le pouvoir, les manifestants dénonçant l’affiliation du nouveau gouvernement à une classe politique accusée de corruption et d’incompétence.

Au moins 20 personnes ont été blessées dans les deux camps, dont 18 ont été soignées sur place, a indiqué à l’AFP le secrétaire général de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh.

Sous le slogan «Pas de confiance», plusieurs marches pacifiques ont été organisées en début d’après-midi dans plusieurs rues de la capitale avant que le mouvement ne dérape après l’arrivée des manifestants au centre de Beyrouth.

Sur la place Riad el-Solh, la foule massée au pied de la colline du Sérail — le siège du gouvernement où réside le nouveau Premier ministre Hassan Diab —, a tenté d’arracher les barbelés et de déplacer les blocs en béton ainsi qu’un grand portail grillagé, selon un correspondant de l’AFP.

Les manifestants ont également lancé des pierres et des pétards sur la police anti-émeute postée de l’autre côté, qui a répliqué par des tirs de canon à eau et de gaz lacrymogène.

Bouclier à la main et en rangs serrés, les membres de la force anti-émeute ont fini par disperser les manifestants qui avaient réussi à démonter quasiment tous les obstacles érigés à l’entrée du siège du gouvernement, selon le correspondant de l’AFP.

La nouvelle ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, a déploré la «violence» et les «destructions» occasionnées par les manifestants.

«Partage de gâteau»

Ces deux dernières semaines, des heurts violents ont opposé les contestataires aux forces de l’ordre, alors que le pays était toujours sans gouvernement, faisant des centaines de blessés et entraînant des dizaines d’arrestations.

Le Liban s’est finalement doté mardi d’un nouveau cabinet, près de trois mois après la démission, sous la pression de la rue, de l’ancien Premier ministre Saad Hariri.

Mais la nouvelle équipe est affiliée, comme les précédentes, à des partis politiques que la rue conspue.

Elle est constituée cette fois par un seul camp politique, celui du puissant mouvement armé du Hezbollah pro-iranien et ses alliés.

La rue réclame depuis le 17 octobre une refonte du système politique et le départ de l’ensemble de la classe dirigeante.

Le point de départ de ce changement réside, selon les manifestants, dans la formation d’un cabinet réduit et transitoire composé de spécialistes indépendants du sérail politique, au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

«Ce n’est pas le gouvernement que nous avons réclamé», déplore Perla Maalouly, une manifestante.

«Après 100 jours, ils continuent de faire ce qu’ils veulent, comme si le peuple n’avait rien dit», ajoute-t-elle.

La rue dénonce un «partage de gâteau» entre partis politiques, dans un pays où la formation de gouvernements prête souvent le flanc à d’interminables négociations pouvant durer plusieurs mois.

Il a fallu un mois au premier ministre Hassan Diab pour former son gouvernement, composé de 20 ministres, dont certains universitaires et professionnels, sur fond de divisions sur l’attribution des portefeuilles ministériels.

Cette grave crise politique s’est accompagnée ces derniers mois d’une détérioration de la situation économique, avec des licenciements en masse, des restrictions bancaires drastiques et une dépréciation de la monnaie nationale sur le marché parallèle.

Le Liban fait face à une «catastrophe» économique, a reconnu mercredi M. Diab, promettant que son gouvernement allait déployer tous les efforts pour éviter un effondrement.

Le pays croule sous une dette avoisinant les 81 milliards d’euros, soit plus de 150% de son produit intérieur brut (PIB), l’un des taux les plus élevés mondialement.

Samedi, le président français Emmanuel Macron a exprimé son «souhait de mesures de réforme qui répondent aux aspirations exprimées par les Libanais» au cours d’un entretien téléphonique avec son homologue libanais Michel Aoun, selon l’Élysée.

Monde

Turquie: course contre la montre des secouristes après le séisme

ELAZIG — Les secouristes luttaient contre la montre et le froid samedi pour extirper à temps des personnes coincées sous les décombres, au lendemain d’un puissant séisme qui a frappé l’est de la Turquie, faisant près de 30 morts.

Le tremblement de terre, qui a été ressenti dans plusieurs pays voisins, s’est produit vendredi dans la province d’Elazig et a été mesuré à une magnitude de 6,7 par l’institut américain USGS.

En signe de solidarité avec les sinistrés, le président Recep Tayyip Erdogan s’est rendu à Elazig, dans le quartier de Mustafa Pasa, où deux immeubles résidentiels se sont effondrés, affirmant que l’État ferait «tout ce qui est en son pouvoir» pour aider les habitants.

Selon un nouveau bilan provisoire de l’agence gouvernementale des situations de catastrophe (AFAD), au moins 29 personnes ont été tuées et près de 1500 blessées. En outre, 43 personnes ont été extraites en vie des décombres.

À Mustafa Pasa, quartier populaire d’Elazig aux rues poussiéreuses, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi, observant les secouristes dans l’odeur âcre émanant de braseros de fortune.

«Trois de mes proches sont coincés dans les décombres. Que Dieu nous vienne en aide. Nous ne pouvons rien faire, sauf prier», confie Mustafa, qui habite le quartier.

«J’étais chez moi pendant le séisme. C’était tellement long !», raconte-t-il. «Ma femme et mes deux enfants criaient. Moi, j’étais incapable de bouger», ajoute-t-il.

«Pensé à la mort»

Juchés sur l’amas de béton plié et de poutres fracassées de l’un des deux immeubles de quatre étages écroulés à Mustafa Pasa, des secouristes ont minutieusement déblayé les gravats pendant des heures, un seau après l’autre.

Leur travail de fourmi a été récompensé par la découverte de quatre rescapés. Mais, à trois reprises, ils n’ont pu que récupérer des corps sans vie, dont celui d’un nourrisson.

Postée devant une supérette non loin de là, Hayriye Durmaz, 32 ans, dit avoir vu les deux bâtiments s’affaisser.

«C’est comme si la fin du monde était arrivée», dit-elle en se frottant les mains pour les réchauffer. «Les voitures s’arrêtaient, les gens en descendaient et récitaient des prières».

Elle est interrompue par une ambulance quittant la scène, sirènes hurlantes.

Plusieurs immeubles alentour, fissurés par la secousse, ont été évacués par précaution. Après avoir retiré sa casquette traditionnelle à huit bords, un homme âgé demande à un jeune policier s’il peut monter récupérer quelques effets. Requête refusée.

Fatih Cakmak, 34 ans, était employé d’une épicerie se trouvant au rez-de-chaussée d’un des immeubles écroulés. Il a fermé la boutique moins d’une heure avant la secousse.

Lorsque la terre a tremblé, il est sorti de chez lui en vitesse et s’est réfugié sous une voiture.

«Je n’ai pensé à rien d’autre qu’à la mort», souffle-t-il. «J’ai eu très peur, ça ne peut pas s’expliquer».

2000 secouristes

Selon la présidence turque, environ 2000 secouristes ont été dépêchés dans la province d’Elazig et celle voisine de Malatya, elle aussi durement touchée.

Des gymnases, des écoles et des bibliothèques ont ouvert leurs portes pour accueillir les personnes ayant fui leurs maisons après le séisme.

Immédiatement après le tremblement de terre vendredi, des internautes s’en sont pris au «laxisme» des autorités en matière de normes antisismiques, une accusation que rejette le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan.

Samedi, le bureau du procureur d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête visant les auteurs de «provocations» sur les réseaux sociaux.

La ville d’Elazig, dont l’agglomération compte quelque 350 000 habitants, dont une importante communauté kurde, est régulièrement secouée par des tremblements de terre.

La Turquie est située dans une des zones sismiques les plus actives du monde. En 1999, un séisme de magnitude 7,4 avait frappé le nord-ouest du pays, faisant plus de 17 000 morts, dont un millier à Istanbul.

Le dernier puissant séisme à frapper la Turquie (7,1 sur l’échelle de Richter) s’était produit en 2011 dans la province de Van (est), faisant plus de 600 morts.

En septembre, un séisme de magnitude 5,7 avait touché Istanbul, la capitale économique du pays.

Les experts estiment qu’un tremblement de terre majeur peut à tout moment toucher cette ville de plus de 15 millions d’habitants, où l’habitat, souvent anarchique, n’est que rarement aux normes antisismiques.

Monde

Virus en Chine: le bilan monte à 56 morts, avertissement de Xi Jinping

WUHAN — Le bilan de l’épidémie de pneumonie virale en Chine est monté à 56 morts et près de 2000 personnes sont contaminées, ont indiqué dimanche les autorités, au lendemain de l’avertissement du président Xi Jinping sur une accélération de la propagation du coronavirus.

L’épidémie a atteint l’Europe et l’Australie, malgré le renforcement des mesures prises pour tenter d’enrayer sa propagation.

À compter de lundi, les agences de voyages chinoises ne pourront plus vendre de réservations d’hôtels ni de séjours à des groupes, a annoncé la chaîne de télévision CCTV.

La crise survient en plein chassé-croisé du Nouvel An, lorsque les Chinois mettent à profit leurs sept jours de congé pour voyager d’un bout à l’autre de leur pays.

Des médecins militaires ont été dépêchés à Wuhan, la ville du centre de la Chine où est apparu en décembre le virus, actuellement de facto mise en quarantaine, et la construction d’un deuxième hôpital d’urgence y a été lancée.

Quinze nouveaux décès ont été enregistrés, parmi lesquels un premier mort à Shanghaï, et au moins 688 nouveaux cas d’infections au coronavirus ont été confirmés, soit un total de 1975 dans le pays, selon la commission nationale de la santé.

Une première ville chinoise, Shantou, à plus d’un millier de km au sud de Wuhan, va mettre en place dimanche à partir de minuit (16H00 GMT) des mesures de restrictions d’accès pour tous les véhicules non essentiels à cette mégapole de plus de 5 millions d’habitants.

Les autorités de Tianjin, 15 millions d’habitants, ont pour leur part annoncé la suspension à compter de lundi des liaisons en bus longue distance, devenant la deuxième grande métropole à prendre une telle mesure après Pékin.

«Une épidémie qui s’accélère» 

La Chine multiplie ainsi les initiatives pour tenter d’enrayer la progression du coronavirus désormais présent sur quatre continents.

«Face à la situation grave d’une épidémie qui s’accélère (...) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti», a déclaré le président Xi Jinping au cours d’une réunion du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, l’instance de sept membres qui dirige la Chine.

La France a pour sa part annoncé vendredi trois cas de contamination confirmés, présentés comme les premiers en Europe, l’Australie faisant état samedi de quatre malades, des personnes récemment rentrées de Chine.

Une demi-douzaine de pays d’Asie sont désormais touchés et un deuxième cas a été confirmé aux États-Unis. Un cas suspect a été détecté pour la première fois au Canada.

L’étude des premiers cas tend toutefois à montrer que le taux de mortalité de ce virus baptisé 2019-nCoV, de la famille des coronavirus, est assez faible.

Ce taux «est pour l’instant de moins de 5 pour cent», juge le professeur français Yazdan Yazdanpanah, expert auprès de l’OMS et qui a pris en charge des patients en France.

Le Syndrome respiratoire aigu sévère avec 774 morts dans le monde en 2002/2003 avait un taux de mortalité de 9,5%.

La Chine est entrée dans l’année du Rat sous le signe du coronavirus.

Pour le jour de l’An, les rues de Wuhan sont comme mortes, les rares passants se couvrant le visage avec un masque de protection dont le port est obligatoire, a constaté une équipe de l’AFP.

Coupée du monde 

En ville, il faut attendre des heures pour pouvoir consulter un médecin.

Aux limites de la zone interdite, à une vingtaine de kilomètres à l’est du centre-ville, des véhicules tentant de franchir un péage autoroutier doivent faire demi-tour.

Les trains et les avions n’ont en principe plus le droit de quitter Wuhan depuis jeudi. Les pays occidentaux se mobilisent afin d’organiser dans les prochains jours l’évacuation de leurs ressortissants.

Les États-Unis ont annoncé dimanche organiser le départ de leur personnel diplomatique et de citoyens américains, espérant faire partir mardi un vol direct de Wuhan à San Francisco.

Outre Wuhan, pratiquement toute la province du Hubei est coupée du monde, portant le nombre total des habitants confinés à plus de 56 millions, soit presque la population de l’Afrique du Sud.

L’armée a envoyé dans la zone interdite trois avions d’où ont débarqué vendredi 450 médecins militaires et autres membres du personnel médical.

Certains d’entre eux ont l’expérience de la lutte contre Ebola et le SRAS, une souche similaire au nouveau coronavirus, qui avait entraîné la mort de 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Les hôpitaux étant débordés, la construction d’un deuxième site devant accueillir plus de mille lits a commencé à Wuhan. Elle doit être achevée... sous quinzaine, selon les médias publics.

Tous les décès sauf trois ont été enregistrés dans cette cité ou ailleurs au Hubei.

À Hong Kong, où cinq cas de contamination ont été enregistrés, l’alerte maximale a été décrétée, entraînant notamment des fermetures d’école et de Disneyland.

monde

La vie zéro déchet dans la Chine du plastique

PÉKIN — Une montagne de déchets toujours plus haute, à mesure que les Chinois, atteints par le virus de la consommation, commandent toujours plus de colis...

Carrie Yu a dit non. Dans son appartement de Pékin, cette femme de 28 ans a créé son petit royaume minimaliste, où tout ou presque est recyclé.

Dans la cuisine, une boîte à œufs en carton est prête à être réutilisée autant que nécessaire. Son recyclage obligerait à consommer de l’eau et de l’énergie.

Dans la salle de bains, des cotons démaquillants sont en train de sécher après lavage.

Dans l’armoire, les vêtements sont souvent d’occasion ou redécoupés, après avoir vécu d’autres vies.

Quand elle fait ses courses, la jeune Chinoise achète en vrac des produits non emballés au marché du coin. Elle snobe les restaurants qui offrent des baguettes jetables.

Un comportement qui n’aurait rien d’incongru à Paris ou New York, mais tranche dans un pays ou pendant très longtemps la conscience écologique a brillé par son absence.

Une goutte d’eau 

Cette vie «zéro déchet», Carrie la vit depuis 2016, lorsqu’un déménagement l’a forcée à se séparer d’une grande partie de ses biens. «Je me sens beaucoup plus légère», sourit-elle.

Une fois que tout a été soit recyclé, soit réutilisé, soit composté, Carrie et son compagnon arrivent à faire entrer trois mois de déchets dans deux bocaux en verre.

Le jeune couple a lancé The Bulk House, une boutique en ligne, qui vend des produits zéro déchet tels qu’adhésifs biodégradables à base d’amidon ou serviettes hygiéniques lavables.

Une goutte d’eau dans un océan d’emballages usés qui ne fait que grandir : la Chine, qui ne produisait que 30 millions de tonnes de déchets en 1980, en a accumulé 210 millions de tonnes en 2017, selon des chiffres de la Banque mondiale.

C’est toujours moins que les États-Unis (258 millions de tonnes), mais le géant asiatique devrait atteindre les 500 millions de tonnes en 2030, d’après l’institution internationale.

Coût énorme

Passer du jour au lendemain de la pénurie à la surconsommation a créé de mauvaises habitudes.

À l’ère maoïste, avant les réformes de la fin des années 1970, il était courant de devoir consigner bouteilles et pots de yaourt, rappelle Mao Da, historien de l’environnement à l’Université normale de Pékin.

«On nous avait habitués à penser qu’il était glorieux d’être frugal», explique-t-il.

Depuis, la hausse du niveau de vie et l’omniprésence du commerce en ligne, avec des applications comme Taobao ou Meituan, ont transformé des centaines de millions de consommateurs en acheteurs compulsifs, qui commandent leur repas ou leurs moindres envies en quelques clics sur leur portable.

Un cauchemar pour Carrie, qui se souvient de son enfance dans un village du Hubei. L’eau jadis limpide des rivières et des lacs «est remplie de déchets» aujourd’hui, témoigne-t-elle.

Les jeunes comme elle qui sont partis à la ville reviennent à chaque visite les bras chargés de paquets.

«Tout est enveloppé dans du plastique, parce que c’est commode. Mais le coût de la commodité est énorme», déplore-t-elle.

Prise de conscience

Une prise de conscience est-elle enfin en train de se dessiner?

Le gouvernement central a annoncé dimanche une guerre au plastique non recyclable. Dès cette année, les pailles et sacs à usage unique vont devenir hors-la-loi dans les grandes villes.

Shanghai, la plus grande métropole du pays, vient de lancer un ambitieux programme de tri des ordures, avec amendes à l’appui. Pékin doit suivre cette année.

Les mentalités évoluent aussi.

«Avant, quand j’apportais mes propres boîtes et mes sacs, les commerçants me regardaient d’un air bizarre», confie Wei Wei, une styliste indépendante. «Aujourd’hui, ça s’arrange nettement. Même au marché on me dit : c’est bon pour l’écologie».

Les géants du commerce en ligne ont entendu le message.

Alibaba a mis en place 75 000 points de recyclage des emballages dans tout le pays après sa «Fête des célibataires», le plus gros événement mondial de commerce en ligne.

La dernière édition, le 11 novembre, a vu circuler 2,3 milliards de colis, selon la Poste chinoise. Presque deux par habitant...

Monde

Un couple d’escrocs à l’énergie solaire fait main basse sur 1 milliard $

WASHINGTON — Plusieurs maisons, 148 voitures, et même une équipe de baseball : un couple de Californiens a plaidé coupable vendredi d’avoir volé près d’un milliard de dollars à des investisseurs, qui pensaient financer le développement d’un générateur solaire, et non leur train de vie luxueux.

Jeff Carpoff, 49 ans, et sa femme Paulette, 46 ans, qui habitent au nord de San Francisco, avaient attiré les investisseurs en leur présentant le générateur solaire ultra-technologique qu’ils souhaitaient développer via leur entreprise DC Solar, selon deux communiqués publiés par le gendarme boursier américain (SEC) et le ministère de la Justice. Les investisseurs pouvaient même bénéficier d’une aide fédérale, pour ce matériel vert.

Le couple a levé 910 millions de dollars entre 2011 et 2018 auprès de 17 investisseurs, ce qui en fait l’une des plus importantes escroqueries de ce type.

Schéma classique

Mais sur les 17 000 appareils que les époux Carpoff ont prétendu avoir fabriqués, au moins la moitié n’a en réalité jamais vu le jour. Selon le schéma classique de la pyramide de Ponzi, les premiers souscripteurs sont rémunérés grâce à l’argent des nouveaux investisseurs, jusqu’à l’épuisement du mécanisme.

«Alors que le discours des Carpoff aux investisseurs semblait nouveau et innovant, leur fraude était ancienne et simple», a commenté Daniel Michael, un responsable du gendarme boursier.

Jeff et Paulette Carpoff ont gardé au moins 140 millions de dollars pour leur propre usage, et ont acheté des bijoux, 148 voitures — dont la Firebird de 1978 de l’acteur Burt Reynolds —, une équipe de baseball, de l’immobilier de luxe... 

Ils ont également payé un abonnement à un service d’avions privés.

«Selon toutes les apparences, il s’agissait d’une entreprise légitime couronnée de succès. Mais tout cela n’était qu’un écran de fumée», a déclaré Kareem Carter, enquêteur responsable de cette affaire à l’IRS, les services fiscaux américains.

Plus de 120 millions de dollars de biens confisqués vont aller aux victimes, et 500 millions ont déjà été récupérés par le département du Trésor.

Jeff et Paulette Carpoff seront jugés le 19 mai. Ils encourent respectivement 30 et 15 ans de prison.

Quatre autres personnes ont plaidé coupables dans cette affaire, une septième doit être entendue le 11 février.

L’affaire Madoff, qui a fait perdre plus de 20 milliards de dollars à des investisseurs, constitue la «fraude de Ponzi» la plus importante.

Monde

Deux policiers limogés pour avoir arrêté illégalement Stormy Daniels

WASHINGTON — Deux policiers américains ont été limogés pour avoir illégalement arrêté l’actrice X Stormy Daniels, connue pour la liaison qu’elle affirme avoir eue avec Donald Trump, alors qu’elle se produisait dans un club d’effeuillage de l’Ohio en juillet 2018, selon des documents rendus publics vendredi.

L’actrice, dont le vrai nom est Stephanie Clifford, avait été arrêtée par la police de la ville de Columbus pour comportement sexuel inapproprié — en l’occurrence pour avoir touché «une zone anatomique déterminée» des clients. Les charges avaient été rapidement abandonnées.

Pendant sa performance, elle aurait amené «de force les têtes des clients contre sa poitrine en utilisant ses seins nus pour les gifler», selon un procès-verbal de la police diffusé à l’époque par les médias locaux.

Or, une loi de l’Ohio interdit aux employés «d’une entreprise à vocation sexuelle» tout contact physique avec des clients.

Elle avait porté plainte en janvier 2019, assurant que cette arrestation avait des motivations politiques liées à sa liaison supposée en 2006 avec le futur président. L’actrice avait obtenu quelques mois plus tard 450 000 dollars dans le cadre d’un règlement à l’amiable avec la mairie de Columbus.

Le directeur de la sécurité publique de la municipalité, Ned Pettus, a expliqué dans une lettre aux policiers qu’ils étaient limogés pour avoir fait preuve d’un excès de zèle.

«Aucun autre suspect n’a été privé de ses droits en étant arrêté “sur-le-champ” [...] sauf Mme Clifford, ce qui montre un manquement grossier à vos devoirs et votre incompétence», a écrit M. Pettus.

Selon la procédure, après avoir constaté l’infraction, les policiers auraient dû adresser à l’actrice de films pornographiques une simple convocation au tribunal.

Stormy Daniels est devenue célèbre aux États-Unis quand elle a tenté d’obtenir en justice l’annulation d’un accord de confidentialité signé en 2016 avec l’avocat de Donald Trump, Michael Cohen. Elle avait touché 130 000 $ en échange de son silence sur la liaison qu’elle dit avoir eue avec le milliardaire.

Michael Cohen a plaidé coupable en 2018 d’avoir violé les lois sur le financement électoral en versant cette somme, une transaction ordonnée par Donald Trump, selon lui. 

Monde

Procès en destitution: Trump accusé d’être un «danger» pour la démocratie

WASHINGTON — Les procureurs démocrates au Sénat ont accusé vendredi Donald Trump d’être un «danger» pour la démocratie, dans un réquisitoire adressé autant aux électeurs américains qu’aux élus chargés de juger si le président mérite d’être destitué.

Lors d’une troisième et dernière journée consacrée à l’accusation, celle-ci a poursuivi sa présentation des reproches adressés au président, le troisième seulement de l’histoire des États-Unis à subir un procès en destitution au Sénat.

Leur déroulé méthodique des faits, entrecoupé d’extraits vidéo, de références historiques et d’envolées lyriques a dressé un portrait peu flatteur de l’impétueux milliardaire républicain.

«Le président a tendance à mettre ses intérêts avant ceux du pays» : c’est «Trump d’abord et pas l’Amérique d’abord», a assené le procureur en chef Adam Schiff, élu de la Chambre des représentants, en référence au slogan de campagne de l’ancien magnat de l’immobilier.

Sa conduite «met en danger notre sécurité nationale», a-t-il poursuivi. «Notre démocratie est en jeu, c’est aussi simple que ça».

Les faits sont peu contestés : Donald Trump a demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle de novembre, en même temps qu’il gelait une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit avec la Russie.

Le président a utilisé les moyens de l’État pour faire pression sur Kiev afin de «salir» son rival et «tricher à l’élection», selon Adam Schiff.

Une fois «démasqué», après l’intervention d’un mystérieux lanceur d’alerte, «il a travaillé dur pour étouffer l’affaire» et bloquer l’enquête du Congrès, a ajouté l’élu Hakeem Jeffries.

L’entrave du milliardaire, qui a interdit la diffusion de documents ou le témoignage de ses proches conseillers, «a été catégorique, généralisée et sans précédent», a encore commenté l’élue Val Demings.

La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, l’a mis en accusation le 18 décembre pour «abus de pouvoir» et «entrave au travail du Congrès». Pas un seul républicain n’avait apporté sa voix à ce vote d’impeachment.

Cette solidarité des républicains, majoritaires au Sénat (53 sièges sur 100), devrait permettre à Donald Trump d’être rapidement acquitté.

L’opposition espère toutefois écorner son image, alors qu’il est en pleine campagne de réélection.

«Il est qui il est et cela ne changera pas, le président des États-Unis continuera à abuser de son pouvoir», a mis en garde M. Schiff.

«Conflit d’intérêts» 

M. Trump, qui a participé vendredi au rassemblement annuel de militants antiavortement, une partie de sa base électorale, s’était auparavant plaint d’avoir «eu à endurer des heures et des heures de mensonges, de fraudes et de tromperies».

«Le coup monté de la destitution perturbe les élections de 2020», a-t-il reconnu sur Twitter.

Ses défenseurs prendront la parole samedi à partir de 10h et disposeront à leur tour de 24 heures maximales sur trois jours pour développer leurs arguments.

L’avocat personnel de Donald Trump, Jay Sekulow, a promis qu’il allait «démentir et réfuter» les accusations en présentant «un dossier convaincant».

«L’idée que vous commettez une entrave au Congrès en exerçant vos prérogatives constitutionnelles est tout à fait absurde», a-t-il ajouté, invoquant le principe de la séparation des pouvoirs.

Pour ses partisans, le président pouvait légitimement demander à l’Ukraine d’enquêter sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, dans ce pays gangrené par la corruption alors que son père, vice-président, supervisait la politique américaine envers Kiev.

«Rien de nouveau»

«Comment pouvons-nous ignorer les Biden en Ukraine? C’est un évident conflit d’intérêts qui compromet notre sécurité nationale», a déclaré l’influent sénateur républicain Lindsey Graham, évoquant un des arguments amenés à être développés par la défense.

Ce proche du président a reconnu qu’Adam Schiff avait «fait du bon boulot», mais que la décision d’écarter M. Trump du pouvoir revenait «aux électeurs».

D’autres élus de la majorité ne se sont pas montrés aussi élégants. «On n’a rien entendu de nouveau», a affirmé Jim Inhofe.

Lors de cette nouvelle journée marathon, les sénateurs républicains ont été vus haussant les épaules, ricanant ou piquant du nez. L’un d’eux a même écrit un grand «SOS» sur une feuille visible depuis la tribune réservée à la presse.

D’autres se sont régulièrement échappés dans l’antichambre du Sénat, en violation des règles strictes du procès qui leur interdisent de parler, de sortir de la salle d’audience ou de consulter leurs portables.