Monde

Mort du marin sur le célèbre cliché du baiser de Times Square en 1945

WASHINGTON - Le marin embrassant avec fougue une femme à New York à l’annonce de la fin de la Seconde Guerre mondiale, un baiser immortalisé sur un cliché ayant fait le tour du monde, est mort à 95 ans, a annoncé sa famille à la presse américaine.

George Mendonsa est décédé subitement après une chute dans la nuit de samedi à dimanche à Middletown, dans le nord-est du pays, où il vivait avec sa femme, a déclaré sa fille au quotidien local Providence Journal.

Greta Zimmer Friedman, la femme au centre de cette photo passée à la postérité, est elle morte en 2016 à l’âge de 92 ans.

Il a fallu attendre 2012 et la publication d’un livre intitulé «Le baiser du marin: le mystère derrière la photo qui a symbolisé la fin de la Seconde Guerre mondiale» pour connaître l’identité des deux protagonistes.

Ce baiser de Times Square, saisit par le photographe Alfred Eisenstaedt le 14 août 1945, jour de l’annonce de la capitulation du Japon, est devenu l’image icône de la fin du conflit.

Greta Zimmer Friedman, assistante dentaire alors âgée de 21 ans, est embrassée à pleine bouche par un marin de l’US Navy fou de joie sur la plus célèbre artère de Manhattan.

Contrairement à ce que ce baiser avait laissé penser, le couple ne se connaissait pas avant cet instant entré dans toutes les mémoires.

«Je ne suis pas sûre que c’était vraiment un baiser (...) c’était juste quelqu’un qui célébrait» la fin de la guerre, avait raconté en 2005 Mme Friedman dans un entretien archivé par le Projet historique des vétérans.

«Ce n’était pas un moment romantique. C’était juste un événement pour célébrer la fin de la guerre», expliquait-elle, ajoutant que George Mendonsa n’avait pas dit un mot avant de se pencher vers elle.

«Je n’ai pas choisi d’être embrassée. L’homme est simplement venu et m’a embrassée ou attrapée.»

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Monde

Les députés britanniques veulent mieux réguler Facebook, un «gangster numérique»

LONDRES - Les réseaux sociaux, en particulier Facebook, doivent être davantage régulés afin de les empêcher d’agir comme des «gangsters numériques» et de publier des infox, ont conclu des parlementaires britanniques dans un rapport très critique publié lundi.

«Les entreprises comme Facebook ne devraient pas être autorisées à se comporter comme des ‘‘gangsters numériques’’ dans le monde en ligne, en se considérant au-dessus des lois», souligne le rapport de la Commission sur le numérique, la culture, les médias et le sport de la Chambre des communes (DCMS).

Durant plus d’un an, cette commission a enquêté sur le phénomène des «fake news» et son impact sur les récents scrutins au Royaume-Uni, dont le référendum sur le Brexit en juin 2016, s’attardant principalement sur les pratiques de Facebook.

Le géant américain est empêtré dans plusieurs affaires, comme les accusations d’ingérence russe sur sa plateforme dans l’élection présidentielle américaine de 2016, mais aussi le scandale de l’exploitation par la firme Cambridge Analytica de données d’utilisateurs à leur insu à des fins politiques, de même qu’une faille de sécurité ayant conduit au piratage de millions de comptes.

«Code de déontologie contraignant»

Pour lutter contre les «contenus préjudiciables» ou «illégaux», et protéger les données personnelles des utilisateurs, le rapport d’une centaine de pages recommande l’instauration d’un «code de déontologie contraignant» dont le respect serait assuré par un régulateur indépendant, habilité à déclencher des poursuites judiciaires et à infliger de lourdes amendes.

Dénonçant la désinformation véhiculée par les réseaux sociaux et provenant «d’agences travaillant avec des pays étrangers, dont la Russie», le président de la commission Damian Collins a appelé à «une modification radicale du rapport de forces entre ces plateformes et le public. L’âge d’une autorégulation inadéquate doit toucher à sa fin», a souligné le député conservateur.

Se disant «ouvert à une réglementation significative», Facebook a assuré ne pas avoir attendu la publication du rapport pour agir. «Nous avons déjà opéré des changements substantiels pour que toute annonce politique sur Facebook soit autorisée, mentionne son financement et soit ensuite classée dans des archives consultables durant sept ans», a détaillé Karim Palant, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Il a affirmé que l’entreprise avait «triplé la taille de l’équipe oeuvrant à détecter et protéger les utilisateurs de mauvais contenus à 30.000 personnes, et investi massivement dans l’apprentissage automatique, l’intelligence artificielle et la technologie de vision par ordinateur pour aider à empêcher ce type d’abus».

«Enquête indépendante»

Le rapport appelle également le gouvernement britannique à mener une «enquête indépendante» sur l’»influence étrangère», russe notamment, et la désinformation lors du référendum sur le Brexit, mais aussi les élections législatives anticipées de 2017 et le référendum sur l’indépendance de l’Écosse en 2014.

Le ministre de la Culture, Jeremy Wright, s’entretiendra cette semaine aux États-Unis avec des représentants des géants Google, Facebook, Twitter et Apple, a indiqué un porte-parole du gouvernement.

L’exécutif devrait aussi publier un «livre blanc» dans le courant de cette année, énonçant des propositions pour sécuriser davantage les réseaux sociaux.

Le patron du géant américain, Mark Zuckerberg, est également mis sur la sellette par les députés pour s’être dérobé à leurs convocations et avoir envoyé à sa place l’un de ses adjoints. Damian Collins l’a accusé d’avoir «manqué de leadership».

Avant le Royaume-Uni, Facebook était déjà dans le viseur de la France et de l’Allemagne.

Début février, le gendarme allemand de la concurrence a restreint l’exploitation par le groupe des données de ses utilisateurs, en lui interdisant de piocher d’autorité dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram et Whatsapp.

En novembre, le Parlement français avait adopté deux propositions de loi pour lutter contre «la manipulation de l’information» en période électorale.

Monde

Des gilets jaunes soulignent les trois mois du mouvement

PARIS — Entre 1000 et 2000 gilets jaunes ont défilé dimanche dans le calme à Paris, trois mois jour pour jour après le début de cette contestation sociale pour laquelle le soutien dans l’opinion publique est en baisse.

Partis des Champs-Elysées à la mi-journée, les manifestants ont vu leurs rangs grossir progressivement en se dirigeant vers le Champ-de-Mars, destination finale de cette manifestation déclarée en préfecture et encadrée par un imposant dispositif policier.

Vers 15h, la quasi-totalité d’entre eux s’était dispersée et certains projetaient notamment de retourner sur les Champs-Elysées.

D’après la préfecture de police de Paris, ce premier rassemblement dominical des gilets jaunes — qui manifestent habituellement le samedi — a réuni 1500 personnes.

Samedi, le ministère de l’Intérieur avait dénombré 41 500 manifestants en France et 5000 à Paris, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente, mais contestés par les gilets jaunes, qui en ont dénombré plus du double (104 070).

Ce mouvement inédit, né sur les réseaux sociaux de la contestation de la hausse de la fiscalité sur les carburants, a essaimé dans toute la France et poussé le gouvernement à des mesures sociales et au lancement d’un grand débat national.

Une majorité contre

Les gilets jaunes contestent la politique fiscale et sociale du gouvernement, réclament plus de pouvoir d’achat et appellent, pour certains, à la démission du président Emmanuel Macron.

Une majorité de Français (52 %) estime que les gilets jaunes «doivent maintenant cesser leur mouvement et leurs actions», selon un sondage Ifop.

Défilant sous un grand soleil, des gilets jaunes ont entonné dimanche un «joyeux anniversaire» dans les rues de Paris pour fêter les trois mois de ce mouvement de contestation inédit qui fragilise l’exécutif français.

Parmi les banderoles, certaines appelaient à la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC), d’autres accusaient les forces de l’ordre de «mutilations de civils».

Âgée de 16 ans, Lola est venue protester contre la réforme du lycée et de l’université en France qu’elle compare à un «tri sélectif».

Devant les fenêtres barricadées d’un hôtel de luxe, sur la très chic avenue Montaigne, des manifestants ont lancé avec ironie : «Attention, des pauvres dans la rue».

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Guaido veut un million de volontaires pour acheminer l’aide au Venezuela

CARACAS — L’opposant vénézuélien Juan Guaido, autoproclamé président par intérim, s’est fixé dimanche comme objectif de parvenir à un million de volontaires pour aider à acheminer l’aide humanitaire stockée dans des pays frontaliers, au risque d’une épreuve de force avec l’armée fidèle à Nicolas Maduro.

Dans ce pays en pleine déliquescence économique, l’aide d’urgence est au cœur du bras de fer entre Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, et le chef de l’État vénézuélien, pour qui son arrivée n’est qu’un prétexte pour une intervention militaire des États-Unis.

«Notre tâche principale est de parvenir à un million de volontaires pour le 23 février. Sur le terrain ou de manière active sur les réseaux sociaux», a écrit le président du Parlement, âgé de 35 ans, aux 60 000 bénévoles qui ont déjà répondu à son appel. Il a promis qu’à cette date, l’aide humanitaire entrerait «quoi qu’il arrive».

Des groupes de volontaires se sont mis au travail dimanche, lors de réunions de préparation. Mari Tovar, mère de trois enfants, dont l’un souffre de dénutrition, s’est inscrite sur le site Internet pour apporter son aide. «Si vous petit-déjeunez, vous ne déjeunez pas, si vous déjeunez, vous ne dînez pas», dit-elle. «Je veux que mes enfants aient accès à des médicaments et à de la nourriture.»

M. Guaido assure que le pays «se prépare à une avalanche humanitaire», tout en se gardant de dévoiler la tactique qu’il compte adopter pour contourner le blocus imposé par le gouvernement. «Nous annoncerons des choses spécifiques, petit à petit», a-t-il déclaré.

Constitués en «caravanes», les volontaires se rendront jusqu’à la ville frontalière colombienne de Cucuta, à la frontière avec le Brésil, où deux centres de stockage sont installés dans l’État du Roraima, et au point d’arrivée de l’aide qui sera envoyée depuis l’île néerlandaise de Curaçao.

Juan Guaido a appelé à de nouvelles manifestations le 23 février pour soutenir les volontaires.

Nicolas Maduro nie toute «urgence humanitaire». Il n’est donc pas question pour lui de laisser entrer l’aide, qui n’est que de la «nourriture pourrie», des «miettes».

Assurant que son gouvernement distribue de l’aide alimentaire à six millions de familles, il rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines, dont Caracas évalue l’impact à 30 milliards $ par an sur l’économie vénézuélienne.

Frontière «inviolable»

Le chef de l’État a demandé à son armée de préparer un «plan spécial de déploiement» à la frontière colombienne, longue de 2200 km. Il souhaite évaluer «quelles nouvelles forces» sont nécessaires pour que cette frontière «soit inviolable, imbattable, inexpugnable».

Juan Guaido a lui réitéré son appel aux militaires pour qu’ils laissent passer l’aide humanitaire.

«À nouveau, un message pour l’armée : vous avez sept jours pour vous mettre du côté de la Constitution, faites ce qu’il faut», a-t-il lancé.

«Vos concitoyens fuient et meurent de faim. Vous commettez une terrible, terrible erreur en bloquant cette aide», a de son côté déclaré depuis Cucuta l’envoyée du département d’État américain, Julie Chung. Des vivres et médicaments envoyés par les États-Unis à l’appel de Juan Guaido sont stockés à Cucuta depuis le 7 février, leur entrée étant bloquée au moyen de conteneurs déposés sur un pont frontalier par les autorités de Caracas.

Réunion avec le «diable»

Des dizaines de tonnes supplémentaires ont atterri samedi à Cucuta, acheminées par trois avions militaires américains, s’ajoutant aux 2,5 tonnes arrivées vendredi depuis Porto Rico (territoire américain des Caraïbes). Le sénateur américain républicain Marco Rubio a indiqué sur Twitter se rendre dimanche au centre de stockage de Cucuta.

Lundi s’ouvrira le point de stockage du Roraima, où le gouvernement brésilien a prévu 13 centres d’hébergement pour immigrés vénézuéliens. Le lendemain, un avion arrivera à Curaçao en provenance de Miami.

L’aide «entrera, que ce soit par la terre ou la mer», a déclaré M. Guaido.

Si les États-Unis envoient de l’aide humanitaire, le président Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises qu’il étudiait «toutes les options» pour régler la crise.

En plein bras de fer entre les deux pays, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Jorge Arreaza, a indiqué samedi avoir participé à deux réunions secrètes à New York avec Elliot Abrams, l’envoyé spécial des États-Unis. Une réunion avec «le diable» selon lui nécessaire pour «défendre la souveraineté du Venezuela et exiger du respect».

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Syrie: Trump met sous pression les Européens

BAGHOUZ — Le président américain Donald Trump a exhorté les pays européens à rapatrier leurs ressortissants retenus en Syrie après avoir rallié le groupe État islamique, alors que le «califat» de l’EI devrait rendre prochainement son dernier souffle dans le réduit de Baghouz (est).

Ils sont Français, Allemands, Irlandais, Italiens, Britanniques ou encore Canadiens. Ces dernières années, des centaines d’étrangers ont été arrêtés par l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) au fil des batailles menées contre l’EI en Syrie.

Aujourd’hui, ces combats touchent à leur fin et dans l’est du pays, quelques jihadistes se retrouvent pris au piège dans une poche de moins d’un-demi-kilomètre carré dans le village de Baghouz.

Mais l’offensive «finale» des FDS dans cette région frontalière de l’Irak piétine, malgré le soutien de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington.

Aux abords de Baghouz, une équipe de l’AFP a pu entendre des tirs au mortier menés, selon les FDS, par les forces de la coalition. Des coups de feu crépitent par moment tandis que le vrombissement des avions retentit dans le ciel.

Perché sur le toit d’une maison proche du front, le combattant Sheldar Hassakeh explique à l’AFP que la fréquence radio utilisée par les talkies-walkies des jihadistes s’est tue.

«Leur zone de contrôle est vraiment réduite et ils n’ont plus autant de talkies-walkies. Ils ne se parlent plus autant», précise-t-il.

Ce combattant des FDS à la carrure baraquée raconte que les jihadistes échangeaient en langage codé : «Pour demander des munitions, ils disaient, “vous avez cinq caisses de tomates”».

Retour en Europe? 

Si les jihadistes sont mis en déroute, l’épineux dossier des étrangers de l’EI retenus par les forces kurdes n’est toujours pas tranché. Les hommes sont en prison, les femmes et les enfants dans des camps de déplacés.

Via Twitter, le président Trump s’est lancé dans une diatribe contre les puissances européennes qui tergiversent.

«Les États-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l’EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice», a-t-il martelé, dans la nuit de samedi à dimanche.

«Il n’y a pas d’alternative car nous serions forcés de les libérer. Les États-Unis ne veulent pas que ces combattants de l’EI se répandent en Europe», a-t-il prévenu.

L’administration semi-autonome kurde, qui gère des territoires dans le nord de la Syrie en guerre, refuse de juger les étrangers et veut les renvoyer vers leurs pays d’origine. Mais les puissances occidentales se montrent réticentes face à l’hostilité d’une partie de leurs opinions publiques.

Judiciarisés et incarcérés

Paris, Bruxelles et Berlin ont réagi dimanche aux propos du président américain.

«Ce sont les Kurdes qui les détiennent [les jihadistes français] et nous avons toute confiance dans leur capacité à les maintenir» en détention, a répliqué sur BFMTV le secrétaire d’État français à l’Intérieur Laurent Nuñez.

«Quoi qu’il en soit, si ces individus reviennent sur le territoire national, ils seront tous judiciarisés et incarcérés», a-t-il ajouté.

Après sa réticence initiale, Paris semble envisager le retour de ces ressortissants. Une source proche du dossier en France a évoqué le cas de 150 Français, dont 90 mineurs.

En Belgique, le ministre de la Justice, Koen Geens, a réclamé une «solution européenne», appelant à «réfléchir tranquillement et regarder ce qui comporte le moins de risques sécuritaires».

«Nous avons actuellement dans le nord de la Syrie surtout des mères et des enfants, mais également quelques combattants qui sont connus», a-t-il précisé sur la chaîne publique flamande VRT.

En Allemagne, des sources au ministère des Affaires étrangères ont indiqué que Berlin examinait «des options pour permettre aux ressortissants allemands de quitter la Syrie, en particulier les cas humanitaires».

Monde

«Des centaines de km» du mur seront érigés d’ici 2020

WASHINGTON — Un proche conseiller de Donald Trump a assuré dimanche que «des centaines de kilomètres» supplémentaires du mur seraient construits à la frontière sud des États-Unis avant la prochaine présidentielle, grâce à «l’urgence nationale» décrétée par le président.

«Nous avons déjà environ 120 miles (200 km, ndlr) en construction; avec les fonds supplémentaires que nous allons débloquer, cela fera quelques centaines de miles (...) d’ici la fin de la prochaine année fiscale», soit septembre 2020, a déclaré le conseiller politique de la Maison-Blanche, Stephen Miller, sur la chaîne Fox.

Donald Trump, qui ne cache pas sa volonté de se représenter en novembre 2020, avait promis lors de la campagne de 2016 de construire un mur le long des quelque 3200 kilomètres de la frontière avec le Mexique, seul moyen selon lui d’endiguer l’immigration illégale en provenance d’Amérique centrale.

Après un long bras de fer et plus d’un mois de paralysie des administrations fédérales, Donald Trump a finalement accepté de signer une loi de finances qui ne prévoit que 1,4 milliard de dollars pour renforcer la clôture sur 88 kilomètres.

Pas décidé à jeter l’éponge, il a proclamé vendredi l’«urgence nationale», ce qui devrait lui permettre de contourner le Congrès pour puiser notamment dans le budget du Pentagone.

Cette procédure exceptionnelle est encadrée par une loi de 1976, qui permet au Congrès de s’y opposer avec une «déclaration conjointe» votée dans les deux chambres. Mais le président peut y mettre son veto (qui ne peut être surmonté qu’à une majorité des deux tiers).

Les démocrates, qui contrôlent la Chambre des représentants, ont fait savoir qu’ils allaient user de cette procédure. Plusieurs républicains ont désavoué le recours à l’urgence.

Dans tous les cas, Stephen Miller a déclaré que le président ferait tout pour les contrer. 

Une bataille est également engagée devant les tribunaux, avec des recours de l’État de New York, de la Californie ou de la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU contre la promulgation d’urgence.

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Crise haïtienne: 25 étudiants québécois rapatriés au Canada

OTTAWA — Un groupe de 25 étudiants québécois et leurs trois accompagnateurs ont réussi dimanche à quitter Haïti, où ils étaient bloqués par de violentes manifestations antigouvernementales, au lendemain de l’évacuation d’une centaine de touristes canadiens.

«On est dans l’avion» de retour vers Montréal, a confirmé dans un message à l’AFP l’un des accompagnateurs.

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Autour du globe, 18 février 2019

Monde

Un intellectuel français victime d’insultes antisémites par des Gilets Jaunes [VIDÉO]

PARIS — L’agression verbale antisémite contre un célèbre intellectuel français au cours d’une manifestation des Gilets Jaunes a soulevé l’indignation en France.

Ce nouveau débordement semble révéler une tendance inquiétante au sein d’une frange radicalisée du mouvement.

Les autorités judiciaires parisiennes ont ouvert dimanche une enquête après les propos antisémites dont a été victime Alain Finkielkraut tandis qu’il accompagnait samedi sa belle-mère chez elle, dans un quartier de la Rive Gauche, à Paris.

L’enquête portera sur «injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion». Des manifestants s’en sont pris verbalement au membre de l’Académie française en lui lançant «Barre-toi à Jérusalem», «espèce de sioniste* « ou « la France elle est à nous».

La scène a été filmée.

Monde

Sévices sexuels: punir ceux qui ont fermé les yeux au sein de l’Église

VATICAN — Des catholiques romains qui ont été victimes de sévices sexuels par des membres du clergé insistent sur le fait que des actions décisives doivent émaner d’un sommet au Vatican cette semaine pour faire face au problème de plusieurs décennies de prêtres pédophiles et de dissimulation de la situation par l’Église.

Peter Isely, membre fondateur du groupe militant américain Ending Clergy Abuse, a soutenu dimanche que le pape François «fait face à la résistance» de hauts responsables du Vatican alors qu’il se prépare à rassembler des évêques du monde entier.

«Laissez-moi vous dire ce que c’était que d’essayer de devoir résister à ce prêtre quand j’étais un garçon qui m’agressait sexuellement, a déclaré M. Isely. Alors, quelles que soient les difficultés pour le pape ou les désagréments pour quiconque au Vatican, ce n’est rien comparé à ce que les survivants ont dû subir.»

M. Isely a présenté son point de vue dans une entrevue accordée à l’Associated Press près de la place Saint-Pierre peu avant que le pape François ne parle de l’importance du sommet du 21 au 24 février pour la protection des enfants et des adolescents au sein de l’Église.

S’adressant aux fidèles sur la place, le pape a demandé des prières pour le rassemblement des responsables des conférences des évêques catholiques du monde entier.

François a déclaré qu’il souhaitait que le sommet soit «un acte de forte responsabilité pastorale face à un défi urgent de notre temps».

Les révélations dans de nombreux pays selon lesquelles des prêtres violaient et commettaient d’autres formes de sévices sexuels sur des enfants et que des évêques dissimulaient ces crimes ont ébranlé la foi de bon nombre de catholiques.

Ces révélations testent également la capacité du pontife à assurer la sécurité des enfants et à punir les agresseurs ainsi que les supérieurs complices.

Le Saint-Siège a annoncé samedi que François avait approuvé l’expulsion de la prêtrise de l’ex-cardinal américain, Theodore McCarrick, pour des agressions sexuelles contre des mineurs et des adultes.

Mais les défenseurs de survivants ont également demandé au pape de dire ce que lui et d’autres hauts responsables du Vatican savaient au sujet des actes sexuels du prélat, qui ont duré des décennies.

«Vous agressez un enfant, vous devez être retiré de la prêtrise, a dit M. Isely. Si vous camouflez la maltraitance d’un enfant, vous devez être radié de la prêtrise et c’est la seule chose qui va nous permettre de sortir de cette crise mondiale.»

Une autre membre fondatrice du groupe, Denise Buchanan, originaire de la Jamaïque, a confié qu’un prêtre l’avait violée et agressée à l’âge de 17 ans.

«Ce viol a eu pour résultat une grossesse et le prêtre a organisé un avortement», a affirmé Mme Buchanan.

Marco Politi, observateur des affaires du Vatican, a déclaré à l’AP qu’il estimait que le pape faisait face à une résistance intérieure.

«Il y a une lutte entre le pape et ses partisans qui veulent un changement, et beaucoup de gens parmi les évêques et le clergé qui ne veulent pas de transparence et d’application de la loi et de l’ordre dans la question des sévices sexuels dans le monde», a soutenu M. Politi.

Certains critiques de François affirment que, étant lui-même un produit de la culture hiérarchique de l’Église catholique, il a également tardé à reconnaître le rôle de la hiérarchie dans la perpétuation des agressions commises par des prêtres pédophiles.

Le pape François a tenté de modérer les attentes pour le sommet, affirmant en janvier que «le problème des agressions continuerait», car «c’est un problème humain». M. Isely de Ending Clergy Abuse a fait valoir que la barre devait être haute et que les participants «devaient livrer pour les survivants».