Cuba: dernière du pays, La Havane entame son déconfinement, sans touristes

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Cuba: dernière du pays, La Havane entame son déconfinement, sans touristes

LA HAVANE — Enfin, Lazaro a pu aller pêcher, Dayli nager et Fernando courir le long du Malecon, célèbre boulevard côtier de La Havane: la capitale cubaine a entamé vendredi son déconfinement, permettant à ses habitants de profiter de la mer, mais les touristes étrangers devront attendre.

«On est heureux, car c'est ce qu'on aime tous: la pêche», confie à l'AFP Lazaro Castillo, 55 ans, venu tenter sa chance avec sa canne à pêche.

Venu avec cinq amis qui partagent le même passe-temps, ce chauffeur professionnel a débarqué dès l'aube sur le Malecon - lieu de rendez-vous de tous les Havanais - avec son matériel, sans oublier son masque sur le visage, qui reste obligatoire, ainsi qu'une solution à base de chlore pour se désinfecter les mains.

«On est tous là, contents, mais en respectant les règles qui ont été fixées», explique-t-il.

Après trois mois de confinement où les plages étaient fermées et la pêche interdite, Lazaro se sentait nostalgique de la mer.

Après l'extension de l'ère Poutine, le risque de la «stagnation» 

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Après l'extension de l'ère Poutine, le risque de la «stagnation» 

MOSCOU — Vladimir Poutine a promis aux Russes qu'en prolongeant son ère, ils laisseront une Russie meilleure à leurs enfants. Mais aux yeux d'analystes, il menace le pays de «stagnation» en refusant d'aborder la possibilité de sa succession.

Pour beaucoup de Russes, ce terme renvoie à la «période de stagnation» soviétique entre 1964 et 1985 - principalement sous Léonid Brejnev - qui a été suivie par la fin de l'Union soviétique et une décennie de chaos.

Comme alors, l'absence d'espoir de changement n'est pas sans risque.

«La faiblesse du régime [de Poutine] est qu'il n'a pas de mécanisme de passation du pouvoir», affirme à l'AFP Maxime Troudolioubov, figure du journalisme russe et rédacteur émérite du site d'informations Meduza.

Pour lui, le président russe, 67 ans, et ses proches «se méfient profondément» d'élections libres pour déterminer l'identité du prochain chef d'État. Et en l'absence d'un successeur désigné, «ils font tout simplement comme s'ils ne mourront jamais».

Annoncée à la surprise générale en janvier, menée tambour battant et rapidement adoptée par le Parlement, la réforme constitutionnelle voulue par Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 20 ans, a été validée avec près de 78% des suffrages par un scrutin organisé du 25 juin au 1er juillet. L'opposition a dénoncé un «énorme mensonge».

Un des points clefs du texte, rajouté en mars alors qu'il n'avait jamais été évoqué, est la remise à zéro des compteurs présidentiels. En 2024, date de la fin de l'actuel mandat, Vladimir Poutine pourra donc à nouveau être candidat à deux sextennats qui le feraient théoriquement rester au Kremlin jusqu'en 2036, année de ses 84 ans.

La réforme introduit aussi dans la Constitution des amendements sociaux, comme l'indexation des retraites sur l'inflation, et des principes conservateurs chers au président tels que la foi en Dieu ou le mariage réservé aux hétérosexuels.

Pour nombre d'observateurs, ceux-ci ne servaient pas uniquement à inciter les Russes à participer au vote et Tatiana Stanovaïa, fondatrice du centre d'analyse R.Politik, estime qu'il ne faut donc pas les «sous-estimer».

«C'est un moyen de cimenter la Russie telle qu'elle est maintenant (...), d'institutionnaliser l'héritage de Poutine», précise-t-elle.

«Déclin progressif»

Si le résultat du vote ne faisait aucun doute, il arrive néanmoins à un moment délicat pour Vladimir Poutine.

Entre mai 2018 et juin 2020, son taux d'approbation mesuré par l'institut indépendant Levada est passé de 79% à 60%, sur fond d'économie au ralenti et de chute du pouvoir d'achat des Russes depuis 2014.

Des scrutins régionaux sont prévus à l'automne et des législatives en 2021. Et le parti Russie unie au pouvoir est très impopulaire.

En pleine mer des Caraïbes, confinés sur un îlot surpeuplé [PHOTOS]

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En pleine mer des Caraïbes, confinés sur un îlot surpeuplé [PHOTOS]

SANTA CRUZ DEL ISLOTE — Dans la mer des Caraïbes s’élève l’un des îlots les plus densément peuplés de la planète: 500 personnes vivent sur un hectare, au large de la Colombie. La distanciation physique, vitale en ces temps de pandémie de coronavirus, y est impossible.

«Nous sommes isolés, loin du virus. Mais oui, nous avons peur [...] qu’une personne contaminée arrive sur l’île, nous infecte et que nous mourrions tous», explique à l’AFP Adrian Caraballo, un guide touristique de 22 ans.

Santa Cruz del Islote, ou el Islote (l’îlot) comme elle est communément appelée, bataille depuis des décennies avec l’absence de médecin, le manque d’eau potable et les coupures récurrentes d’électricité.

Plus entassés qu’à Manhattan, où vivent 268 personnes sur 0,01 km2, ses habitants déploient des prouesses d’ingéniosité et de solidarité pour faire face aux pénuries.

Le coronavirus actuel plus infectieux que la version originale

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Le coronavirus actuel plus infectieux que la version originale

WASHINGTON — La variante du SARS-CoV-2 qui domine aujourd’hui dans le monde infecte plus facilement les cellules que celle qui est apparue à l’origine en Chine, ce qui la rend probablement plus contagieuse entre humains bien que cela reste à confirmer, selon une étude publiée jeudi dans la revue Cell.

«Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non», a commenté Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses américain, à la revue Jama. «Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer. Mais il y a de très bons généticiens des virus qui travaillent là-dessus.»

Après sa sortie de Chine et son arrivée en Europe, une variante du nouveau coronavirus, qui mute en permanence comme tout virus, est devenue dominante, et c’est cette version européenne qui s’est ensuite installée aux États-Unis. La variante, nommée D614G, concerne une seule lettre de l’ADN du virus, à un endroit contrôlant la pointe avec laquelle il pénètre les cellules humaines.

Les mutations génétiques du coronavirus sont traquées dans le monde entier par les chercheurs, qui séquencent le génome des virus qu’ils trouvent et les partagent sur une base de données internationale, GISAID, un trésor de plus de 30 000 séquences à ce jour.

Les chercheurs de la nouvelle étude, des universités de Sheffield et Duke et du laboratoire national de Los Alamos, ont établi en avril que D614G dominait désormais et ont alors affirmé, avec une certaine alarme, que la mutation rendait le virus «plus transmissible». Ils avaient mis leurs résultats en ligne sur un site de prépublications scientifiques.

Plus apte

Mais cette assertion avait été critiquée, car l’équipe n’avait pas prouvé que la mutation elle-même était la cause de la domination; peut-être qu’elle a bénéficié d’autres facteurs ou du hasard. Les scientifiques ont donc réalisé des travaux et des expériences supplémentaires, à la demande notamment des éditeurs de Cell.

Ils ont d’abord analysé les données de 999 patients britanniques hospitalisés à cause de la COVID-19 et observé que ceux ayant la variante avaient certes plus de particules virales en eux, mais sans que cela ne change la gravité de leur maladie — une nouvelle encourageante.

D’autre part, des expériences en laboratoire ont montré que la variante était en revanche trois à six fois plus capable d’infecter des cellules humaines.

«Il semble probable que c’est un virus plus apte», dit Erica Ollmann Saphire, qui a réalisé l’une de ces expériences, au La Jolla Institute for Immunology.

La conclusion la plus stricte est que si le coronavirus qui circule actuellement est sans doute plus «infectieux», il n’est pas forcément plus «transmissible» entre humains.

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Autour du globe, 4 juillet 2020

COVID-19: l'OMS appelle à «se réveiller» face à l'épidémie qui flambe aux Amériques 

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COVID-19: l'OMS appelle à «se réveiller» face à l'épidémie qui flambe aux Amériques 

GENÈVE — L'Organisation mondiale de la santé a exhorté vendredi à sortir du déni et réellement «engager le combat» contre la pandémie de coronavirus qui est toujours en pleine flambée, notamment aux Amériques. 

L'organisation avait déjà souligné mercredi que les sept derniers jours avaient été les pires en terme de contaminations (plus de 160 000 cas quotidiens) depuis que l'épidémie de COVID-19 est partie de Chine fin 2019, et que 60% de tous les cas recensés jusqu'à présent l'avaient été au cours du mois écoulé.

Le responsable des urgences sanitaires à l'OMS, Michael Ryan, a resonné l'alarme vendredi. «Il est vraiment temps que les pays regardent les chiffres. S'il vous plaît, n'ignorez pas ce que vous disent les chiffres», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.

«Les gens doivent se réveiller. Les chiffres ne mentent pas et la situation sur le terrain ne ment pas», a-t-il poursuivi. «Il n'est jamais trop tard, dans une épidémie, pour prendre le contrôle».

Les cas de COVID-19 augmentent en flèche, Trump s'envole pour le Mont Rushmore

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Les cas de COVID-19 augmentent en flèche, Trump s'envole pour le Mont Rushmore

WASHINGTON —  Sous le feu des critiques pour son silence sur les chiffres alarmants de la COVID-19 aux États-Unis, Donald Trump se rend vendredi au mont Rushmore pour une soirée de feux d’artifice qu’il espère être un moment d’unité dans un pays qu’il peine à rassembler.  

À la veille de la fête nationale du 4 juillet, le président républicain s’exprimera sous le regard de quatre de ses lointains prédécesseurs — George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln — dont les têtes monumentales ont été taillées dans le granite dans cet imposant mémorial.

Le milliardaire républicain, qui laisse son vice-président Mike Pence en première ligne face au spectaculaire rebond de l’épidémie qui assombrit l’été des Américains, ne cache pas son enthousiasme pour cet évènement pour lequel quelque 7500 personnes sont attendues.

«Cela va être une soirée extraordinaire, avec des feux d’artifice comme peu de gens en ont vu», a-t-il prédit jeudi. «Cela va être magnifique!»

L’inhabituelle radioactivité en Europe du Nord liée à un réacteur nucléaire

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L’inhabituelle radioactivité en Europe du Nord liée à un réacteur nucléaire

VIENNE - La radioactivité inhabituelle, d’un niveau faible et inoffensif pour l’homme, relevée fin juin en Europe du Nord est probablement liée à la marche d’un réacteur nucléaire, a déclaré vendredi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Plusieurs pays nordiques -la Suède, la Norvège, la Finlande- ont signalé lors de la dernière semaine de juin une hausse de radioactivité d’origine civile, également attestée par d’autres instituts.

L’AIEA, dont le siège se trouve à Vienne, a indiqué dans un communiqué que ces niveaux inhabituels étaient «probablement liés à un réacteur nucléaire en fonctionnement ou en cours de maintenance, lorsque de très faibles rejets radioactifs peuvent se produire».

Confirmant que ces émissions ne présentaient «aucun risque pour les personnes ou l’environnement», l’organisation onusienne a ajouté qu’elle ne pouvait pas encore déterminer où se trouvait ce réacteur.

L’agence a échangé avec plus de 40 pays, dont la Russie et la Lettonie, qui n’ont fait part «d’aucun événement» nucléaire particulier sur leur territoire.

La semaine dernière, l’Institut néerlandais pour la Santé publique et l’Environnement (RIVM) avait indiqué que «les radionucléides proviennent de la direction de la Russie occidentale», sans pouvoir fournir de localisation plus précise.

Selon une carte publiée par l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), dont les stations permettent également de mesurer des hausses de radioactivité d’origine civile, la zone d’origine probable de la source, recouvre grosso modo le tiers sud de la Suède, la moitié sud de la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, ainsi qu’une large zone entourant la frontière nord-ouest de la Russie, y compris Saint-Petersbourg.

L’AIEA juge également «peu probable» une origine «liée à une usine de traitement de combustible nucléaire, à une piscine de combustible usagé ou à l’utilisation de rayons dans l’industrie ou la médecine.»

Démission du premier ministre français Edouard Philippe

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Démission du premier ministre français Edouard Philippe

PARIS - Le président français Emmanuel Macron s’est séparé vendredi de son populaire premier ministre Edouard Philippe pour amorcer un virage politique pour la fin de son quinquennat, et a nommé un discret inconnu, issu de la droite comme M. Philippe, pour le remplacer.

Jean Castex, haut fonctionnaire, maire d’une petite ville, homme de dossier, mais pas du tout une figure politique de premier plan, a été désigné à la mi-journée, quelques heures après la remise de la démission du gouvernement par M. Philippe.

Ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Jean Castex, 55 ans, maire LR (Les Républicains) de Prades, dans le Sud Ouest, est depuis avril le délégué interministériel chargé du déconfinement.

«Il est un haut fonctionnaire complet et polyvalent qui aura à coeur de réformer l’Etat et de conduire un dialogue apaisé avec les territoires», a expliqué l’Élysée.

Cet homme au profil discret, peu exposé jusqu’ici, sera donc chargé de mettre en musique les orientations décidées par Emmanuel Macron jusqu’à la prochaine élection présidentielle en 2022, alors que le chef de l’État entend «se réinventer».

Les leaders d’opposition ont critiqué ce choix comme étant celui d’un président qui veut avoir toutes les cartes en main pour poursuivre sa politique sans varier et préparer la présidentielle sans être gêné par un premier ministre qui lui ferait de l’ombre.

«On pouvait attendre un virage politique, mais c’est technocratique» avec quelqu’un «retenu pour gérer les affaires courantes» a dénoncé le président de LR Christian Jacob.

Avec la nomination de Jean Castex, «le Président de la République confirme sans surprise son cap. Le jour d’après sera de droite comme le jour d’avant», pour le patron du Parti socialiste Olivier Faure.

En attendant d’être remplacé, le gouvernement sortant expédie les affaires courantes. La composition de la nouvelle équipe devrait être connue avant mercredi, date prévue du prochain conseil des ministres, selon l’entourage du président.

Ce nouveau gouvernement devra «mettre en oeuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale», a fait savoir l’Élysée.

Après trois ans de pouvoir, après avoir conduit des réformes controversées comme celles de l’assurance chômage, traversé plusieurs crises, comme celle des manifestants Gilets jaunes ou la crise sanitaire de la COVID-19, Emmanuel Macron avait annoncé un nouveau souffle, une nouvelle orientation, un besoin, selon ses mots de «se réinventer», alors qu’il n’est pas très populaire et que le pays se prépare à subir un fort contrecoup économique du fait de la pandémie.

«J’ai ma part de maladresse. J’ai parfois considéré qu’il fallait aller vite sur certaines réformes. Cela ne peut marcher que par le dialogue. J’ai beaucoup d’ambition pour notre pays. J’ai parfois donné le sentiment de vouloir faire les réformes contre les gens», a-t-il déclaré dans un entretien publié vendredi dans la presse régionale.

«Nouveau chemin»

Pour autant «le cap sur lequel je me suis engagé en 2017 reste vrai», a-t-il réaffirmé. Le prochain gouvernement sera chargé d’appliquer le «nouveau chemin» qu’Emmanuel Macron a commencé à dessiner, avec une priorité sur la politique de santé, le grand âge et un plan pour la jeunesse.

Même s’il s’en défend, ce remaniement permettra aussi à Emmanuel Macron de garder en ligne de mire et éventuellement se positionner pour la prochaine élection présidentielle en 2022.

Le changement d’équipe intervient dans la foulée du deuxième tour des élections municipales dimanche 28 juin, marqué par une forte abstention, un revers pour le parti présidentiel La République en marche et une poussée écologiste dans les centres urbains.

Pour ce «gouvernement de combat», «nous aurons peu de priorités : la relance de l’économie, la poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l’environnement, le rétablissement d’un ordre républicain juste, la défense de la souveraineté européenne», a déclaré le président à la presse régionale, estimant qu’il fallait «de nouveaux visages», de «nouveaux talents», «des personnalités venues d’horizons différents».

«Le choix des hommes et des femmes est important, mais les ambitions pour le pays sont plus grandes que nous», a-t-il assuré.

La Corée du Nord se félicite de son «brillant succès» face à la COVID-19

COVID-19

La Corée du Nord se félicite de son «brillant succès» face à la COVID-19

SÉOUL — Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un s’est félicité du «brillant succès» obtenu selon lui par son pays dans sa lutte contre la COVID-19, a rapporté vendredi l’agence officielle KCNA.

Le leader nord-coréen s’exprimait lors d’une réunion du Parti des travailleurs consacrée jeudi à l’impact du virus, alors que le pays a fermé ses frontières et placé des milliers de personnes en isolement depuis six mois.

Écrasement du vol d'Ukraine Airlines: les familles seront indemnisées par l'Iran

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Écrasement du vol d'Ukraine Airlines: les familles seront indemnisées par l'Iran

OTTAWA — L’Iran aurait accepté d’indemniser les familles des victimes d’origine étrangère ayant péri à bord du vol commercial ukrainien abattu par les forces iraniennes en janvier. Parmi les 176 passagers décédés, on a dénombré 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents.

Selon Affaires mondiales Canada, c’est l’Ukraine qui va mener les négociations avec l’Iran, au nom des cinq pays ayant perdu des citoyens dans la tragédie du vol PS752.

Au moment de la catastrophe, l’Iran a nié sa responsabilité durant des jours avant d’admettre que son armée avait abattu, par erreur, le Boeing 737 opéré par le transporteur Ukraine International Airlines.

Dans un communiqué publié jeudi, le gouvernement du Canada confirme s’être entendu avec l’Afghanistan, la Suède et le Royaume-Uni pour désigner l’Ukraine à titre de porte-parole de leur Groupe international de coordination et d’intervention dans les négociations avec l’Iran.

La nouvelle avait d’abord été annoncée par la ministre suédoise des Affaires étrangères, en début de journée jeudi.

«Nous avons signé une entente mutuelle selon laquelle nous allons négocier ensemble, avec l’Iran, des indemnités pour les proches des victimes», a déclaré la ministre Ann Linde à l’agence de presse suédoise TT.

En réponse à une question demandant si l’Iran allait réellement verser des compensations financières aux familles, la ministre Linde a assuré qu’il n’y avait «aucun doute là-dessus», ajoutant qu’une première ronde de discussions devrait avoir lieu sous peu.

Les diplomates des États ayant perdu des citoyens dans la catastrophe aérienne font front commun depuis des mois pour faire pression sur l’Iran afin d’obtenir une meilleure collaboration dans l’enquête et les démarches d’indemnisation des familles.

La reconnaissance de responsabilité par l’Iran était survenue après que des rapports des services de renseignement canadiens et américains eurent révélé l’implication des Gardiens de la révolution dans le drame. Téhéran s’est défendu en plaidant qu’une «erreur humaine» avait entraîné le tir de missiles en direction de l’avion de ligne.

L’avion commercial a été abattu, le 8 janvier, en bordure de Téhéran, peu de temps après son décollage. Quelques heures plus tôt, l’Iran avait lancé une pluie de missiles vers des troupes américaines basées en Irak.

Le Boeing 737 ukrainien était en direction de Kiev avec à son bord 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents ; 11 citoyens ukrainiens; 17 citoyens et résidents suédois; quatre citoyens afghans ; et quatre citoyens britanniques.

Autour du globe, 3 juillet

Emmanuel Macron évoque un «nouveau chemin» avec une «nouvelle équipe»

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Emmanuel Macron évoque un «nouveau chemin» avec une «nouvelle équipe»

PARIS — Le président français Emmanuel Macron a indiqué jeudi dans un entretien à la presse régionale qu’il comptait tracer un «nouveau chemin» avec «une nouvelle équipe», confirmant implicitement un remaniement ministériel attendu dans les prochains jours.

«J’aurais à faire des choix pour conduire le nouveau chemin. Ce sont de nouveaux objectifs d’indépendance, de reconstruction, de réconciliation et de nouvelles méthodes à mettre en œuvre. Derrière, il y aura une nouvelle équipe», a affirmé le président.

Facebook recommande le port du masque

COVID-19

Facebook recommande le port du masque

SAN FRANCISCO — «Portez un masque pour aider à empêcher la propagation du COVID-19»: ce message va s’afficher avant tout autre sur Facebook et Instagram alors que les États-Unis comptent plus de 400 000 nouvelles infections quotidiennes à la maladie depuis plusieurs jours.

«Avec l’augmentation des cas de COVID-19 aux États-Unis, nous mettons une alerte en haut de Facebook et d’Instagram pour rappeler à tout le monde de porter un masque et leur signaler d’autres astuces liées à la prévention via notre centre d’information dédié», a fait savoir le géant des réseaux sociaux jeudi.

Meghan laissée «sans défense» par la monarchie, selon des documents légaux

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Meghan laissée «sans défense» par la monarchie, selon des documents légaux

LONDRES — Meghan, l’épouse du prince Harry, estime avoir été laissée «sans défense» par la monarchie britannique et «interdite de se défendre» lorsque, enceinte, elle était attaquée dans les tabloïds britanniques, selon des documents légaux cités par des médias britanniques.

Ces documents ont été déposés auprès de la Haute Cour de Londres dans le cadre d’un procès intenté par l’ex-actrice américaine de 38 ans à Associated Newspapers, la société éditrice du Daily Mail et de sa version dominicale Mail on Sunday.

Un juge lève l’interdiction d’un livre écrit par la nièce de Trump

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Un juge lève l’interdiction d’un livre écrit par la nièce de Trump

WASHINGTON — Le juge d’une cour d’appel de New York a levé tard mercredi soir l’interdiction temporaire de parution d’un livre écrit par la nièce du président américain Donald Trump et contenant des révélations potentiellement explosives à trois mois de l’élection présidentielle.

Selon des documents de justice, cette décision permet à l’éditeur Simon & Schuster d’imprimer et de distribuer l’ouvrage de 240 pages de Mary Trump, qui doit sortir le 28 juillet. Elle y qualifie le milliardaire républicain d’«homme le plus dangereux du monde».

Niveaux records de COVID-19 dans le monde, surtout sur le continent américain

COVID-19

Niveaux records de COVID-19 dans le monde, surtout sur le continent américain

LOS ANGELES — La contagion du nouveau coronavirus atteint des niveaux records dans le monde, particulièrement sur le continent américain, où le nombre des cas et celui des décès continuent d’exploser, États-Unis et Brésil en tête.

Les sept jours écoulés ont été la pire semaine en termes d’infections depuis que la pandémie de COVID-19 est partie de Chine fin 2019, selon le bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160 000 par jour», a déclaré mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les sept jours précédents, plus de 150.000 contaminations quotidiennes avaient été dénombrées, selon un bilan établi par l’AFP.

Et «60% de tous les cas de COVID-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier», a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Épicentre actuel de l’épidémie, le continent américain recense environ 2,7 millions de personnes infectées sur environ 10,7 millions dans le monde.

Première puissance mondiale et pays le plus endeuillé de la planète, les États-Unis ont atteint mercredi un niveau record avec au moins 53 069 nouvelles infections au coronavirus qui ont été recensées aux États-Unis en 24 heures, selon le comptage jeudi à 20h30, heure avancée de l'Est, de l'Université Johns Hopkins. Un niveau record depuis le début de la pandémie, à la veille de la longue fin de semaine de la fête nationale américaine. Cela porte à plus de 2,7 millions le nombre total de cas détectés dans le pays.

Dans les dernières 24 heures, 649 personnes sont décédées de la COVID-19 sur le sol américain, 128 677 depuis le début de la crise sanitaire mondiale.

Au Texas, près de 8000 nouveaux cas ont été recensés depuis mercredi, forçant le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics de son grand État du Sud américain, à la veille des festivités du 4 juillet.

Ce retour aux restrictions intervient alors que l’économie américaine a créé 4,8 millions d’emplois en juin — record sur un mois — grâce à la réouverture des commerces, bars et restaurants, permettant une baisse du chômage plus importante que prévu, a annoncé jeudi le département du Travail.

Le taux de chômage aux États-Unis s’établit à 11,1 %, meilleur qu’en mai (13,3 %) mais loin de son plancher historique pré-pandémie (+3,5 % en février).

«Approche globale»

En Amérique latine et aux Caraïbes, la situation reste également inquiétante, notamment au Brésil, où plus de 1000 morts ont à nouveau été enregistrés en 24 heures, faisant passer le bilan au-dessus des 60 000 décès, selon le ministère de la Santé.

Malgré cela, les restaurants, cafés et bars de Rio de Janeiro ont rouvert jeudi après trois mois d’inactivité, «un retour à la normale» graduel jugé prématuré par les experts.

Au Pérou, un dirigeant indigène, Santiago Manuin, qui défendait les droits fonciers des communautés amazoniennes, est mort mercredi de la COVID-19, selon sa famille.

Les peuples autochtones en Amérique latine sont particulièrement vulnérables, en raison de la faiblesse de leurs systèmes immunitaires et de siècles de négligence de l’État.

L’Amérique latine pourrait enregistrer plus de 400 000 morts dans les trois mois faute de mesures sanitaires plus strictes, selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

La COVID-19 a d’ores et déjà tué au moins 516 300 personnes sur la planète, selon un comptage jeudi de l’AFP.

Alors que démarre la saison estivale, de nombreux pays essaient de limiter un manque à gagner déjà considérable pour le tourisme et les secteurs qui en dépendent, déjà estimé à potentiellement entre 1200 à 3300 milliards $US, par l’ONU.

L’UE, où l’épidémie marque le pas malgré la subsistance de foyers de contamination a ainsi rouvert mercredi de façon ciblée ses frontières. Elle a autorisé les vols en provenance de 14 pays de tous les continents, ainsi que de Chine sous réserve de réciprocité, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Mais la Hongrie, pays membre, fait savoir jeudi qu’elle ne compte pas, pour des raisons sanitaires, rouvrir pour le moment ses frontières aux pays extérieurs à l’UE.

PME en danger

Hors UE, les autorités serbes ont durci jeudi les mesures de restriction, face à un regain de cas de COVID-19, et rouvert à Belgrade des hôpitaux entièrement dédiés aux malades.

Dans le reste du monde, d’autres pays fortement dépendants du tourisme, tentent aussi de sauver la saison. Malgré plus de 1000 infections quotidiennes depuis fin mai, l’Égypte a rouvert mercredi les célèbres pyramides du plateau de Guizeh.

Et Cuba a rouvert mercredi aux touristes étrangers les îles paradisiaques des Cayos même si aucun vol touristique n’y a encore atterri.

De très nombreux autres secteurs économiques ont été affectés. Le FMI prévoit une reprise plus lente qu’espérée et une récession mondiale de 4,9 % en 2020.

Colonne vertébrale des économies, petites et moyennes entreprises sont parmi les plus touchées et, malgré les milliards de dollars débloqués par les gouvernements pour les aider à tenir, se battent pour survivre.

En Afrique, au Tchad notamment, commerçants, employés, mais aussi les plus démunis plongés dans le dénuement, ne peuvent compter sur aucun système de solidarité nationale.

Bien que moins draconiennes qu’ailleurs, les restrictions ont suffi à déstabiliser l’économie de ce pays parmi les plus pauvres de la région, pourtant producteur de pétrole depuis les années 2000.

Le secteur culturel est également menacé. Des Rolling Stones à Eric Clapton en passant par Paul McCartney, Depeche Mode ou Iron Maiden, 1500 artistes ou personnalités du monde de la musique britannique ont appelé jeudi le gouvernement à sauver urgemment l’industrie des concerts, privée de public.

Dans les enceintes sportives, le retour du public ne va pas sans accroc: la finale de la Coupe du Danemark a été interrompue près d’un quart d’heure mercredi soir, des supporters refusant de respecter les règles de distanciation imposées dans le stade.

Ghislaine Maxwell, ex-associée de Jeffrey Epstein, arrêtée au New Hampshire

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Ghislaine Maxwell, ex-associée de Jeffrey Epstein, arrêtée au New Hampshire

NEW YORK — Elle fut quelques années la compagne de Jeffrey Epstein, et surtout une de ses plus proches collaboratrices, habituée aux jets privés et résidences de luxe: un an après la mort du financier new-yorkais, Ghislaine Maxwell risque désormais la prison à vie pour l’avoir présumément aidé à organiser et participé à son trafic de mineures.

Lors de sa première comparution par lien vidéo devant une juge du New Hampshire jeudi, la fille du magnat britannique des médias Robert Maxwell, âgée de 58 ans, ne s’est exprimée que par monosyllabes. Elle devait être transférée dans la foulée dans une prison de New York, en attendant la suite des audiences.

Son arrestation à Bradford, dans le New Hampshire, jeudi matin met fin aux multiples spéculations qui l’entouraient depuis juillet 2019, date de l’arrestation de M. Epstein.

Née en France, éduquée à Oxford, Ghislaine Maxwell qui détient des passeports français, britannique et américain, selon un compte-rendu de la justice américaine, avait longtemps fait profil bas. Des tabloïds britanniques disaient l’avoir vue dans le Massachusetts, à Los Angeles ou au Brésil...

Selon l’acte d’accusation dévoilé jeudi après son arrestation dans le New Hampshire, elle a joué, au moins entre 1994 et 1997 lorsqu’elle était l’amante du millionnaire, un rôle essentiel de recruteuse pour le réseau d’adolescentes dont il s’entourait pour satisfaire ses fantasmes quotidiens: elle gagnait la confiance de jeunes filles désargentées pour les attirer dans un piège doré, où elle contribuait ensuite à «normaliser» des rapports sexuels contraints, en y participant une partie du temps, selon les enquêteurs.

Son arrestation a pris tout le monde par surprise.

«Nous suivions discrètement ses déplacements», a indiqué William Sweeney, un responsable du FBI new-yorkais, lors d’un point presse jeudi. «Récemment, nous avions appris qu’elle s’était faufilée dans une magnifique propriété du New Hampshire, continuant à mener une vie de privilégiée, tandis que ses victimes souffrent du traumatisme infligé il y a des années», a-t-il ajouté.

Il n’a pas donné de détails, mais selon un document de justice cité par CNN, elle se cachait en Nouvelle-Angleterre depuis l’arrestation de Jeffrey Epstein en juillet 2019, forte de près de 20 millions $US (27,3 millions $) sur divers comptes en banque.

Proche des Clinton et du prince Andrew

Ghislaine Maxwell avait déjà été sous les projecteurs il y a près de 30 ans, à la mort de son père, en 1991. Le magnat controversé était décédé dans des circonstances jamais complètement élucidées, tombant par-dessus bord depuis son yacht qu’il avait baptisé Lady Ghislaine, au large des Canaries.

En 1997, après des années de silence, elle disait ne croire ni à la thèse du suicide ni à celle de l’accident.

«Il ne s’est pas suicidé parce qu’il ne s’est pas noyé. Il n’y a aucune preuve de suicide [...] Il n’y a aucune preuve qu’il ait eu une attaque cardiaque», déclarait-elle alors. «Je ne vois pas mon père aller au bord du bateau et glisser. Ce n’est pas facile de glisser du bord d’un bateau».

L’histoire fit longtemps les choux gras de la presse britannique, qui accusa l’homme d’affaires et ex-parlementaire britannique d’origine tchèque de malversations financières. Les frères de Ghislaine, Ian et Kevin Maxwell, furent eux acquittés en janvier 1996 après avoir été accusés de détournements de fonds dans l’empire de leur père.

Mais Ghislaine Maxwell laissa ces sombres histoires derrière elle en s’installant à Manhattan où elle devint vite une habituée des soirées mondaines.

Elle fréquentait aussi bien le prince Andrew que l’homme d’affaires Donald Trump — avant qu’il ne devienne président des États-Unis — ou encore le couple Bill et Hillary Clinton. Une photo largement diffusée la montre souriante parmi une rangée d’invités au mariage de leur fille Chelsea, en 2010.

En 2011, une journaliste de Vanity Fair la décrivait comme une personnalité «des plus intéressantes, des plus vivaces, la personne la plus originale qui soit».

Fan de plongée sous-marine, elle avait fondé une organisation caritative, le TerraMar Project, dédiée à la protection des océans, aujourd’hui disparue.

Lors de ces rares déclarations publiques, Ghislaine Maxwell a jusqu’ici toujours nié avoir commis aucun délit.

Elle avait notamment démenti les accusations portées contre elle dans une action au civil intentée par Virginia Giuffre-Roberts, victime présumée de Jeffrey Epstein qui avait indiqué que c’était Ghislaine Maxwell qui l’avait recrutée comme masseuse alors qu’elle travaillait dans le club de golf de Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride.

La plainte se termina par un accord à l’amiable en 2017.

Mais dans leur acte d’accusation, les enquêteurs de Manhattan affirment qu’elle a menti sous serment lors de sa déposition.

La pandémie continue à s'aggraver, record quotidien aux États-Unis 

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La pandémie continue à s'aggraver, record quotidien aux États-Unis 

LOS ANGELES - La contagion du nouveau coronavirus atteint des niveaux records dans le monde, particulièrement sur le continent américain, où le nombre des cas et celui des décès continuent d’exploser, États-Unis et Brésil en tête.

Les sept jours écoulés ont été la pire semaine en terme d’infections depuis que la pandémie de Covid-19 est partie de Chine fin 2019, selon le bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

«Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160.000 par jour»,a déclaré mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les sept jours précédents, plus de 150.000 contaminations par jour avaient été dénombrées, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Et «60% de tous les cas de Covid-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier», a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Epicentre actuel de l’épidémie, le continent américain qui recense environ 2,7 millions de personnes infectées sur un total d’environ 10,6 millions dans le monde, et où les chiffres continuent d’exploser.

Première puissance mondiale et pays le plus contaminé et le plus endeuillé de la planète (plus de 128.000 décès), les États-Unis ont atteint mercredi un niveau record avec plus de 50.000 nouvelles contaminations en 24 heures.

Et une étude publiée mercredi indique que la pandémie a causé au moins 18% de morts de plus qu’une année normale aux États-Unis, et jusqu’à trois fois plus à New York, très durement touchée.

Black Lives Matter: New York et Los Angeles revoient les budgets de la police

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Black Lives Matter: New York et Los Angeles revoient les budgets de la police

NEW YORK - La ville de New York a adopté dans la nuit de mardi à mercredi un budget annuel réduisant les fonds alloués à ses services de police, illustration de l'impact des manifestations antiracistes même si la mesure a été critiquée de toutes parts.

Le budget de la première métropole américaine pour l'année fiscale 2021 qui s'ouvre ce 1er juillet rogne les dépenses policières de plus d'un milliard de dollars, par rapport à un budget opérationnel de la police new-yorkaise - la plus importante des États-Unis avec quelque 36 000 agents - de quelque 6 milliards, selon le maire de New York Bill de Blasio.

Selon lui, ces coupes répondent aux exigences de réformes des manifestations antiracistes portées par le mouvement #BlackLivesMatter qui ont suivi la mort de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

À New York comme ailleurs, les demandes de transfert des fonds alloués à la police municipale au profit des minorités défavorisées ont été une revendication phare des manifestants.

M. de Blasio souligne avoir renoncé à embaucher 1 100 policiers qui devaient commencer leur formation en juillet. Et assure que son budget répond aux demandes pour plus de justice sociale comme au «désir profond» de sécurité des 8,5 millions de New Yorkais.

Mais les mesures ont été jugées insuffisantes, voire purement cosmétiques, par l'aile gauche du parti démocrate, et ont été critiquées par les républicains qui voient dans une récente augmentation des fusillades à New York la preuve que la police doit être soutenue.

Donald Trump a ainsi accusé dans un tweet mercredi le maire de «neutraliser et mépriser» une police qu'«il déteste».

L'ONU exige un arrêt des conflits pour faciliter la lutte contre la pandémie

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L'ONU exige un arrêt des conflits pour faciliter la lutte contre la pandémie

NATIONS UNIES — Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi à l'unanimité une résolution réclamant l'arrêt des conflits dans le monde pour faciliter la lutte contre la pandémie de COVID-19, après plus de trois mois de blocages entre la Chine et les États-Unis.

La résolution a été rédigée conjointement par la France et la Tunisie, qui ont salué son adoption, l'ambassadeur tunisien à l'ONU, Kais Kabtani, évoquant un «acquis historique». «C'est la première fois que le Conseil de sécurité (adopte) une résolution sur la santé», s'est félicité la présidence tunisienne en parlant d'«avancée extraordinaire».

«Cette résolution doit maintenant être mise en oeuvre», a relevé l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, lors d'une déclaration conjointe avec son homologue tunisien.

Certains experts doutent de la suite qui sera donnée à ce texte après une très longue paralysie du Conseil qui a mis à bas sa crédibilité.

Bloquée pendant des mois par la Chine et les États-Unis, opposés sur la place à accorder dans le texte à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la résolution vise à soutenir un appel du 23 mars du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour un cessez-le-feu mondial.

Dans un communiqué, Antonio Guterres a estimé que «l'adoption de la résolution allait envoyer un signal important aux parties en conflit et pourrait aider à modifier les calculs sur le terrain».

La Russie vote l'extension de l'ère Poutine jusqu'en 2036

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La Russie vote l'extension de l'ère Poutine jusqu'en 2036

MOSCOU — La Russie a adopté mercredi la vaste révision constitutionnelle autorisant Vladimir Poutine à se maintenir au Kremlin jusqu'en 2036, un référendum qualifié d'«énorme mensonge» par l'opposition qui y voit une manoeuvre pour perpétuer sa mainmise sur le pays.

Les Russes ont validé à 77,02% ce bloc d'amendements qui, outre la question des mandats du président en exercice, introduisent aussi ses principes conservateurs dans la Constitution, selon des résultats portant sur près de 61% des bureaux de vote répartis sur l'immense territoire russe et diffusés mercredi par la Commission électorale centrale.

La participation tournait, quant à elle, autour de 65%.

Il n'y a jamais eu de doutes quant à l'issue du scrutin : la réforme a été approuvée par le législateur en début d'année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies.

Vladimir Poutine avait demandé mardi aux Russes de garantir «la stabilité, la sécurité et la prospérité» de la Russie, qu'il se targue d'avoir sorti du chaos post-soviétique.

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a parlé, commentant ces résultats, de «falsification» et d'«énorme mensonge», appelant ses partisans à se mobiliser pour les prochaines élections régionales de septembre.

«Poutine a humilié tout le monde (...) Même dans la plupart des pays du Tiers monde, il n'y a pas une telle honte», a-t-il lancé, accusant le président de vouloir «diriger la Russie à vie».

Brésil: pire mois de juin en 13 ans pour les incendies en Amazonie

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Brésil: pire mois de juin en 13 ans pour les incendies en Amazonie

RIO DE JANEIRO — Le nombre d'incendies de forêt en Amazonie brésilienne a augmenté de 19,5% en juin par rapport au même mois de l'année dernière, avec 2 248 foyers recensés, le pire total depuis 13 ans, d'après les données officielles rendues publiques mercredi.

Le mois de juin marque le début de la saison sèche et ces chiffres confirment les prévisions des analystes, qui tablent sur une année encore plus dévastatrice que 2019, quand la recrudescence des feux de forêt en Amazonie avait suscité une vive émotion dans le monde entier.

Le site de l'Institut national de recherches spatiales (INPE), qui permet de suivre en temps réel les alertes d'incendies identifiées par satellite, n'avait jamais fait état d'autant de foyers pour ce mois de l'année depuis les 3 519 recensés en 2007.

Mais le pire est attendu pour le mois d'août: plus de 30 000 foyers avaient été enregistrés en 2019, trois fois plus que lors de ce même mois en 2018.

Les incendies de forêt en Amazonie sont pour la plupart criminels et directement liés à la déforestation, étant souvent causés par des agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir cultiver ou faire paître le bétail.

La déforestation au Brésil était déjà très élevée cette année avant même le début de la saison sèche, avec plus de 2 000 km2 déboisés de janvier à mai, 34% de plus que sur la même période de 2019, selon les dernières données de l'INPE.

L'Institut de recherches environnementales de l'Amazonie (IPAM) estime que 9 000 km2 de forêt déjà déboisés depuis l'an dernier pourraient partir en fumée d'ici le mois d'août.

Les écologistes accusent le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, un climatosceptique notoire, de favoriser la déforestation en appelant à légaliser l'agriculture ou les activités minières dans des zones protégées.

Les spécialistes craignent par ailleurs que l'augmentation des incendies ne cause davantage de troubles respiratoires chez une population déjà touchée de plein fouet par le coronavirus.

Autre problème de taille: les pouvoirs publics disposent de moins de moyens humains et financiers pour protéger l'environnement à cause de la pandémie, qui a fait près de 60 000 morts au Brésil.

Autour du globe, 2 juillet 2020

Cuba rouvre timidement aux touristes étrangers... qui se font attendre

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Cuba rouvre timidement aux touristes étrangers... qui se font attendre

LA HAVANE — Cuba a rouvert mercredi une partie de son territoire aux touristes étrangers - qui ne pourront toutefois quitter ses cayos, le chapelet d'îles paradisiaques bordant son territoire - mais ces derniers se font attendre alors que la pandémie complique encore tout voyage.

«Cuba rouvre ses frontières au tourisme international», a annoncé sur Twitter le président Miguel Diaz-Canel, qui a déclaré l'épidémie de coronavirus sous contrôle sur l'île, avec un total mercredi de 2 348 cas, 2 218 rémissions et 86 décès.

Le ministère du Tourisme a informé de la reprise des «opérations à Cayo Largo, Cayo Coco, Cayo Guillermo, Cayo Cruz et Cayo Santa Maria», le reste du pays dont La Havane restant pour l'heure fermé aux touristes étrangers.

Toutefois, aucun vol touristique n'a atterri mercredi à Cuba, selon les autorités, alors que beaucoup de pays ont encore leurs frontières fermées, dont le Canada, premier pourvoyeur de touristes sur l'île.

Cuba a adopté une stratégie pour éviter ou limiter l'apparition d'une deuxième vague de cas, avec test et prise de température pour tout voyageur étranger dès l'arrivée, chaque complexe touristique ou hôtel disposant aussi d'une équipe médicale.

New York reporte la réouverture de ses salles de restaurants

COVID-19

New York reporte la réouverture de ses salles de restaurants

NEW YORK — Inquiet de la flambée de la pandémie dans de nombreuses régions américaines, le maire de New York a annoncé mercredi le «report» de la réouverture des salles de restaurants, qui devait commencer le 6 juillet.

«Ce n’est pas le moment de se lancer dans la restauration en salle», a déclaré le maire Bill de Blasio lors d’un point de presse. «Nous regardons ce qui se passe dans d’autres régions du pays […] et nous sommes tous inquiets de voir que manger à l’intérieur d’un restaurant est devenu un problème.»

Il n’a donné aucune nouvelle date possible pour la reprise de cet aspect clé de la vie et du tourisme dans la capitale économique américaine, où tous les lieux de divertissement restent fermés. Les théâtres de Broadway ne rouvriront pas avant janvier 2021.

«Ce n’est pas une règle pour toujours, c’est un report», a-t-il souligné. «Il faut attendre d’avoir la preuve que nous pouvons le faire en toute sécurité.»

La métropole new-yorkaise, qui fut longtemps au coeur de l’épidémie aux États-Unis et a enregistré 22 000 morts du coronavirus, a vu depuis l’épidémie refluer fortement.

Elle s’est engagée depuis début juin dans un déconfinement prudent, et redoute que l’épidémie revienne comme un boomerang avec la flambée des cas dans les États du sud et de l’ouest du pays.

Lundi, 40 personnes seulement ont été hospitalisées à New York pour cause de coronavirus, et 1 % seulement des personnes testées se sont avérées positives, deux indicateurs-clé dont les chiffres n’ont cessé de s’améliorer, alors que les tests sont désormais disponibles partout.

Les restaurants ont pu rouvrir en terrasse le 22 juin, moyennant des mesures de distanciation sociale, même si les New-Yorkais ne s’y bousculent généralement pas. Les coiffeurs ont également rouvert le 22, ainsi que beaucoup de magasins, moyennant le port obligatoire du masque et des capacités réduites.

Quant aux plages municipales, notamment celles très fréquentées de Coney Island ou des Rockaways, où l’on ne pouvait jusqu’ici que se promener, elles ont rouvert à la baignade ce mercredi.

Le maire a par ailleurs annoncé qu’il allait rouvrir d’ici le 1er août 15 piscines municipales, habituellement très prisées dans la moiteur des étés new-yorkais.

Loi sur la sécurité: Londres étend les droits à l’immigration pour Hong Kong

Monde

Loi sur la sécurité: Londres étend les droits à l’immigration pour Hong Kong

LONDRES — Le gouvernement britannique a annoncé mercredi étendre les droits à l’immigration pour les habitants de Hong Kong, estimant que la nouvelle loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine à l’ex-colonie britannique constituait une «violation manifeste» de son autonomie.

Cette loi «constitue une violation manifeste de l’autonomie de Hong Kong et une menace directe pour les libertés de sa population», a déclaré le chef de la diplomatie Dominic Raab devant la presse. Elle viole ainsi de manière «manifeste et grave» la déclaration commune signée en 1984 par le Royaume-Uni et la Chine, qui avait ouvert la voie à la rétrocession en 1997.

En conséquence, le premier ministre conservateur Boris Johnson a annoncé devant les députés que le Royaume-Uni mettrait en oeuvre sa promesse d’étendre les droits à l’immigration pour les habitants du territoire. «C’est précisément ce que nous allons faire», a-t-il déclaré.

Le gouvernement modifiera les conditions attachées au «passeport britannique d’outre-mer», le BN(O), afin de les rendre plus favorables, permettant à leurs détenteurs et à leur famille proche de venir vivre et travailler au Royaume-Uni, et facilitant à terme l’accès à la citoyenneté britannique.

À LIRE AUSSI: Premières arrestations à Hong Kong en vertu de la Loi sur la sécurité

On dénombre environ 350 000 titulaires du BN(O), un chiffre qui a presque doublé depuis le début de la contestation à Hong Kong il y a un an. Mais 2,9 millions d’autres Hongkongais, en fait tous ceux nés avant 1997, sont éligibles à l’obtention de ce document.

Leurs enfants étant également éligibles, comme l’a précisé Dominc Raab, ces mesures s’appliquent également à nombre de résidents plus jeunes du territoire.

Ne pas «fermer les yeux»

Les titulaires de ce passeport pourront dorénavant résider cinq ans au Royaume-Uni, contre six mois actuellement, au terme desquels ils pourront solliciter un statut de résident et, après une année supplémentaire, la citoyenneté, a détaillé Dominic Raab à la Chambre des Communes.

Cette décision risque de provoquer la colère de Pékin, qui avait demandé début juin à Londres «cesser immédiatement toute ingérence» dans les affaires hongkongaises.

Premières arrestations à Hong Kong en vertu de la Loi sur la sécurité

Monde

Premières arrestations à Hong Kong en vertu de la Loi sur la sécurité

HONG KONG — Moins de 24 heures après l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong, la police a procédé aux premières arrestations en vertu de ce texte qui rend la justice chinoise compétente pour les crimes les plus graves dans ce domaine. 

Promulguée mardi par le président chinois Xi Jinping, cette législation fait craindre à l'opposition hongkongaise un recul des libertés inédit depuis la rétrocession à la Chine par le Royaume-Uni de ce territoire en 1997.

Parmi les quelque 370 personnes arrêtées mercredi par les forces de l'ordre, dix l'ont été pour violation présumée de la loi sur la sécurité nationale, tandis que des milliers de Hongkongais se sont rassemblés pour marquer le 23e anniversaire de la rétrocession de l'ex-colonie britannique à la Chine.

Ce rassemblement avait été interdit il y a quelques jours par les autorités, pour la première fois en 17 ans.

La police a fait usage de canons à eau, de gaz poivré et lacrymogène pour les disperser.

Beaucoup d'entre eux scandaient des slogans en faveur de l'indépendance.

«Ce que ce régime autoritaire veut faire, c'est terroriser le peuple et l'empêcher de sortir», a affirmé à l'AFP Chris To, un manifestant de 49 ans.

Selon la police, sept policiers ont été blessés, dont un poignardé à l'épaule au moment où il tentait de procéder à une arrestation.

«Événement le plus important»

Depuis l'entrée en vigueur de la loi mardi soir, le soutien à l'indépendance de Hong Kong, de Taïwan, du Tibet et de la région du Xinjiang est devenu illégal.

L'opposition hongkongaise redoute que le texte ne porte un coup fatal aux libertés et à l'autonomie dont jouissait le territoire depuis sa rétrocession.

Mercredi matin, au cours de la traditionnelle cérémonie du lever du drapeau qui marque cet anniversaire, la cheffe de l'exécutif hongkongais fidèle à Pékin, Carrie Lam, a salué cette loi qui constitue selon elle «l'événement le plus important dans les relations entre le gouvernement central et Hong Kong depuis la rétrocession».

Elle permet de réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'État: subversion, séparatisme, terrorisme et collusion avec des forces extérieures.

Dans certains cas, la loi prévoit que la justice chinoise soit compétente et inflige des peines allant de 10 ans d'emprisonnement jusqu'à la prison à vie pour les auteurs des crimes les plus graves.

«La promulgation de cette loi vise à lutter contre les très rares criminels qui mettent gravement en danger la sécurité nationale et non l'ensemble de l'opposition», a affirmé mercredi à Pékin le directeur adjoint du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao du régime communiste, Zhang Xiaoming.

«Logique de bandits»

La veille, dans la foulée de l'adoption de cette loi, le gouvernement chinois se montrait plus comminatoire, affirmant que «pour les membres de la petite minorité qui menace la sécurité nationale, cette loi sera un glaive suspendu au-dessus de leur tête».

De nombreux pays occidentaux, parmi lesquels 27 membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, ont condamné ce texte, redoutant qu'il n'entraîne la répression de toute opposition politique.

Les États-Unis ont menacé la Chine de représailles, promettant de ne pas «rester les bras croisés».

La Chambre des représentants américaine a approuvé dès mercredi à l'unanimité un texte qui prévoit des sanctions automatiques contre les responsables chinois qui violent les obligations internationales de la Chine en faveur de l'autonomie de Hong Kong.

Ce texte étant légèrement différent de celui qui avait déjà été approuvé par le Sénat le 25 juin, là aussi à l'unanimité, il sera soumis jeudi à un nouveau vote à la chambre haute.

L'ancien vice-président démocrate Joe Biden, candidat à l'élection présidentielle de novembre prochain, a critiqué dans un communiqué la gestion, «lâche» selon lui, de la crise de Hong Kong par le président Donald Trump. M. Trump, a-t-il écrit, «rassure les autocrates chinois sur le fait qu'ils ont quelqu'un qui pense comme eux à la Maison-Blanche».

Le Royaume-Uni a dénoncé mercredi une «violation manifeste de l'autonomie» de Hong Kong. En conséquence, le premier ministre Boris Johnson a annoncé vouloir faciliter à terme l'accès à la citoyenneté britannique des titulaires d'un passeport spécial auquel sont éligibles près de trois millions d'habitants de l'ex-colonie britannique.

Taïwan a annoncé l'ouverture d'un bureau destiné à accueillir les habitants de Hong Kong désireux de s'installer sur l'île.

M. Zhang a affirmé que les États qui menacent certains responsables chinois de sanctions ont une «logique de bandits». Des propos qui ciblent les États-Unis.

La loi est entrée en vigueur un peu plus d'un an après le début des manifestations monstres dans l'ex-colonie britannique contre l'influence du gouvernement central. Échaudée par ces événements, la Chine aura imposé en quelques semaines seulement ce texte qui contourne le conseil législatif local.

Pour Pékin, il s'agit d'assurer la stabilité, de mettre fin au vandalisme ayant émaillé les manifestations de 2019 dans ce territoire de 7,5 millions d'habitants, ainsi que d'y réprimer le courant militant pour l'indépendance.

«Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait», a réagi sur Twitter Joshua Wong, l'une des figures du mouvement pour la démocratie. «La ville se transformera en un #étatdepolicesecrète».

Depuis plus de vingt ans, Hong Kong jouit en effet d'une large autonomie. En vertu du principe «Un pays, deux systèmes», ses habitants bénéficient de la liberté d'expression, de la liberté de la presse et d'une justice indépendante.

Pékin impose au forceps sa loi sur la sécurité à Hong Kong

Monde

Pékin impose au forceps sa loi sur la sécurité à Hong Kong

PÉKIN — La Chine a adopté mardi au pas de charge sa loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, condamnée par l’UE et Washington, et accusée par ses détracteurs de vouloir museler l’opposition dans le territoire autonome.

Ignorant les appels des pays occidentaux, le parlement national a voté ce texte historique qui intervient un an après le début des manifestations monstres dans l’ex-colonie britannique contre l’influence du gouvernement central.

Échaudé par ces événements, Pékin aura imposé en quelques semaines seulement cette loi qui contourne le conseil législatif local et fait craindre à l’opposition hongkongaise un recul inédit des libertés depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

Le Comité permanent du Parlement, une instance soumise au Parti communiste chinois (PCC), «a adopté la loi sur la sécurité nationale» et le chef de l’État Xi Jinping «l’a promulguée» dans la foulée, a annoncé l’agence de presse officielle Chine nouvelle. Elle entrera en vigueur dès mardi, a précisé la cheffe de l’exécutif hongkongais pro-Pékin Carrie Lam.

Pour le gouvernement central, il s’agit avec ce texte d’assurer la stabilité, de mettre fin au vandalisme ayant émaillé les manifestations de 2019 dans la ville de 7,5 millions d’habitants, ainsi que d’y réprimer le courant pro-indépendance.

Pour l’opposition hongkongaise et pour plusieurs pays occidentaux, cette loi constitue en revanche une attaque contre l’autonomie et les libertés du territoire.

«Cela marque la fin de Hong Kong tel que le monde la connaissait», a réagi sur Twitter Joshua Wong, l’une des figures du mouvement pro-démocratie. «La ville se transformera en un  #étatdepolicesecrète.»

Le parti Demosisto, qu’il a fondé avec d’autres militants en 2014, a annoncé dans la foulée sa dissolution. Cette formation appelait notamment à l’auto-détermination du territoire — une position qui pouvait potentiellement tomber sous le coup du nouveau texte.

Un glaive

«Pour les membres de la petite minorité qui menace la sécurité nationale, cette loi sera un glaive suspendu au-dessus de leur tête», a averti le gouvernement chinois peu après la promulgation.

Difficile pour l’heure de connaître les réelles conséquences du texte voté mardi: son contenu définitif n’a pas encore été publié.

«Le fait que les habitants de Hong Kong ne sauront qu’après coup ce que contient réellement cette nouvelle loi est véritablement absurde», a dénoncé Claudia Mo, une parlementaire locale d’opposition.

Chine nouvelle avait toutefois donné courant juin les grandes lignes du texte : il entend réprimer le «séparatisme», le «terrorisme», la «subversion» et la «collusion avec des forces extérieures et étrangères».

Pékin a plusieurs fois accusé des pays occidentaux de jeter de l’huile sur le feu dans le territoire en soutenant les manifestants.

Un «organe de sécurité nationale», relevant directement du régime communiste, devrait par ailleurs être institué à Hong Kong, selon Chine nouvelle. Il serait chargé de collecter des informations et de poursuivre les atteintes à la sécurité nationale.

L’idée de confier à un organisme du pouvoir chinois des prérogatives dans le territoire autonome inquiète fortement l’opposition locale. Car la séparation des pouvoirs n’existe pas en Chine continentale, dirigée par le PCC.

Depuis sa rétrocession, Hong Kong jouit d’une large autonomie, en vertu du principe «Un pays, deux systèmes». Les Hongkongais bénéficient ainsi de la liberté d’expression, de la liberté de la presse et d’une justice indépendante.

L’UE opposée 

Avec cette nouvelle loi, les gouvernements occidentaux disent toutefois s’inquiéter pour le statut international de la ville, l’une des principales places financières mondiales.

L’Union européenne (UE) a «déploré» l’adoption du texte.

«Cette loi risque de porter gravement atteinte au degré élevé d’autonomie de Hong Kong et d’avoir un effet préjudiciable sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et de l’État de droit», a estimé le président du Conseil européen, Charles Michel.

Les ministres des Affaires étrangères du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) avaient également appelé en juin à revenir sur ce projet.

Anticipant le vote, Washington avait annoncé lundi la fin des ventes d’équipement de défense sensible à Hong Kong pour éviter «qu’il tombe aux mains» de l’armée chinoise. Pékin a promis mardi des «représailles».

Les États-Unis avaient déjà décrété des restrictions de visas pour les responsables chinois accusés de «remettre en cause» l’autonomie du territoire. La Chine a répliqué avec une mesure similaire visant les Américains «s’étant mal comportés» en critiquant la loi.

Carrie Lam a fustigé les pressions occidentales dans un message vidéo diffusé lors de la session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. «J’exhorte la communauté internationale à respecter le droit de notre pays à garantir la sécurité nationale et les aspirations à la stabilité et à l’harmonie de la population de Hong Kong.»

Autour du globe, 30 juin 2020