Une cinquantaine de représentants d'organismes citoyens, d'experts, d'ingénieurs, de chimistes et de biochimistes se sont mobilisés jeudi matin, contre la fluoration de l'eau potable. On voit sur la photo, Christian Linard, biochimiste.

Mobilisation massive contre la fluoration

Une cinquantaine de représentants d'organismes citoyens, ingénieurs, chimistes, biochimistes et naturopathes venus de partout au Québec se sont mobilisés jeudi matin, à la demande de la Coalition Eau Secours et de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine, pour demander au conseil municipal de Trois-Rivières de ne pas donner le feu vert à la fluoration de l'eau potable.
<p>Gilles Parent, naturopathe et auteur, accompagné de Christian Linard, biochimiste.</p>
<p>Martine Chatelain de la Coalition Eau Secours et Jean-Marc Meis, porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine.</p>
On sait que le conseil, à moins d'un changement de programme, devra se prononcer sur cette question lors de la séance publique de lundi soir. Or, en avalisant une telle mesure, la Coalition Eau Secours soutient que le conseil avalise du même coup une «médication forcée et illégale» administrée à toute la population, puisque même les produits utilisés pour la fluoration de l'eau ne seraient pas homologués par Santé Canada. Par ailleurs, avec à peine 1 % de l'eau de la distribution publique qui est bue, la coalition estime qu'il s'agit là d'un «véritable gaspillage de fonds publics».
Alors que la Santé publique plaide pour une fluoration de l'eau à grande échelle afin de contrer les problèmes liés à la carie dentaire, des opposants sont venus clamer que d'autres alternatives pour contrer la carie, comme de s'attaquer à la trop grande consommation de sucre, devraient être envisagées.
«Les décisions prises par le ministère le sont sur une qualité d'information qui n'est pas acceptable en 2014», soutient la docteure en chimie Mireille Guay.
«L'eau potable est quelque chose qu'on se paie collectivement et ne devrait jamais être utilisée pour transporter des médicaments. Plus de 80 municipalités de la province ont signé des résolutions pour exclure la fluoration de l'eau de leurs aqueducs. Montréal, Québec, Longueuil et Gatineau ont déjà décidé de ne pas fluorer leur eau», rappelle Martine Chatelain de la Coalition Eau Secours. Dans la région, Shawinigan et Bécancour se sont déjà prononcées contre la fluoration.
La coalition a invité les citoyens à faire part de leurs commentaires aux conseillers municipaux, en plus de signer une pétition relayée sur son site Internet et sa page Facebook.
«On compte sur la mobilisation citoyenne pour que le conseil ne poursuive pas son projet et retourne la balle au gouvernement du Québec», lance Jean-Marc Meis, porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine.
Un produit toxique?
Selon Gilles Parent, naturopathe et auteur du livre La fluoration de l'eau: une erreur scientifique, le fluor utilisé dans l'eau potable n'a rien à voir avec celui que l'on retrouve dans les différentes pâtes dentifrices fluorées. «Ce sont des produits des déchets industriels des compagnies d'engrais chimiques. Ils sont classés dans douze lois d'Environnement Canada qui les classe comme étant des produits toxiques et dangereux», soutient-il.
M. Parent a effectué plusieurs demandes d'accès à l'information à Santé Canada, au terme desquelles il aurait obtenu la réponse que Santé Canada n'avait effectué aucune étude toxicologique sur les fluosilicates, utilisés dans la fluoration de l'eau potable.
«On ajoute le fluor pour traiter les gens et non pour traiter l'eau. Or, on ne peut pas traiter les gens avec un produit qui n'est pas homologué», ajoute-t-il.
Questionné à savoir quelle serait la différence entre l'ajout de fluor à l'eau et l'ajout d'iode au sel ou de vitamine D au lait, M. Parent signale que le fluor n'est pas classé comme nutriment, contrairement aux deux autres.
«Et il ne faut pas oublier que l'iode et la vitamine D sont essentiels à la vie, mais pas le fluor. Aucun enzyme ne fonctionne en présence du fluor», ajoute le biochimiste et professeur à l'UQTR, Christian Linard.
La coalition soutient qu'il existe une trop grande confusion actuellement dans le milieu scientifique pour affirmer hors de tout doute que le fluor est bénéfique pour prévenir la carie dentaire sans pour autant affecter la santé ou encore l'environnement, et que l'odieux de cette décision ne devrait pas reposer sur les épaules de conseillers municipaux.