Les organismes oeuvrant en sécurité alimentaire ont un besoin criant de bénévoles.
Les organismes oeuvrant en sécurité alimentaire ont un besoin criant de bénévoles.

Mobilisation des bénévoles: un appel bien accueilli dans la région

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’appel à la mobilisation pour venir en aide aux organismes communautaires par le ministre Jean Boulet est très bien accueilli dans la région. Avec les mesures de confinement en place, les organismes peinent à trouver des bénévoles pour mener à bien leurs missions.

«Pour les organismes qui sont essentiels comme les banques alimentaires et les popotes, il y a des besoins en bénévoles. La première ligne, c’est la sécurité alimentaire. Et ça prend des bénévoles», affirme Sylvain St-Onge, directeur général de la Table régionale des organismes communautaires en santé et services sociaux Centre-du-Québec/Mauricie.

«Les bénévoles de ces organismes sont habituellement des personnes qui sont plus âgées. On a dû leur dire, pour les protéger, de retourner à la maison. Mais il y en a gros qui voulaient continuer.»

La concertation entre les organismes communautaires est primordiale dans ce contexte de pandémie. Sylvie Gervais, présidente du Regroupement des centres d’action bénévole de la Mauricie et du Centre-du-Québec, discute régulièrement avec ses partenaires de la région du contexte actuel.

«On se doutait bien qu’il y aurait un élan de générosité des gens qui peuvent faire du bénévolat», exprime-t-elle. «Nous prenons les noms en note, nous vérifions évidemment que les gens ne sont pas porteurs du virus.»

Au cours des derniers jours, des pompiers et des enseignants ont notamment levé la main pour donner un coup de main.

«Nous accueillons de nouveaux bénévoles depuis le début de la crise», convient Mme Gervais. «Nous ne refuserons personne, mais présentement, ça va très bien.»

Au Centre d’action bénévole de Grand-Mère qu’elle dirige, elle estime avoir perdu au moins 75 % de ses bénévoles depuis le début de la crise, surtout en raison des précautions supplémentaires que doivent prendre les personnes âgées de 70 ans et plus. Par contre, la forte diminution des services offerts réduit d’autant les besoins.

«Nous continuons nos services essentiels», rappelle Mme Gervais. «La popote est maintenue, l’accompagnement de transport pour les cas d’hémodialyse et de radiothérapie, ainsi que les comptoirs alimentaires.»

La responsable fait remarquer que les centres d’action bénévole de la région mettent aussi leurs employés à contribution, afin d’éviter autant que possible les mises à pied.

En ce qui concerne l’aide d’urgence de deux millions de dollars annoncée par le gouvernement du Québec pour soutenir les banques alimentaires, Mme Gervais s’attend à voir les retombées via Moisson Mauricie au cours des prochaines semaines.

La coordonnatrice de la Corporation de développement communautaire (CDC) de la MRC de Maskinongé, Nadia Cardin, accueille elle aussi favorablement l’appel au bénévolat du gouvernement Legault.

«C’est ce qu’on était en train de faire localement dans chacun des territoires au Québec, on était en processus de s’organiser pour faire des appels à tous. C’est un coup de main qui va dans la même direction. Après, le défi sera de voir si la rapidité sera au rendez-vous pour répondre aux besoins qui sont immédiats dans certains cas», a-t-elle confié.

C’est pour ça, dit-elle, qu’il faut coordonner cette grande démarche nationale «qui va faire de la promotion et qui va vraiment favoriser cette mobilisation». «Il y a des distributions qui se font en ce moment même et qui n’ont pas assez de bénévoles», rapporte Mme Cardin.

À son avis, toute l’aide en ce moment est bienvenue et nécessaire, mais après, c’est de voir dans le concret «comment ça va s’organiser».

«Est-ce que c’est une structure qui va aider dans le temps? Il faut que ça s’adapte à la vitesse à laquelle on a besoin. Oui, il y a cette démarche-là, on continue de notre côté de réseauter dans la communauté à faire les appels à tous. De travailler ça de deux niveaux à la fois localement et nationalement, ça va être qu’une meilleure façon de pouvoir régler ces problèmes-là», croit Mme Cardin.

Pour sa part, son homologue à la CDC des Chenaux, Jean Brouillette, se range aussi à 100 % derrière la plateforme www.jebénévole.ca. «J’invite les personnes qui veulent donner du temps à s’y inscrire» a-t-il lancé comme message.

Toutefois, celui-ci signale que dans la région, «on est un petit peu à géométrie variable».

«Il y a des besoins à des endroits qui sont différents, qui ont été identifiés, et ça change quasiment aux heures. Il faut s’ajuster selon les besoins. Il y a un appariement à faire entre l’offre de bénévolat versus le besoin. Mais c’est super bon comme plateforme», précise-t-il.

Par ailleurs, le coordonnateur apprécie le fait de créer une banque de bénévoles potentiels lorsque les besoins urgents vont surgir. Mais du même souffle, il souligne la nécessité de sécurité.

«Ce n’est pas n’importe qui qui arrive comme ça comme bénévole. Il faut s’assurer de bien contrôler les dangers qui pourraient être reliés à ça», fait-il remarquer.

De son côté, le coordonnateur de la CDC de la MRC de Bécancour, Anthony Deshaies, affirme que le besoin de bénévoles n’est pas immédiat sur le territoire, d’après l’évaluation faite par une cellule de crise, le personnel des organismes qui sont des services essentiels pouvant actuellement livrer la marchandise.

«On reste vigilant. C’est certain qu’on salue l’initiative. Mais présentement, dans Bécancour, on est chanceux d’avoir des organisations qui peuvent suffire à la demande. Il n’est pas exclu de faire appel à ce système-là. Et il y a un gros travail qui devra être fait dans la sélection des gens, malgré toute la bonne volonté, parce que ce ne sont pas tous les bénévoles qui peuvent remplacer du personnel qualifié à pied levé», mentionne M. Deshaies.

À La Tuque, l’aide habituellement offerte par la Centrale alimentaire La Tuque est maintenue et a été bonifiée. Près de 100 familles ont reçu une livraison de denrées, une vingtaine de plus qu’à l’habitude. Les demandes ont augmenté, mais la mobilisation du milieu également. Les bénévoles sont en nombre suffisant pour prêter main-forte au Carrefour d’action bénévole du Haut-Saint-Maurice (CABHSM) qui coordonne la Centrale alimentaire.

«On n’est pas dans un besoin urgent de bénévole. On a beaucoup de gens des milieux scolaires et communautaires qui se sont offerts pour nous aider à la livraison. On avait déjà un bon noyau de bénévoles. On a pas mal ce dont on a besoin pour l’instant», explique Charlene Bolger, Organisatrice communautaire au CIUSSS MCQ.

Pour le moment, on assure que le fonctionnement et l’approvisionnement sont assurés, toutefois la logistique a dû être modifiée par l’équipe du CAB. Plusieurs équipes de livraison ont circulé sur le territoire pour livrer les denrées directement à la porte des gens, des familles, et ce, tout en prenant les précautions de prévention nécessaires pendant cette crise sanitaire.