Anne-Claude Hébert-Moreau fait partie des parents qui ont décidé de se mobiliser pour éviter que l’école de Saint-Élie-de-Caxton perde deux de ses enseignantes.

Mobilisation à l'école de Saint-Élie-de-Caxton qui perd deux enseignantes

TROIS-RIVIÈRES — La révision de l’indice de défavorisation a des conséquences tangibles pour l’école primaire Villa-de-la-Jeunesse de Saint-Élie-de-Caxton qui va perdre deux enseignantes. Une situation qui inquiète grandement les parents qui déplorent aussi ne pas avoir été convenablement informés de la situation.

«On demande vraiment un moratoire. On demande un holà sur le départ des deux professeures. On veut qu’elles restent avec nous en septembre et que soit créé un comité de travail. Comme on l’a fait depuis 10 ans en s’impliquant, on veut être avec la Commission scolaire pour chercher des solutions, avoir des appuis et aller au gouvernement, parce qu’on sait pertinemment que l’enveloppe d’argent vient de plus haut que la Commission scolaire», souligne Anne-Claude Hébert-Moreau, la porte-parole des parents.

La Commission scolaire de l’Énergie indique pour sa part qu’elle doit appliquer les critères du ministère de l’Éducation. «L’école de Saint-Élie n’est plus considérée comme étant une école en milieu défavorisé, donc le ministère nous attribue moins d’enseignants. Ça veut dire qu’on a deux enseignants de moins. Ce qu’il faut savoir c’est que ce n’est pas juste l’indice qui a diminué. Il y a aussi dix élèves de moins dans l’école. Les deux facteurs font en sorte qu’on a deux enseignants de moins», explique Denis Lemaire, directeur général de la Commission scolaire.

Pour répondre aux interrogations des parents, la Commission scolaire les invite d’ailleurs à une rencontre, ce mercredi, à 18 h, au gymnase de l’école. M. Lemaire sera présent tout comme le directeur de l’école, François Thiffault, et le député de Maskinongé, Simon Allaire. Au départ, les parents avaient prévu se rassembler jeudi. Bien qu’ils critiquent la façon de faire de la Commission scolaire, ils disent avoir accepté la main tendue du député Simon Allaire qui leur a assuré «explorer différentes pistes de solutions pour trouver une issue satisfaisante», peut-on lire dans un communiqué émis par le groupe de parents. Ils seront donc présents mercredi et la rencontre de jeudi est annulée. «On met de l’eau dans notre vin», souligne Mme Hébert-Moreau.

Mais les parents déplorent l’attitude de la Commission scolaire de l’Énergie dans ce dossier. Premièrement, ils ont appris la nouvelle de la bouche de leurs enfants. Ils se sont ensuite mobilisés et ont fait part de leur intention d’organiser une rencontre jeudi. La Commission scolaire n’a pas donné suite à leur invitation les convoquant plutôt mercredi à 15 h 30, une heure où bien des gens travaillent, ont fait valoir les parents. Finalement, la rencontre se tiendra à 18 h. «Déjà qu’on n’était pas au courant de la situation. Après, ils nous envoient la convocation sans en discuter avec personne. C’était comme ajouter l’insulte à l’injure.»

Les parents craignent que certains services pâtissent de cette diminution du nombre d’enseignants. Le ratio élèves-enseignant va nécessairement augmenter, selon eux, et ils redoutent également que ce changement mène à un plus grand nombre de classes multiniveaux. Ils s’inquiètent aussi pour la survie du projet Grandi-Ose qui a été mis sur pied en 2010 alors que la pérennité de l’école était menacée. Toute la communauté s’était mobilisée pour rendre l’école plus attractive. Tout un éventail d’activités se tiennent en classe dans le cadre de ce projet, dont notamment des ateliers de musique, de menuiserie, d’art du cirque, une radio étudiante, etc.

«C’est sûr qu’il va y avoir des impacts très rapidement à la perte de ces deux professeures», estime Mme Hébert-Moreau. Par exemple, une d’entre elles est formée en art du cirque. Mme Hébert-Moreau se demande aussi par exemple comment sera enseignée la menuiserie dans des classes plus nombreuses ou multiniveaux.

M. Lemaire assure de son côté qu’il n’est pas question de couper les vivres à ce projet. «Ils n’auront pas moins d’argent pour l’organiser l’année prochaine. Est-ce que ce sera des ressources différentes? Peut-être. Ce sera à regarder avec le milieu. Mais c’est clair qu’il n’y aura pas moins d’argent pour le projet Grandi-Ose. Il n’y a pas d’enjeu là.»

M. Lemaire affirme aussi que cette modification de l’indice de défavorisation n’aura pas d’impact sur les services offerts à l’école et sur le nombre de spécialistes. «Ce n’est pas un enjeu financier ni de services. C’est [la perte de deux enseignantes] vraiment la seule différence avec l’année en cours, mais c’est certain qu’elle est majeure. Mais c’est conventionné provincialement. C’est ministériel. Ce n’est pas nous qui décidons des ratios.»

Mais les parents soutiennent que si la Commission scolaire les avait avisés plus tôt de la situation, ils auraient pu chercher des solutions en étant moins dans l’urgence. «Si la Commission scolaire avait partagé cette information, on aurait pu se mobiliser et monter aux barricades. Elle a fait un travail en silo», critique Mme Hébert-Moreau.

Pour ce qui est de la révision de l’indice de défavorisation, Mme Hébert-Moreau déplore que des élèves risquent d’en souffrir. «C’est certain qu’il y a des familles qui sont arrivées avec des revenus probablement plus décents, mais on a une partie de notre population qui est très défavorisée. C’est une décision qui va encore pénaliser les gens qu’on n’entend pas, c’est-à-dire les gens qui sont en difficulté.»