Patrick Charlebois a réussi à courir sept marathons en sept jours sur sept continents différents.

Mission accomplie pour Patrick Charlebois

C'est maintenant officiel, aucun marathon sur aucun continent ne peut résister à Patrick Charlebois. Le Trifluvien a complété dimanche midi, heure du Québec, le World Marathon Challenge en courant la distance de 42,2 km pour une septième journée consécutive. Il en a surpris plusieurs, lui le premier, en terminant au quatrième rang du classement général.
Grâce à un temps de 3 h 17,27 minutes, M. Charlebois prend le quatrième rang de ce septième marathon, celui de Sydney en Australie, disputé au beau milieu de la nuit. Il a été devancé par Michael Wardian, qui a encore épaté avec un chrono de 2 h 45,31 minutes, ainsi que par Petr Vabrousek et Luke Wigman, qui ont chacun conclu l'épreuve avec trois minutes d'avance sur la quatrième place.
Au final, le coureur de 46 ans termine au quatrième échelon derrière trois professionnels, avec un temps cumulatif moyen de 3 h 14,18 minutes. Une performance qu'il n'aurait jamais même osé espérer dans ses rêves les plus fous. «Quand j'ai regardé le calibre, je pensais que j'allais terminer environ au 15e rang. Je suis vraiment surpris. Dans le groupe, on m'a surnommé le dark horse (l'invité surprise), parce que personne me pensait capable de déranger les meneurs. Ils me l'ont dit que je leur ai donné du fil à retordre. Terminer quatrième, à quatre minutes de moyenne des positions deux et trois, ce n'est vraiment pas gênant», soulignait le conseiller financier de profession.
«Ce sont des athlètes de haut niveau, qui gagnent leur vie avec ça. Ils ont une équipe qui les suit, alors que moi, j'étais seul. C'est pourquoi je suis content. En plus, faire trois podiums et un marathon sous les trois heures, il n'y a pas grand-monde qui peut se vanter de ça. En plus, de ce groupe, je suis le plus vieux.»
Le Trifluvien était particulièrement fier de sa performance à Marrakech, où il a été en mesure de compléter les 42,2 km du parcours en 2 h 57,53 minutes.
«N'importe quelle autre année, j'aurais fini premier de la compétition. Mais nous avons été cinq à abaisser le record de l'événement cette année, qui était de 3 h 30. Ça démontre tout le calibre. Ce qu'a fait Michael Wardian, je ne sais pas si ce sera battu un jour.»
Comme à Dubaï, le marathon de Sydney n'a pas été des plus faciles. Bien qu'il ait été lancé en pleine nuit à 1 h 17, le taux d'humidité était de 90 %.
«Si nous avions couru de jour, il aurait fait 40 degrés Celsius. Nous sommes arrivés à Sydney (par avion) et 45 minutes après, nous commencions à courir. C'est le mental qui a fait la différence. Il fallait se changer dans les toilettes de l'aéroport. Nous avions l'air de sans-abris. Les conditions étaient improvisées. Mais comme je suis le plus vieux, ç'a m'a aidé.»
Les conditions n'ont en effet pas été faciles pour les participants, qui ont dû composer avec des changements de température extrêmes. La compétition s'est amorcée dans la nuit de dimanche à lundi dernier en Antarctique, avant de se transporter à Punta Arenas (Chili), Miami (États-Unis), Madrid (Espagne), Marrakech (Maroc), Dubaï (Émirats arabes unis) pour finalement se terminer au pays des kangourous. Mais la portion la plus difficile de la compétition n'a pas été lorsque M. Charlebois enfilait ses espadrilles.
«Courir, c'est une deuxième nature, une passion. Mais c'était difficile de dormir dans l'avion. Entre Marrakech et Dubaï, je n'ai aucunement dormi. Il y a des turbulences, des gens dans l'allée, tu dors mal sur un banc. Fort heureusement, entre Dubaï et l'Australie, ç'a bien été. Quand je regarde ça, les cyclistes qui font le Tour de France dépensent autant d'énergie que nous, mais eux savent ce qu'ils vont manger et couchent dans un lit confortable. J'ai de la difficulté à croire que demain, je n'irai pas courir», raconte-t-il, ajoutant que dans de si difficiles conditions, il a rapidement tissé des liens avec plusieurs compétiteurs.
Une blessure au mollet
M. Charlebois ne l'a pas révélé, mais avant de partir, il était ennuyé par une blessure à un mollet, qui n'est jamais disparue durant la compétition. Fort heureusement, il a pu compter sur l'aide d'un de ses adversaires, l'olympien Ryan Hall.
«J'ai eu une bonne conversation avec lui. Il a été généreux et il m'a massé à plusieurs reprises. Il me faisait mal parce qu'il pesait à la bonne place. Il m'a rassuré et m'a dit qu'en courant dessus, j'allais en venir à bout. J'ai été correct par la suite, mais à Sydney, c'est venu me jouer des tours avec des douleurs plus intenses qui m'ont forcé à ralentir.»
Des 32 participants du World Marathon Challenge, seulement deux n'ont pas été en mesure de terminer les sept épreuves. Toutefois, certains, ennuyés par les blessures, ont grandement ralenti le rythme. «C'est un défi qui est complètement fou. Il fallait être bien préparé et j'avais une excellente équipe. Je remercie ma famille d'avoir été si compréhensive. Je n'avais pas beaucoup de temps pour eux, et de rater des tournois de basketball, ça me faisait mal au coeur. Mais les sacrifices ont payé. Je referais l'expérience... mais pas demain matin!»
M. Charlebois s'était associé à la Fondation RSTR afin d'amasser des fonds lors de ce défi. La somme de 30 000 $ avait déjà été récoltée et d'autres activités sont à l'horaire, dont une conférence donnée par le marathonien qui aura lieu le 2 mars.