La Ville n’écarte pas la possibilité de finalement acheter les trois lots (numérotés 1,2 et 3 sur l’image) mis en vente par le Club jockey du Québec.

Mise en vente de trois terrains de l’hippodrome: la Ville n’écarte pas la possibilité de les acheter

Trois-Rivières — Même si elle a décidé de passer son tour lorsque le Club jockey du Québec a sondé son intérêt à acheter les trois lots qui servent au Grand Prix et qui ont récemment été mis en vente, la Ville de Trois-Rivières n’écarte pas la possibilité d’en devenir propriétaire un jour.

La porte-parole de la Ville, Cynthia Simard, confirme que des représentants du Club jockey, le propriétaire de l’hippodrome de Trois-Rivières, ont approché l’administration municipale relativement à ces trois lots avant d’en confier la vente à un courtier immobilier.

«On est encore en réflexion. Ce n’est pas dit que ce n’est pas nous qui allons les acheter. Mais ça ne sera pas seulement pour protéger le Grand Prix, mais plutôt pour réaliser un projet. Nous n’achèterons pas de l’asphalte pour acheter de l’asphalte», explique Mme Simard avant d’ajouter que la Ville reconnaît que l’actuel propriétaire possède tous les droits sur ces terrains, dont celui de les mettre en vente, et respecte sa décision.

Les trois propriétés, proposées dans deux annonces de RE/MAX de Francheville, sont situées le long de la rue Papineau et près de l’avenue Gilles-Villeneuve ainsi qu’entre la rue du Stade et la piscine de l’Exposition. Les prix demandés sont de 1,4 million $ pour les deux lots bordés par la rue Papineau (11 072 m2) et de 850 000 $ pour celui près de la piscine (5445 m2). Il s’agit de terrains achetés en 2012 par le Club jockey du Québec à la suite de la faillite d’Attractions Hippiques. Les trois lots représentent environ le 1/6 de l’ensemble des terrains que possède le Club jockey.

En ce qui concerne la servitude qui frappe les trois lots et qui donne le droit à la Ville, ou à toute autre organisation chapeautant le Grand Prix, de les utiliser pendant les cinq jours que dure officiellement l’événement et d’y avoir accès pendant les six semaines le précédant et les quatre qui le suivent, et ce, entre le 1er mai et le 30 septembre, le directeur général du Club de jockey du Québec, Serge Lemieux, ne croit pas qu’elle aura pour effet de décourager un potentiel acheteur. Au contraire, il considère que la tenue d’un tel rassemblement dans le secteur constitue une opportunité rêvée pour un entrepreneur désireux de faire de bonnes affaires.

De plus il rappelle que son organisation peut disposer à sa guise de ces lots et que les droits que confère la servitude ne doivent pas être exercés de façon de nuire à leur usage principal.

«On paie les taxes, alors on peut faire ce que l’on veut sur nos terrains», lance-t-il.

Néanmoins, M. Lemieux soutient que le Club jockey n’a aucunement l’intention de mettre des bâtons dans les roues au comité organisateur du Grand Prix et de la Ville. Il se dit d’ailleurs confiant qu’un futur acheteur désireux de développer ces lots ou un de ceux-ci ne verra aucun inconvénient de s’asseoir avec les autres partenaires impliqués afin d’élaborer un partenariat faisant l’affaire de tous.

De son côté, le conseiller municipal du district du Carmel, Pierre Montreuil, ne se montre aucunement inquiet qu’une éventuelle vente de ces lots à un promoteur vienne compromettre la tenue des courses qui animent les rues de son district pendant deux week-ends chaque été.

«Je suis très confortable avec le processus», déclare-t-il sans hésiter.

Il se dit également conscient que le Club jockey n’a pas de permission à demander à personne avant de mettre ses terrains en vente. Il considère que l’équipe actuelle du Grand Prix, avec son directeur général Dominic Fugère en tête, sera en mesure de trouver une solution dans l’éventualité où une vente entraînait la nécessité d’élaborer un nouveau scénario.