François Landry, coordonnateur de la TROC Centre-du-Québec et Mauricie.

Mise à jour économique: loin de faire l’unanimité

TROIS-RIVIÈRES — La plus récente mise à jour économique du gouvernement libéral est loin de réjouir les organismes communautaires de la région, qui auraient préféré assister à l’annonce d’un réinvestissement collectif plutôt que des baisses d’impôt aux contribuables. Dans le contexte politique actuel, les organismes communautaires n’hésitent pas à dire que les annonces faites mardi par le ministre Carlos Leitão ne sont ni plus ni moins que des mesures électoralistes à quelques mois du déclenchement des élections au Québec.

Pour François Landry, coordonnateur de la Table régionale des organismes communautaires (TROC) Centre-du-Québec et Mauricie, on oublie trop rapidement à quel point les mesures d’austérité du gouvernement Couillard ont fait mal aux organismes communautaires. «On souffrait déjà d’un sous-financement chronique, mais les mesures d’austérité ont fait en sorte que la population s’est davantage tournée vers les organismes communautaires pour obtenir de l’aide et des services. En 2016, 54 % des organismes de la région disaient souffrir de problèmes financiers les empêchant de bien accomplir leur mission. Un organisme sur quatre a même déclaré, dans la dernière année, avoir dû couper dans ses ressources humaines et congédier un ou des employés pour pouvoir boucler son budget», s’indigne-t-il, clamant que les mesures annoncées par le gouvernement Couillard sont clairement électoralistes.

Dans ce contexte, François Landry est d’avis que le gouvernement aurait pu réinvestir aux bonnes places, de façon collective plutôt qu’individuelle. «Quand on investit dans les services sociaux, dans la santé et les organismes communautaires, c’est un projet collectif qu’on se donne», indique celui qui rappelle que les baisses d’impôt profiteront d’abord à ceux qui ont les moyens de payer de l’impôt.

Sylvie Tardif, coordonnatrice de Comsep

Chez l’organisme d’alphabétisation et de lutte à la pauvreté Comsep, on a surtout très hâte d’entendre les détails entourant le troisième Plan de lutte contre la pauvreté que le ministre François Blais dévoilera sous peu. C’est surtout à l’intérieur de ce plan que l’on pourra voir les véritables effets du réinvestissement du gouvernement Couillard dans la lutte à la pauvreté, croit la coordonnatrice de Comsep, Sylvie Tardif.

«On nous parle de bonification de l’aide de dernier recours, mais de combien? On nous parle d’une enveloppe de 2,5 milliards $, mais elle sera répartie comment? Il nous en manque un grand bout pour pouvoir réellement se prononcer», indique Mme Tardif.

À l’instar de la TROC, Sylvie Tardif croit également qu’il aurait été préférable de réinvestir dans les services, comme l’éducation, la santé, les services sociaux et les organismes communautaires, plutôt que d’offrir des baisses d’impôt. Elle redoute d’ailleurs que le 100 $ versé aux familles pour chaque enfant d’âge scolaire ne soit qu’un cadeau électoral. «C’est bien, c’est une bonne mesure qui sera versée juste avant la rentrée scolaire, mais on espère que ça dure dans le temps, que ce ne soit pas juste électoraliste», conçoit Sylvie Tardif, qui se demande si les promesses de la mise à jour économique pourront compenser pour les années d’austérité vécues.

De son côté, la TROC Centre-du-Québec et Mauricie se rendra vendredi après-midi à Québec afin d’aller accueillir les députés au congrès du Parti libéral du Québec. 

«On veut leur rappeler que le plan de lutte à la pauvreté est prioritaire. On veut aussi rappeler à la ministre Lucie Charlebois que les 80 M$ promis pour les organismes communautaires, en fait ce n’était réellement que 25 M$ qui ont été versés», ajoute François Landry.