Le parc industriel de Bécancour

Minéraux rares Quest: la proposition aux créanciers finalement déposée

Bécancour — Après plusieurs reports, l’entreprise Minéraux rares Quest, qui avait l’intention d’implanter une usine hydrométallurgique à Bécancour, a finalement déposé une proposition à ses créanciers en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. L’entreprise avait annoncé au début du mois de juillet dernier qu’elle avait l’intention d’avoir recours aux dispositions légales à sa disposition afin de se protéger de ses créanciers. Elle a par la suite obtenu cinq délais afin de présenter une proposition à ces derniers. Le dernier délai que Quest a obtenu du tribunal, daté du 5 décembre dernier, lui donnait jusqu’au 4 janvier pour se conformer. La proposition a été déposée le 3 janvier.

Il n’a pas été possible de s’entretenir avec un représentant de l’entreprise. Du côté de la firme Pricewaterhouse Coopers, qui agit comme syndic dans cette restructuration, on a refusé de commenter le dossier car il est présentement devant les tribunaux.

L’usine de Quest fait partie des grands projets industriels qui tardent à lever à Bécancour. Les installations de cette entreprise devaient permettre de séparer et produire des oxydes d’éléments de terres rares qui entrent dans la fabrication d’appareils électroniques.

Annoncé en 2013, cet investissement total de 1,3 milliard $ devait créer 300 emplois à Bécancour, en plus de 500 travailleurs pour la mise en chantier... à compter de 2016. En avril 2014, la direction poussait même l’audace jusqu’à annoncer la construction d’une deuxième usine, qui ajoutait un investissement supplémentaire de 300 millions $ et l’ajout d’une centaine d’emplois. L’ampleur des sommes requises et la difficulté de trouver des partenaires privés ont continuellement repoussé le projet depuis trois ans.

Joint par Le Nouvelliste, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, n’était pas au courant de ce rebondissement. Il n’était donc pas en mesure de s’avancer à savoir si le dépôt de cette proposition allait avoir un impact sur la réalisation du projet dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour. Il ajoute par ailleurs que sa dernière discussion avec les dirigeants de l’entreprise remonte à il y a plus d’un an.

Tout comme le maire, le président-directeur général de la Société du Parc portuaire et industriel de Bécancour, Maurice Richard, n’avait pas été informé que la proposition aux créanciers avait été finalement déposée. Et bien qu’il se soit entretenu avec un des dirigeants de Quest au cours des derniers mois, il n’est pas en mesure de s’avancer sur les chances que ce projet se concrétise un jour. Néanmoins, il continue de croire que l’industrie des minéraux rares est un créneau d’avenir pour le Québec, notamment en raison de la présence d’un important filon dans le Nord-du-Québec.