Michel Veillette: l’accent sur la jeunesse

Encourager la pratique d’activités sportives et récréatives auprès de tous les jeunes, voilà la raison d’être de l’engagement communautaire de Michel Veillette.

Bien connu dans le secteur Pointe-du-Lac, ce carrossier à la retraite se souvient de ses premières années de vie professionnelle à Montréal durant lesquelles il remarquait dans son voisinage des enfants qui traînaient dans les escaliers extérieurs.

«Ces enfants ne faisaient pas de sport, leurs familles n’étaient pas riches. Je me disais qu’un jour, si j’étais capable, je ferais quelque chose.»

Ce quelque chose est arrivé peu après son déménagement à Pointe-du-Lac en 1973. Né à Saint-Stanislas et élevé sur une ferme à Sainte-Anne-de-la-Pérade, M. Veillette trouvait que Pointe-du-Lac avait peu à offrir aux enfants à l’époque. C’est à ce moment que son engagement bénévole a pris son envol.

«C’est moi qui ai amené le pavillon des Seigneurs: une bâtisse, un terrain de balle donnée, un terrain de BMX et trois terrains de soccer. J’avais réussi à aller chercher une subvention de 980 000 $ au début des années 1980. Le projet avait été financé à 100 % avec la subvention», se souvient M. Veillette, qui se rappelle que le conseil municipal n’était pas très chaud à l’idée.

M. Veillette a été parmi les fondateurs du club de baseball rural les Seigneurs de Pointe-du-Lac en 1982. Lorsque les commandites locales ont diminué, il a lancé le bingo en 1985. Il avait trouvé une nouvelle source de financement afin de permettre d’offrir des activités à bas prix aux jeunes de la municipalité.

«J’ai fait des bingos pour aider le baseball, le BMX, le soccer, les jeannettes, les louveteaux, les majorettes aussi. On achetait des ballons, ça couvrait les inscriptions. Je ne voulais pas qu’un jeune soit incapable de faire du sport parce que ses parents n’avaient pas d’argent.»

Michel Veillette a décidé de se lancer en politique municipale lors des fusions municipales. Il a siégé comme représentant du district de Pointe-du-Lac de 2001 à 2013 au conseil de Trois-Rivières. Il se félicite d’avoir participé à la réalisation de cinq parcs récréatifs dans son secteur, dont des jeux d’eau tout près du complexe des loisirs.

Une nouvelle idée a surgi en 2009, soit l’érection d’un autre complexe afin d’élargir l’offre d’activités de loisir. Avec la collaboration bénévole d’architectes et d’ingénieurs de la Ville de Trois-Rivières, il a monté des plans afin de convaincre le gouvernement québécois d’investir 1,5 million de dollars dans ce projet de 3,3 millions de dollars. Il a amené la Ville de Trois-Rivières à payer la différence.

«Le but, c’est d’occuper les jeunes, insiste M. Veillette. J’ai créé la Maison des jeunes en 2006 et ça fonctionne encore bien aujourd’hui.»

La Maison des jeunes se trouve dans ce complexe ouvert en 2014 et qui porte le nom de Michel Veillette. La bâtisse regroupe aussi un gymnase de boxe, une friperie, un local pour les scouts et un local pour les Chevaliers de Colomb.

Père de trois enfants et grand-père de huit petits-enfants, Michel Veillette pourrait prendre le temps de vivre une retraite méritée, à 73 ans. Il préfère poursuivre son engagement à Pointe-du-Lac auprès des comités des Seigneurs, de la Maison des jeunes, de la Table de concertation des bingos et du Regroupement des bingos de Trois-Rivières, en plus de siéger au sein du conseil d’administration du Grand Prix de Trois-Rivières.

«Avec mes trois enfants, je n’ai eu aucun problème. Je voulais redonner à ma communauté. Et quand j’avais 12 ans, je voulais faire du sport, mais mes parents ne voulaient pas, car ils pensaient que je voulais me sauver des travaux de la ferme. L’implication, c’est ce qui garde jeune. C’est rare que j’ai une journée sans réunion, mais j’aime ça!»

Michel Veillette a reçu en mai une médaille de l’Assemblée nationale soulignant son engagement bénévole auprès des jeunes.