Michel Lemay, maire de Saint-Barnabé.
Michel Lemay, maire de Saint-Barnabé.

Michel Lemay plaide coupable à un manquement devant la Commission municipale du Québec

TROIS-RIVIÈRES — Michel Lemay a décidé de régler une partie de son dossier devant la Commission municipale du Québec. Lors de l’audience de sa citation en déontologie qui a commencé mardi à Québec, le maire de Saint-Barnabé a plaidé coupable d’avoir manqué à son devoir de respect lors d’une séance publique, alors qu’il avait tenu des propos déplacés envers les femmes, ce qui pourrait lui mériter une suspension. Mais il maintient son plaidoyer de non-culpabilité concernant l’accusation de conflit d’intérêts lors de l’octroi d’un contrat de déneigement en octobre 2019.

La citation en déontologie lui reproche de s’être placé dans une situation susceptible de mettre les intérêts de la ferme Fréchette et fils directement ou indirectement en conflit avec l’intérêt public en favorisant cette entreprise de Yamachiche pour l’obtention du contrat de déneigement de la Municipalité. Le contrat octroyé de gré à gré à cette entreprise a fait l’objet de beaucoup de discussions par la suite, des élus de Saint-Barnabé ayant soulevé que le processus entourant l’octroi du contrat était teinté d’irrégularités. La Commission municipale du Québec avait d’ailleurs convoqué M. Lemay en novembre afin d’entendre sa version des faits. Il a toujours nié avoir fait preuve de favoritisme.

L’audience a permis d’entendre Guillaume Laverdière, un conseiller municipal de Saint-Barnabé. M. Laverdière est venu raconter sa version des faits entourant les discussions tenues en octobre visant à doter Saint-Barnabé d’un contrat de déneigement. Durant son témoignage devant le juge Joseph-André Roy, M. Laverdière a rappelé que deux entreprises avaient déposé une offre, soit Mario Bellefeuille et la ferme Fréchette. Cette dernière a été choisie bien que le montant de la soumission était supérieur à l’autre proposition. Michel Lemay justifiait la décision du conseil par le fait que la ferme Fréchette était l’entreprise la plus apte à déneiger les rues de la localité.

M. Laverdière fait partie des élus qui ont critiqué le processus d’octroi du contrat à la ferme Fréchette, contrat qui n’a pas reçu l’aval de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation. Cette décision avait forcé Saint-Barnabé à reprendre le processus pour trouver un déneigeur.

Commentaires désobligeants

Le dossier du déneigement s’est poursuivi lors de la rencontre du conseil du 4 novembre. Alors que des membres du conseil affirmaient regretter avoir voté avec Michel Lemay pour l’octroi du contrat, ce dernier avait dit: «Il y en a qui regrettent peut-être d’avoir voté, il y en a peut-être bien qui n’étaient pas dans leur assiette, qui étaient dans leur période ce soir-là».

Le maire Lemay s’était excusé aussitôt après avoir été sommé de le faire par une citoyenne. Mardi, il a reconnu avoir prononcé ces paroles. Il pourrait se faire imposer une réprimande ou une suspension. L’avocate de la poursuite, Me Nadia Lavoie, et l’avocat de Michel Lemay, Me Ghislain Lavigne, poursuivent les discussions concernant une possible suggestion à ce sujet.

L’audience doit se poursuivre mercredi et jeudi.