Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a pu reprendre le boulot à l’hôtel de ville lundi.
Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a pu reprendre le boulot à l’hôtel de ville lundi.

Michel Angers: un maire en liberté

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Que fait le maire de Shawinigan lorsque prend fin sa période d’isolement? Il se dirige à l’hôtel de ville.

«J’ai pris une douche, je me suis habillé, j’ai écouté la conférence du premier ministre Legault et après, je me suis rendu au bureau», raconte Michel Angers. Après des vacances écourtées aux États-Unis en raison de la pandémie provoquée par la COVID-19, le maire de Shawinigan a suivi à la lettre les recommandations de la direction de la santé publique, en s’isolant chez lui pendant 14 jours. Cette période de confinement préventif s’est terminée lundi midi.

Ce qui ne signifie pas que le maire se la coulait douce depuis son retour à Shawinigan, le 16 mars. M. Angers assumait ses fonctions de chez lui et a participé à l’élaboration de nombreuses mesures pour favoriser la distanciation physique des citoyens et pour soutenir les PME en cette période inédite.

«J’ai découvert le Messenger à 4, 5, 6 personnes, toutes sortes de plateformes de communication en groupe, comme Zoho, Zoom...», explique-t-il. «Ça va très bien. Nous continuons de les utiliser, puisque la plupart des directeurs ne sont pas à l’hôtel de ville. Nous avons donc utilisé ces outils pour nos comités de gestion, nos comités exécutifs et nos séances plénières, des rencontres d’information. Dans un contexte comme celui que nous vivons, ces outils sont assez fabuleux.»

Si la distanciation physique se contrôle assez bien, celle avec le travail devient plus compliquée avec le bureau au bout des doigts.

«J’ai été au moins aussi occupé pendant les deux dernières semaines que je l’ai toujours été», assure le maire. «Je n’ai vraiment pas eu de répit.»

Les nouveaux réflexes qui se développent, notamment au travail, laisseront sans doute des traces, croit M. Angers.

«Plusieurs personnes auront apprivoisé de nouveaux modes de communication», explique-t-il. «Dans la Loi sur les cités et villes, par exemple, nous n’avons pas beaucoup de latitude par rapport à l’utilisation de vidéo-conférences. Ça va nous amener de nouvelles façons de travailler. Le télétravail devenait à la mode, bien avant la crise. Ça pourrait nous aider à trouver des avenues pour concilier le travail à la maison et les autres responsabilités. Nous n’aurons probablement pas le choix de nous ajuster.»

Par contre, M. Angers reconnaît que cet isolement contrevenait à ses réflexes.

«Je suis un homme du peuple. J’aime le contact humain, les rencontres. Être confiné à la maison, c’est contre nature! Je m’y suis soumis sans problème, parce que lorsqu’on est dans la position que j’occupe, on connaît les dangers. La crise est loin d’être finie. Je suis conscient des conséquences.»

Une séance plénière particulièrement chargée attendait les élus et le personnel administratif, lundi. Il faut notamment voir à l’organisation de la séance régulière du 14 avril, la première depuis le début de la crise. Tout indique qu’elle se déroulera à huis clos, mais l’administration municipale cherche une façon de faire participer le public.

«Ça m’étonnerait que le lendemain du 13 avril (à la fin de la pause de l’activité économique décrétée par le gouvernement du Québec), on dise que tout le monde peut repartir et que tout va bien aller», reconnaît M. Angers. «Nous allons regarder ce que le ministère nous demande comme obligations, pour les questions des citoyens notamment. Nous sommes là-dedans.»